{"id":182,"date":"2009-11-12T11:39:57","date_gmt":"2009-11-12T09:39:57","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=182"},"modified":"2012-05-15T17:00:24","modified_gmt":"2012-05-15T15:00:24","slug":"bonne-nouvelle-on-decouvre-sans-cesse-de-nouvelles-especes-danimaux-y-compris-des-grandes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/bonne-nouvelle-on-decouvre-sans-cesse-de-nouvelles-especes-danimaux-y-compris-des-grandes\/","title":{"rendered":"Bonne nouvelle: on d\u00e9couvre sans cesse de nouvelles esp\u00e8ces d\u2019animaux. Y compris des grandes !"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-183\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2010\/04\/nouvelles_especes.jpg\" alt=\"nouvelles_especes\" width=\"530\" height=\"260\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2010\/04\/nouvelles_especes.jpg 530w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2010\/04\/nouvelles_especes-300x147.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 530px) 100vw, 530px\" \/><\/p>\n<p><strong><em>On parle toujours des esp\u00e8ces qui disparaissent. Mais savez-vous que, chaque ann\u00e9e, les sp\u00e9cialistes du monde vivant d\u00e9couvrent plus de 18&rsquo;000 esp\u00e8ces nouvelles sur la plan\u00e8te. A la veille de 2010, ann\u00e9e de la biodiversit\u00e9, \u00ab\u00a0Allez Savoir!\u00a0\u00bb est parti \u00e0 la d\u00e9couverte de ces nouvelles venues, qui sont parfois des parenth\u00e8se, des \u00e9l\u00e9phants et des baleines.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Biodiversit\u00e9. Il suffit de prononcer ce terme pour que, aussit\u00f4t, l\u2019on songe \u00e0 toutes ces esp\u00e8ces en voie d\u2019extinction. A juste titre, car la diversit\u00e9 du vivant s\u2019appauvrit constamment et rapidement \u00e0 la surface de la plan\u00e8te. Toutefois, dans le m\u00eame temps, de nombreuses autres esp\u00e8ces sont sans cesse d\u00e9couvertes, \u00e9tudi\u00e9es et r\u00e9pertori\u00e9es, et elles viennent enrichir notre connaissance du monde vivant.<\/p>\n<h2>Il y aurait encore 4 \u00e0 5 millions d\u2019esp\u00e8ces \u00e0 d\u00e9couvrir<\/h2>\n<p>Les taxonomistes, ces sp\u00e9cialistes de la classification du vivant, ont inventori\u00e9 sur Terre quelque 1,8 million d\u2019esp\u00e8ces, tous r\u00e8gnes confondus \u2013 des animaux aux v\u00e9g\u00e9taux, en passant par les champignons et les micro-organismes. Mais il ne s\u2019agit que de la partie \u00e9merg\u00e9e de l\u2019iceberg, puisque l\u2019on estime qu\u2019il y en aurait en fait encore \u00ab4 \u00e0 5 millions \u00e0 d\u00e9couvrir\u00bb, selon Daniel Cherix, professeur associ\u00e9 au D\u00e9partement d\u2019\u00e9cologie et d\u2019\u00e9volution de l\u2019UNIL. D\u2019autres chiffres, beaucoup plus fous, circulent aussi, certains avan\u00e7ant \u00abqu\u2019il y en aurait jusqu\u2019\u00e0 80 millions!\u00bb, ajoute le chercheur qui est aussi conservateur au Mus\u00e9e cantonal de zoologie \u00e0 Lausanne. Il est vrai que dans certains groupes peu explor\u00e9s \u2013 ceux des bact\u00e9ries, ou encore des algues, des mousses ou des lichens \u2013 il y a \u00e9norm\u00e9ment de d\u00e9couvertes \u00e0 faire.<\/p>\n<h2>Nouvelle panth\u00e8re, nouvelle baleine\u2026 On d\u00e9couvre de nouveaux animaux de grande taille<\/h2>\n<p>Chaque ann\u00e9e, les chercheurs d\u00e9couvrent des milliers de nouvelles esp\u00e8ces. Rien qu\u2019en 2007, ils en ont trouv\u00e9 et d\u00e9crit plus de 18\u2019500 \u00abdont 75 % \u00e9taient des invert\u00e9br\u00e9s et 11% des plantes\u00bb, pr\u00e9cise le zoologiste vaudois. Au palmar\u00e8s de ces trouvailles, les insectes arrivent au premier rang. Cela s\u2019explique ais\u00e9ment: omnipr\u00e9sents \u00e0 la surface de la plan\u00e8te, ils sont aussi difficiles \u00e0 rep\u00e9rer et \u00e0 distinguer.