{"id":15663,"date":"2026-05-26T08:15:00","date_gmt":"2026-05-26T06:15:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=15663"},"modified":"2026-05-11T13:56:14","modified_gmt":"2026-05-11T11:56:14","slug":"la-reproduction-mysterieuse-des-chauves-souris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/la-reproduction-mysterieuse-des-chauves-souris\/","title":{"rendered":"La reproduction myst\u00e9rieuse\u00a0des chauves-souris"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Une \u00e9quipe de l\u2019Unil, \u00e9paul\u00e9e par des partenaires n\u00e9erlandais, ukrainiens, allemands et polonais, a particip\u00e9 \u00e0 la d\u00e9couverte d\u2019une pratique jusqu\u2019ici m\u00e9connue chez les mammif\u00e8res: un co\u00eft&nbsp; sans p\u00e9n\u00e9tration. Une premi\u00e8re que les chercheurs nous racontent avec enthousiasme.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"533\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/05\/chauvesouris_92_1.webp\" alt=\"chauvesouris 92 1\" class=\"wp-image-15486\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/05\/chauvesouris_92_1.webp 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/05\/chauvesouris_92_1-390x260.webp 390w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/05\/chauvesouris_92_1-768x512.webp 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">S\u00e9rotine. Rarement observ\u00e9e, cette esp\u00e8ce de chauve-souris vit en Suisse. Son mode de <br>reproduction, sans p\u00e9n\u00e9tration, est unique chez les mammif\u00e8res.<br>\u00a9 Alona Shulenko<br><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00abCette d\u00e9couverte est arriv\u00e9e un peu par hasard, se souvient Nicolas Fasel, collaborateur scientifique externe \u00e0 l\u2019Unil. C\u2019est en \u00e9tudiant l\u2019\u00e9volution de la morphologie des spermatozo\u00efdes avec des comparaisons intersp\u00e9cifiques que nous avons remarqu\u00e9 que la s\u00e9rotine commune <em>(Cnephaeus serotinus)<\/em> \u00e9tait particuli\u00e8re. La taille de son p\u00e9nis est surdimensionn\u00e9e et en forme de c\u0153ur invers\u00e9, donc non adapt\u00e9e \u00e0 la p\u00e9n\u00e9tration.\u00bb Il a fallu les images vid\u00e9o \u2013 prises dans une \u00e9glise \u2013 d\u2019un retrait\u00e9 passionn\u00e9 par ce chiropt\u00e8re aux Pays-Bas, pour se rendre compte qu\u2019effectivement, Monsieur s\u00e9rotine n\u2019entrait pas dans le vagin de Madame. Une reproduction sans intromission? Du jamais-vu chez les mammif\u00e8res! L\u2019\u00e9quipe du <a href=\"http:\/\/unil.ch\/dee\" data-type=\"link\" data-id=\"unil.ch\/dee\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">D\u00e9partement d\u2019\u00e9cologie et \u00e9volution<\/a> (DEE) a d\u00fb faire face \u00e0 un assaut de critiques cons\u00e9cutif au retentissement mondial qui a suivi la publication de son article en 2023 dans la revue <em>Current Biology.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00abNous nous sommes retrouv\u00e9s sous un tsunami de r\u00e9actions. Des scientifiques n\u2019y croyaient pas, car cela contredit tous les pr\u00e9suppos\u00e9s en place. Nous avons m\u00eame eu droit \u00e0 une pr\u00e9sentation contre nos r\u00e9sultats, informe Nicolas Fasel. Mais personne n\u2019a encore pu prouver le contraire.\u00bb Le chercheur, ainsi que Philippe Christe, professeur associ\u00e9 au DEE et directeur du projet, reviennent sur cette incroyable \u00e9tude tout-terrain, parsem\u00e9e de coups de chance et de rencontres fructueuses.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"400\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/05\/faselgenoudchriste_92.webp\" alt=\"faselgenoudchriste 92\" class=\"wp-image-15498\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/05\/faselgenoudchriste_92.webp 600w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/05\/faselgenoudchriste_92-390x260.webp 390w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Nicolas Fasel et Michel Genoud, collaborateurs scientifiques externes. Philippe Christe, professeur associ\u00e9 au D\u00e9partement d\u2019\u00e9cologie et \u00e9volution (Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine). Nicole Chuard \u00a9 Unil<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Mesurer la d\u00e9mesure<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La s\u00e9rotine commune fait partie des chauves-souris que l\u2019on croise rarement. En Suisse, cette d\u00e9voreuse de hannetons poss\u00e8de le statut de vuln\u00e9rable sur la liste rouge de l\u2019OFEV. \u00abCela n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9, mais il se pourrait que son app\u00e9tit pour les col\u00e9opt\u00e8res fasse d\u2019elle une pr\u00e9datrice de choix pour lutter contre l\u2019invasif scarab\u00e9e japonais\u2026\u00bb, observe Nicolas Fasel.