{"id":161,"date":"2009-11-12T14:35:29","date_gmt":"2009-11-12T12:35:29","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=161"},"modified":"2012-05-15T16:59:29","modified_gmt":"2012-05-15T14:59:29","slug":"2009-lannee-de-toutes-les-excuses","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/2009-lannee-de-toutes-les-excuses\/","title":{"rendered":"2009, l\u2019ann\u00e9e  de toutes les excuses"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-162 alignnone\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2010\/04\/2009.jpg\" alt=\"2009\" width=\"530\" height=\"260\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2010\/04\/2009.jpg 530w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2010\/04\/2009-300x147.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 530px) 100vw, 530px\" \/><\/p>\n<p><strong><em>Cette ann\u00e9e, Hans-Rudolf Merz a \u00abpr\u00e9sent\u00e9 ses excuses au peuple lybien\u00a0\u00bb et Barack Obama, le champion du genre, a admis qu&rsquo;il avait \u00ab\u00a0foir\u00e9\u00a0\u00bb&#8230; S&rsquo;il y a un point commun sur lequel tous, sportifs, chefs d&rsquo;Etat ou hommes d&rsquo;affaires se sont mis d&rsquo;accord, c&rsquo;est bien la n\u00e9cessit\u00e9 de battre sa coulpe en public. Que signifie cette mode? La r\u00e9ponse de experts de l&rsquo;UNIL.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\u00abJ\u2019ai foir\u00e9\u00bb, \u00abJe suis d\u00e9sol\u00e9\u00bb, \u00abJe tiens \u00e0 dire que c\u2019\u00e9tait une erreur\u00bb, \u00abJe vous pr\u00e9sente mes excuses\u00bb, \u00abPardon\u00bb\u2026 La grande mode, c\u2019est d\u00e9sormais de battre publiquement sa coulpe. Bien s\u00fbr, ce n\u2019est pas une invention de 2009. Mais la tendance s\u2019est clairement renforc\u00e9e cette ann\u00e9e, notamment en Occident.<\/p>\n<p>Des acteurs de premier plan, comme le pr\u00e9sident Hans-Rudolf Merz, ou son homologue \u00e9tats-unien Barack Obama, le champion du genre, ont rivalis\u00e9 de formules visant \u00e0 d\u00e9dramatiser un \u00e9v\u00e9nement ou une d\u00e9claration probl\u00e9matique.<\/p>\n<h2>Il y a excuse et excuse<\/h2>\n<p>Si les m\u00e9dias et les citoyens interpr\u00e8tent sans distinction comme des excuses tout ce qui y ressemble, un retour plus pr\u00e9cis sur les propos prononc\u00e9s n\u2019est pas inutile. Ma\u00eetre assistant en linguistique fran\u00e7aise \u00e0 l\u2019UNIL, Rapha\u00ebl Micheli rel\u00e8ve que pr\u00e9senter des excuses, \u00abc\u2019est d\u2019abord exprimer un sentiment par rapport \u00e0 quelque chose: on se sent d\u00e9sol\u00e9, et on le dit publiquement\u00bb. Mais cette premi\u00e8re prise de parole ne revient pas encore \u00e0 regretter la faute, ni \u00e0 demander pardon.<\/p>\n<p>Il y a donc trois \u00e9l\u00e9ments dans les excuses qui vont parfois de pair, mais qui peuvent aussi \u00eatre dissoci\u00e9s. \u00abLes \u00abexcuses\u00bb de Zidane apr\u00e8s son coup de t\u00eate \u00e0 Materazzi, en finale de la Coupe du monde de football 2006, sont, de ce point de vue, tr\u00e8s int\u00e9ressantes: le Fran\u00e7ais dit \u00eatre d\u00e9sol\u00e9, notamment parce qu\u2019il a montr\u00e9 un mauvais exemple aux enfants qui le prennent pour mod\u00e8le\u00bb, se souvient Rapha\u00ebl Micheli.<\/p>\n<p>Mais il dit aussi ne pas regretter ce geste, \u00abparce que son adversaire le m\u00e9ritait, et parce que ne pas riposter \u00e0 ce moment aurait confort\u00e9 l\u2019Italien dans l\u2019id\u00e9e que les insultes qu\u2019il prof\u00e9rait \u00e0 l\u2019encontre de sa s\u0153ur \u00e9taient fond\u00e9es\u00bb. On voit bien ici qu\u2019il peut y avoir une tension entre la n\u00e9cessaire admission de la faute aux yeux d\u2019un public et le refus du regret, allant m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 une tentative de justification.<\/p>\n<h2>Je ne m\u2019excuse pas, je demande pardon. Nuance!<\/h2>\n<p>Derni\u00e8re dimension, la demande explicite de pardon. \u00abOn passe l\u00e0 \u00e0 quelque chose de diff\u00e9rent: tant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019exprimer une \u00e9motion ou d\u2019assumer une responsabilit\u00e9, seul celui qui parle, le locuteur, semble concern\u00e9. Avec la demande de pardon, l\u2019allocutaire, celui \u00e0 qui on s\u2019adresse, est impliqu\u00e9 aussi: il peut en effet soit accepter, soit refuser. Dans un tel cas, le locuteur se place, si l\u2019on peut dire, en d\u00e9pendance de l\u2019allocutaire.