{"id":15135,"date":"2025-10-06T08:22:00","date_gmt":"2025-10-06T06:22:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=15135"},"modified":"2025-09-16T16:16:13","modified_gmt":"2025-09-16T14:16:13","slug":"la-haut-sous-la-menace","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/la-haut-sous-la-menace\/","title":{"rendered":"L\u00e0-haut, sous la menace"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"773\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/09\/alpes_1_90.webp\" alt=\"alpes 1 90\" class=\"wp-image-15011\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/09\/alpes_1_90.webp 773w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/09\/alpes_1_90-251x260.webp 251w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/09\/alpes_1_90-768x795.webp 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 773px) 100vw, 773px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Anenh\u00fctte. Cette cabane du L\u00f6tschental (2358 m) n\u2019est plus accessible, suite \u00e0 l\u2019\u00e9boulement de Blatten le 28 mai 2025. La d\u00e9gradation des acc\u00e8s est l\u2019un des probl\u00e8mes que rencontrent les refuges alpins.\n\u00a9 Pierre Jeanneret<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>En altitude, les effets du d\u00e9r\u00e8glement climatique sont plus rapides et plus spectaculaires qu\u2019ailleurs. Les cabanes de montagne se retrouvent en premi\u00e8re ligne face \u00e0 ces changements. Jean Miczka \u00e9tudie les risques qui p\u00e8sent sur ce patrimoine touristique et culturel des Alpes.\u00a0<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La montagne a toujours le dernier mot. L\u2019adage est \u00e0 prendre d\u2019autant plus au s\u00e9rieux que les \u00e9v\u00e9nements climatiques extr\u00eames se multiplient. S\u00e9cheresse, intemp\u00e9ries, laves torrentielles, \u00e9boulements, glissements de terrain frappent plus fr\u00e9quemment les Alpes depuis quelques ann\u00e9es. La beaut\u00e9 des sommets conserve pourtant son pouvoir d\u2019attraction. Pour preuve, les cabanes voient passer toujours plus de monde: alpinistes, randonneurs \u00e0 ski ou \u00e0 pied, amateurs de trails ou d\u2019e-bike. Savent-ils seulement que ces refuges sont de plus en plus vuln\u00e9rables? Si l\u2019ann\u00e9e 2024, avec ses pr\u00e9cipitations particuli\u00e8rement abondantes, s\u2019est sold\u00e9e par des chiffres de fr\u00e9quentation en demi-teinte pour les cabanes du Club Alpin Suisse, celles-ci ont enregistr\u00e9 des records de nuit\u00e9es en 2022 et en 2023. Aux clients qui dorment sur place, il faut ajouter le nombre, en hausse, des randonneurs qui s\u2019arr\u00eatent le temps d\u2019un verre ou d\u2019un repas.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet engouement, Jean Miczka s\u2019en r\u00e9jouit. Doctorant au <a href=\"https:\/\/unil.ch\/cirm\" data-type=\"link\" data-id=\"unil.ch\/cirm\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Centre interdisciplinaire de recherche sur la montagne <\/a>de l\u2019Institut de g\u00e9ographie et durabilit\u00e9 de l\u2019Unil, il est aussi f\u00e9ru d\u2019alpinisme et donc bien plac\u00e9 pour comprendre l\u2019attrait des sommets, lui qui consacre beaucoup de son temps \u00e0 sillonner les Alpes franco-suisses.<\/p>\n\n\n\n<p>Son terrain d\u2019observation passe par le val Ferret, le val de Bagnes et celui d\u2019Entremont, dans le bas Valais, mais aussi par le massif du Mont-Blanc et celui des \u00c9crins, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re. Il y \u00e9tudie l\u2019impact du changement climatique sur les cabanes de montagne <sup>(1)<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>De bons points d\u2019observation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ces abris d\u2019altitude ont toujours \u00e9t\u00e9 des \u00e9difices un peu \u00e0 part, isol\u00e9s dans un milieu si ce n\u2019est hostile du moins soumis aux al\u00e9as d\u2019une nature impr\u00e9visible et impitoyable. Ils sont d\u00e9sormais aux premi\u00e8res loges du d\u00e9r\u00e8glement climatique. Jean Miczka, lui, parle de sentinelles: \u00abC\u2019est en altitude que le r\u00e9chauffement va le plus vite et c\u2019est l\u00e0 aussi que ses cons\u00e9quences sont les plus visibles. Dans les Alpes, on voit tr\u00e8s bien le recul glaciaire, la quantit\u00e9 de neige qui diminue. Les refuges se trouvent aux avant-postes de ces changements, ce sont de bons points d\u2019observation pour \u00e9valuer et comprendre ces mutations.