{"id":15807,"date":"2026-10-05T08:15:00","date_gmt":"2026-10-05T06:15:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=15807"},"modified":"2026-09-23T08:57:04","modified_gmt":"2026-09-23T06:57:04","slug":"cancers-pourquoi-y-en-a-t-il-de-plus-en-plus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/cancers-pourquoi-y-en-a-t-il-de-plus-en-plus\/","title":{"rendered":"Cancers: pourquoi\u00a0y en a-t-il de plus en plus?"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"556\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/09\/cancer_93_1.webp\" alt=\"cancer 93 1\" class=\"wp-image-15881\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/09\/cancer_93_1.webp 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/09\/cancer_93_1-374x260.webp 374w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/09\/cancer_93_1-768x534.webp 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/09\/cancer_93_1-135x93.webp 135w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Anne E. Weston\/ Science Photo Library \/ Keystone<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>C\u00f4t\u00e9 face: de grandes avanc\u00e9es th\u00e9rapeutiques qui ont diminu\u00e9 la mortalit\u00e9 due au cancer. Mais c\u00f4t\u00e9 pile, une maladie qui ne cesse de progresser, non seulement chez les personnes \u00e2g\u00e9es, mais aussi chez les moins de 50 ans. En cause: le vieillissement de la population, des pr\u00e9dispositions g\u00e9n\u00e9tiques, des facteurs environnementaux, mais aussi la malchance.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le constat est sans appel. En Suisse, le cancer constitue la deuxi\u00e8me cause de mortalit\u00e9 (apr\u00e8s les maladies cardio-vasculaires) et il est responsable de pr\u00e8s d\u2019un quart des d\u00e9c\u00e8s. Chaque ann\u00e9e, pr\u00e8s de 48000 personnes re\u00e7oivent un diagnostic de cancer et environ 17000 en d\u00e9c\u00e8dent. C\u2019est d\u2019autant plus alarmant que dans les pays industrialis\u00e9s, dont le n\u00f4tre, la maladie, loin de d\u00e9cliner, \u00abfrappe de plus en plus de personnes\u00bb, constate Solange Peters, cheffe du <a href=\"https:\/\/chuv.ch\/fr\/oncologie\/onc-home\" data-type=\"link\" data-id=\"chuv.ch\/fr\/oncologie\/onc-home\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">D\u00e9partement d\u2019oncologie clinique <\/a>et du Service d\u2019oncologie m\u00e9dicale du CHUV et professeure ordinaire \u00e0 l\u2019Unil.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Autre sujet de pr\u00e9occupation: les cancers d\u2019apparition pr\u00e9coce \u2013 diagnostiqu\u00e9s avant l&rsquo;\u00e2ge de 50 ans \u2013 sont en augmentation dans de nombreux pays, y compris en Europe. En valeur absolue, ces cancers restent beaucoup moins fr\u00e9quents que ceux diagnostiqu\u00e9s apr\u00e8s 60 ans, mais leur impact soci\u00e9tal est consid\u00e9rable. \u00abD\u00e9velopper un cancer \u00e0 35 ou 45 ans, alors que l&rsquo;on \u00e9l\u00e8ve des enfants et que l&rsquo;on est en pleine vie active, n&rsquo;a \u00e9videmment pas les m\u00eames cons\u00e9quences que lorsque l\u2019on a un \u00e2ge plus avanc\u00e9\u00bb, souligne l&rsquo;oncologue. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, relativement r\u00e9cent, impose \u00e9galement une \u00e9volution des pratiques m\u00e9dicales: \u00abChez les jeunes adultes, les sympt\u00f4mes sont encore trop souvent attribu\u00e9s \u00e0 des pathologies b\u00e9nignes, ce qui peut retarder le diagnostic et la prise en charge. Il est essentiel d&rsquo;accro\u00eetre la vigilance des professionnels de sant\u00e9, en particulier des m\u00e9decins de premier recours, afin de r\u00e9duire ces retards diagnostiques.