&nbsp; Comme la trentaine d\u2019esp\u00e8ces de mammif\u00e8res ail\u00e9s qui vivent sur notre territoire, elle est prot\u00e9g\u00e9e. Son poids varie entre 15 et 35 g, pour une taille de 6 \u00e0 9 cm et une envergure de 31 \u00e0 38 cm. Ce qui la classe parmi les grandes de notre r\u00e9gion, donc. C\u2019est ailleurs qu\u2019il faut regarder pour comprendre son caract\u00e8re exceptionnel. \u00abQuand j\u2019\u00e9tudiais la morphologie des spermatozo\u00efdes des chauves-souris, je devais les anesth\u00e9sier pour r\u00e9cup\u00e9rer leur semence, pr\u00e9cise Nicolas Fasel. Le sperme est ensuite r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 apr\u00e8s une \u00e9lectrostimulation dans le rectum \u00e0 l\u2019aide d\u2019une sonde. Par chance, lorsqu\u2019on endort les chauves-souris, le p\u00e9nis se met en \u00e9rection. Une analyse compar\u00e9e avec d\u2019autres esp\u00e8ces m\u2019a permis de constater la taille impressionnante du p\u00e9nis chez la s\u00e9rotine commune (en \u00e9rection, environ 22% de la taille du corps).\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le professeur Philippe Christe ajoute que cet \u00e9l\u00e9ment a favoris\u00e9 l\u2019hypoth\u00e8se qu\u2019une intromission \u00e9tait impossible. \u00abLa taille d\u00e9mesur\u00e9e du p\u00e9nis reste peu compatible avec celle du vagin, bien qu\u2019il soit extensible. En \u00e9rection, le p\u00e9nis d\u2019une s\u00e9rotine commune mesure un peu moins de&nbsp; 2 cm, tandis que le vagin atteint \u00e0 peine 2 mm.\u00bb Toutefois, rel\u00e8ve Nicolas Fasel, \u00abnous aurions pu en rester l\u00e0, si je n\u2019avais re\u00e7u un email au premier abord douteux, titr\u00e9&nbsp; p\u00e9nis et entour\u00e9 de mots en n\u00e9erlandais\u2026\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le message aurait fini dans les spams du chercheur s\u2019il n\u2019avait comport\u00e9 le nom de l\u2019esp\u00e8ce <em>Eptesicus<\/em> (l\u2019ancien nom latin de la s\u00e9rotine commune). Finalement, il provenait d\u2019un retrait\u00e9 passionn\u00e9, qui vit aux Pays-Bas et qui avait pos\u00e9 18 cam\u00e9ras dans une \u00e9glise de la ville&nbsp; de Castenray, afin d\u2019observer les comportements de la chauve-souris. Nicolas Fasel a de la sorte pu visionner plusieurs vid\u00e9os de co\u00eft sans intromission. Une r\u00e9elle d\u00e9couverte, car un tel comportement n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9cel\u00e9 sur aucune des 1400 esp\u00e8ces de chiropt\u00e8res&nbsp; r\u00e9pertori\u00e9es sur Terre, ni sur aucun autre mammif\u00e8re. \u00ab\u00c0 l\u2019\u00e9poque, nous travaillions aussi avec un centre de soins et de r\u00e9habilitation en Ukraine, souligne le chercheur. Les personnes sur place devaient placer les animaux dans une cage, en captivit\u00e9 temporaire, en attendant de les nourrir. Elles ont entendu des cris et ont aussi pu assister \u00e0 des copulations sans p\u00e9n\u00e9tration.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"559\" height=\"800\" data-id=\"15487\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/05\/chauvesouris_92_4.webp\" alt=\"chauvesouris 92 4\" class=\"wp-image-15487\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/05\/chauvesouris_92_4.webp 559w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/05\/chauvesouris_92_4-182x260.webp 182w\" sizes=\"auto, (max-width: 559px) 100vw, 559px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Avec ses 16 \u00e0 17 mm, le p\u00e9nis en \u00e9rection des s\u00e9rotines communes fait environ 22% de la longueur du corps de l\u2019animal. Or, le vagin de la femelle ne mesure que 2 \u00e0 3 mm. La f\u00e9condation, qui se d\u00e9roule les t\u00eates en bas, se fait par contact. Le m\u00e2le maintient son p\u00e9nis contre la vulve afin de s\u2019assurer que les spermatozo\u00efdes remontent bien le tractus g\u00e9nital de la femelle.