{"id":15816,"date":"2026-10-05T08:11:00","date_gmt":"2026-10-05T06:11:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=15816"},"modified":"2026-09-23T09:13:13","modified_gmt":"2026-09-23T07:13:13","slug":"germaine-de-stael-cote-politique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/germaine-de-stael-cote-politique\/","title":{"rendered":"Germaine de Sta\u00ebl, c\u00f4t\u00e9 politique"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"587\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/09\/stael_93_1.webp\" alt=\"stael 93 1\" class=\"wp-image-15952\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/09\/stael_93_1.webp 587w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/09\/stael_93_1-191x260.webp 191w\" sizes=\"auto, (max-width: 587px) 100vw, 587px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Germaine de Sta\u00ebl. Lithographie de Henri Joseph Hesse (vers 1830), d\u2019apr\u00e8s le c\u00e9l\u00e8bre tableau de Fran\u00e7ois G\u00e9rard.<br>\u00a9 akg-images<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019\u00e9crivaine et philosophe s\u2019est int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression, \u00e0 la libert\u00e9 de la presse, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019opinion publique. T\u00e9moin des exc\u00e8s de son \u00e9poque troubl\u00e9e, la baronne de Sta\u00ebl (1766-1817) s\u2019est empar\u00e9e de ces questions d\u2019une mani\u00e8re lucide qui r\u00e9sonne \u00e0 notre \u00e9poque. Professeure honoraire \u00e0 l\u2019Unil, Biancamaria Fontana d\u00e9veloppe ces aspects dans un ouvrage r\u00e9cent.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00abQuand le roi vint se placer sur le tr\u00f4ne, au milieu de cette assembl\u00e9e, j\u2019\u00e9prouvai pour la premi\u00e8re fois un sentiment de crainte.\u00bb Le 5 mai 1789 \u00e0 Versailles, Germaine de Sta\u00ebl assiste \u00e0 l\u2019ouverture des \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux, convoqu\u00e9s par Louis XVI quelques mois auparavant. Ce souvenir figure dans son ouvrage posthume, <em>Consid\u00e9rations sur les principaux \u00e9v\u00e9nements de la R\u00e9volution fran\u00e7aise.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son mariage avec Erik Magnus Sta\u00ebl von Holstein, ambassadeur du roi de Su\u00e8de aupr\u00e8s de la Cour de France, permet \u00e0 Germaine de Sta\u00ebl d\u2019\u00eatre aux premi\u00e8res loges \u00e0 l\u2019occasion de cet \u00e9v\u00e9nement. \u00c0 23 ans, la baronne, fille du directeur des Finances Jacques Necker, n\u2019est pas l\u00e0 en spectatrice. \u00abElle devient une figure de r\u00e9f\u00e9rence pour les d\u00e9put\u00e9s partisans de la monarchie constitutionnelle: en nouant des contacts, en transmettant instructions de vote et propositions de motions, elle se d\u00e9m\u00e8ne pour organiser ce qu\u2019elle appelle \u201cnotre parti\u201d\u00bb, \u00e9crit Biancamaria Fontana, professeure honoraire au Centre Walras Pareto de l\u2019Unil, dans un ouvrage r\u00e9cent <em>(r\u00e9f\u00e9rence ci-dessous).<\/em> Certains des billets que lui adressaient des d\u00e9put\u00e9s figurent dans sa correspondance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00abAu d\u00e9but de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, Germaine de Sta\u00ebl est en effet au centre d\u2019un groupe qui souhaite un passage de l\u2019absolutisme \u00e0 la monarchie constitutionnelle, explique Biancamaria Fontana. Pourtant majoritaire aux \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux puis aux Assembl\u00e9es nationale et constituante qui ont suivi, ce parti perd toute influence fin 1791.\u00bb Certains de ses membres, menac\u00e9s, fuient \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pourquoi? Parce que les esprits se radicalisent. De ses yeux, Germaine de Sta\u00ebl en observe certaines causes. Les d\u00e9bats sont d\u00e9sorganis\u00e9s lors des assembl\u00e9es. Les d\u00e9put\u00e9s \u2013 parfois indisciplin\u00e9s \u2013 si\u00e8gent en bien trop grand nombre, les proc\u00e9dures de vote s\u2019av\u00e8rent confuses et les salles sont tellement vastes que l\u2019on n\u2019entend plus les orateurs. Le public lance des injures pendant les sessions, ou agresse \u2013 voire tue \u2013 des repr\u00e9sentants \u00e0 leur sortie des b\u00e2timents.