{"id":15590,"date":"2026-05-26T08:27:00","date_gmt":"2026-05-26T06:27:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=15590"},"modified":"2026-05-11T11:00:34","modified_gmt":"2026-05-11T09:00:34","slug":"leffet-placebo-utilise-en-toute-transparence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/leffet-placebo-utilise-en-toute-transparence\/","title":{"rendered":"L\u2019effet placebo\u00a0utilis\u00e9 en toute transparence"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"673\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/05\/placebo_92_1.webp\" alt=\"placebo 92 1\" class=\"wp-image-15560\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/05\/placebo_92_1.webp 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/05\/placebo_92_1-309x260.webp 309w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/05\/placebo_92_1-768x646.webp 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Nicole Chuard \u00a9 Unil<br><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Plus besoin de cacher aux patientes et patients qu\u2019ils re\u00e7oivent un placebo pour que cela soit b\u00e9n\u00e9fique. Une bonne nouvelle, car cet effet puissant pourra d\u00e9sormais \u00eatre utilis\u00e9 en pratique clinique, notamment pour am\u00e9liorer le traitement de la douleur.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019effet placebo n\u2019est plus \u00e0 prouver. Au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle d\u00e9j\u00e0, des exp\u00e9riences mettaient en \u00e9vidence sa r\u00e9alit\u00e9 biologique. Mais habituellement, il implique la dissimulation: les personnes concern\u00e9es ne savent pas qu\u2019elles suivent un \u00abfaux\u00bb traitement. Pourtant, il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de leur cacher la v\u00e9rit\u00e9. Une premi\u00e8re \u00e9tude, publi\u00e9e en 2010, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que des volontaires inform\u00e9s pouvaient tirer un b\u00e9n\u00e9fice d\u2019un placebo dit \u00abouvert\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire prescrit sans&nbsp; aucune tromperie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand on dit placebo, on pense aussit\u00f4t aux comprim\u00e9s remplis de sucre qui s\u2019av\u00e8rent parfois aussi efficaces que de \u00abvraies\u00bb pilules renfermant un principe actif. Mais les m\u00e9dicaments ne sont pas les seuls concern\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00abL\u2019effet placebo peut se manifester dans toute interaction, m\u00eame sans substance ni support. Le simple fait de se rendre dans un cabinet m\u00e9dical suffit souvent \u00e0 le d\u00e9clencher\u00bb, souligne Aurore Fernandez, postdoctorante au<a href=\"http:\/\/chuv.ch\/fr\/cemic\" data-type=\"link\" data-id=\"chuv.ch\/fr\/cemic\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"> Centre de m\u00e9decine int\u00e9grative et compl\u00e9mentaire (CEMIC) <\/a>du CHUV. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, qui repose\u00a0 \u00absur un ensemble de m\u00e9canismes psychobiologiques, contextuels et relationnels\u00bb, est influenc\u00e9 par de multiples facteurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 commencer par nos attentes: si l\u2019on nous dit que tel traitement va nous aider, cela suffit parfois \u00e0 nous soulager. \u00abNotre corps est une machine \u00e0 anticiper, peu importe la situation, notre cerveau a d\u00e9j\u00e0 une longueur d\u2019avance sur ce qu\u2019il va se passer\u00bb, pr\u00e9cise la chercheuse. Il dispose pour cela de nombreuses substances qui peuvent \u00eatre lib\u00e9r\u00e9es, comme des endorphines qui agissent comme des antidouleurs. Des \u00e9tudes ont d\u2019ailleurs montr\u00e9 que, dans ce cas, en induisant uniquement des attentes de soulagement, \u00abon active les m\u00eames circuits c\u00e9r\u00e9braux que certains analg\u00e9siques\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019effet placebo repose aussi sur l\u2019apprentissage, qui nous conduit \u00e0 associer la prise d\u2019un m\u00e9dicament \u00e0 un effet b\u00e9n\u00e9fique. Celles et ceux qui prennent fr\u00e9quemment du parac\u00e9tamol en cas de l\u00e9g\u00e8re c\u00e9phal\u00e9e savent que dix ou quinze minutes apr\u00e8s, leur mal de t\u00eate dispara\u00eet, alors qu\u2019en fait, \u00abl\u2019effet pharmacologique du&nbsp; m\u00e9dicament ne se manifeste qu\u2019une heure et demie plus tard\u00bb, indique la postdoctorante. Quand nous avalons le gros comprim\u00e9 blanc habituel, notre cerveau anticipe et r\u00e9agit de mani\u00e8re ad\u00e9quate.