<\/p>\n<p>Il est plus surprenant de constater que l\u2019on d\u00e9couvre aussi des mammif\u00e8res, et m\u00eame de tr\u00e8s gros. Comme cette panth\u00e8re n\u00e9buleuse \u2013 dont les taches ressemblent \u00e0 des nuages \u2013 sortie du bois il y a deux ans en Indon\u00e9sie. Ou ce nouveau c\u00e9tac\u00e9, une baleine \u00e0 fanons, d\u00e9crite en 2003 par des chercheurs japonais, et qui avait \u00e9t\u00e9 jusque-l\u00e0 probablement confondue avec le rorqual commun.<\/p>\n<p>D\u2019autres sont au contraire minuscules, \u00e0 l\u2019instar du serpent ou de l\u2019hippocampe les plus petits du monde, qui figurent dans le \u00abTop 10\u00bb des nouvelles esp\u00e8ces d\u00e9couvertes en 2009, un classement \u00e9tabli par l\u2019Institut pour l\u2019exploration des esp\u00e8ces de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Etat d\u2019Arizona (voir infographie).<\/p>\n<h2>Une nouvelle antilope au Vietnam, un nouveau cerf dans l\u2019Himalaya<\/h2>\n<p>Certaines r\u00e9gions du monde sont particuli\u00e8rement propices aux d\u00e9couvertes. C\u2019est bien \u00e9videmment le cas des tropiques, zones tr\u00e8s riches du point de vue de la biodiversit\u00e9 et qui abritent des for\u00eats encore peu explor\u00e9es. \u00abLe Vietnam et le Laos offrent un potentiel hallucinant de d\u00e9couvertes, souligne Daniel Cherix. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, on y a mis au jour un bon nombre d\u2019esp\u00e8ces, et pas seulement des petites.\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi que des chercheurs ont r\u00e9pertori\u00e9 une nouvelle esp\u00e8ce d\u2019antilopes, le fameux saola (\u00abPseudoryx nghetinhensis\u00bb) du Vietnam. Les populations locales \u00able connaissaient, puisqu\u2019elles avaient donn\u00e9 un nom \u00e0 cet animal qu\u2019elles mangeaient. Mais les scientifiques ne l\u2019avaient pas d\u00e9crit jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019un d\u2019eux, en constatant que ses cornes \u00e9taient particuli\u00e8res, s\u2019int\u00e9resse \u00e0 ce saola et l\u2019\u00e9tudie de plus pr\u00e8s.\u00bb<\/p>\n<p>Les r\u00e9gions himalayennes constituent une autre zone riche en promesses pour les sp\u00e9cialistes. Selon un rapport du WWF, 350 nouvelles esp\u00e8ces \u2013 surtout des plantes, mais aussi des reptiles, des poissons et des mammif\u00e8res \u2013 y auraient \u00e9t\u00e9 r\u00e9pertori\u00e9es au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es. On y a par exemple \u00abd\u00e9couvert une nouvelle esp\u00e8ce de muntjac, aussi appel\u00e9 cerf aboyeur, qui vit en altitude de mani\u00e8re tr\u00e8s discr\u00e8te\u00bb, explique le professeur de l\u2019UNIL.<\/p>\n<h2>La nouvelle fourmi suisse fait sensation<\/h2>\n<p>Les d\u00e9couvertes sont plus rares dans l\u2019h\u00e9misph\u00e8re Nord, zone beaucoup mieux connue que les tropiques. La Suisse, notamment, \u00aba une forte tradition naturaliste et beaucoup de personnes ont r\u00e9colt\u00e9 et identifi\u00e9 des sp\u00e9cimens, souligne Daniel Cherix. Quand une nouvelle esp\u00e8ce est d\u00e9couverte, elle fait donc sensation.\u00bb Rien d\u2019\u00e9tonnant \u00e0 ce que la nouvelle fourmi des bois, rep\u00e9r\u00e9e r\u00e9cemment, ait fait des gros titres dans la presse; elle a d\u2019autant plus surpris que le groupe des fourmis des bois est probablement le plus \u00e9tudi\u00e9 en Europe par les myrm\u00e9cologues (voir infographie).<\/p>\n<p>Cette nouvelle venue a \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9e par un doctorant de l\u2019UNIL dans le Parc national suisse. \u00abOr, quelques ann\u00e9es auparavant, une autre esp\u00e8ce de fourmis avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte dans le Parc jurassien vaudois, appr\u00e9cie Daniel Cherix. Cela laisse \u00e0 penser que les zones prot\u00e9g\u00e9es sont peut-\u00eatre encore des endroits qui abritent des esp\u00e8ces \u00e0 d\u00e9couvrir.