{"id":15209,"date":"2025-10-06T08:10:00","date_gmt":"2025-10-06T06:10:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=15209"},"modified":"2025-09-17T13:33:04","modified_gmt":"2025-09-17T11:33:04","slug":"la-maitrise-des-donnees-de-recherche-cest-un-metier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/la-maitrise-des-donnees-de-recherche-cest-un-metier\/","title":{"rendered":"La ma\u00eetrise des donn\u00e9es de recherche, c\u2019est un m\u00e9tier"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"534\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/09\/bagnoudguirlet_90.webp\" alt=\"bagnoudguirlet 90\" class=\"wp-image-15016\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/09\/bagnoudguirlet_90.webp 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/09\/bagnoudguirlet_90-390x260.webp 390w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/09\/bagnoudguirlet_90-768x513.webp 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">G\u00e9rard Bagnoud, directeur des Ressources Informationnelles et\narchiveS (UNIRIS). Marielle Guirlet, collaboratrice \u00e0 UNIRIS.\nPhoto Nicole Chuard \u00a9 Unil<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Les chercheuses et les chercheurs produisent de plus en plus de donn\u00e9es. Leur gestion demande du temps et des comp\u00e9tences dans plusieurs domaines, du droit \u00e0 l\u2019informatique en passant par l\u2019\u00e9thique. Ce qui fut une activit\u00e9 annexe se mue en un travail de professionnel. Plusieurs institutions suisses se sont justement associ\u00e9es pour proposer une formation au m\u00e9tier \u00e9mergent de \u00abData steward\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il existe au moins un point commun entre les s\u00e9quen\u00e7ages d\u2019ADN r\u00e9alis\u00e9s par des biologistes, les enqu\u00eates men\u00e9es aupr\u00e8s de la population par des sociologues et les relev\u00e9s sur les chantiers de fouilles \u00e9tablis par des arch\u00e9ologues: la production de donn\u00e9es. Dans le domaine de la recherche, ces derni\u00e8res sont de plus en plus nombreuses avec les ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, \u00e0 l\u2019Unil en 2026, 2 <em>p\u00e9tabytes<\/em> de donn\u00e9es devraient \u00eatre produits par les scientifiques, soit 2000 t\u00e9rabytes. Cela permettrait de remplir la m\u00e9moire d\u2019au moins 15 millions de <em>smartphones<\/em> situ\u00e9s dans le milieu de gamme. En 2023, ce volume \u00e9tait moiti\u00e9 moindre. Les institutions doivent donc fournir de plus en plus d\u2019espace de stockage, ce qui a un co\u00fbt.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame si elle n\u2019est pas simple \u00e0 g\u00e9rer, cette montagne de 1 et de 0 ne repr\u00e9sente que l\u2019aspect quantitatif de la question. Les bailleurs de fonds exigent bien souvent, de la part des scientifiques, l\u2019\u00e9tablissement de \u00abplans de gestion des donn\u00e9es\u00bb avant de d\u00e9buter un projet de recherche. Cela implique d\u2019organiser le cycle de vie des donn\u00e9es, leur cr\u00e9ation, leur structuration et leur archivage, en passant par les conditions de leur r\u00e9utilisation. Des questions \u00e9thiques, juridiques et de protection des donn\u00e9es doivent \u00eatre trait\u00e9es (par exemple, si la recherche contient des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel).<\/p>\n\n\n\n<p>La politique montre aussi le bout de son nez, quand des chercheuses et chercheurs de plusieurs institutions collaborent de mani\u00e8re internationale, mais que les autorit\u00e9s du pays qui h\u00e9berge les informations se montrent de plus en plus restrictives quant \u00e0 leur accessibilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>On ne peut plus tout faire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ces contraintes ont pour cons\u00e9quence que \u00abl\u2019id\u00e9e du scientifique qui sait tout faire, de l\u2019enseignement \u00e0 la recherche en passant par le <em>management<\/em> d\u2019\u00e9quipe, en plus de la gestion de ses donn\u00e9es, s\u2019av\u00e8re de plus en plus d\u00e9connect\u00e9e de la