{"id":1923,"date":"2010-11-03T13:07:59","date_gmt":"2010-11-03T11:07:59","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=1923"},"modified":"2012-05-15T17:25:59","modified_gmt":"2012-05-15T15:25:59","slug":"comment-les-parents-transmettent-une-religion-aux-enfants-du-xxie-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/comment-les-parents-transmettent-une-religion-aux-enfants-du-xxie-siecle\/","title":{"rendered":"Comment les parents transmettent une religion aux enfants du XXIe si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<p><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2052\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2010\/11\/creche.jpg\" alt=\"\" width=\"530\" height=\"260\" \/><\/p>\n<p><strong><em>Les gens ne vont plus \u00e0 l&rsquo;Eglise tous les dimanches, mais les familles continuent \u00e0 transmettre un bagage religieux aux enfants. Surtout \u00e0 No\u00ebl. Car, si certains aimeraient bien laisser la question dans le flou, les petits leur interdisent de rester neutres, observent les chercheurs de l&rsquo;UNIL.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Parents, vous n\u2019y couperez pas: No\u00ebl pointe \u00e0 l\u2019horizon et avec lui les questions des enfants autour de l\u2019arbre et de la cr\u00e8che: \u00abMaman, c\u2019est qui le Petit J\u00e9sus? Pourquoi il est dans une cr\u00e8che? C\u2019est quoi cette histoire de rois mages? Et les bergers, et l\u2019\u00e2ne gris, et Marie, et Joseph&#8230; Et pourquoi il \u00e9tait m\u00e9chant, le roi H\u00e9rode?\u00bb<\/p>\n<p>Que r\u00e9pondront les parents, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la transmission du traditionnel bagage religieux est de plus en plus probl\u00e9matique, de plus en plus floue, et quelquefois, dans les familles multiculturelles, de plus en plus compliqu\u00e9e? Le sociologue des religions Roland J. Campiche, professeur honoraire \u00e0 l\u2019UNIL et grand observateur sur la dur\u00e9e du ph\u00e9nom\u00e8ne, vient de publier la boussole qui r\u00e9pond \u00e0 cette question. Elle s\u2019intitule \u00abLa religion visible. Pratiques et croyances en Suisse\u00bb, et elle nous permet de lire la cartographie de la transmission du religieux aujourd\u2019hui.<\/p>\n<h2>No\u00ebl, c\u2019est facile \u00e0 expliquer aux enfants<\/h2>\n<p>Pour le professeur honoraire de l\u2019UNIL, No\u00ebl reste, sur le plan de sa popularit\u00e9, \u00abl\u2019une des derni\u00e8res interpellations tr\u00e8s visibles du christianisme. Parce qu\u2019il a une assise soci\u00e9tale. C\u2019est donc un moment charni\u00e8re de la transmission du religieux.\u00bb Ainsi donc, les parents, qu\u2019ils le veuillent ou non, doivent avoir une ligne de r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>Heureusement, No\u00ebl leur facilite les choses: il y a d\u2019abord la mise en sc\u00e8ne de la cr\u00e8che, et un r\u00e9cit, des personnages, un enfant, une famille, des animaux\u2026\u00a0Bref, l\u2019histoire de la Nativit\u00e9 v\u00e9hicule une atmosph\u00e8re \u00e9motionnelle, affective, qui n\u2019est pas probl\u00e9matique. \u00abNo\u00ebl, c\u2019est une story, en quelque sorte, sourit Roland Campiche. Mais c\u2019est plut\u00f4t un petit r\u00e9cit qu\u2019un grand. C\u2019est aussi le moment o\u00f9, sans doute, les parents r\u00e9p\u00e8tent \u00e0 l\u2019identique ce qu\u2019ils ont eux-m\u00eames v\u00e9cu, et avant eux leurs parents, leurs grands parents. \u00bb<\/p>\n<h2>P\u00e2ques, l\u2019Ascension et Pentec\u00f4te, c\u2019est plus