\u00bb<\/p>\n<p>Les Alpes sont aussi riches en promesses de trouvailles. D\u2019abord parce qu\u2019elles forment deux \u00e9cosyst\u00e8mes diff\u00e9rents \u2013 l\u2019un au nord, l\u2019autre au sud \u2013 mais aussi parce qu\u2019elles \u00ababritent des esp\u00e8ces end\u00e9miques, c\u2019est-\u00e0-dire qui ne vivent que dans une aire tr\u00e8s limit\u00e9e\u00bb. C\u2019est notamment le cas des insectes, dont certaines esp\u00e8ces ne vivent que dans une seule vall\u00e9e. Pour les entomologistes helv\u00e9tiques, cela repr\u00e9sente de nombreuses niches \u00e0 explorer.<\/p>\n<h2>Une promotion pour l\u2019\u00e9l\u00e9phant des for\u00eats<\/h2>\n<p>Cela dit, en mati\u00e8re de biodiversit\u00e9, l\u2019expression \u00abd\u00e9couverte d\u2019esp\u00e8ces\u00bb recouvre des situations vari\u00e9es. Les esp\u00e8ces en question peuvent \u00eatre r\u00e9ellement nouvelles, et \u00eatre pass\u00e9es jusqu\u2019alors inaper\u00e7ues, en tout cas pour les scientifiques qui ne les avaient jamais \u00e9tudi\u00e9es et r\u00e9pertori\u00e9es. C\u2019est dans cette cat\u00e9gorie que s\u2019inscrit la fourmi des bois d\u00e9couverte par des chercheurs de l\u2019UNIL.<\/p>\n<p>Mais aussi la petite chauve-souris de cinq grammes que des chercheurs du Mus\u00e9um de Gen\u00e8ve associ\u00e9s \u00e0 des scientifiques d\u2019autres pays ont d\u00e9couverte dans l\u2019archipel des Comores, en juin dernier.<\/p>\n<p>Dans d\u2019autres cas, ce que l\u2019on avait longtemps consid\u00e9r\u00e9 comme des sous-esp\u00e8ces apparaissent finalement comme des esp\u00e8ces \u00e0 part enti\u00e8re. Les \u00e9l\u00e9phants en fournissent un bon exemple. Jusqu\u2019au d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle, les zoologistes consid\u00e9raient qu\u2019il n\u2019existait que deux esp\u00e8ces de pachydermes, les \u00e9l\u00e9phants d\u2019Asie et ceux d\u2019Afrique. Ils classaient d\u2019ailleurs ces derniers en deux sous-esp\u00e8ces, \u00abLoxodonta africana africana\u00bb, peuplant la savane, et \u00abLoxodonta africana cyclotis\u00bb, vivant dans les for\u00eats. Jusqu\u2019\u00e0 ce que des analyses g\u00e9n\u00e9tiques viennent bouleverser la donne et \u00ab\u00e9l\u00e8vent au rang d\u2019esp\u00e8ce l\u2019\u00e9l\u00e9phant des for\u00eats\u00bb, explique Daniel Cherix.<\/p>\n<h2>Des surprises dans les mus\u00e9es<\/h2>\n<p>L\u2019\u00e9tude approfondie de sp\u00e9cimens conserv\u00e9s dans les mus\u00e9es et les collections r\u00e9v\u00e8le aussi, souvent, des surprises. Elle permet notamment de constater que des esp\u00e8ces qui avaient par le pass\u00e9 \u00e9t\u00e9 confondues sont en fait diff\u00e9rentes, ce qui conduit \u00e0 modifier la classification \u00e9tablie par les anciennes g\u00e9n\u00e9rations de taxonomistes.<\/p>\n<p>\u00abUne grande partie de ce que l\u2019on nomme les nouvelles esp\u00e8ces vient en fait de ces r\u00e9visions\u00bb, pr\u00e9cise le zoologiste. Le r\u00f4le des mus\u00e9es dans la d\u00e9couverte de nouvelles esp\u00e8ces ne s\u2019arr\u00eate d\u2019ailleurs pas l\u00e0. C\u2019est dans leurs collections que sont conserv\u00e9s \u00ables sp\u00e9cimens que l\u2019on d\u00e9signe sous le nom de type\u00bb; ils servent de r\u00e9f\u00e9rences et permettent, quand une suppos\u00e9e nouvelle esp\u00e8ce est rep\u00e9r\u00e9e, de savoir si elle est r\u00e9ellement diff\u00e9rente de celles que l\u2019on connaissait.