r\u00e9alit\u00e9\u00bb, remarque Georg Lutz, directeur de FORS (Centre de comp\u00e9tences en sciences sociales, install\u00e9 \u00e0 l\u2019Unil). Ce professeur est \u00e9galement directeur acad\u00e9mique d\u2019une formation con\u00e7ue pour r\u00e9pondre au besoin de professionnalisation de la gestion des donn\u00e9es de recherche. Il s\u2019agit d\u2019un <em>Certificate of Advanced Studies<\/em> (CAS) en <em><a href=\"https:\/\/www.formation-continue-unil-epfl.ch\/formation\/research-data-stewardship\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.formation-continue-unil-epfl.ch\/formation\/research-data-stewardship\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Research Data Stewardship<\/a><\/em>, dont la deuxi\u00e8me \u00e9dition d\u00e9butera en avril 2026.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce cursus r\u00e9pond \u00e0 un besoin \u00abidentifi\u00e9 lors de deux enqu\u00eates men\u00e9es en interne \u00e0 l\u2019Unil, pr\u00e9cise G\u00e9rard Bagnoud, directeur des Ressources Informationnelles et archiveS (UNIRIS) et membre du Comit\u00e9 scientifique du CAS. Un r\u00e9seau de <em>data stewards<\/em> a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 mis en place pour y r\u00e9pondre.\u00bb Ces postes ont attir\u00e9 des personnes qui souhaitaient orienter leur carri\u00e8re acad\u00e9mique vers un m\u00e9tier \u00e9mergent, mais pour lequel manquait encore une formation certifiante en Suisse. Auparavant, la gestion des donn\u00e9es s\u2019apprenait \u00absur le tas\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous les domaines de recherche sont concern\u00e9s. Ainsi, le CAS est propos\u00e9 conjointement avec les universit\u00e9s de Gen\u00e8ve et de Zurich, la HEP-Vaud, la Haute \u00e9cole de gestion de Gen\u00e8ve et la Z\u00fcrcher Hochschule f\u00fcr Angewandte Wissenschaften, FORS et SIB. Cette collaboration s\u2019est faite dans le cadre du projet \u00abSwiss Data Stewardship Environment: Profile \u2013 Training \u2013 Network\u00bb co-financ\u00e9 par swissuniversities et dirig\u00e9 par l\u2019Unil.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/09\/georglutz_90.webp\" alt=\"georglutz 90\" class=\"wp-image-15027\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/09\/georglutz_90.webp 400w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/09\/georglutz_90-173x260.webp 173w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Georg Lutz, professeur et directeur de FORS (Centre de comp\u00e9tences en sciences sociales).\nPhoto Nicole Chuard \u00a9 Unil<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Soutien \u00e0 la recherche<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019une des missions des <em>data stewards<\/em> consiste \u00e0 accompagner les chercheuses et les chercheurs, d\u00e8s le doctorat d\u00e9j\u00e0. \u00abIl est int\u00e9ressant de leur apporter les outils, la culture et les bonnes pratiques d\u00e8s le d\u00e9but de leur carri\u00e8re acad\u00e9mique, note Marielle Guirlet\u00bb, coordinatrice du CAS et collaboratrice \u00e0 UNIRIS. Projet d\u00e9limit\u00e9, une th\u00e8se est le cadre id\u00e9al pour l\u2019apprentissage de la bonne gestion des donn\u00e9es. Il est important de \u00abpartir juste\u00bb, et c\u2019est justement l\u00e0 que les sp\u00e9cialistes form\u00e9s dans le cadre du CAS peuvent intervenir avec profit.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces derniers \u00absoulagent les scientifiques des questions \u00e9thiques, juridiques ou techniques li\u00e9es aux donn\u00e9es, ce qui leur permet de se consacrer \u00e0 leur m\u00e9tier, soit la recherche et la publication d\u2019articles dans des revues sp\u00e9cialis\u00e9es\u00bb, ajoute Georg Lutz.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 un niveau plus large, comme celui des institutions, les <em>data stewards<\/em> devraient \u00abcontribuer \u00e0 r\u00e9aliser les principes internationaux FAIR, un acronyme qui r\u00e9sume l\u2019id\u00e9e que les donn\u00e9es et les ressources num\u00e9riques produites soient faciles \u00e0 trouver, accessibles, interop\u00e9rables et r\u00e9utilisables\u00bb, explique G\u00e9rard Bagnoud. Le partage et la r\u00e9utilisation, \u00e0 l\u2019international, des informations issues de travaux de recherches constituent l\u2019un des socles de la science contemporaine.