compliqu\u00e9<\/h2>\n<p>Prenez maintenant P\u00e2ques, et plus encore l\u2019Ascension et Pentec\u00f4te\u2026 L\u00e0, c\u2019est une autre chanson: \u00abAvec le logiciel religieux qui est \u00e0 disposition des parents d\u2019aujourd\u2019hui, ces f\u00eates chr\u00e9chr\u00e9tiennes sont d\u2019un degr\u00e9 de complication tout autre. Elles sont donc plut\u00f4t pour les initi\u00e9s\u2026\u00bb<\/p>\n<p>Le logiciel religieux? Roland Campiche use de cette m\u00e9taphore pour parler du formidable bouleversement que conna\u00eet aujourd\u2019hui la transmission du religieux dans nos contr\u00e9es, celle qu\u2019il a \u00e9tudi\u00e9e de d\u00e9cennie en d\u00e9cennie \u00e0 travers son travail de sociologue. \u00abAujourd\u2019hui, la religion est focalis\u00e9e sur deux p\u00f4les. Il y a d\u2019abord un p\u00f4le institutionnel: chez nous, les Eglises chr\u00e9tiennes. En tr\u00e8s nette perte de vitesse.\u00bb C\u2019est en ce sens que le sp\u00e9cialiste parle de ce ph\u00e9nom\u00e8ne constat\u00e9 pour la premi\u00e8re fois dans les ann\u00e9es 1960: la d\u00e9sinstitutionnalisation de la religion.<\/p>\n<h2>Quelque chose existe l\u00e0-haut, on ne sait pas trop bien quoi\u2026<\/h2>\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 ce d\u00e9sint\u00e9r\u00eat pour les Eglises, \u00e0 ce d\u00e9sinvestissement, il constate l\u2019\u00e9mergence d\u2019un second ph\u00e9nom\u00e8ne, inversement proportionnel: il l\u2019appelle \u00able p\u00f4le universel de la religion\u00bb.\u00a0Pour r\u00e9sumer les choses: aujourd\u2019hui, la majorit\u00e9 de la population \u00e9voque, \u00e0 propos de ses convictions religieuses, un ensemble un peu flou o\u00f9 domine la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une transcendance anonyme. Quelque chose existe l\u00e0-haut, on ne sait pas trop bien quoi, qui aurait jou\u00e9 un r\u00f4le dans la cr\u00e9ation de l\u2019univers\u2026<\/p>\n<p>Roland Campiche rep\u00e8re ensuite cette revendication forte: le religieux, en tant que tel, est une affaire priv\u00e9e. Point barre. \u00abPar rapport aux ann\u00e9es 1960, o\u00f9 la religion n\u2019\u00e9tait pas en odeur de saintet\u00e9, consid\u00e9rer la religion comme une affaire priv\u00e9e, c\u2019est une mani\u00e8re, au fond, de pouvoir se dire religieux en disant que \u00e7a n\u2019a rien \u00e0 voir avec la vie publique, la vie quotidienne. C\u2019est son truc \u00e0 soi, d\u00e9connect\u00e9 de la vie sociale.\u00bb<\/p>\n<p>Corollaire de cette repr\u00e9sentation du religieux, la majorit\u00e9 de la population partage aujourd\u2019hui l\u2019id\u00e9e que toutes les religions se valent. Qu\u2019il convient donc d\u2019\u00eatre tol\u00e9rant. Ce relativisme est un trait dominant de l\u2019ensemble qu\u2019on \u00e9voquait tout \u00e0 l\u2019heure.<\/p>\n<h2>Les p\u00e8res prient plus avec leurs enfants<\/h2>\n<p>Enfin, divine surprise, on constate dans ce magma la mont\u00e9e en force\u2026 de la pri\u00e8re. \u00abC\u2019est la seule pratique religieuse qui ait progress\u00e9\u00bb, s\u2019exclame Roland Campiche. Cette pratique nous ram\u00e8ne \u00e0 la famille: car c\u2019est bien elle, aujourd\u2019hui, qui compte le plus dans la transmission du bagage religieux des enfants. Roland Campiche avance m\u00eame qu\u2019elle est \u00abdevenue le canal principal par lequel se construit \u00e9ventuellement une socialisation religieuse\u00bb.<\/p>\n<p>Cette transmission est, en particulier, men\u00e9e par les m\u00e8res: \u00abToutes les enqu\u00eates convergent pour dire que les femmes sont plus religieuses que les hommes, elles prient plus, vont davantage \u00e0 la messe, au culte.