<\/p>\n<h2>La preuve par l\u2019ADN<\/h2>\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, le rythme auquel les chercheurs inscrivent de nouvelles venues \u00e0 l\u2019inventaire des esp\u00e8ces ne cesse de s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer. Cela tient d\u2019abord au regain d\u2019int\u00e9r\u00eat de la communaut\u00e9 scientifique pour la biodiversit\u00e9. Or \u00abplus l\u2019on cherche, plus on trouve\u00bb, et cela d\u2019autant plus que les chercheurs disposent depuis quelques d\u00e9cennies de nouveaux outils qui leur fournissent une aide non n\u00e9gligeable.<\/p>\n<p>A commencer par l\u2019analyse g\u00e9n\u00e9tique qui a r\u00e9volutionn\u00e9 la zoologie, tout comme la botanique. De nombreuses esp\u00e8ces ont \u00e9t\u00e9 confondues pendant des si\u00e8cles parce que leurs membres se ressemblent beaucoup, voire sont quasiment identiques, du point de vue morphologique. Seule l\u2019analyse de leurs ADN permet aujourd\u2019hui de les distinguer.<\/p>\n<h2>Une nouvelle esp\u00e8ce de mulot<\/h2>\n<p>En t\u00e9moigne l\u2019histoire du mulot alpestre, longtemps d\u00e9crit comme appartenant \u00e0 une sous-esp\u00e8ce alpine du mulot \u00e0 collier, et qui avait \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9e \u00abApodemus flavicollis alpicola Heinrich\u00bb. A la fin des ann\u00e9es 80, deux chercheurs allemands ont observ\u00e9 dans une m\u00eame for\u00eat les deux sous-esp\u00e8ces et, sur la base de leurs mensurations corporelles, ont conclu qu\u2019il s\u2019agissait de deux v\u00e9ritables esp\u00e8ces qui ne se croisaient pas.<\/p>\n<p>\u00abLorsqu\u2019ils ont publi\u00e9 leurs r\u00e9sultats, indique Peter Vogel, ancien directeur de l\u2019Institut d\u2019\u00e9cologie de l\u2019UNIL, ils n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 pris au s\u00e9rieux et beaucoup de leurs coll\u00e8gues n\u2019y croyaient pas.\u00bb Peter Vogel et ses coll\u00e8gues ont depuis entrepris de tester cette hypoth\u00e8se avec des m\u00e9thodes g\u00e9n\u00e9tiques, \u00abet nous avons vu que leurs conclusions \u00e9taient justes\u00bb. Le mulot alpestre a d\u00e9sormais acquis le statut d\u2019esp\u00e8ce et il a \u00e9t\u00e9 renomm\u00e9 \u00abApodemus alpicola Heinrich\u00bb.<\/p>\n<h2>Le cri de la chauve-souris<\/h2>\n<p>A cela vient s\u2019ajouter le d\u00e9veloppement de nouvelles technologies. Notamment dans le secteur de l\u2019acoustique, o\u00f9 les appareils d\u2019enregistrement et d\u2019analyse des sons et des ultrasons se sont perfectionn\u00e9s. C\u2019est ainsi qu\u2019en \u00e9tudiant de pr\u00e8s les cris des chauves-souris vivant devant les anciennes galeries d\u2019une mine d\u00e9saffect\u00e9e \u00e0 Baulmes, Olivier Glaizot, conservateur au Mus\u00e9e cantonal de zoologie, et Philippe Christe, chercheur au D\u00e9partement d\u2019\u00e9cologie et d\u2019\u00e9volution de l\u2019UNIL, ont retrouv\u00e9 le grand rhinolophe, une chauve-souris que l\u2019on croyait disparue de Suisse.<\/p>\n<p>Dans un autre ordre d\u2019id\u00e9e, la mise au point de sous-marins t\u00e9l\u00e9command\u00e9s capables de descendre \u00e0 4000 m\u00e8tres permet d\u00e9sormais d\u2019explorer les fonds des oc\u00e9ans jusqu\u2019ici inaccessibles. Une vraie mine d\u2019or pour tous ceux qui s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 la biodiversit\u00e9 marine.<\/p>\n<h2>L\u2019apport des math\u00e9matiques<\/h2>\n<p>Toutes les informations recueillies par ces diff\u00e9rentes m\u00e9thodes d\u2019investigation peuvent d\u00e9sormais \u00eatre rassembl\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 \u00abla taxonomie int\u00e9grative\u00bb. Cette nouvelle approche prend en compte les donn\u00e9es morphologiques, g\u00e9n\u00e9tiques, biologiques (relatives notamment aux substances de communication que sont les ph\u00e9romones) et comportementales de populations animales et les met en relation, \u00e0 l\u2019aide de mod\u00e8les math\u00e9matiques.