{"id":15805,"date":"2026-10-05T08:16:00","date_gmt":"2026-10-05T06:16:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=15805"},"modified":"2026-09-23T08:56:02","modified_gmt":"2026-09-23T06:56:02","slug":"quand-les-lumieres-brillaient-en-terres-romandes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/quand-les-lumieres-brillaient-en-terres-romandes\/","title":{"rendered":"Quand les Lumi\u00e8res brillaient en terres romandes"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"684\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/09\/lumieres_93_1-1.webp\" alt=\"lumieres 93 1\" class=\"wp-image-15962\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/09\/lumieres_93_1-1.webp 684w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/09\/lumieres_93_1-1-222x260.webp 222w\" sizes=\"auto, (max-width: 684px) 100vw, 684px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Portrait d&rsquo;Everdina-Henriette Mingard (1732-1816), n\u00e9e Van Schinne, portant son fils Charles. Huile sur toile de Jean Preudhomme, 1767. \u00a9 coll. Mus\u00e9e Historique Lausanne<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette trentenaire qui nous regarde, un enfant dans les bras, s\u2019appelle Everdina-Henriette Mingard. N\u00e9e Van Schinne au sein d\u2019une famille hollandaise fortun\u00e9e, elle \u00e9pousa le pasteur Gabriel Mingard en 1762. Avec l\u2019argent de sa femme, celui-ci fit agrandir et embellir l\u2019actuel ch\u00e2teau de Beaulieu, situ\u00e9 alors dans la campagne lausannoise. Ce chantier interminable mena la famille bien pr\u00e8s de la d\u00e9route financi\u00e8re. Heureusement, Everdina-Henriette Mingard reprit les choses en main et redressa la situation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Gr\u00e2ce \u00e0 une correspondance conserv\u00e9e \u00e0 La Haye, il est possible de se plonger dans l\u2019histoire des Mingard-Van Schinne dont on ignorait presque tout. Progressivement mise en ligne, cette documentation constitue l\u2019un des nouveaux projets pr\u00e9sent\u00e9s sur la plateforme Lumi\u00e8res.Lausanne, qui dresse un panorama des \u00e9lites romandes au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cet \u00e9clairage sur la vie \u00e0 Beaulieu est rendu possible gr\u00e2ce \u00e0 la transcription des lettres r\u00e9alis\u00e9e par un chercheur hollandais. \u00abCatharina Van Schinne, ni\u00e8ce de Madame Mingard,a s\u00e9journ\u00e9 chez son oncle et sa tante pendant deux ans, entre 1773 et 1775, pour prendre le bon air en Suisse. La jeune fille \u00e9crivait chaque semaine \u00e0 sa m\u00e8re, aux Pays-Bas, pour lui raconter son quotidien\u00bb, note B\u00e9atrice Lovis, directrice de <a href=\"https:\/\/lumieres.unil.ch\" data-type=\"link\" data-id=\"lumieres.unil.ch\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Lumi\u00e8res.Lausanne<\/a> et charg\u00e9e de recherche au Centre des Sciences historiques de la culture (Facult\u00e9 des Lettres).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ses missives, l\u2019adolescente \u00abpose un regard ac\u00e9r\u00e9, \u00e9tonnamment mature, sur la soci\u00e9t\u00e9 qu\u2019elle d\u00e9couvre, en mettant le doigt sur les diff\u00e9rences culturelles entre la Suisse romande et son pays natal\u00bb, poursuit la chercheuse. Toutefois, elle exprime une grande affection pour sa tante et son oncle, qui tent\u00e8rent en vain de faire partie des meilleurs cercles de sociabilit\u00e9 de Lausanne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Au c\u0153ur des d\u00e9bats europ\u00e9ens<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette sociabilit\u00e9 vaudoise, tr\u00e8s cosmopolite, poss\u00e9dait un grand attrait. \u00abLa r\u00e9cente \u00e9tude des s\u00e9jours lausannois du c\u00e9l\u00e8bre historien Edward Gibbon d\u00e9montre bien que le Pays de Vaud n\u2019\u00e9tait pas rest\u00e9 en p\u00e9riph\u00e9rie des d\u00e9bats intellectuels d\u2019alors, explique B\u00e9atrice Lovis. Notre territoire se trouvait en fait au carrefour des Lumi\u00e8res fran\u00e7aises, allemandes ou encore anglaises.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans certains domaines, la Suisse romande faisait m\u00eame figure de pionni\u00e8re. Lumi\u00e8res.Lausanne propose plusieurs \u00e9clairages, dont un projet conclu r\u00e9cemment, <em>Alexandre C\u00e9sar Chavannes et sa \u00abScience g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;homme\u00bb (1788).<\/em> Ce professeur de l\u2019Acad\u00e9mie de Lausanne contribua \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de l\u2019anthropologie. Au sujet de cette \u00abnouvelle science\u00bb, il nous laissa 13 tomes r\u00e9dig\u00e9s \u00e0 la plume. Conserv\u00e9s \u00e0 la Biblioth\u00e8que cantonale et universitaire Lausanne (BCUL), huit de ces volumes peuvent d\u00e9sormais \u00eatre explor\u00e9s librement sur la plateforme avec le fac-simil\u00e9 du manuscrit et sa version transcrite en vis-\u00e0-vis.