{"id":15773,"date":"2026-10-05T08:28:00","date_gmt":"2026-10-05T06:28:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=15773"},"modified":"2026-09-23T08:36:21","modified_gmt":"2026-09-23T06:36:21","slug":"drogue-comprendre-un-marche-en-pleine-evolution","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/drogue-comprendre-un-marche-en-pleine-evolution\/","title":{"rendered":"Drogue:\u00a0comprendre un march\u00e9\u00a0en pleine \u00e9volution\u00a0"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Nomm\u00e9 r\u00e9cemment \u00e0 la t\u00eate de l\u2019\u00c9cole des sciences criminelles de l\u2019Unil, Pierre Esseiva est l\u2019un des sp\u00e9cialistes suisses des stup\u00e9fiants. Cet ancien inspecteur de police dans le canton de Neuch\u00e2tel nous emm\u00e8ne dans les coulisses du march\u00e9 illicite.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"534\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/09\/drogue_93_1.webp\" alt=\"drogue 93 1\" class=\"wp-image-15891\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/09\/drogue_93_1.webp 534w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/09\/drogue_93_1-174x260.webp 174w\" sizes=\"auto, (max-width: 534px) 100vw, 534px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Coca\u00efne. Dans le canton de Vaud, le chiffre d&rsquo;affaires du trafic de cette drogue est estim\u00e9 \u00e0 environ 50 millions de francs par an. Nicole Chuard \u00a9 Unil<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comment fonctionne le monde des stup\u00e9fiants ill\u00e9gaux, en Suisse? Guid\u00e9 par un chercheur, <em>Allez savoir!<\/em> propose un tour d\u2019horizon en 9 chapitres. Pr\u00e9sentation des produits les plus consomm\u00e9s, de leurs effets sur la sant\u00e9, de leurs prix de vente, de leurs impacts sur la s\u00e9curit\u00e9 publique, des nouvelles fili\u00e8res internationales ainsi que des possibilit\u00e9s d\u2019action de la police.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>I\u00a0<\/strong>\/<strong> Les principales drogues ill\u00e9gales et leurs effets<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00abOn parle g\u00e9n\u00e9ralement des <em>Big Five.<\/em> La substance la plus consomm\u00e9e, de loin, reste le cannabis: sa pr\u00e9valence est environ dix fois sup\u00e9rieure \u00e0 celle des autres drogues illicites\u00bb, explique Pierre Esseiva, directeur de <a href=\"https:\/\/unil.ch\/esc\" data-type=\"link\" data-id=\"unil.ch\/esc\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l\u2019\u00c9cole des sciences criminelles <\/a>de l\u2019Unil. Vient ensuite la coca\u00efne, qui est aujourd&rsquo;hui la substance posant le plus de probl\u00e8mes, et notamment son d\u00e9riv\u00e9 le crack, qui est consomm\u00e9 sous forme de fum\u00e9e. Contrairement \u00e0 l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne, qui provoque plut\u00f4t un \u00e9tat de s\u00e9dation, la coca\u00efne et le crack sont des stimulants qui entra\u00eenent une consommation extr\u00eamement compulsive. Certains usagers ne dorment plus, ne mangent plus et ne boivent pratiquement plus. Apr\u00e8s plusieurs jours sans sommeil, ils peuvent pr\u00e9senter un \u00e9tat de d\u00e9sorganisation important. Pierre Esseiva pr\u00e9cise: \u00abCe sont les usagers d\u00e9pendants de coca\u00efne ou de crack qui sont le plus souvent \u00e0 l&rsquo;origine des troubles dans l&rsquo;espace public. Ces substances peuvent provoquer agitation, comportements impulsifs et agressivit\u00e9.