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Des cancers en progression<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toutes les nouvelles ne sont cependant pas mauvaises. Certains cancers sont en recul. Notamment celui du poumon chez les hommes, reflet du succ\u00e8s des politiques de lutte contre le tabagisme, et celui du col de l\u2019ut\u00e9rus dont l\u2019incidence (nombre de cas diagnostiqu\u00e9s chaque ann\u00e9e) continue de baisser gr\u00e2ce au d\u00e9pistage organis\u00e9 et, de plus en plus, \u00e0 la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toutefois, pour la plupart des autres, l\u2019incidence est en augmentation. Parmi ceux qui progressent le plus figurent le cancer du poumon chez les femmes \u2013 \u00abparce qu\u2019elles se sont mises \u00e0 fumer\u00bb, pr\u00e9cise Solange Peters \u2013 et le m\u00e9lanome malin chez les hommes \u2013 du fait de l\u2019exposition au soleil, notamment chez celles et ceux qui doivent travailler \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur par tous les temps.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quant aux tumeurs du pancr\u00e9as, pour lesquelles il n\u2019existe actuellement aucun traitement, leur nombre a doubl\u00e9 entre les p\u00e9riodes 1980-1984 et 2015-2019, passant de 4000 \u00e0 8000 cas par an, selon le Registre suisse du cancer. \u00abOn observe \u00e9galement une augmentation des cas chez les adultes plus jeunes\u00bb, pr\u00e9cise Solange Peters.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 ce tableau d\u00e9j\u00e0 sombre s\u2019ajoute \u00abune nouvelle maladie: le cancer des non-fumeurs qui touche des personnes n\u2019ayant jamais \u00e9t\u00e9 expos\u00e9es au tabac, ni actif, ni passif\u00bb. Le mal frappe surtout des femmes, souvent jeunes, tout particuli\u00e8rement en Asie o\u00f9 \u00abplus de la moiti\u00e9 de celles ayant un cancer du poumon sont non-fumeuses, alors que sous nos latitudes, elles sont 10 \u00e0 20%\u00bb.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/09\/solangepeters_93.webp\" alt=\"solangepeters 93\" class=\"wp-image-15951\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/09\/solangepeters_93.webp 400w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/09\/solangepeters_93-173x260.webp 173w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Solange Peters. Cheffe du D\u00e9partement d\u2019oncologie clinique et du Service d\u2019oncologie m\u00e9dicale du CHUV et professeure ordinaire \u00e0 l\u2019Unil. Nicole Chuard \u00a9 Unil<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Une question \u2013 aussi \u2013 de malchance<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La hausse de l\u2019incidence du cancer s\u2019explique d\u2019abord par le vieillissement de la population. Au cours de la vie, les cellules de l\u2019organisme se renouvellent. \u00c0 cette fin, elles se divisent en commen\u00e7ant par copier leur ADN, une op\u00e9ration complexe lors de laquelle il peut y avoir des erreurs \u2013 des mutations. Lorsque celles-ci s\u2019accumulent, la cellule devient incontr\u00f4lable, maligne. Plus les ann\u00e9es passent, plus le risque de \u00abfautes de frappe\u00bb est important.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l\u2019origine des tumeurs, il y a aussi des pr\u00e9dispositions g\u00e9n\u00e9tiques, des facteurs environnementaux, en particulier les diverses pollutions, et d\u2019autres li\u00e9s au mode de vie. Il est bien connu que le tabac, la forte consommation d\u2019alcool, une alimentation peu saine, l\u2019ob\u00e9sit\u00e9, l\u2019exposition prolong\u00e9e au soleil, la s\u00e9dentarit\u00e9 sont autant de facteurs de risque de cette maladie. Mais cela n\u2019explique pas tout. Le hasard s\u2019en m\u00eale et la malchance joue aussi un r\u00f4le important.