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les plaisirs de la vie culturelle occupaient \u00e9galement les esprits. Le <em>Th\u00e9\u00e2tre dans le Pays de Vaud (1757-1798)<\/em> fait partie des derniers projets mis en ligne sur Lumi\u00e8res.Lausanne. Sp\u00e9cialiste de ce champ de recherche, auquel elle a consacr\u00e9 une th\u00e8se qui sera publi\u00e9e l\u2019an prochain, B\u00e9atrice Lovis souligne l\u2019importance du th\u00e9\u00e2tre, miroir de son \u00e9poque. Ce loisir \u00e9tait pris\u00e9 des membres de la noblesse, qui accueillaient des repr\u00e9sentations chez eux. \u00abCe que nous savons du th\u00e9\u00e2tre de soci\u00e9t\u00e9, jou\u00e9 en priv\u00e9, a majoritairement \u00e9t\u00e9 document\u00e9 par des femmes, remarque la chercheuse. Gr\u00e2ce aux lettres et journaux qu\u2019elles ont r\u00e9dig\u00e9s, on d\u00e9couvre que ce sont les femmes qui choisissaient les pi\u00e8ces, distribuaient les r\u00f4les, organisaient les r\u00e9p\u00e9titions, dressaient la liste des invitations, accueillaient le public. Plusieurs autrices comme Isabelle de Montolieu ont \u00e9crit des pi\u00e8ces pour ces spectacles priv\u00e9s.\u00bb Lumi\u00e8res.Lausanne initiera prochainement des projets qui valoriseront ces femmes de lettres romandes rest\u00e9es dans l\u2019ombre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le quotidien des \u00e9lites<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Passionn\u00e9e par la culture et la sociabilit\u00e9 du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, B\u00e9atrice Lovis est entr\u00e9e dans cet univers un peu par hasard, par une opportunit\u00e9 qui lui a \u00e9t\u00e9 offerte \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Lausanne, qui comm\u00e9morait en 2006 les 250 ans de la naissance de Mozart. \u00abEt j\u2019y suis rest\u00e9e, car les historiens de l\u2019Unil m\u2019ont accueillie avec beaucoup de bienveillance.\u00bb Les sources, en particulier les \u00e9crits personnels qui deviennent abondants \u00e0 cette \u00e9poque, permettent d\u2019entrer dans l\u2019intimit\u00e9 et le quotidien des \u00e9lites, de comprendre leurs int\u00e9r\u00eats, leurs joies et leurs angoisses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parmi ces derni\u00e8res figurait la mortalit\u00e9 infantile. En 1767, quand Jean Preudhomme peignit Everdina-Henriette Mingard, il la repr\u00e9senta avec un nourrisson, probablement son deuxi\u00e8me fils, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 l\u2019ann\u00e9e suivante. La Hollandaise eut le malheur de perdre ses trois premiers enfants en bas \u00e2ge, avant la naissance de Catherine (1774-1854). \u00ab\u00c0 la naissance de sa fille, l\u2019\u00e9pouse du bailli bernois l\u2019a couverte de conseils, se d\u00e9pla\u00e7ant m\u00eame \u00e0 Beaulieu pour cuisiner la bouillie. Madame Mingard n\u2019a pas os\u00e9 la contredire, craignant que la petite subisse le m\u00eame sort que ses autres enfants\u00bb, explique B\u00e9atrice Lovis.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Nouveaux partenariats et colloque<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lumi\u00e8res.Lausanne a pour ambition de consolider le r\u00e9seau des chercheuses et des chercheurs qui travaillent sur le long XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle (1650-1850) en Suisse romande, tout en incluant davantage les biblioth\u00e8ques et archives gr\u00e2ce \u00e0 des partenariats. Il s\u2019agira aussi d\u2019am\u00e9liorer la visibilit\u00e9 de fonds documentaires conserv\u00e9s ailleurs en Europe. Car, comme la correspondance des Van Schinne le prouve, de nombreuses sources en lien \u00e9troit avec la Suisse romande peuvent \u00eatre conserv\u00e9es aux Pays-Bas, en France, en Allemagne ou encore en Angleterre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un colloque consacr\u00e9 au savant Jean-Pierre de Crousaz (1663-1750) sera organis\u00e9 en novembre 2026 \u00e0 l\u2019Unil avec l\u2019Universit\u00e9 de Lorraine. Figure centrale des Lumi\u00e8res suisses, ce professeur \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie de Lausanne entretenait un r\u00e9seau de plus de 180 contacts \u00e0 travers l\u2019Europe. Ses \u00e9changes \u00e9pistolaires constituent justement le fil rouge de ces journ\u00e9es. Pour l\u2019occasion, un certain nombre de ses lettres, conserv\u00e9es \u00e0 la BCUL, seront publi\u00e9es en ligne.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#abbfc43b\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00c0 suivre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019horizon du travail intellectuel saisi par la correspondance. Trajectoires en R\u00e9publique des lettres et fabrique d\u2019une \u0153uvre chez Jean-Pierre de Crousaz (1663-1750). Unil, 20 et 21 novembre 2026. <a href=\"https:\/\/lumieres.unil.ch\" data-type=\"link\" data-id=\"lumieres.unil.ch\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">lumieres.unil.ch<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette trentenaire qui nous regarde, un enfant dans les bras, s\u2019appelle Everdina-Henriette Mingard. 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