\u00bb Bref, \u00abla femme demeure celle qui, au sein du bin\u00f4me parental, se sent la premi\u00e8re responsable de l\u2019\u00e9ducation religieuse des enfants\u00bb.<\/p>\n<p>Mais, pr\u00e9cise imm\u00e9diatement le sociologue: \u00abIl s\u2019agit d\u2019un r\u00f4le appris dans le cadre de la construction de l\u2019identit\u00e9 f\u00e9minine et non d\u2019une affaire de nature, comme on le pr\u00e9tend parfois.\u00bb Ses enqu\u00eates l\u2019am\u00e8nent tout de m\u00eame, sur ces derni\u00e8res ann\u00e9es, \u00e0 moduler le propos: en dix ans, en effet, soit entre 1989 et 1999, le nombre de p\u00e8res qui prient avec leurs enfants a plut\u00f4t augment\u00e9: \u00abR\u00e9jouissant, non?\u00bb lance avec des yeux p\u00e9tillants le professeur de l\u2019UNIL.<\/p>\n<h2>L\u2019arriv\u00e9e d\u2019un enfant change ses parents. Y compris sur le plan religieux<\/h2>\n<p>Le logiciel religieux s\u2019entretient donc d\u2019abord en famille. Il se r\u00e9veille aussi \u00e0 l\u2019occasion \u2013 tel un capital dormant tir\u00e9 de son sommeil \u2013 lors d\u2019une exp\u00e9rience ou d\u2019une \u00e9preuve personnelle. Pour Roland Campiche, c\u2019est un signe des temps: \u00abLe message doit \u00eatre mis \u00e0 l\u2019\u00e9preuve au fil des circonstances de la vie. On retrouve l\u00e0 une d\u00e9marche bien contemporaine consistant \u00e0 retenir une croyance ou une orientation religieuse pour autant qu\u2019elle se r\u00e9v\u00e8le utile et performante.\u00bb<\/p>\n<p>Bref, on fait preuve de pragmatisme. Et Roland Campiche d\u2019adresser une pointe aux Eglises: \u00abC\u2019est ce qu\u2019elles n\u2019ont pas toujours bien compris. Au fond, les gens ne rejettent pas la croyance a priori. Mais, pour qu\u2019ils la trouvent valable, ils doivent en \u00e9prouver la solidit\u00e9, l\u2019utilit\u00e9.\u00bb Par exemple lors d\u2019une \u00e9preuve personnelle.<\/p>\n<p>\u00abEn fonction de leur biographie, les gens ont des positions qui fluctuent, explique Roland Campiche. Par exemple, quand les couples se mettent en m\u00e9nage et attendent un enfant, il y en a tout \u00e0 coup qui reviennent au logiciel religieux. Y compris d\u2019ailleurs chez les p\u00e8res, que l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un premier enfant touche plus qu\u2019on ne le croit: c\u2019est quelque chose d\u2019\u00e9motionnellement tr\u00e8s fort, cette force de la vie, \u00e7a provoque des interrogations: on vient d\u2019o\u00f9, on va o\u00f9?\u00bb<\/p>\n<h2>Un forum pour savoir comment la foi vient aux parents<\/h2>\n<p>Les Anglo-Saxons appellent ces parents qui initient ainsi un mouvement de retour vers la qu\u00eate religieuse des \u00abreturnees \u00bb, les catholiques fran\u00e7ais des \u00abrecommen\u00e7ants\u00bb. C\u2019est que l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un enfant puis son \u00e9ducation confrontent les parents \u00e0 d\u2019innombrables interrogations sur le sens de l\u2019existence. Mais aussi les confrontent aux questions que les enfants posent, avec toute leur fra\u00eecheur, toute leur spontan\u00e9it\u00e9. Du coup les parents, parfois emb\u00eat\u00e9s, cherchent des r\u00e9ponses\u2026 et se remettent \u00e0 faire fonctionner le fameux logiciel religieux.