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La veille de notre entretien, le scientifique crapahutait, arm\u00e9 d\u2019une corde et de crampons, du c\u00f4t\u00e9 du refuge du Couvercle, face aux Grandes Jorasses, dans le Massif du Mont-Blanc. Altitude: 2863 m\u00e8tres. Si son travail de recherche porte principalement sur les cabanes de haute montagne, il inclut aussi des refuges situ\u00e9s \u00e0 des altitudes plus modestes, donc plus facilement accessibles, y compris \u00e0 pied ou \u00e0 v\u00e9lo \u00e9lectrique. En tout, quarante-cinq sites font partie de son projet d\u2019\u00e9tude.<\/p>\n\n\n\n<p>Reste que l\u2019altitude fait une v\u00e9ritable diff\u00e9rence. \u00abLes cabanes de haute montagne sont les plus affect\u00e9es, car elles se situent l\u00e0 o\u00f9 les glaciers reculent, o\u00f9 le permafrost fond\u00bb, pr\u00e9cise le chercheur. Le permafrost est un sol en principe gel\u00e9 en permanence. Il contribue ainsi \u00e0 maintenir ensemble les roches. Lorsqu\u2019il d\u00e9g\u00e8le, il ne remplit plus aussi bien son r\u00f4le de \u00abciment\u00bb naturel et le risque d\u2019\u00e9boulements augmente.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/09\/jeanmiczka_90.webp\" alt=\"jeanmiczka 90\" class=\"wp-image-15030\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/09\/jeanmiczka_90.webp 400w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/09\/jeanmiczka_90-173x260.webp 173w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Jean Miczka. Doctorant au Centre interdisciplinaire de recherche sur la montagne (Facult\u00e9 des g\u00e9osciences et de l\u2019environnement).\nPhoto Nicole Chuard \u00a9 Unil<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Des milliers de m\u00e8tres cubes de roche<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les chutes de pierres font partie des menaces qui p\u00e8sent sur les cabanes. Mais quels sont concr\u00e8tement les effets du changement climatique dont elles p\u00e2tissent? L\u2019analyse de donn\u00e9es collect\u00e9es aupr\u00e8s de gardiens et gardiennes de cabanes (<em>lire l\u2019encadr\u00e9 ci-dessous<\/em>) a permis de distinguer cinq impacts majeurs. Parmi eux, la d\u00e9gradation des voies d\u2019acc\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Les routes, d\u2019abord: une m\u00e9saventure dont plus d\u2019un tiers des refuges a d\u00e9j\u00e0 fait les frais. \u00c0 l\u2019image des g\u00eetes situ\u00e9s dans le haut Val de Bagnes, en Valais. La r\u00e9gion s\u2019est retrouv\u00e9e coup\u00e9e du monde deux ann\u00e9es cons\u00e9cutives, en 2024 et 2025, suite \u00e0 des laves torrentielles, autrement dit des crues qui m\u00e9langent eau, boue et d\u00e9bris de roche. \u00abDans ce genre de situations, les habitants du lieu sont bien s\u00fbr les premiers touch\u00e9s, mais les cabanes, qui d\u00e9pendent de ces acc\u00e8s, sont \u00e9galement affect\u00e9es\u00bb, note Jean Miczka. En 2024, la route est rest\u00e9e coup\u00e9e durant deux mois, de juillet \u00e0 septembre. Une situation qui a, par exemple, divis\u00e9 par dix la fr\u00e9quentation \u00e0 la journ\u00e9e de la cabane de Chanrion.<\/p>\n\n\n\n<p>Difficile par ailleurs de ne pas mentionner l\u2019\u00e9boulement qui a presque enti\u00e8rement enseveli le village de Blatten, fin mai 2025. Dans le L\u00f6tschental, les cabanes Anenh\u00fctte et Hollandiah\u00fctte n\u2019ont pas ouvert cet \u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Chemins p\u00e9destres touch\u00e9s<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les chemins p\u00e9destres, aussi, peuvent \u00eatre endommag\u00e9s. Pas moins de 67% des refuges ont \u00e9t\u00e9 impact\u00e9s par ce type d\u2019\u00e9v\u00e9nements. C\u2019est ce qui est arriv\u00e9 en 2023 \u00e0 la cabane