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;h\u00e9ro\u00efne est aujourd&rsquo;hui moins r\u00e9pandue, mais elle compte encore des consommateurs qui l&rsquo;utilisent par injection ou en la fumant. Il s&rsquo;agit souvent de personnes ayant d\u00e9velopp\u00e9 leur d\u00e9pendance dans les ann\u00e9es 80, et qui continuent \u00e0 consommer. Le ph\u00e9nom\u00e8ne le plus pr\u00e9occupant? Celui des consommateurs d&rsquo;h\u00e9ro\u00efne, stabilis\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 un traitement de substitution, qui d\u00e9couvrent le crack. Certains abandonnent leur traitement et replongent dans une consommation compulsive de crack. Ils perdent ainsi l&rsquo;\u00e9quilibre qu&rsquo;ils avaient retrouv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quant \u00e0 l&rsquo;ecstasy, c\u2019est essentiellement un stup\u00e9fiant r\u00e9cr\u00e9atif, consomm\u00e9 dans les festivals, les clubs et les soir\u00e9es, rappelle Pierre Esseiva. Enfin, d&rsquo;autres substances comme la m\u00e9thamph\u00e9tamine restent, pour l&rsquo;instant, tr\u00e8s marginales en Suisse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>II\u00a0<\/strong><strong>\/ <\/strong><strong>Les volumes de consommation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En volume, le cannabis repr\u00e9sente environ 86% du march\u00e9 des stup\u00e9fiants, contre 8% pour la coca\u00efne, 4% pour l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne et 1% pour l&rsquo;ecstasy. En revanche, si l&rsquo;on consid\u00e8re l&rsquo;argent g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par le trafic, la coca\u00efne constitue aujourd&rsquo;hui le premier march\u00e9 illicite en Suisse. Pierre Esseiva explique que le cannabis est relativement peu co\u00fbteux, en partie autoproduit, partag\u00e9 entre consommateurs, ce qui limite les \u00e9changes commerciaux. \u00c0 l&rsquo;inverse, la coca\u00efne provient exclusivement du march\u00e9 noir, est distribu\u00e9e par des r\u00e9seaux structur\u00e9s et conserve un prix \u00e9lev\u00e9, malgr\u00e9 une baisse progressive des tarifs et une augmentation de sa puret\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>III <\/strong><strong>\/ <\/strong><strong>Les prix et la puret\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon Pierre Esseiva, la hausse de la puret\u00e9 de la coca\u00efne s&rsquo;explique probablement par plusieurs facteurs. D&rsquo;abord, les m\u00e9thodes de production se sont am\u00e9lior\u00e9es dans les pays producteurs, soit la Colombie, le P\u00e9rou et la Bolivie, ce qui permet d&rsquo;obtenir une coca\u00efne beaucoup plus pure qu&rsquo;auparavant. De plus, en Suisse, les revendeurs coupent de moins en moins leur marchandise. Dans un march\u00e9 tr\u00e8s concurrentiel, proposer un produit de meilleure qualit\u00e9 est devenu un moyen de fid\u00e9liser la client\u00e8le. R\u00e9sultat: en une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es, la puret\u00e9 a quasiment doubl\u00e9, alors que les prix ont baiss\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon Pierre Esseiva, l&rsquo;\u00e9volution des fili\u00e8res d&rsquo;approvisionnement pourrait \u00e9galement expliquer la baisse des prix. Alors que la coca\u00efne transitait autrefois principalement par les Pays-Bas et l&rsquo;Espagne, la France jouerait aujourd&rsquo;hui un r\u00f4le plus important, notamment via les Antilles et Paris. Ces nouvelles routes permettraient aux trafiquants d&rsquo;acheter la coca\u00efne \u00e0 un prix plus bas \u2013 moins d\u2019interm\u00e9diaires \u2013 puis de r\u00e9percuter cette baisse sur les consommateurs, tout en conservant des marges int\u00e9ressantes. Comme pour le tabac ou l&rsquo;alcool, un prix plus faible rend le produit plus attractif.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En cinq ou six ans, le prix de la coca\u00efne a baiss\u00e9 de moiti\u00e9. Aujourd&rsquo;hui, un gramme co\u00fbte environ 100 francs et repr\u00e9sente cinq consommations, soit une vingtaine de francs la prise. \u00abC&rsquo;est moins co\u00fbteux que d&rsquo;aller au cin\u00e9ma\u00bb, remarque Pierre Esseiva. Dans le canton de Vaud, le chiffre d&rsquo;affaires est estim\u00e9 \u00e0 environ 50 millions de francs par an, et pr\u00e8s de 500 millions \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de la Suisse. Cela en fait le march\u00e9 des stup\u00e9fiants le plus lucratif. Contrairement \u00e0 l&rsquo;ecstasy, dont le trafic reste souvent peu structur\u00e9 et limit\u00e9 \u00e0 de petits r\u00e9seaux de revente entre connaissances, le march\u00e9 de la coca\u00efne est organis\u00e9 par de v\u00e9ritables r\u00e9seaux criminels.