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le mod\u00e8le anglais<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toutes choses impensables en Angleterre, o\u00f9 le syst\u00e8me politique est structur\u00e9 sur la base de deux partis, \u00ables <em>Tories,<\/em> partisans du roi, et les <em>Whigs,<\/em> d\u00e9fenseurs du Parlement\u00bb, \u00e9crit Biancamaria Fontana. N\u00e9e dans une famille anglophile, proche des <em>Whigs,<\/em> la baronne est tout \u00e0 fait renseign\u00e9e sur ce pays, dont elle conna\u00eet bien la langue, depuis son enfance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, \u00abpour de Sta\u00ebl, les partis ont une fonction positive. Leur r\u00f4le consiste \u00e0 filtrer l\u2019opinion des \u00e9lecteurs, \u00e0 \u00e9couter leurs plaintes, \u00e0 offrir des options raisonnables et finalement \u00e0 traduire cela en termes ma\u00eetrisables, dans une ar\u00e8ne parlementaire o\u00f9 r\u00e8gnent la culture et la tradition du d\u00e9bat. En France, cela manque totalement \u00e0 son \u00e9poque\u00bb, ajoute l\u2019historienne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1791, la baronne livre sa premi\u00e8re intervention dans la presse, sous la forme d\u2019un article anonyme (c\u2019\u00e9tait l\u2019usage), intitul\u00e9 <em>\u00c0 quels signes peut-on conna\u00eetre l\u2019opinion de la majorit\u00e9 de la nation?<\/em> Elle y avance l\u2019id\u00e9e \u00abqu\u2019en France aussi se rencontre une forme de bipartisme, latente, repr\u00e9sent\u00e9e par les partisans de la monarchie constitutionnelle d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et les r\u00e9publicains mod\u00e9r\u00e9s de l\u2019autre. Ensemble, ces deux grands courants exprimeraient les vues de la majorit\u00e9 de l\u2019opinion\u00bb, r\u00e9sume Biancamaria Fontana dans son ouvrage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il convient de pr\u00e9ciser que \u00abopinion publique\u00bb, alors, n\u2019est pas synonyme de \u00abavis de la population\u00bb. La notion de \u00abd\u00e9mocratie repr\u00e9sentative appara\u00eet dans les ann\u00e9es 1790 sous la plume d\u2019auteurs r\u00e9volutionnaires comme l\u2019abb\u00e9 Siey\u00e8s\u00bb, rel\u00e8ve Biancamaria Fontana. La France compte alors environ 28 millions d\u2019habitants et il n\u2019est pas envisag\u00e9 que le peuple participe directement \u00e0 la vie politique. Pour s\u2019impliquer dans cette derni\u00e8re, en France comme en Angleterre, un certain poids \u00e9conomique est n\u00e9cessaire. \u00abIl faut de plus relever que la France ne connaissait aucun syst\u00e8me traditionnel d\u2019\u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales\u2026 Puisque le peuple ne votait pas\u00bb, poursuit la chercheuse. Toutefois, deux mod\u00e8les de scrutins \u00e9taient utilis\u00e9s dans des contextes particuliers: l\u2019assembl\u00e9e eccl\u00e9siastique et la compagnie par actions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le mode d\u2019organisation de cette derni\u00e8re a donn\u00e9 des id\u00e9es \u00e0 l\u2019abb\u00e9 Siey\u00e8s, qui en traite dans ses pamphlets. Cet exemple a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 employ\u00e9 en tant que m\u00e9taphore par Germaine de Sta\u00ebl. Pour elle, les \u00abactionnaires\u00bb de la nation sont \u00abtous les acteurs \u00e9conomiques et professionnels qui contribuaient \u00e0 la richesse du pays, et qui avaient donc un int\u00e9r\u00eat mat\u00e9riel imm\u00e9diat \u00e0 la pr\u00e9servation de l\u2019\u00c9tat. Cette majorit\u00e9 de propri\u00e9taires, au sens large du terme, attendait de la R\u00e9volution, la libert\u00e9, la prosp\u00e9rit\u00e9 et l\u2019ordre\u00bb, \u00e9crit Biancamaria Fontana.