<\/p>\n<p>C\u2019est ce qu\u2019a bien compris un pasteur de l\u2019Eglise \u00e9vang\u00e9lique r\u00e9form\u00e9e du canton de Vaud, Daniel Alexander, qui vient de lancer avec Ninon Guignard, psychop\u00e9dagogue \u00e0 Gen\u00e8ve, un forum (tenu dans un caf\u00e9 lausannois) pour les parents qui red\u00e9couvrent le besoin de se confronter \u00e0 la transmission religieuse. Intitul\u00e9 \u00abComment la foi vient aux parents\u00bb, le forum est n\u00e9 du m\u00eame constat: les parents, la famille, plus encore aujourd\u2019hui qu\u2019hier, restent les vecteurs de transmission du religieux, de la croyance.<\/p>\n<p>Mais, \u00e0 l\u2019heure des familles recompos\u00e9es, multiculturelles, mixtes religieusement, comment ne pas \u00eatre assailli de doutes, de questions, de prudence, de retenue? Cet espace de tension, Daniel Alexander compte le travailler. Afin, par exemple, qu\u2019une famille recompos\u00e9e ne rime pas n\u00e9cessairement avec foi d\u00e9compos\u00e9e.<\/p>\n<h2>Les parents aimeraient laisser la question dans le flou<\/h2>\n<p>Cette prudence et cette neutralit\u00e9 \u00abpour assurer la paix des foyers\u00bb, la professeure \u00e0 la Facult\u00e9 de th\u00e9ologie et de sciences des religions de l\u2019UNIL Claire Clivaz la voit, elle aussi, \u00e0 l\u2019oeuvre dans les familles: \u00abLes parents aimeraient laisser dans le flou la question du religieux. Cela cr\u00e9e des complications. On pr\u00e9f\u00e9rerait souvent ne pas avoir \u00e0 se d\u00e9terminer.\u00bb<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me, c\u2019est que, pendant ce temps, la soci\u00e9t\u00e9 n\u2019attend pas. Elle ne prend pas le chemin de la s\u00e9cularisation, mais plut\u00f4t celui du multiculturalisme. Avec certains enfants qui ont une identit\u00e9 plus claire. \u00abFace \u00e0 ces identit\u00e9s plus\u00a0marqu\u00e9es, les parents d\u2019horizons chr\u00e9tiens vont-ils avoir envie de revisiter leur h\u00e9ritage chr\u00e9tien et de le revendiquer? Peut-\u00eatre\u00bb, esp\u00e8re Claire Clivaz.<\/p>\n<h2>Les enfants nous interdisent de rester neutres<\/h2>\n<p>Mais combien pr\u00e9f\u00e9reront ne pas s\u2019en m\u00ealer et tenteront de rester neutres. La th\u00e9ologienne sourit: \u00abLes enfants \u00e9tant par nature curieux, ils ne se satisferont pas de cette neutralit\u00e9. Ce sont les enfants qui obligent les parents \u00e0 se d\u00e9terminer, \u00e0 r\u00e9pondre. Par exemple quand, dans leur classe, ils ont des camarades qui portent le voile ou qui observent ramadan \u00e0 la cantine. Le voile, justement, c\u2019est une discussion que j\u2019ai eu \u00e0 mener avec ma fille. Elle a des questions. A l\u2019\u00e9cole, la ma\u00eetresse a son propre discours. Elle attend de moi que j\u2019en aie un aussi!\u00bb Et la th\u00e9ologienne de conclure en riant: \u00abLes enfants sont des agents provocateurs, ils obligent les parents \u00e0 sortir du bois et \u00e0 se positionner!\u00bb<\/p>\n<p>Les familles ne sont pas les seules \u00e0 vouloir fuir dans la neutralit\u00e9. Claire Clivaz diagnostique aussi cette tendance dans les \u00e9coles et chez bien des politiques: \u00abActuellement, la croyance est laiss\u00e9e dans un \u00abno man\u2019s land\u00bb non verbalis\u00e9. L\u2019\u00e9cole \u00e9vite le plus possible d\u2019en parler. Cela reste dans la zone grise. Car il est devenu difficile de se positionner sur ces questions. Alors souvent, on pr\u00e9f\u00e8re la fuite.