de Saleinaz, situ\u00e9e dans le Val Ferret (VS), suite \u00e0 un effondrement du terrain. Heureusement, le risque de chutes de pierres au m\u00eame endroit a pu rapidement \u00eatre \u00e9cart\u00e9 et un nouveau chemin am\u00e9nag\u00e9 \u00e0 travers l\u2019\u00e9boulis. \u00abCe n\u2019est pas toujours le cas\u00bb, pr\u00e9cise Jean Miczka, qui \u00e9voque le refuge du Pelvoux et celui du S\u00e9l\u00e9, dans les \u00c9crins, en France, devenus soudainement inaccessibles suite \u00e0 un \u00e9boulement de plusieurs milliers de m\u00e8tres cubes de roche, en ao\u00fbt 2023. L\u2019acc\u00e8s avait alors \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 trop dangereux par les autorit\u00e9s et les gardiens avaient d\u00fb quitter la cabane.<\/p>\n\n\n\n<p>Les fameuses laves torrentielles, dont on entend parler de plus en plus souvent, peuvent, elles aussi, endommager un chemin. De m\u00eame que de fortes pluies peuvent, \u00e0 force, \u00e9roder un sentier. Aujourd\u2019hui, la crainte d\u2019un accident sur un parcours d\u00e9t\u00e9rior\u00e9 fait d\u2019ailleurs partie des pr\u00e9occupations des responsables communaux, note Jean Miczka. Ce qui conduit parfois \u00e0 des changements de signalisation: un chemin de montagne (indiqu\u00e9 en rouge et blanc) devient ainsi, du jour au lendemain, un chemin alpin (indiqu\u00e9 en bleu), consid\u00e9r\u00e9 comme plus technique et plus dangereux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Cabanes d\u00e9plac\u00e9es<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nettement moins fr\u00e9quents, mais particuli\u00e8rement graves, les dommages caus\u00e9s \u00e0 la structure des b\u00e2timents s\u2019ajoutent \u00e0 la liste des cons\u00e9quences du r\u00e9chauffement climatique. Ils concernent quinze des quarante-cinq cabanes de l\u2019\u00e9tude, soit une sur trois. Le risque plane au premier chef sur les cabanes de haute altitude, m\u00eame si celles de moyenne montagne peuvent \u00eatre menac\u00e9es par des laves torrentielles. Plus haut, c\u2019est le d\u00e9gel du permafrost qui pose probl\u00e8me. Si celui-ci a lieu au niveau des parois surplombant une cabane, un pan de montagne peut s\u2019effondrer. S\u2019il a lieu sur le terrain m\u00eame o\u00f9 la cabane est implant\u00e9e, le sol peut se mettre \u00e0 bouger.<\/p>\n\n\n\n<p>Un sol meuble, c\u2019est le sc\u00e9nario du pire, \u00e0 entendre Jean Miczka: \u00abCe sont des situations extr\u00eames, heureusement relativement rares. D\u00e8s lors que le sol o\u00f9 se trouve la cabane bouge, celle-ci se d\u00e9truit peu \u00e0 peu sans qu\u2019il n\u2019y ait rien \u00e0 faire, \u00e0 part l\u2019abandonner et la reconstruire ailleurs.\u00bb Des cabanes d\u00e9plac\u00e9es pour cause de danger, il en existe d\u00e9j\u00e0 plusieurs. \u00c0 l\u2019image de la Rothornh\u00fctte, au-dessus de Zermatt, reconstruite en 2024. Ou de la cabane du Mutthorn, dans le canton de Berne, qui est en train de l\u2019\u00eatre. Menac\u00e9e par un \u00e9boulement, elle a \u00e9t\u00e9 relocalis\u00e9e \u00e0 900m\u00e8tres du site d\u2019origine. Le refuge des Bouquetins, au-dessus d\u2019Arolla, en Valais, tr\u00f4ne sur une moraine glaciaire qui s\u2019\u00e9rode. Il sera, \u00e9galement, bient\u00f4t reb\u00e2ti.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La douche de trop<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quand elle est en pleine activit\u00e9, une cabane propose le g\u00eete et le couvert \u00e0 ses h\u00f4tes. On y mange, on y boit, on s\u2019y lave aussi. L\u2019eau est indispensable. Elle se fait pourtant de plus en plus souvent d\u00e9sirer. L\u2019enjeu est crucial pour nombre de propri\u00e9taires et gardiens, car la p\u00e9nurie touche d\u00e9j\u00e0 pr\u00e8s d\u2019une cabane sur deux. Tout particuli\u00e8rement, celles dont la source provient de la fonte des glaces.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e9cheresses \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition, recul glaciaire, fonte des neiges pr\u00e9coce sont autant d\u2019\u00e9v\u00e9nements qui compliquent la vie en cabane. \u00abS\u2019il y a encore de l\u2019eau en d\u00e9but de saison, elle se tarit plus rapidement, souligne Jean Miczka. Les gardiens, qui utilisent des tuyaux pour collecter l\u2019eau des glaciers, doivent aller la chercher toujours plus loin.