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une autre forme d\u2019apprentissage est le conditionnement qui consiste \u00e0 associer, naturellement ou exp\u00e9rimentalement, deux stimuli diff\u00e9rents. \u00c0 ce sujet,&nbsp; Aurore Fernandez cite une exp\u00e9rience \u00e9tonnante. \u00abPendant plusieurs jours, une \u00e9quipe allemande a donn\u00e9 \u00e0 des volontaires en bonne sant\u00e9 des immunosuppresseurs (substances qui inactivent le syst\u00e8me immunitaire) en leur faisant boire en m\u00eame temps du lait \u00e0 la fraise vert. Quand, ensuite, les m\u00e9dicaments ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s par un placebo, toujours associ\u00e9 au lait \u00e0 la fraise, les scientifiques ont constat\u00e9 que l\u2019effet immunosuppresseur&nbsp; persistait.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Pas besoin d\u2019\u00eatre conscient<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019effet placebo n\u2019a toutefois pas besoin de passer par la conscience pour agir. En t\u00e9moigne cette exp\u00e9rimentation men\u00e9e en 2012. Une \u00e9quipe am\u00e9ricaine a d\u2019abord \u00abconditionn\u00e9\u00bb quarante volontaires en appliquant sur leur bras de la chaleur provoquant de mani\u00e8re r\u00e9p\u00e9t\u00e9e une&nbsp; douleur soit intense soit plus faible, chaque niveau de douleur \u00e9tant associ\u00e9 \u00e0 un visage. La deuxi\u00e8me exp\u00e9rience ressemblait \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente, \u00e0 ceci pr\u00e8s que les personnes \u00e9taient toutes expos\u00e9es \u00e0 la m\u00eame temp\u00e9rature. Sans surprise, celles qui voyaient le visage associ\u00e9 \u00e0 une vive douleur ressentaient une douleur plus grande que les autres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00abCe genre d\u2019\u00e9tudes est assez commun, commente&nbsp; Aurore Fernandez. Mais les scientifiques ont innov\u00e9 en renouvelant une troisi\u00e8me fois l\u2019exp\u00e9rience. Cette fois, les images \u00e9taient projet\u00e9es de mani\u00e8re subliminale, sous forme de flashs de quelques millisecondes. Les personnes ne pouvaient donc plus avoir conscience du visage qu\u2019elles avaient vu.\u00bb Elles ont pourtant r\u00e9agi de la m\u00eame fa\u00e7on que pr\u00e9c\u00e9demment. Tout se passe, conclut la chercheuse, \u00abcomme si notre corps se pr\u00e9parait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 r\u00e9pondre, de mani\u00e8re automatique, sans que l\u2019on ait conscience de quoi que ce soit\u00bb.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"400\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/05\/aurorefernandez_92.webp\" alt=\"aurorefernandez 92\" class=\"wp-image-15477\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/05\/aurorefernandez_92.webp 600w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2026\/05\/aurorefernandez_92-390x260.webp 390w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Aurore Fernandez. Postdoctorante au Centre de m\u00e9decine int\u00e9grative  et compl\u00e9mentaire (CEMIC) du CHUV. Nicole Chuard \u00a9 Unil<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Placebo ouvert<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019effet placebo est donc un ph\u00e9nom\u00e8ne puissant. S\u2019il peut \u00eatre utilis\u00e9 dans des essais cliniques (\u00e0 condition d\u2019informer les personnes qu\u2019elles pourraient recevoir un placebo), \u00abdans la pratique clinique, on ne peut pas en tirer profit, car on n\u2019a pas le droit de mentir \u00e0 nos patientes et nos patients, souligne Aurore Fernandez. Ce ne serait pas \u00e9thique. On perd donc un \u00e9norme potentiel th\u00e9rapeutique.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est ce qui a conduit, en 2010, une \u00e9quipe am\u00e9ricaine de la Harvard Medical School \u00e0 Boston \u00e0 tester pour la premi\u00e8re fois l\u2019utilisation d\u2019un placebo dit \u00abouvert\u00bb pour traiter des individus souffrant du syndrome de l\u2019intestin irritable. Les m\u00e9decins ont proc\u00e9d\u00e9 de mani\u00e8re transparente. \u00abLes participantes et participants savaient qu\u2019on leur donnait un placebo, pr\u00e9cise Aurore Fernandez. En outre, la prescription \u00e9tait accompagn\u00e9e d\u2019une explication compl\u00e8te, ce que l\u2019on nomme un \u00abrationnel\u00bb. Affin\u00e9 depuis, celui-ci consiste \u00e0 expliquer que l\u2019effet placebo est puissant, \u00e0 d\u00e9crire ses m\u00e9canismes biologiques et automatiques (apprentissage, conditionnement), \u00e0 pr\u00e9ciser qu\u2019il n\u2019est pas n\u00e9cessaire d\u2019y croire pour qu\u2019il fonctionne et \u00e0 insister sur la r\u00e9gularit\u00e9 de la prise du traitement qui cr\u00e9e un rituel.