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Solange Peters le r\u00e9sume par une image. \u00abLorsque vous faites un trajet en voiture, votre risque d\u2019avoir un accident est d\u2019autant plus \u00e9lev\u00e9 que vous parcourez un grand nombre de kilom\u00e8tres \u2013 dans le domaine du cancer, c\u2019est l\u2019\u00e2ge \u2013 que votre voiture est en mauvais \u00e9tat \u2013 c\u2019est la g\u00e9n\u00e9tique \u2013 et que la m\u00e9t\u00e9o est mauvaise \u2013 ce sont les facteurs environnementaux. Cela dit, vous pouvez accumuler les mauvaises conditions \u2013 parcourir 10000 km, sous une pluie battante, avec un v\u00e9hicule en piteux \u00e9tat \u2013 et arriver sans encombre \u00e0 votre destination, ou au contraire faire 1000 km par temps clair avec une voiture neuve et avoir un accident.\u00bb En d\u2019autres termes, il y a un risque non contr\u00f4lable, une part de malchance qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00abpossiblement \u00e0 plus de 50%\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cela ne veut pas dire qu\u2019il ne faut pas respecter les consignes de pr\u00e9vention \u2013 quand on fume pendant trente ans, on augmente de 30 \u00e0 50 fois son risque de d\u00e9velopper un cancer du poumon. Mais l\u2019intervention du hasard explique que de nombreuses personnes, m\u00eame jeunes, qui m\u00e8nent une vie saine, puissent malgr\u00e9 tout \u00eatre affect\u00e9es par la maladie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Reconna\u00eetre la part de malchance dans la survenue d&rsquo;un cancer, c&rsquo;est aussi soulager les patients d&rsquo;un poids souvent invisible: la culpabilit\u00e9. Beaucoup \u00e9prouvent un sentiment de honte, comme s&rsquo;ils avaient fait quelque chose de mal ou n&rsquo;en avaient pas fait assez pour \u00e9viter la maladie. \u00abCe n&rsquo;est pas de leur faute\u00bb, souligne Solange Peters. \u00abIl faut arr\u00eater de stigmatiser les personnes atteintes d&rsquo;un cancer, y compris celles qui ont fum\u00e9 pendant des d\u00e9cennies. Bien s\u00fbr, le tabac augmente fortement le risque. Mais il n&rsquo;explique pas tout. Quelles que soient nos habitudes de vie, une part d&rsquo;incertitude demeure. Personne n&rsquo;est totalement \u00e0 l&rsquo;abri.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Une mortalit\u00e9 en baisse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ce sombre paysage, il y a malgr\u00e9 tout un point positif, du moins dans les pays industrialis\u00e9s: la mortalit\u00e9 due au cancer a diminu\u00e9 en trente ans de plus de 30%, gr\u00e2ce au d\u00e9pistage pr\u00e9coce et aux avanc\u00e9es th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Alors que la chirurgie et la radioth\u00e9rapie sont devenues beaucoup plus pr\u00e9cises, de nouveaux traitements sont apparus \u00e0 mesure que s\u2019am\u00e9liorait \u00abla compr\u00e9hension du d\u00e9veloppement des tumeurs\u00bb. Celles-ci font maintenant l\u2019objet d\u2019analyses g\u00e9n\u00e9tiques qui ont permis la mise sur le march\u00e9 de m\u00e9dicaments oraux dits \u00abcibl\u00e9s\u00bb. \u00abPrescrits seuls ou en combinaison avec une chimioth\u00e9rapie classique, ils permettent de r\u00e9parer ce qui est d\u00e9r\u00e9gul\u00e9 dans la cellule canc\u00e9reuse\u00bb, explique la professeure de l\u2019Unil. Ils donnent en particulier de tr\u00e8s bons r\u00e9sultats dans la lutte contre le m\u00e9lanome et contre les cancers du sein dus \u00e0 la mutation du g\u00e8ne HER2.