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00abL\u2019esprit de parti\u00bb et les passions<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019heure n\u2019est toutefois pas \u00e0 la mod\u00e9ration. \u00c0 mesure que la R\u00e9volution fran\u00e7aise avance, c\u2019est le fanatisme, ou \u00abl\u2019esprit de parti\u00bb comme l\u2019appelle Germaine de Sta\u00ebl, qui prend le dessus. Ce dernier \u00ab[\u2026] unit les hommes entr\u2019eux par l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une haine commune, mais non par l\u2019estime ou l\u2019attrait du c\u0153ur\u00bb, note-t-elle dans <em>De l\u2019influence des passions sur le bonheur des individus et des nations<\/em> (paru en 1796 \u00e0 Lausanne). \u00abCe trait\u00e9 est tr\u00e8s int\u00e9ressant, raconte Biancamaria Fontana. L\u2019auteure y avance que la ma\u00eetrise constitutionnelle du syst\u00e8me politique est limit\u00e9e par les passions, toujours pr\u00e9sentes. Ces derni\u00e8res s\u2019av\u00e8rent parfois positives, ou inoffensives. Mais dans des contextes particuliers, comme une crise, elles peuvent devenir destructrices. Pour de Sta\u00ebl, la pire d\u2019entre elles est justement l\u2019esprit de parti.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La prise des Tuileries, le 10 ao\u00fbt 1792, marque un tournant dans la violence et annonce la Terreur. \u00abGermaine de Sta\u00ebl est courageusement rest\u00e9e \u00e0 Paris, pour secourir ses amis menac\u00e9s. Elle en a cach\u00e9 \u00e0 l\u2019ambassade de Su\u00e8de, et les a aid\u00e9s \u00e0 s\u2019expatrier.\u00bb La baronne, enceinte, tente de fuir le 2 septembre mais elle est intercept\u00e9e (\u00abJe sortis de ma voiture au milieu d\u2019une multitude arm\u00e9e, et je m\u2019avan\u00e7ai sous une vo\u00fbte de piques\u00bb) avant de r\u00e9ussir \u00e0 s\u2019\u00e9chapper de la capitale le lendemain, gr\u00e2ce \u00e0 ses contacts, pour gagner le ch\u00e2teau familial de Coppet.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les d\u00e9rives de la libert\u00e9 de la presse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019intellectuelle, qui subit une d\u00e9faite politique majeure, attribue en partie la brutalisation du d\u00e9bat aux d\u00e9rives des imprim\u00e9s. \u00c0 la fin de l\u2019Ancien R\u00e9gime, \u00ables ministres se font d\u00e9j\u00e0 la guerre par pamphlets interpos\u00e9s, explique Biancamaria Fontana. La fille de Jacques Necker a \u00e9videmment compris l\u2019utilit\u00e9 de man\u0153uvrer le pouvoir par des campagnes de presse.\u00bb Ce qui change \u00e0 la R\u00e9volution, c\u2019est que le nombre de journaux et de feuilles, souvent \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, explose. L\u2019usage de la calomnie et d\u2019un ton violent se banalise. La majorit\u00e9 de la population \u00e9tant analphab\u00e8te, ces publications sont lues \u00e0 haute voix en public, dans les clubs et les caf\u00e9s. Leur impact est \u00e9norme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour Biancamaria Fontana, Germaine de Sta\u00ebl a probablement v\u00e9cu l\u2019essor incontr\u00f4l\u00e9 de la presse quotidienne avec la m\u00eame perplexit\u00e9 et la m\u00eame sourde inqui\u00e9tude que nous, lorsque les r\u00e9seaux sociaux se sont r\u00e9pandus au d\u00e9but du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Toutefois, pour elle, \u00abla libert\u00e9 de la presse est sans doute le plus grand moyen d&rsquo;arr\u00eater l&rsquo;oppression et de propager les lumi\u00e8res, mais la libert\u00e9 de la presse et la libert\u00e9 des journaux ne doit point \u00eatre soumise aux m\u00eames lois.\u00bb Ainsi commence un chapitre de l\u2019essai <em>Des circonstances actuelles qui peuvent terminer la R\u00e9volution<\/em> (r\u00e9dig\u00e9 entre 1798 et 1799). Germaine de Sta\u00ebl y d\u00e9veloppe l\u2019id\u00e9e originale que \u00abla presse\u00bb (soit les livres et les revues) doit \u00eatre soumise \u00e0 un contr\u00f4le plus souple que \u00ables journaux\u00bb, qui paraissent au quotidien et touchent bien davantage de monde. Le temps long dans lequel s\u2019inscrivent les premiers s\u2019oppose au rythme pr\u00e9cipit\u00e9 des seconds, qui offrent \u00able r\u00e9cit de tous les actes publics et particuliers et de tous les faits, criant dans les rues l&rsquo;annonce des nouvelles alarmantes, enfin se servant de la libert\u00e9 de la presse, non pour propager les id\u00e9es, mais pour agiter avec les faits: ce qui rend la libert\u00e9 de la presse une \u00e9p\u00e9e au lieu d&rsquo;une lumi\u00e8re.