<br>\u00a9 Illustrations de Taisiia Kravchenko tir\u00e9es de Mating <br>without intromission in a bat (Current Biology Magazine).<br><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"553\" height=\"800\" data-id=\"15491\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/05\/chauvesouris_suite_92_3.webp\" alt=\"chauvesouris suite 92 3\" class=\"wp-image-15491\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/05\/chauvesouris_suite_92_3.webp 553w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/05\/chauvesouris_suite_92_3-180x260.webp 180w\" sizes=\"auto, (max-width: 553px) 100vw, 553px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Avec ses 16 \u00e0 17 mm, le p\u00e9nis en \u00e9rection des s\u00e9rotines communes fait environ 22% de la longueur du corps de l\u2019animal. Or, le vagin de la femelle ne mesure que 2 \u00e0 3 mm. La f\u00e9condation, qui se d\u00e9roule les t\u00eates en bas, se fait par contact. Le m\u00e2le maintient son p\u00e9nis contre la vulve afin de s\u2019assurer que les spermatozo\u00efdes remontent bien le tractus g\u00e9nital de la femelle.<br>\u00a9 Illustrations de Taisiia Kravchenko tir\u00e9es de Mating <br>without intromission in a bat (Current Biology Magazine).<br><\/figcaption><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Des \u00e9bats \u00e9tudi\u00e9s en Suisse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une \u00e9tude \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des mines de Baulmes (anciennes mines de chaux dans le canton de Vaud, ferm\u00e9es dans les ann\u00e9es 1960, <em>ndlr<\/em>), sur un r\u00e9seau de 17 km de galeries, s\u2019est \u00e9galement av\u00e9r\u00e9e pr\u00e9cieuse. \u00abNous y avons&nbsp; r\u00e9colt\u00e9 des donn\u00e9es sur plus de quinze ans, indique&nbsp; Philippe Christe, qui a dirig\u00e9 de nombreux projets sur les chauves-souris. Les accouplements ont lieu en automne, pour certaines esp\u00e8ces, lors de l\u2019essaimage, qui rassemble des milliers d\u2019individus sur un rayon de 40 km autour des mines. On assiste alors \u00e0 des vols fr\u00e9n\u00e9tiques. Nos observations ont permis de confirmer qu\u2019elles s\u2019y rendent aussi pour hiberner et transiter. Nous avons une autre hypoth\u00e8se concernant l\u2019essaimage, \u00e0 v\u00e9rifier : les femelles pourraient montrer \u00e0 leurs jeunes de l\u2019ann\u00e9e les bons sites o\u00f9 passer l\u2019hiver.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au vu du nombre important d\u2019individus install\u00e9s dans les mines, les co\u00efts restent difficiles \u00e0 observer. Mais les recherches r\u00e9v\u00e8lent que les chauves-souris font tout, ou presque, la t\u00eate en bas. Non seulement dormir, mais aussi mettre bas et se reproduire. Et leurs \u00e9treintes paraissent sans fin. \u00abParmi les r\u00e9sultats les plus fous que nous ayons eus, nous pouvons relever le temps de copulation, signale Nicolas Fasel. Les s\u00e9rotines communes peuvent rester jusqu\u2019\u00e0 douze heures en position d\u2019accouplement. On peut estimer que le m\u00e2le maintient son p\u00e9nis contre la vulve longuement afin de s\u2019assurer que les spermatozo\u00efdes remontent bien le tractus g\u00e9nital (ensemble des organes de reproduction, <em>ndlr<\/em>) de la femelle. Autre hypoth\u00e8se: ce syst\u00e8me pourrait \u00e9viter qu\u2019elle contracte ses muscles et renvoie l\u2019\u00e9jaculat n\u00e9cessaire \u00e0 la f\u00e9condation.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le professeur Philippe Christe note que les recherches de Nicolas Fasel sur la qualit\u00e9 et le stockage du sperme chez le petit mammif\u00e8re pourraient donner des applications pratiques sur le stockage de sperme des animaux de rente ou m\u00eame humain.