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette explication s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e essentielle. \u00abDes travaux ont montr\u00e9 que lorsque l\u2019on se contente de dire aux gens: \u201con vous donne un placebo, il n\u2019y a rien dans le comprim\u00e9\u201d, l\u2019efficacit\u00e9 est nettement moins grande.\u00bb Le d\u00e9fi est maintenant d\u2019am\u00e9liorer ce rationnel, en rendant l\u2019information plus simple et percutante, gr\u00e2ce notamment \u00e0 l\u2019emploi de supports vid\u00e9o.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Depuis 2010, le nombre de recherches concernant le placebo ouvert conna\u00eet une croissance exponentielle et \u00abplus de soixante essais cliniques y ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9s\u00bb, constate Aurore Fernandez. Les plus nombreux portent sur la lombalgie et les douleurs fonctionnelles &nbsp;digestives. D\u2019autres s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 la fatigue li\u00e9e aux cancers, \u00e0 la d\u00e9pression, aux tremblements associ\u00e9s \u00e0 la maladie de Parkinson et \u00e0 bien d\u2019autres sympt\u00f4mes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des m\u00e9ta-analyses (analysant et synth\u00e9tisant toutes les \u00e9tudes faites sur un m\u00eame sujet) ont m\u00eame \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es r\u00e9cemment. \u00abElles r\u00e9v\u00e8lent que les placebos ouverts sont efficaces cliniquement pour diff\u00e9rentes indications, principalement la douleur chronique. Bien que moins puissants que ceux de leurs homologues traditionnels, leurs effets ne sont pas n\u00e9gligeables. Si l\u2019on fait la balance entre les b\u00e9n\u00e9fices et les risques, cela vaut la peine d\u2019essayer. Il faut souligner qu\u2019on ne vise pas \u00e0 remplacer les m\u00e9dicaments, mais \u00e0 fournir un soutien compl\u00e9mentaire qui permette \u00e9ventuellement d\u2019en utiliser moins, ou mieux.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il reste que tous les essais r\u00e9alis\u00e9s jusqu\u2019ici \u00absont de petites tailles, car ils ont \u00e9t\u00e9 entrepris par des universit\u00e9s ou des h\u00f4pitaux. Il est en effet difficile de mener des \u00e9tudes de grande ampleur, faute de financements de la part de l\u2019industrie qui n\u2019a rien \u00e0 y gagner\u00bb, constate&nbsp; la postdoctorante. Pour faire avancer la recherche dans ce domaine porteur d\u2019espoirs, \u00abnous avons r\u00e9cemment cr\u00e9\u00e9 un consortium de jeunes chercheuses \u2013 il s\u2019agit essentiellement de femmes \u2013 qui a \u00e9mis des recommandations, afin d\u2019am\u00e9liorer les \u00e9tudes scientifiques. Notamment pour surmonter quelques probl\u00e8mes m\u00e9thodologiques car, dans les essais cliniques, il n\u2019est pas facile d\u2019avoir un groupe contr\u00f4le placebo, quand le traitement lui-m\u00eame est un placebo\u00bb, remarque en riant Aurore Fernandez. Elle esp\u00e8re que l\u2019article \u00e9crit par le consortium \u2013 qui devrait \u00eatre bient\u00f4t publi\u00e9 \u2013 contribuera \u00e0 \u00abaugmenter le niveau de preuves\u00bb des \u00e9tudes qui seront r\u00e9alis\u00e9es&nbsp; \u00e0 l\u2019avenir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Essai clinique au CHUV<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par ailleurs, Aurore Fernandez et ses coll\u00e8gues ont entrepris, d\u00e9but 2024, de lancer \u00e0 leur tour un essai clinique sur le placebo ouvert. Encore en cours \u2013 il devrait s\u2019achever \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e \u2013 il vise \u00e0 inclure deux cent vingt-deux personnes qui sont admises au CHUV pour une op\u00e9ration de la colonne vert\u00e9brale, du thorax ou pour une fracture s\u00e9v\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour soulager les douleurs post-op\u00e9ratoires, les m\u00e9decins prescrivent g\u00e9n\u00e9ralement des opiac\u00e9s (d\u00e9riv\u00e9s de l\u2019opium), des produits efficaces, mais qui entra\u00eenent des effets secondaires importants et peuvent induire une d\u00e9pendance. \u00abNotre but, indique la chercheuse, est d\u2019ajouter \u00e0 ces m\u00e9dicaments un placebo ouvert, afin de voir si l\u2019on parvient \u00e0 am\u00e9liorer la gestion de la douleur et, \u00e9ventuellement, \u00e0 r\u00e9duire la consommation d\u2019opiac\u00e9s, tout en assurant un confort ad\u00e9quat aux personnes concern\u00e9es.