\u00bb<\/p>\n<p>Ce qui montre bien le danger auquel s\u2019expose celui qui s\u2019excuse: il se met en position de faiblesse. \u00abL\u2019honneur est en jeu, confirme le linguiste. On le voit bien dans le champ lexical utilis\u00e9 dans ce contexte: on peut dire de quelqu\u2019un qui s\u2019excuse qu\u2019il se met \u00e0 genoux devant untel, qu\u2019il courbe l\u2019\u00e9chine, qu\u2019il lui l\u00e8che les bottes. S\u2019excuser, c\u2019est se placer en situation d\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 et \u00e9ventuellement porter atteinte \u00e0 ce que Goffmann, sociologue de l\u2019interaction, appelle la \u00abface positive\u00bb des individus.\u00bb<\/p>\n<p>La chose est encore plus d\u00e9licate dans les civilisations qui ne se rattachent pas au christianisme. \u00abOn dit \u00abfaute avou\u00e9e \u00e0 demi pardonn\u00e9e\u00bb: l\u2019aveu est positif en Occident, du moins le plus souvent, analyse Jean-Claude Usunier, qui est professeur de management \u00e0 la Facult\u00e9 des HEC de l\u2019UNIL, o\u00f9 il enseigne notamment la n\u00e9gociation internationale d\u2019affaires. L\u2019aveu correspond \u00e0 confesser sa culpabilit\u00e9 (\u00abguilt\u00bb, en anglais, ndlr.) pour rechercher le pardon d\u2019autrui. Mais en Orient, le fait de confesser sa culpabilit\u00e9 correspond plut\u00f4t \u00e0 perdre la face vis-\u00e0-vis d\u2019autrui, et le sentiment qui en d\u00e9coule est la honte (shame).\u00bb<\/p>\n<h2>En affaires, reconna\u00eetre une faute se paie parfois cash<\/h2>\n<p>Celui qui reconna\u00eet une erreur dans ce contexte ne doit donc pas s\u2019attendre \u00e0 \u00eatre pardonn\u00e9, mais plut\u00f4t puni, condamn\u00e9. \u00abEn Asie, de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, on tente de sauver la face; on \u00e9vite donc de reconna\u00eetre la faute\u00bb, poursuit Jean-Claude Usunier. Une attitude que l\u2019on pratique aussi dans les n\u00e9gociations d\u2019affaires: admettre une erreur, c\u2019est offrir \u00e0 l\u2019autre partie l\u2019occasion d\u2019en tirer profit, bref risquer de signer un contrat d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9.<\/p>\n<p>La question d\u2019une contrepartie financi\u00e8re ne se limite d\u2019ailleurs pas au monde des affaires. Une petite fraction de Noirs am\u00e9ricains demande par exemple un d\u00e9dommagement pour les torts subis durant toute la p\u00e9riode qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 l\u2019abolition de l\u2019esclavage. S\u2019excuser aupr\u00e8s de minorit\u00e9s oppress\u00e9es, de victimes, de pays envahis ou colonis\u00e9s peut co\u00fbter cher, et c\u2019est parfois ce qui retient certains politiciens d\u2019aller plus loin dans la d\u00e9marche.<\/p>\n<h2>Quand le pr\u00e9sident Chirac s\u2019excuse pour la nation<\/h2>\n<p>La question des excuses nationales pose encore d\u2019autres probl\u00e8mes. On pense ici \u00e0 celles prononc\u00e9es le 7 mai 1995 par le pr\u00e9sident suisse Kaspar Villiger, pour le tampon \u00abJ\u00bb appos\u00e9 sur les passeports des Juifs durant la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale. Ou \u00e0 celles que Jacques Chirac a prononc\u00e9es en 1995, pour reconna\u00eetre la responsabilit\u00e9 du r\u00e9gime de Vichy dans la d\u00e9portation des Juifs fran\u00e7ais entre 1942 et 1944. Ou \u00e0 celles que le premier ministre australien Kevin Rudd a adress\u00e9es aux aborig\u00e8nes en 2008, notamment pour le rapt de leurs enfants entre 1910 et 1970.