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u2019autres traitements r\u00e9cents exploitent le fait que le syst\u00e8me immunitaire est arm\u00e9 pour \u00e9liminer non seulement les agents pathog\u00e8nes, mais aussi les cellules anormales que sont les cellules canc\u00e9reuses. Le probl\u00e8me est que \u00abla tumeur dispose d\u2019un moyen de faire taire nos d\u00e9fenses naturelles et de les emp\u00eacher de faire leur travail\u00bb. On peut toutefois contrecarrer ce processus, en boostant le syst\u00e8me immunitaire \u00e0 l\u2019aide soit de l\u2019immunoth\u00e9rapie, soit de la th\u00e9rapie cellulaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La premi\u00e8re, qui fonctionne un peu comme une vaccination, peut \u00eatre utilis\u00e9e \u00abdans pratiquement tous les cancers, hormis une minorit\u00e9 d\u2019entre eux comme ceux du pancr\u00e9as, du c\u00f4lon et du cerveau\u00bb, indique Solange Peters. Quant \u00e0 la th\u00e9rapie cellulaire, elle consiste \u00e0 pr\u00e9lever des globules blancs de la personne puis, apr\u00e8s les avoir r\u00e9activ\u00e9s et produits en grandes quantit\u00e9s en laboratoire, \u00e0 les r\u00e9injecter dans son sang.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Anticorps coupl\u00e9s \u00e0 la chimioth\u00e9rapie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces avanc\u00e9es th\u00e9rapeutiques ne b\u00e9n\u00e9ficient pas \u00e0 tout le monde, mais elles ont \u00abdramatiquement chang\u00e9 le pronostic de certains cancers\u00bb, remarque Solange Peters. C\u2019est notamment le cas du cancer du poumon d\u00fb \u00e0 la mutation du g\u00e8ne ALK, pour lequel il existe d\u00e9sormais un m\u00e9dicament efficace: \u00abSept ans apr\u00e8s le d\u00e9but du traitement, la maladie est toujours contr\u00f4l\u00e9e chez 60% des patients.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par ailleurs, dans le domaine de la chimioth\u00e9rapie, les m\u00e9decins disposent d\u2019une nouvelle cat\u00e9gorie de m\u00e9dicaments: les anticorps coupl\u00e9s \u00e0 la chimioth\u00e9rapie. Au lieu d\u2019injecter un m\u00e9dicament de chimioth\u00e9rapie dans tout le corps \u2013 qui d\u00e9truit alors aussi des cellules saines, ce qui entra\u00eene de nombreux effets secondaires \u2013 on le fixe \u00e0 un anticorps \u00abqui le d\u00e9livre th\u00e9oriquement uniquement dans la tumeur, pr\u00e9cise la m\u00e9decin du CHUV. Cela permet d\u2019avoir recours \u00e0 des chimioth\u00e9rapies plus puissantes pour les cellules canc\u00e9reuses\u00bb et augmente les chances de les d\u00e9truire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l\u2019aide des diff\u00e9rentes th\u00e9rapies disponibles, qui sont g\u00e9n\u00e9ralement combin\u00e9es, \u00abon peut d\u00e9sormais transformer de nombreux cancers en maladies chroniques, soit en utilisant un traitement efficace, soit \u00e0 l\u2019aide d\u2019une s\u00e9quence de traitements\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il reste que, comme dit l\u2019adage, il vaut mieux pr\u00e9venir que gu\u00e9rir. Cela implique de tenir compte des facteurs de risque, \u00abce qui permet de pr\u00e9venir aussi d\u2019autres maladies, notamment cardio-vasculaires\u00bb, souligne Solange Peters. L\u2019oncologue estime cependant que, dans ce domaine, la Suisse peut mieux faire, car la pr\u00e9vention \u00abn\u2019est pas suffisamment soutenue par