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ouverture et fermeture<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cela touche au mouvement de la \u00abscience ouverte\u00bb, qui tend vers l\u2019id\u00e9e que les donn\u00e9es et la production scientifique en g\u00e9n\u00e9ral, issues des institutions de recherche, doivent \u00eatre accessibles \u00e0 tous. Cet objectif comporte quelques limites \u00e9thiques (confidentialit\u00e9), \u00e9conomiques et politiques (secrets industriels et int\u00e9r\u00eat national) et l\u00e9gales (protection de donn\u00e9es personnelles, en m\u00e9decine humaine par exemple) auxquelles les <em>data stewards<\/em> peuvent sensibiliser les chercheuses et les chercheurs. Leur r\u00f4le consiste justement \u00e0 s\u2019int\u00e9resser aux d\u00e9veloppements de ce domaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Le suivi de l\u2019actualit\u00e9 tout court figure parmi leurs t\u00e2ches. En ce moment, les institutions europ\u00e9ennes s\u2019inqui\u00e8tent du sort de bases de donn\u00e9es scientifiques supprim\u00e9es de serveurs publics am\u00e9ricains par l\u2019administration Trump. Les \u00ab\u00e9tudes genre\u00bb et la recherche sur le climat figurent parmi les cibles de choix. La question du lieu de stockage des informations, en lien avec leur mise \u00e0 disposition, se pose de mani\u00e8re soudaine dans ce cas.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019archivage est \u00e9galement \u00e0 prendre en compte. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, pour des raisons de co\u00fbts, il n\u2019est pas possible de garder l\u2019ensemble des donn\u00e9es produites par chaque scientifique, pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9. De l\u2019autre, des informations collect\u00e9es par le pass\u00e9 peuvent \u00abavoir une utilit\u00e9 secondaire inattendue, rel\u00e8ve G\u00e9rard Bagnoud. Par exemple, l\u2019\u00e9tude d\u2019anciens menus de restaurants de la c\u00f4te Est des \u00c9tats-Unis nous renseigne sur les populations de homards de l\u2019\u00e9poque!\u00bb Que garder, que jeter? L\u00e0 aussi, les <em>data stewards<\/em> peuvent apporter leur expertise.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Trois orientations<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan formel, le CAS offre 12 cr\u00e9dits ECTS et est dispens\u00e9 en anglais. Il est compos\u00e9 d\u2019un tronc commun de trois modules, et d\u2019un \u00abmodule d\u2019orientation\u00bb. Les branches de ce dernier sont \u00abtransdisciplinaire\u00bb, \u00abbiologie et m\u00e9decine\u00bb ainsi que \u00absciences humaines et sociales\u00bb, au choix des participantes et participants. Selon les domaines en effet, \u00ables traditions de recherche varient, indique Georg Lutz. Cette offre de sp\u00e9cialisation permet une adaptation \u00e0 des contextes diff\u00e9rents. De plus, cela constitue un \u00e9l\u00e9ment d\u2019acceptation. Il sera par exemple plus naturel pour des biologistes de traiter avec des <em>data stewards<\/em> qui connaissent leur univers.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re vol\u00e9e du CAS a termin\u00e9 son cursus en \u00e9t\u00e9 2025. \u00abDans leurs retours, en cours d\u2019analyse, les participantes et les participants mettent en avant la richesse du partage de leurs exp\u00e9riences professionnelles, dans des cultures scientifiques diff\u00e9rentes\u00bb, remarque Marielle Guirlet. Le cursus colle aux besoins, puisque l\u2019une des personnes form\u00e9es, un chercheur qui a r\u00e9orient\u00e9 sa carri\u00e8re, a justement trouv\u00e9 un poste de <em>data steward<\/em> gr\u00e2ce au CAS. Un nouveau m\u00e9tier fait sa place dans le monde acad\u00e9mique. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les chercheuses et les chercheurs produisent de plus en plus de donn\u00e9es. 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