<\/p>\n<h2>Faire un geste qui comptera pour les g\u00e9n\u00e9rations suivantes<\/h2>\n<p>Quel sens faut-il donner \u00e0 des d\u00e9clarations de ce genre qui interviennent longtemps apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s des victimes directes? \u00abQuand un chef d\u2019Etat s\u2019excuse, il peut le faire \u00e0 titre personnel, pour une bourde qu\u2019il a commise dans l\u2019exercice de ses fonctions, ou au nom de la Nation, que d\u2019une certaine fa\u00e7on il incarne, comme il incarne la continuit\u00e9 des institutions. Dans ce deuxi\u00e8me cas, sa responsabilit\u00e9 personnelle n\u2019est le plus souvent pas engag\u00e9e, mais \u00e7a n\u2019est en fin de compte pas vraiment relevant, puisque c\u2019est d\u2019une responsabilit\u00e9 collective, celle d\u2019un Etat ou d\u2019une Nation, qu\u2019il s\u2019agit\u00bb, distingue Nicolas Bancel, ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne (UNIL).<\/p>\n<p>L\u2019historien rel\u00e8ve que, dans bien des cas, qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019esclavage, de la colonisation ou de la Shoah, la m\u00e9moire de la souffrance endur\u00e9e est transmise aux g\u00e9n\u00e9rations suivantes. Pour elles, les excuses peuvent avoir un sens.<\/p>\n<h2>S\u2019excuser pour l\u2019Histoire<\/h2>\n<p>\u00abMais les excuses ont aussi une fonction dans le r\u00e9cit national\u00bb, poursuit Nicolas Bancel. Les Fran\u00e7ais ont en effet longtemps v\u00e9cu dans le mythe que les r\u00e9sistants \u00e9taient largement majoritaires durant la Seconde Guerre mondiale, et les P\u00e9tainistes minoritaires \u2013 et ce m\u00eame si la communaut\u00e9 des historiens a montr\u00e9 depuis longtemps qu\u2019il n\u2019en \u00e9tait rien. \u00abLes propos de Jacques Chirac ont permis de tourner le dos \u00e0 ces mythes et d\u2019ouvrir la porte \u00e0 un autre \u00abr\u00e9cit national\u00bb, int\u00e9grant certaines des \u00abpages sombres\u00bb de l\u2019Histoire, qui le rapproche de l\u2019histoire narr\u00e9e par les historiens\u00bb, souligne Nicolas Bancel.<\/p>\n<h2>Avec Sarkozy et Berlusconi, les excuses deviennent une monnaie d\u2019\u00e9change<\/h2>\n<p>Personne n\u2019est dupe: les excuses sont aussi une monnaie d\u2019\u00e9change et de pression dans les relations internationales, qui prennent la forme d\u2019un: \u00abTu me donnes les regrets que mon peuple bless\u00e9 attend pour le comportement de ton pays dans le pass\u00e9, et je te donne acc\u00e8s \u00e0 mon p\u00e9trole, mon march\u00e9, ou j\u2019appuie les tractations diplomatiques que tu conduis avec tel de mes alli\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019il faut lire les propos de Nicolas Sarkozy quand il dit que \u00able syst\u00e8me colonial a \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment injuste\u00bb: au moment o\u00f9 il a prononc\u00e9 ces mots, il cherchait \u00e0 cr\u00e9er son \u00abUnion m\u00e9diterran\u00e9enne\u00bb, et il avait besoin pour ce faire de l\u2019appui de l\u2019Alg\u00e9rie. Que ces mots aient \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9s quelque temps apr\u00e8s un discours \u00e0 Dakar, en juillet 2007, remarqu\u00e9 pour son ton colonial et paternaliste, ne choque au fond pas grand monde: Nicolas Sarkozy est pragmatique, il adapte son discours \u00e0 ses besoins plus qu\u2019\u00e0 des valeurs immuables.<\/p>\n<p>\u00abLe cas des excuses de Silvio Berlusconi \u00e0 la Libye, \u00e0 la fin ao\u00fbt 2008, est du m\u00eame ordre: elles visent \u00e0 permettre \u00e0 l\u2019Italie de renforcer ses positions commerciales et son influence diplomatique dans ce pays et la r\u00e9gion\u00bb, rench\u00e9rit Nicolas Bancel.<\/p>\n<p>Mais quelles qu\u2019en soient les motivations, ces excuses \u00abhistoriques\u00bb peuvent \u00eatre utiles, notamment quand des individus ont migr\u00e9 des anciennes colonies vers la m\u00e9tropole: inscrire ce pass\u00e9 dans le r\u00e9cit national, le reconna\u00eetre, peut permettre aux jeunes n\u00e9s en France de donner un sens \u00e0 leur propre trajectoire, qui sans cela en est d\u00e9pourvue.<\/p>\n<h2>Trouver les mots justes pour \u00e9voquer l\u2019horreur<\/h2>\n<p>Si pr\u00e9senter des excuses \u00e0 titre collectif peut s\u2019av\u00e9rer profitable, reste encore \u00e0 savoir comment les formuler. Face, par exemple, \u00e0 des millions de Juifs extermin\u00e9s, dire \u00abje suis d\u00e9sol\u00e9\u00bb semble un peu d\u00e9risoire \u2013 on n\u2019a pas vraiment le sentiment que les mots font le poids.