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>IV <\/strong><strong>\/ <\/strong><strong>Les profils des consommateurs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les personnes d\u00e9pendantes restent minoritaires. La plupart des consommateurs et consommatrices utilisent la coca\u00efne soit dans un contexte festif, soit dans une optique fonctionnelle, pour tenir le coup dans des professions particuli\u00e8rement exigeantes ou stressantes. Ces personnes m\u00e8nent g\u00e9n\u00e9ralement une vie normale et consacrent environ 1000 \u00e0 1200 francs par an \u00e0 leur consommation, contre pr\u00e8s de 120 000 francs pour un consommateur fortement d\u00e9pendant. Ce dernier ne peut maintenir ce rythme que durant un temps restreint.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon le professeur vaudois, environ 80% des consommateurs d\u00e9pendants sont des hommes. \u00abLes personnes d\u00e9pendantes ont grandi dans un environnement marqu\u00e9 par la toxicomanie ou ont v\u00e9cu des traumatismes importants \u2013 abus, maltraitance ou abandon \u2013 lors de leur enfance. \u00bb Pierre Esseiva pr\u00e9cise encore: \u00abCertaines nous disent qu&rsquo;elles n&rsquo;ont plus rien, donc plus rien \u00e0 perdre. Elles se moquent des risques li\u00e9s \u00e0 leur consommation. On peut parler de d\u00e9pendance destructive.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>V <\/strong><strong>\/ <\/strong><strong>Les drogues ill\u00e9gales et la sant\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M\u00eame chez les consommateurs festifs ou fonctionnels, la coca\u00efne n&rsquo;est pas sans danger. Les risques augmentent avec la consommation cumul\u00e9e au fil des ann\u00e9es. Comme il s&rsquo;agit d&rsquo;un puissant stimulant, elle sollicite fortement le syst\u00e8me cardiovasculaire. Pierre Esseiva rappelle qu\u2019\u00e0 long terme, elle peut favoriser des troubles du rythme cardiaque, des tachycardies ou encore des infarctus. D&rsquo;autant que les produits sont aujourd&rsquo;hui de plus en plus purs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le professeur pr\u00e9cise qu\u2019il ne faut pas non plus perdre le sens des proportions. \u00abOui, la consommation de coca\u00efne augmente, mais elle reste largement moins r\u00e9pandue que celle du tabac ou de l&rsquo;alcool. Si l&rsquo;on regarde les enjeux de sant\u00e9 publique, l&rsquo;alcool et le tabac restent de loin les principaux probl\u00e8mes.\u00bb Le nombre de personnes qui d\u00e9veloppent des maladies en lien avec ces substances n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec ce que l&rsquo;on observe pour la coca\u00efne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>VI <\/strong><strong>\/<\/strong> <strong>Qui sont les trafiquants?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si ce sont les trafiquants originaires d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest qui sont les plus visibles dans l&rsquo;espace public, ils sont loin d&rsquo;\u00eatre les seuls. Il existe aussi des r\u00e9seaux latino-am\u00e9ricains, notamment dans le milieu de la nuit et de la prostitution, ainsi que des r\u00e9seaux issus des Balkans. Pierre Esseiva explique que les r\u00e9seaux nig\u00e9rians sont assez bien connus. \u00abCe ne sont pas des mafias au sens italien du terme, avec une structure tr\u00e8s hi\u00e9rarchis\u00e9e, mais plut\u00f4t de petites entit\u00e9s relativement autonomes. Les trafiquants nig\u00e9rians arrivent le plus souvent par l&rsquo;Italie, avec des visas Schengen.\u00bb Les nouveaux arrivants sont form\u00e9s par leurs pairs: reconna\u00eetre les policiers, pr\u00e9parer les boulettes de coca\u00efne, les dissimuler et les vendre. Ils re\u00e7oivent m\u00eame leurs premi\u00e8res doses pour d\u00e9marrer leur activit\u00e9. Pierre Esseiva d\u00e9taille: \u00abAu d\u00e9but, ils vendent principalement \u00e0 des usagers d\u00e9pendants. C&rsquo;est la client\u00e8le la moins int\u00e9ressante, parce qu&rsquo;elle a peu d&rsquo;argent et n\u00e9gocie en permanence les prix. Beaucoup viennent avec l&rsquo;espoir de gagner facilement de l&rsquo;argent. En r\u00e9alit\u00e9, tr\u00e8s peu s&rsquo;enrichissent.