{"id":2109,"date":"2011-05-09T15:08:05","date_gmt":"2011-05-09T13:08:05","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=2109"},"modified":"2012-05-11T09:25:44","modified_gmt":"2012-05-11T07:25:44","slug":"grace-a-ladn-on-peut-raconter-les-migrations-des-viperes-suisses","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/grace-a-ladn-on-peut-raconter-les-migrations-des-viperes-suisses\/","title":{"rendered":"Gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;ADN, on peut raconter les migrations des vip\u00e8res suisses"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_2739\" aria-describedby=\"caption-attachment-2739\" style=\"width: 530px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2739\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2011\/05\/vipere2.png\" alt=\"\" width=\"530\" height=\"255\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2739\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9 Ursenbacher<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong><em>En \u00e9tudiant la diversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique des populations locales de vip\u00e8res, des chercheurs de l&rsquo;UNIL ont retrac\u00e9 le parcours de ces animaux pendant et apr\u00e8s les p\u00e9riodes glaciaires.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Durant les derni\u00e8res p\u00e9riodes glaciaires, le climat est devenu tr\u00e8s froid en Europe. La plupart des esp\u00e8ces animales qui vivaient dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es ont migr\u00e9 vers le Sud. Puis, quand la temp\u00e9rature est redevenue plus cl\u00e9mente, elles ont recolonis\u00e9 des contr\u00e9es plus septentrionales.<\/p>\n<p>Les vip\u00e8res ont globalement suivi les m\u00eames chemins, \u00ab\u00a0mais l&rsquo;on trouve dans leurs parcours quelques originalit\u00e9s\u00a0\u00bb, souligne Luca Fumagalli, responsable du Laboratoire de biologie de la conservation du D\u00e9partement d&rsquo;\u00e9cologie et d&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;UNIL.<\/p>\n<h2>La distribution g\u00e9ographique des lign\u00e9es g\u00e9n\u00e9tiques<\/h2>\n<p>C&rsquo;est aux r\u00e9percussions actuelles de cette histoire ancienne que Sylvain Ursenbacher a consacr\u00e9 son travail de doctorat \u00e0 l&rsquo;UNIL. Sous la direction de Luca Fumagalli et avec Jean-Claude Monney comme expert, il a \u00e9tudi\u00e9 les vip\u00e8res sous l&rsquo;angle de ce que l&rsquo;on nomme la \u00abphylog\u00e9ographie\u00bb. Une discipline qui consiste \u00e0 reconstituer l&rsquo;arbre g\u00e9n\u00e9alogique des lign\u00e9es g\u00e9n\u00e9tiques au sein d&rsquo;une esp\u00e8ce, et \u00e0 \u00ab\u00a0\u00e9tudier leur distribution g\u00e9ographique\u00a0\u00bb, explique le responsable du laboratoire de biologie de la conservation.<\/p>\n<h2>De l&rsquo;ADN pour reconstituer l&rsquo;histoire<\/h2>\n<p>Concr\u00e8tement, il s&rsquo;agit d&rsquo;abord de recueillir, sur le terrain et dans les pays \u00ab\u00a0couvrant l&rsquo;ensemble de leur aire de r\u00e9partition\u00a0\u00bb, plusieurs \u00e9chantillons biologiques de vip\u00e8res. Puis d&rsquo;analyser leur ADN mitochondrial. Situ\u00e9 hors du noyau des cellules et ind\u00e9pendant du reste du g\u00e9nome, cet ADN particulier est un outil tr\u00e8s fr\u00e9quemment utilis\u00e9 \u00ab\u00a0pour \u00e9tudier les relations entre esp\u00e8ces ou lign\u00e9es g\u00e9n\u00e9tiques\u00bb, explique Sylvain Ursenbacher.