\u00bb<\/p>\n<h2>L\u2019\u00e9cole va aussi devoir se demander comment transmettre des religions<\/h2>\n<p>Le constat pos\u00e9, Claire Clivaz donne sans ambigu\u00eft\u00e9 sa conclusion, dans un d\u00e9bat qu\u2019elle sait anim\u00e9 et vif: \u00abLa sph\u00e8re politique et scolaire va devoir se r\u00e9interroger sur la mani\u00e8re dont elle compte transmettre les connaissances des religions. En ce sens, il y a urgence et n\u00e9cessit\u00e9 de former les enseignants, point un. Et, point deux, il conviendrait, dans le cadre scolaire, d\u2019inviter ponctuellement les repr\u00e9sentants des communaut\u00e9s religieuses reconnues par la Constitution vaudoise \u00e0 t\u00e9moigner de ce qu\u2019ils vivent. C\u2019est \u00e0 eux d\u2019assumer une position de foi. Pas aux enseignants.\u00bb C\u2019est ce que la th\u00e9ologienne appelle une clarification des discours: on doit savoir qui parle, de quel lieu, et \u00e0 qui.<\/p>\n<p>Dans cette perspective, la th\u00e9ologienne mais aussi la citoyenne vaudoise Claire Clivaz suit avec une attention redoubl\u00e9e les allers, d\u00e9tours et retours de la motion du d\u00e9put\u00e9 socialiste Claude Schwab, d\u00e9pos\u00e9e aupr\u00e8s du Grand Conseil vaudois \u00abpour une r\u00e9vision de l\u2019article 53 de la loi scolaire concernant l\u2019histoire biblique\u00bb. Une motion visant \u00e0 remplacer l\u2019enseignement de \u00abl\u2019histoire biblique\u00bb par un enseignement interreligieux \u00e9quilibr\u00e9, ouvert et obligatoire. Une motion accept\u00e9e par le Grand Conseil et qui promet de beaux d\u00e9bats\u2026<\/p>\n<h2>Comment les parents transmettent la religion aux enfants<\/h2>\n<p>A ce stade, retour \u00e0 la case d\u00e9part: oui, la cellule familiale est bien le creuset qui transmet aujourd\u2019hui, de mani\u00e8re privil\u00e9gi\u00e9e, le logiciel culturel religieux, quelles qu\u2019en soient la profondeur et la sp\u00e9cificit\u00e9. Et cela selon trois modes, pour suivre la classification de Roland Campiche.<\/p>\n<p>Un premier mode, men\u00e9 essentiellement au sein de la cat\u00e9gorie des chr\u00e9tiens exclusifs, visera \u00e0 la \u00abreproduction de la lign\u00e9e croyante afin d\u2019assurer la continuit\u00e9 de la foi\u00bb. A juger par le nombre des croyants exclusifs, il est plut\u00f4t minoritaire. Le deuxi\u00e8me mode, \u00abfonctionnel \u00bb, fait dans le pragmatisme et l\u2019accommodation. On ne sort le logiciel religieux qu\u2019au gr\u00e9 des n\u00e9cessit\u00e9s de sa trajectoire existentielle. Le logiciel aide? C\u2019est tout bon. Il n\u2019aide pas? On l\u2019adapte ou on passe \u00e0 autre chose. Ce mode est majoritaire en ces temps d\u2019utilitarisme, y compris pour la chose religieuse.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me mode enfin, \u00absocratique\u00bb, pr\u00f4ne une appropriation du logiciel par un enfant que l\u2019on invite \u00e0 d\u00e9couvrir \u00abce qu\u2019il a en lui\u00bb. Un mode qui, selon Roland Campiche, \u00abimplique un style \u00e9ducatif o\u00f9 la n\u00e9gociation prime sur l\u2019imposition\u00bb. Un mode o\u00f9 les parents sont tr\u00e8s actifs et tr\u00e8s aguerris dans l\u2019accouchement dialectique. Une minorit\u00e9, sans doute\u2026 Alors les parents, pr\u00eats pour No\u00ebl!<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Michel Danthe<\/p>\n<p><strong>A lire:<\/strong> Roland J. Campiche, <em>La religion visible. Pratiques et croyances en Suisse<\/em>, PPUR, collection Le savoir suisse, 2010, 144 p.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les gens ne vont plus \u00e0 l&rsquo;Eglise tous les dimanches, mais les familles continuent \u00e0 transmettre un bagage religieux aux enfants. Surtout \u00e0 No\u00ebl. 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