\u00bb La plupart vivent avec 1000 \u00e0 1500 francs par mois, tout en envoyant une partie de cette somme \u00e0 leur famille rest\u00e9e au pays. S&rsquo;ils parviennent \u00e0 fid\u00e9liser une client\u00e8le solvable et \u00e0 obtenir les coordonn\u00e9es de leurs clients, ils peuvent gravir les \u00e9chelons du r\u00e9seau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Certains y arrivent en \u00e9tablissant un contact direct avec des fournisseurs, notamment aux Pays-Bas ou en Espagne. Ils deviennent eux-m\u00eames importateurs. \u00abEn achetant la coca\u00efne directement \u00e0 la source, ils b\u00e9n\u00e9ficient de prix beaucoup plus avantageux et peuvent r\u00e9aliser des gains tr\u00e8s importants, parfois de l&rsquo;ordre de 100 000 \u00e0 300 000 francs par an. Mais ces parcours restent exceptionnels. Beaucoup esp\u00e8rent y parvenir, tr\u00e8s peu y arrivent.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les r\u00e9seaux albanophones sont un peu mieux structur\u00e9s que les Nig\u00e9rians. Ils fonctionnent aussi en petites cellules. C&rsquo;est ce qui rend la lutte difficile: lorsqu&rsquo;un r\u00e9seau est d\u00e9mantel\u00e9, un autre prend rapidement sa place. Tant que la demande existe, l&rsquo;offre se r\u00e9organise. C&rsquo;est un peu le jeu du chat et de la souris, constate Pierre Esseiva.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>VI<\/strong><strong>I<\/strong> <strong>\/<\/strong> <strong>O\u00f9 sont les \u00abhotspots\u00bb?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En Europe, selon l\u2019European Drug Agency, les principaux \u00abhotspots\u00bb de consommation se situent en Belgique, aux Pays-Bas, en Espagne et en Suisse. Parmi les trente villes europ\u00e9ennes o\u00f9 la consommation de coca\u00efne est la plus \u00e9lev\u00e9e figurent treize villes suisses, dont Zurich, Lausanne, Gen\u00e8ve, Yverdon-les-Bains, Lugano et Coire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Contrairement aux pays du Nord \u2013 o\u00f9 l&rsquo;amph\u00e9tamine domine \u2013 ou \u00e0 certains pays d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est \u2013 o\u00f9 la m\u00e9thamph\u00e9tamine est plus r\u00e9pandue \u2013 la coca\u00efne est aujourd&rsquo;hui le principal probl\u00e8me en Suisse. Pierre Esseiva constate: \u00abTous les indicateurs sont en hausse: les analyses des eaux us\u00e9es, les saisies polici\u00e8res et les prises en charge th\u00e9rapeutiques montrent une augmentation continue de la consommation.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le canton de Vaud, Lausanne \u00e9tait attendue comme principal \u00abhotspot\u00bb en raison de sa taille, de sa vie nocturne et de la pr\u00e9sence de diff\u00e9rents profils de consommateurs et consommatrices. En revanche, Yverdon-les-Bains a davantage surpris. Les analyses des eaux us\u00e9es y r\u00e9v\u00e8lent une consommation nettement plus importante qu&rsquo;\u00e0 Morges. Les raisons restent toutefois \u00e0 \u00e9lucider.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>VIII <\/strong><strong>\/<\/strong> <strong>Que fait la police?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pierre Esseiva rappelle le premier r\u00f4le de la police: il n&rsquo;y a pas d&rsquo;impunit\u00e9 \u00e0 vendre des drogues illicites. Les trafiquants savent qu&rsquo;ils prennent un risque \u00e0 chaque transaction. L&rsquo;autre priorit\u00e9 est d&rsquo;\u00e9viter que le trafic ne d\u00e9g\u00e9n\u00e8re en violences, comme on peut le voir dans certains quartiers en France, en Belgique ou aux Pays-Bas. En Suisse, il n&rsquo;existe pas de zones de non-droit et la police intervient tr\u00e8s rapidement au moindre \u00e9pisode d\u2019affrontement. Elle concentre ses efforts sur le d\u00e9mant\u00e8lement des r\u00e9seaux criminels plut\u00f4t que sur la r\u00e9pression des consommateurs et consommatrices.