<\/p>\n<p>\u00abDans ce type de situation, les orateurs utilisent souvent en introduction une formule qui rel\u00e8ve cela, en soulignant la disproportion entre ce que les victimes ont v\u00e9cu et le faible pouvoir des mots qu\u2019ils s\u2019appr\u00eatent \u00e0 prononcer, souligne Rapha\u00ebl Micheli. Ils parlent plus volontiers apr\u00e8s ces pr\u00e9cautions oratoires de leurs sentiments, de leurs regrets, plut\u00f4t que de demander pardon, comme si ce serait trop demander.\u00bb<\/p>\n<p>Invit\u00e9e \u00e0 parler devant la Knesset, la chanceli\u00e8re allemande Angela Merkel a adopt\u00e9 cette solution: \u00abNous autres, Allemands, la Shoah nous emplit de honte. Je m\u2019incline devant ses victimes, ses survivants et ceux qui les ont aid\u00e9s \u00e0 survivre\u00bb, a-t-elle simplement dit.<\/p>\n<h2>S\u2019excuser, c\u2019est prendre un risque<\/h2>\n<p>Le plus grand risque dans la d\u00e9marche des excuses, que l\u2019on soit politicien ou sportif, est bien s\u00fbr l\u2019atteinte \u00e0 l\u2019image: \u00abElle est tr\u00e8s difficile \u00e0 pr\u00e9dire, souligne Rapha\u00ebl Micheli. Parfois, les excuses sont tr\u00e8s bien re\u00e7ues et celui qui les a prononc\u00e9es en sort grandi, parfois il en sort \u00e9corch\u00e9. Les changements de strat\u00e9gie de Bill Clin-ton durant l\u2019affaire Lewinsky sont assez parlants \u00e0 cet \u00e9gard: il a commenc\u00e9 par adopter une posture tr\u00e8s peu contrite, tr\u00e8s \u00abje suis un homme d\u2019Etat fort, je ne vais pas me rabaisser\u00bb, ce qui a mal pass\u00e9 dans l\u2019opinion publique. Il a donc gliss\u00e9 progressivement vers un: \u00abJe suis profond\u00e9ment d\u00e9sol\u00e9 pour ce que j\u2019ai fait de mal\u00bb, pour finir par un: \u00abJ\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 toutes les personnes concern\u00e9es qu\u2019elles me pardonnent.\u00bb<\/p>\n<h2>Champion des excuses, Barack Obama en sort grandi<\/h2>\n<p>Comment expliquer alors que malgr\u00e9 cette incertitude quant au r\u00e9sultat m\u00e9diatique, le trend des excuses publiques aille en s\u2019amplifiant? Si Bill Clinton a marqu\u00e9 les esprits avec son attitude dans l\u2019affaire de la stagiaire de la Maison-Blanche, Barack Obama s\u2019est, en quelques mois, excus\u00e9 davantage que tous ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Vat-il \u00e9corner son excellente image? \u00abNon, il s\u2019inscrit dans une \u00e9volution qui a commenc\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es, explique Rapha\u00ebl Micheli. Les \u00e9lecteurs et l\u2019opinion ont longtemps attendu d\u2019un chef d\u2019Etat qu\u2019il soit un roc infaillible, un \u00eatre parfait au-dessus de la m\u00eal\u00e9e et du commun. Aujourd\u2019hui, on est plus proche d\u2019une identification: on veut pouvoir se reconna\u00eetre dans le pr\u00e9sident, on veut que, comme nous, il puisse se tromper et qu\u2019il doive lui aussi s\u2019excuser, comme tout le monde.\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Sonia Arnal<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette ann\u00e9e, Hans-Rudolf Merz a \u00abpr\u00e9sent\u00e9 ses excuses au peuple lybien\u00a0\u00bb et Barack Obama, le champion du genre, a admis qu&rsquo;il avait \u00ab\u00a0foir\u00e9\u00a0\u00bb&#8230; S&rsquo;il y a un point commun sur &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":190,"featured_media":162,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[205,55,35],"tags":[41],"class_list":{"0":"post-161","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-no-46","8":"category-politique","9":"category-societe","10":"tag-sonia-arnal"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/161","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/190"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=161"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/161\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media\/162"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=161"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=161"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=161"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}