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Un gland interpellant<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Telle la plupart des vert\u00e9br\u00e9s \u00e0 glandes mammaires (\u00e0 l\u2019exception notamment des primates, des c\u00e9tac\u00e9s, des chevaux, des marsupiaux, des \u00e9l\u00e9phants et des lapins), les chauves-souris poss\u00e8dent un os p\u00e9nien, aussi nomm\u00e9 <em>baculum, <\/em>une sorte de soutien anatomique qui aide \u00e0 rendre le p\u00e9nis rigide et augmente les chances de f\u00e9condation. \u00abChez la noctule, l\u2019os p\u00e9nien se projette hors du gland et pourrait avoir une fonction p\u00e9n\u00e9trative, explique Nicolas Fasel. En revanche, l\u2019anatomie de Monsieur s\u00e9rotine \u2013 un <em>baculum<\/em> en forme de petit triangle \u2013 laisse penser qu\u2019il aurait plut\u00f4t pour fonction de prot\u00e9ger l\u2019ur\u00e8tre durant l\u2019\u00e9rection. Le p\u00e9nis \u00e9tant tellement \u00e9norme, il risquerait d\u2019exercer une pression trop forte sur l\u2019ur\u00e8tre. La forme triangulaire pourrait ainsi garder l\u2019ur\u00e8tre ouvert et \u00e9viter cette tension. Le gland en forme de c\u0153ur invers\u00e9 pourrait, lui, avoir une fonction de ventouse pendant l\u2019accouplement.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e9cid\u00e9ment pleines de surprises, Mesdames chauves-souris ont aussi la capacit\u00e9 de retarder le moment de la f\u00e9condation. Elles conservent le sperme pendant l\u2019hibernation et repoussent l\u2019ovulation au printemps. Les petits naissent alors \u00e0 la belle saison. \u00abCela se passe dans les zones temp\u00e9r\u00e9es, note Philippe Christe, o\u00f9 toutes les esp\u00e8ces sont insectivores et manquent ainsi de nourriture pendant l\u2019hiver. Raison pour laquelle elles hibernent. Dans les pays tropicaux, elles ne font pas de pauses et n\u2019ont donc pas besoin de stocker le sperme pendant la saison pauvre en nourriture.\u00bb Des analyses r\u00e9alis\u00e9es sur les miniopt\u00e8res de Schreibers, que l\u2019on trouve dans les mines de Baulmes, montrent que l\u2019implantation de l\u2019embryon peut \u00e9galement \u00eatre diff\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Madame s\u00e9rotine commune est-elle une adepte de&nbsp; la f\u00e9condation retard\u00e9e? De quelle mani\u00e8re choisit-elle Monsieur? Est-elle fid\u00e8le \u00e0 son amoureux, telle la femelle du murin de Daubenton, \u00e0 qui il arrive de retrouver le m\u00eame \u00e9lu chaque ann\u00e9e (selon les r\u00e9sultats de la th\u00e8se de Clara Castex, effectu\u00e9e \u00e0 l\u2019Unil)? Myst\u00e8re\u2026 Les scientifiques ne le savent pas encore. \u00abIl reste beaucoup de travail \u00e0 effectuer au niveau mol\u00e9culaire sur les prot\u00e9ines, les g\u00e8nes, etc., commente Nicolas Fasel. D\u2019un point de vue \u00e9volutif, tout ce qui est li\u00e9 \u00e0 la s\u00e9lection des femelles est important. Elles sont capables de choisir un m\u00e2le en fonction de son chant ou de son plumage chez les oiseaux. En revanche, comment vont-elles le s\u00e9lectionner d\u2019apr\u00e8s ses spermatozo\u00efdes apr\u00e8s l\u2019accouplement? C\u2019est tout un pan de l\u2019\u00e9volution de la s\u00e9lection sexuelle qui reste encore \u00e0 \u00e9crire.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background wp-block-paragraph\" style=\"background-color:#60539659\"><em>Mating without intromission in a bat. <\/em>Paru dans<em>Current Biology.&nbsp;<\/em> Volume 33, Issue 22, 20 novembre 2023.&nbsp;<a href=\"http:\/\/doi.org\/10.1016\/j.cub.2023.09.054\" data-type=\"link\" data-id=\"doi.org\/10.1016\/j.cub.2023.09.054\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">doi.org\/10.1016\/j.cub.2023.09.054<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Article suivant:<\/strong> <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=15670\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=15670\">Des chauves-souris&nbsp;remuantes en hiver<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une \u00e9quipe de l\u2019Unil, \u00e9paul\u00e9e par des partenaires n\u00e9erlandais, ukrainiens, allemands et polonais, a particip\u00e9 \u00e0 la d\u00e9couverte d\u2019une pratique jusqu\u2019ici m\u00e9connue chez les mammif\u00e8res: un co\u00eft&nbsp; sans p\u00e9n\u00e9tration. 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