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais la r\u00e9ponse ne peut pas \u00eatre uniquement r\u00e9pressive. Les polices travaillent de plus en plus avec les acteurs de la sant\u00e9 publique et de la r\u00e9duction des risques pour limiter les nuisances dans l&rsquo;espace public. L&rsquo;id\u00e9e est d&rsquo;accepter qu&rsquo;une partie des personnes continue \u00e0 consommer, tout en faisant en sorte que cela perturbe le moins possible la population.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pierre Esseiva cite les exemples de Bienne et de Berne. Des lieux d&rsquo;accueil permettent aux usagers de se retrouver, d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 du mat\u00e9riel st\u00e9rile et tol\u00e8rent, dans un cadre limit\u00e9, le <em>microdeal<\/em> entre consommateurs, plut\u00f4t que de voir ces transactions se d\u00e9rouler devant la gare. Les intervenants sociaux agissent en premi\u00e8re ligne lorsque certains comportements posent probl\u00e8me. Si le dialogue ne suffit pas, la police prend le relais, notamment par des interdictions de p\u00e9rim\u00e8tre. \u00abIls ont des droits, mais il y a aussi des r\u00e8gles\u00bb, r\u00e9sume Pierre Esseiva.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>IX<\/strong> <strong>\/<\/strong> <strong>La piste portugaise<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour Pierre Esseiva, le mod\u00e8le portugais constitue une piste int\u00e9ressante. Le trafic reste p\u00e9nalement sanctionn\u00e9, mais les consommateurs et consommatrices se voient proposer un programme de pr\u00e9vention ou de traitement plut\u00f4t qu&rsquo;une peine de prison. \u00abOn sait que la prison ne va pas r\u00e9soudre le probl\u00e8me. En revanche, offrir un accompagnement peut permettre \u00e0 certaines personnes de sortir de leur consommation.\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nomm\u00e9 r\u00e9cemment \u00e0 la t\u00eate de l\u2019\u00c9cole des sciences criminelles de l\u2019Unil, Pierre Esseiva est l\u2019un des sp\u00e9cialistes suisses des stup\u00e9fiants. Cet ancien inspecteur de police dans le canton de &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":825,"featured_media":15892,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_robots_follow":"","_seopress_robots_imageindex":"","_seopress_robots_snippet":"","_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_robots_breadcrumbs":"","_seopress_robots_freeze_modified_date":"","_seopress_robots_custom_modified_date":"","_seopress_robots_canonical":"","_seopress_social_fb_title":"","_seopress_social_fb_desc":"","_seopress_social_fb_img":"","_seopress_social_fb_img_attachment_id":0,"_seopress_social_fb_img_width":0,"_seopress_social_fb_img_height":0,"_seopress_social_twitter_title":"","_seopress_social_twitter_desc":"","_seopress_social_twitter_img":"","_seopress_social_twitter_img_attachment_id":0,"_seopress_social_twitter_img_width":0,"_seopress_social_twitter_img_height":0,"_seopress_redirections_value":"","_seopress_redirections_enabled":"","_seopress_redirections_enabled_regex":"","_seopress_redirections_logged_status":"","_seopress_redirections_param":"","_seopress_redirections_type":0,"_seopress_analysis_target_kw":"","_seopress_news_disabled":"","_seopress_video_disabled":"","_seopress_video":[],"_seopress_pro_schemas_manual":[],"_seopress_pro_rich_snippets_disable_all":"","_seopress_pro_rich_snippets_disable":[],"_seopress_pro_schemas":[],"footnotes":""},"categories":[42230,42172],"tags":[42166],"class_list":["post-15773","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-no-93","category-sciences-criminelles","tag-sabine-pirolt"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15773","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/825"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15773"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15773\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15971,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15773\/revisions\/15971"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15892"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15773"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15773"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15773"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}