<\/p>\n<p>\u00abCe syst\u00e8me est tr\u00e8s performant pour mettre en \u00e9vidence de nouvelles esp\u00e8ces, souligne Daniel Cherix. Notamment en ce qui concerne les esp\u00e8ces cryptiques, c\u2019est-\u00e0-dire tr\u00e8s proches les unes des autres.\u00bb<\/p>\n<h2>Des bases de donn\u00e9es sont d\u00e9velopp\u00e9es<\/h2>\n<p>D\u00e9crire de nouvelles esp\u00e8ces est une chose, encore faut-il mettre \u00e0 la disposition de la communaut\u00e9 scientifique les informations et les \u00abfaire circuler tr\u00e8s rapidement\u00bb. C\u2019est dans ce but que, depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, des bases de donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es.<\/p>\n<p>La Suisse en compte plusieurs dont le Centre suisse de la cartographie de la faune, \u00e0 Neuch\u00e2tel et le Centre suisse de floristique \u00e0 Gen\u00e8ve. \u00abCe sont des outils incroyables! Cela nous permet de conna\u00eetre la situation dans n\u2019importe quel endroit du pays\u00bb, appr\u00e9cie Daniel Cherix.<\/p>\n<p>Des banques de ce type existent aussi au niveau europ\u00e9en o\u00f9 le r\u00e9seau Edit (European distributed institute of taxonomy) a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 2006 et, plus r\u00e9cemment, au niveau mondial avec la mise en place du GBIF (Global Biodiversity Information Facility). En septembre dernier, 299 fournisseurs de donn\u00e9es \u00e9taient connect\u00e9s \u00e0 ce dernier r\u00e9seau qui comptait plus de 180 millions de donn\u00e9es concernant des sp\u00e9cimens de plantes, d\u2019animaux ou d\u2019organismes unicellulaires.<\/p>\n<p>\u00abCe syst\u00e8me va permettre \u00e0 un pays de mettre l\u2019ensemble des informations qu\u2019il poss\u00e8de sur sa faune et sa flore \u00e0 la disposition de tous sur la plan\u00e8te, explique le professeur associ\u00e9 de l\u2019UNIL. M\u00eame les scientifiques des pays les plus d\u00e9favoris\u00e9s pourront avoir acc\u00e8s \u00e0 ces donn\u00e9es; il leur suffira pour cela d\u2019avoir une connexion Internet.\u00bb<\/p>\n<h2>Protection des esp\u00e8ces<\/h2>\n<p>Pour les taxonomistes, la cr\u00e9ation de ces banques de donn\u00e9es repr\u00e9sente \u00abun grand pas en avant\u00bb, souligne Daniel Cherix. Ces bases apportent aussi une aide pr\u00e9cieuse aux organisations, comme l\u2019Union internationale pour la conservation des esp\u00e8ces (UICN), qui suivent la disparition des esp\u00e8ces et peuvent ainsi \u00abb\u00e9n\u00e9ficier rapidement de donn\u00e9es actualis\u00e9es\u00bb.<\/p>\n<p>Car pour l\u2019enseignant de l\u2019UNIL, \u00abla d\u00e9couverte de nouvelles esp\u00e8ces est aussi importante du point de vue de la conservation des esp\u00e8ces\u00bb. Il s\u2019en explique par un exemple: \u00abImaginez une esp\u00e8ce consid\u00e9r\u00e9e comme abondante et qui se trouve finalement scind\u00e9e en deux. Il est possible que l\u2019une de ces esp\u00e8ces nouvellement d\u00e9couvertes soit d\u00e9j\u00e0 menac\u00e9e d\u2019extinction.\u00bb En fait, conclut le zoologiste, \u00abnotre objectif n\u2019est pas d\u2019augmenter le nombre d\u2019esp\u00e8ces connues, mais plut\u00f4t, d\u00e8s qu\u2019une nouvelle esp\u00e8ce est d\u00e9couverte, de songer \u00e0 sa protection\u00bb. Une autre mani\u00e8re de pr\u00e9server la biodiversit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Elisabeth Gordon<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On parle toujours des esp\u00e8ces qui disparaissent. Mais savez-vous que, chaque ann\u00e9e, les sp\u00e9cialistes du monde vivant d\u00e9couvrent plus de 18&rsquo;000 esp\u00e8ces nouvelles sur la plan\u00e8te. 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