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il convient de relever que la baronne de Sta\u00ebl est alors connue. Elle a fait son chemin dans les gazettes, en tant que fille du directeur des Finances du royaume Jacques Necker et qu\u2019\u00e9pouse d\u2019un noble su\u00e9dois. La c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 de la brillante \u00e9g\u00e9rie des monarchistes constitutionnels, tr\u00e8s bien connect\u00e9e et pr\u00e9sente dans l\u2019espace public, n\u2019a fait que cro\u00eetre ensuite. Cette m\u00e9daille a son revers. \u00abGermaine de Sta\u00ebl a subi de nombreuses attaques personnelles dans diff\u00e9rentes publications. Peu imaginatives, ces derni\u00e8res \u00e9taient bas\u00e9es sur l\u2019id\u00e9e qu\u2019elle couchait avec tout le monde. Les choses n\u2019ont pas tellement chang\u00e9 de nos jours\u00bb, note Biancamaria Fontana. En d\u00e9cembre 1791 par exemple, elle obtient du roi que son amant Louis de Narbonne-Lara d\u00e9croche le poste de ministre de la Guerre. Des caricatures le qualifient alors de \u00abMinistre-Linotte\u00bb tenu par \u00absa bonne Sta..\u00bb, \u00e9voquant un cheval guid\u00e9 par sa cavali\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>D\u00e9fense de Marie-Antoinette<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Biancamaria Fontana consacre justement un chapitre aux \u00abfemmes comme cibles\u00bb dans son ouvrage. \u00abPartout dans ses \u00e9crits, de Sta\u00ebl d\u00e9nonce les diff\u00e9rentes facettes de cette vuln\u00e9rabilit\u00e9 des femmes confront\u00e9es \u00e0 l\u2019opinion; une vuln\u00e9rabilit\u00e9 que le climat r\u00e9volutionnaire aurait accrue, en les rendant en fin de compte moins libres que sous l\u2019Ancien R\u00e9gime.\u00bb Indign\u00e9e par le traitement subi par Marie-Antoinette, Germaine de Sta\u00ebl prend sa d\u00e9fense dans un texte publi\u00e9 en Suisse et \u00e0 Londres en 1793, <em>R\u00e9flexions sur le proc\u00e8s de la reine,<\/em> malgr\u00e9 l\u2019hostilit\u00e9 que cette derni\u00e8re a exprim\u00e9e envers cette riche protestante \u00e9trang\u00e8re. Le Tribunal r\u00e9volutionnaire a recouru aux ficelles classiques, accusant la reine d\u2019avoir des m\u0153urs l\u00e9g\u00e8res, et m\u00eame d\u2019avoir commis l\u2019inceste sur la personne de son fils le Dauphin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le recours \u00e0 la calomnie et aux fausses accusations existe certes depuis toujours. Quand, dans le monde politique, l\u2019\u00e9change d\u2019insultes remplace le d\u00e9bat, la parole publique se corrompt et perd sa cr\u00e9dibilit\u00e9, ce qui rend la population de plus en plus indiff\u00e9rente. Germaine de Sta\u00ebl a observ\u00e9 ce ph\u00e9nom\u00e8ne et ses cons\u00e9quences de mani\u00e8re lucide, ainsi qu\u2019elle l\u2019a relev\u00e9 dans <em>Des circonstances actuelles qui peuvent terminer la R\u00e9volution.<\/em> \u00ab[\u2026] Il y a fort peu d&rsquo;esprit public en France, mais il n&rsquo;en existe pas davantage pour les royalistes que pour les r\u00e9publicains; le combat est entre les deux partis, et la nation regarde parce que tout a contribu\u00e9 \u00e0 la d\u00e9go\u00fbter des querelles politiques, qu&rsquo;elle craint la contre-r\u00e9volution, qu&rsquo;elle redoute la Terreur, qu&rsquo;elle est m\u00e9contente de la R\u00e9publique, mais qu&rsquo;elle ne d\u00e9sire pas la royaut\u00e9 et qu&rsquo;\u00e0 tout prendre, comme il faut s&rsquo;agiter davantage pour renverser un gouvernement que pour s&rsquo;y soumettre, elle prendra ce dernier parti et laissera la puissance entre les mains des r\u00e9publicains, parce qu&rsquo;ils l&rsquo;ont et parce qu&rsquo;ils s&rsquo;entendent \u00e0 la garder au milieu de la vaste solitude du silence de l&rsquo;opinion publique.