les Autorit\u00e9s politiques trop souvent influenc\u00e9es par les lobbies\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un autre moyen de mieux lutter contre la maladie est de la d\u00e9tecter pr\u00e9cocement. En Suisse romande, le d\u00e9pistage du cancer du sein et du c\u00f4lon (chez les plus de 50 ans) ainsi que celui du col de l\u2019ut\u00e9rus (chez les jeunes femmes) est pr\u00e9conis\u00e9 et rembours\u00e9 par l\u2019assurance; celui du poumon (chez les fumeurs) le sera bient\u00f4t. Mais \u00abce n\u2019est pas le cas dans tous les cantons de Suisse al\u00e9manique\u00bb, s\u2019insurge la professeure de l\u2019Unil qui estime que \u00abtoutes les personnes concern\u00e9es devraient en b\u00e9n\u00e9ficier gratuitement\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Rep\u00e9rer les personnes \u00e0 risque<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019oncologue en appelle aussi \u00e0 notre responsabilit\u00e9 individuelle. \u00abLorsque nous avons un sympt\u00f4me, nous devons consulter aussit\u00f4t et ne pas repousser notre visite chez le m\u00e9decin, comme nous avons tendance \u00e0 le faire.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toutefois, pour utile qu\u2019il soit, le d\u00e9pistage actuel \u00aba encore de grosses mailles\u00bb, constate la sp\u00e9cialiste. Chez les fumeurs par exemple, \u00absi l\u2019on fait un scanner chaque ann\u00e9e pendant cinq ans puis que l\u2019on cesse, on ne diagnostique des cancers du poumon que chez 2% d\u2019entre eux. Il faudrait plut\u00f4t pouvoir rep\u00e9rer les personnes \u00e0 risque auxquelles on pourrait proposer de faire un scanner tous les 6 mois tout au long de leur vie. On n\u2019en ferait pas aux autres, ce qui permettrait de focaliser nos ressources sur les gens qui en ont besoin.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais d\u00e9celer les personnes \u00e0 risque n\u2019est pas chose facile. Cela n\u00e9cessite de faire des analyses g\u00e9n\u00e9tiques, afin de rep\u00e9rer les g\u00e8nes impliqu\u00e9s dans le d\u00e9veloppement de leur tumeur et de conna\u00eetre l\u2019\u00e9tat de leur syst\u00e8me immunitaire, notamment la capacit\u00e9 de leurs cellules \u00e0 r\u00e9parer les erreurs g\u00e9n\u00e9tiques. \u00abSeule l\u2019intelligence artificielle (IA) est capable de combiner toutes ces donn\u00e9es. Elle pourrait alors calculer le score de risque d\u2019un homme de 55 ans, qui a fum\u00e9 pendant trente ans, qui a telle composante g\u00e9n\u00e9tique, qui habite dans un endroit pollu\u00e9, etc.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour l\u2019avenir, Solange Peters compte aussi sur la mise au point \u00abde tests sanguins fiables (ceux qui sont actuellement sur le march\u00e9 ne le sont pas suffisamment) qui compl\u00e9teraient le d\u00e9pistage habituel\u00bb. Dans le domaine du cancer, \u00abc\u2019est la pr\u00e9cocit\u00e9 qui va changer la mani\u00e8re d\u2019envisager la maladie\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019oncologue plaide aussi pour renforcer la recherche acad\u00e9mique ind\u00e9pendante, \u00abqui est actuellement fragilis\u00e9e et manque de financements. Si l\u2019on veut qu\u2019un plus grand nombre de personnes soient gu\u00e9ries de leur cancer ou continuent \u00e0 vivre avec lui, il faut que la recherche continue d\u2019avancer\u00bb, conclut-elle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u00f4t\u00e9 face: de grandes avanc\u00e9es th\u00e9rapeutiques qui ont diminu\u00e9 la mortalit\u00e9 due au cancer. 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