<\/p>\n<p>Il est en effet \u00ab\u00a0beaucoup plus petit que le g\u00e9nome du noyau, il ne se recombine pas et il n&rsquo;est transmis que par la m\u00e8re, ajoute Luca Fumagalli, ce qui le rend plus facile \u00e0 \u00e9tudier et offre des avantages en phylog\u00e9ographie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h2>Comment les vip\u00e8res ont r\u00e9sist\u00e9 aux p\u00e9riodes glaciaires<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u00e9quipe de l&rsquo;UNIL a appliqu\u00e9 cette m\u00e9thode pour \u00e9tudier notamment les deux esp\u00e8ces de vip\u00e8res pr\u00e9sentes en Suisse. Elle est alors tomb\u00e9e sur quelques surprises. \u00ab\u00a0Pendant les p\u00e9riodes glaciaires, la plupart des esp\u00e8ces animales et v\u00e9g\u00e9tales europ\u00e9ennes ont trouv\u00e9 refuge principalement dans une ou plusieurs des p\u00e9ninsules m\u00e9diterran\u00e9ennes, \u00e0 savoir les p\u00e9ninsules ib\u00e9rique, italienne et des Balkans\u00a0\u00bb, rappelle Luca Fumagalli.<\/p>\n<p>Mais les vip\u00e8res ont aussi fui le froid en s&rsquo;abritant dans des \u00ab\u00a0refuges additionnels atypiques\u00a0\u00bb. Pour l&rsquo;aspic, ces derniers se trouvaient sur la c\u00f4te m\u00e9diterran\u00e9enne fran\u00e7aise. Pour la p\u00e9liade, dont la r\u00e9partition g\u00e9ographique est tr\u00e8s grande, il s&rsquo;agissait plut\u00f4t de \u00ab\u00a0refuges nordiques, situ\u00e9s au centre et au nord de l&rsquo;Europe\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h2>Des groupes diff\u00e9renci\u00e9s sur le plan g\u00e9n\u00e9tique<\/h2>\n<p>La p\u00e9riode glaciaire termin\u00e9e, les serpents sont revenus coloniser la Suisse. Toutefois, les diff\u00e9rentes populations \u00ab\u00a0avaient \u00e9t\u00e9 totalement s\u00e9par\u00e9es dans les refuges glaciaires pendant plusieurs g\u00e9n\u00e9rations et elles se sont donc diff\u00e9renci\u00e9es g\u00e9n\u00e9tiquement, dit Luca Fumagalli. On retrouve cette divergence dans les populations vivant aujourd&rsquo;hui, ce qui nous permet de reconstruire leur distribution pass\u00e9e ainsi que les processus de recolonisation\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi que Sylvain Ursenbacher, qui travaille maintenant \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de B\u00e2le, a pu constater \u00ab\u00a0qu&rsquo;il existait en Engadine une lign\u00e9e de p\u00e9liades qui est g\u00e9n\u00e9tiquement distincte de celles vivant dans le reste de la Suisse\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h2>Consanguinit\u00e9 chez les vip\u00e8res du Jura<\/h2>\n<p>Au niveau plus local, le chercheur a aussi \u00e9tudi\u00e9 les p\u00e9liades vivant actuellement dans le Jura. \u00ab\u00a0A cause de la destruction de leur habitat, les populations sont fragment\u00e9es et se retrouvent isol\u00e9es les unes des autres\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise Luca Fumagalli. \u00ab\u00a0Entre elles, les \u00e9changes g\u00e9n\u00e9tiques sont quasiment inexistants, ajoute Sylvain Ursenbacher. Cela signifie qu&rsquo;il y a, \u00e0 terme, un risque de consanguinit\u00e9 et que certains groupes pourraient de ce fait dispara\u00eetre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h2>Conservation des esp\u00e8ces<\/h2>\n<p>Les deux chercheurs s&rsquo;accordent \u00e0 dire que leurs \u00e9tudes ont d&rsquo;importantes implications pour la conservation des vip\u00e8res. Si les p\u00e9liades vivant dans notre pays appartiennent \u00e0 la m\u00eame esp\u00e8ce, elles sont malgr\u00e9 tout g\u00e9n\u00e9tiquement diff\u00e9renci\u00e9es et chaque lign\u00e9e \u00ab\u00a0repr\u00e9sente une tranche de l&rsquo;histoire \u00e9volutive\u00a0\u00bb qu&rsquo;il faudrait \u00e9viter de d\u00e9truire. Il en va de m\u00eame pour les aspics. Les r\u00e9sultats obtenus \u00e0 l&rsquo;UNIL ont d&rsquo;ailleurs \u00e9t\u00e9 pris en compte lors de la r\u00e9vision, en 2005, de la liste rouge des reptiles menac\u00e9s en Suisse.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Elisabeth Gordon<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En \u00e9tudiant la diversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique des populations locales de vip\u00e8res, des chercheurs de l&rsquo;UNIL ont retrac\u00e9 le parcours de ces animaux pendant et apr\u00e8s les p\u00e9riodes glaciaires. 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