\u00bb&nbsp; \/<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"225\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/09\/livre_stael_93_1.webp\" alt=\"livre stael 93 1\" class=\"wp-image-15927\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Germaine de Sta\u00ebl. Le pouvoir de l&rsquo;opinion. Par Biancamaria Fontana. Savoir suisse (2026), 158 p.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"225\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/09\/livre_stael_93_2.webp\" alt=\"livre stael 93 2\" class=\"wp-image-15928\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Desk Revolutionaries. The Men of the French Directory, 1795\u20139. By Biancamaria Fontana. Reaktion Books (2026), 272 p. <br>Germaine de Sta\u00ebl a tenu un salon \u00e0 Paris sous le Directoire.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#9b52e01c\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00c0 lire<\/strong> <strong>\u00e9galement<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>La R\u00e9publique helv\u00e9tique. Laboratoire de la Suisse moderne.&nbsp;<\/em>Par Biancamaria Fontana. Savoir suisse (2020), 160 p. \u00abLa seule constitution europ\u00e9enne qui se d\u00e9finit alors comme une d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative, c\u2019est la R\u00e9publique helv\u00e9tique\u00bb, note l\u2019auteure.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Germaine de Sta\u00ebl.&nbsp;A Political Portrait.<\/em><strong>&nbsp;<\/strong>By Biancamaria Fontana. Princeton University Press (2016), 312 p.<\/p>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019\u00e9crivaine et philosophe s\u2019est int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression, \u00e0 la libert\u00e9 de la presse, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019opinion publique. T\u00e9moin des exc\u00e8s de son \u00e9poque troubl\u00e9e, la baronne de Sta\u00ebl &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":825,"featured_media":15952,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_robots_follow":"","_seopress_robots_imageindex":"","_seopress_robots_snippet":"","_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_robots_breadcrumbs":"","_seopress_robots_freeze_modified_date":"","_seopress_robots_custom_modified_date":"","_seopress_robots_canonical":"","_seopress_social_fb_title":"","_seopress_social_fb_desc":"","_seopress_social_fb_img":"","_seopress_social_fb_img_attachment_id":0,"_seopress_social_fb_img_width":0,"_seopress_social_fb_img_height":0,"_seopress_social_twitter_title":"","_seopress_social_twitter_desc":"","_seopress_social_twitter_img":"","_seopress_social_twitter_img_attachment_id":0,"_seopress_social_twitter_img_width":0,"_seopress_social_twitter_img_height":0,"_seopress_redirections_value":"","_seopress_redirections_enabled":"","_seopress_redirections_enabled_regex":"","_seopress_redirections_logged_status":"","_seopress_redirections_param":"","_seopress_redirections_type":0,"_seopress_analysis_target_kw":"","_seopress_news_disabled":"","_seopress_video_disabled":"","_seopress_video":[],"_seopress_pro_schemas_manual":[],"_seopress_pro_rich_snippets_disable_all":"","_seopress_pro_rich_snippets_disable":[],"_seopress_pro_schemas":[],"footnotes":""},"categories":[42189,31,4176,42230],"tags":[39521],"class_list":["post-15816","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-diaporama","category-histoire","category-livres","category-no-93","tag-david-spring"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15816","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/825"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15816"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15816\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15996,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15816\/revisions\/15996"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15952"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15816"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15816"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15816"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}