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par tirage au sort, les participantes et participants sont r\u00e9partis en trois groupes. Le premier (groupe contr\u00f4le) re\u00e7oit le traitement habituel, les autres re\u00e7oivent en plus un placebo ouvert qu\u2019on leur demande de conditionner avec les opiac\u00e9s, c\u2019est-\u00e0-dire de prendre en m\u00eame temps placebo et m\u00e9dicament pour cr\u00e9er ou renforcer l\u2019apprentissage associatif. Le deuxi\u00e8me groupe prend un placebo sous forme de g\u00e9lules. \u00abUne exp\u00e9rience de ce genre, faite aux \u00c9tats-Unis, a montr\u00e9 que ce protocole de conditionnement r\u00e9duisait de 30% en moyenne la consommation d\u2019opiac\u00e9s.\u00bb Le troisi\u00e8me groupe teste un placebo original con\u00e7u par l\u2019\u00e9quipe du CHUV. \u00abIl consiste en un petit stick d\u2019aromath\u00e9rapie sur lequel on met quelques gouttes d\u2019un liquide de synth\u00e8se qui donne une odeur de clou de girofle.\u00bb \u00c0 chaque fois qu\u2019elles prennent des opiac\u00e9s, les personnes doivent sentir cette odeur afin de l\u2019associer aux m\u00e9dicaments.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Production complexe et co\u00fbteuse&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le recours aux stimuli olfactifs vise \u00e0 surmonter l\u2019un des \u00e9cueils de la production de m\u00e9dicaments placebos.&nbsp; \u00abIl est difficile de s\u2019en procurer, parce qu\u2019ils ne sont pas vendus en pharmacie et que leur fabrication est complexe et \u00e9tonnament co\u00fbteuse, note la chercheuse. Nous voulions donc pouvoir disposer d\u2019un produit facile \u00e0&nbsp; obtenir et peu on\u00e9reux.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s leur intervention chirurgicale, les personnes \u00absont suivies quotidiennement et, une fois rentr\u00e9es \u00e0 domicile, elles sont invit\u00e9es \u00e0 tenir un journal de bord dans lequel elles notent la quantit\u00e9 de m\u00e9dicaments consomm\u00e9e, les effets secondaires, l\u2019intensit\u00e9 de leur douleur, ainsi que le contr\u00f4le qu\u2019elles estiment avoir sur celle-ci.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9tude n\u2019\u00e9tant pas termin\u00e9e, il n\u2019est pas possible d\u2019analyser ses r\u00e9sultats. Mais Aurore Fernandez et ses coll\u00e8gues ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00abagr\u00e9ablement surpris de l\u2019accueil rencontr\u00e9 de la part du personnel soignant, ainsi que des patientes et patients\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9quipe du CEMIC ne compte pas en rester l\u00e0. Avec le soutien de la Fondation Leenaards, elle projette de \u00abpasser de la recherche \u00e0 la pratique et de l\u2019h\u00f4pital au cabinet m\u00e9dical\u00bb. Nombre de m\u00e9decins sont en effet favorables \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019avoir recours au placebo ouvert, mais ne savent comment proc\u00e9der. \u00abNotre id\u00e9e est de leur proposer des kits pr\u00eats \u00e0 l\u2019emploi avec des placebos et des supports de communication qui leur permettront d\u2019informer clairement leur patient\u00e8le\u00bb, indique Aurore Fernandez.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si l\u2019exp\u00e9rience est concluante, le placebo pourrait \u00e0 l\u2019avenir \u00eatre int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 l\u2019arsenal th\u00e9rapeutique. Nous pourrions alors \u00eatre nombreuses et nombreux \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier&nbsp; de ses puissants effets. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#008ab042\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Pour aller plus loin<\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des ouvrages et un article en lien avec le placebo ouvert sont&nbsp;expos\u00e9s \u00e0 la Biblioth\u00e8que de m\u00e9decine&nbsp;(Chemin des Falaises 2, Lausanne).&nbsp;Lu-ve 8h-22h, sa-di 9h-21h.&nbsp;Acc\u00e8s libre. Jusqu\u2019au 26 juin.<\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Plus besoin de cacher aux patientes et patients qu\u2019ils re\u00e7oivent un placebo pour que cela soit b\u00e9n\u00e9fique. 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