\u00bb Parmi les solutions: r\u00e9duire l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau des clients \u00e0 l\u2019aide de r\u00e9gulateurs de pression sur les robinets, par exemple, ou collecter l\u2019eau quand elle est l\u00e0, en installant de grandes citernes de stockage. La question de la douche agite aussi les esprits. La future cabane du Mutthorn, par exemple n\u2019en pr\u00e9voit pas. \u00abEn France, certains refuges poss\u00e8dent des sortes de cabines avec de simples lavabos qui permettent de faire une petite toilette en \u00e9conomisant l\u2019eau\u00bb, ajoute le chercheur.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019alpinisme devient plus technique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u2019impact du changement climatique le plus partag\u00e9 par les g\u00eetes de montagne concerne les activit\u00e9s alentour. Principalement l\u2019alpinisme. \u00abDepuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, on observe que cette pratique est de plus en plus compliqu\u00e9e, plus technique et plus dangereuse, parce qu\u2019il y a moins de neige, moins de glaciers, plus de chutes de pierres\u00bb, d\u00e9taille Jean Miczka. La saison tend aussi \u00e0 se raccourcir et \u00e0 se d\u00e9caler dans le temps. Mais les \u00e9l\u00e9ments naturels \u00e9tant plus capricieux, d\u00e9cider d\u2019ouvrir plus t\u00f4t ou plus tard s\u2019apparente de plus en plus \u00e0 un coup de poker pour les gardiens.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la cl\u00e9, des risques financiers qui peuvent hypoth\u00e9quer la survie \u00e9conomique de cabanes, surtout celles qui n\u2019accueillent pratiquement que des alpinistes et ne peuvent donc pas compenser leur absence par l\u2019afflux de randonneurs, comme c\u2019est le cas en moyenne montagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Les cabanes situ\u00e9es \u00e0 des altitudes plus basses tirent mieux leur \u00e9pingle du jeu, mais la menace que fait peser le r\u00e9chauffement climatique s\u2019est g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Sur les quarante-cinq cabanes \u00e9tudi\u00e9es par Jean Miczka, quarante et une ont \u00e9t\u00e9 affect\u00e9es au moins une fois par un des cinq impacts recens\u00e9s. R\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l\u2019avenir de ces refuges para\u00eet d\u00e9sormais indispensable si l\u2019on veut p\u00e9renniser ce patrimoine alpin. Un patrimoine qui a, par ailleurs, un v\u00e9ritable r\u00f4le \u00e0 jouer face au d\u00e9r\u00e8glement du climat, estime Jean Miczka: \u00abLes gens se rendent de plus en plus en altitude, un ph\u00e9nom\u00e8ne qui devrait s\u2019accentuer avec les fortes chaleurs. J\u2019y vois quelque chose de positif, l\u2019occasion de faire de la sensibilisation \u00e0 l\u2019\u00e9conomie des ressources propre \u00e0 la vie en cabane.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#dfdfdf\"><sup>1)<\/sup> La vuln\u00e9rabilit\u00e9 des refuges et des cabanes dans les Alpes franco-suisses face au changement climatique, 2025. Dans le cadre du projet de recherche \u00abLe refuge comme observatoire de la gouvernance de la montagne peu am\u00e9nag\u00e9e dans les Alpes franco-suisses\u00bb, Jean Miczka, Laine Chanteloup, Christophe Clivaz.<a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/viatourism\/\" data-type=\"link\" data-id=\"journals.openedition.org\/viatourism\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"> journals.openedition.org\/viatourism\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><br>Gardiens et guides, des \u00abco-chercheurs\u00bb<\/h5>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"572\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/09\/alpes_2_90.webp\" alt=\"alpes 2 90\" class=\"wp-image-15012\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/09\/alpes_2_90.webp 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/09\/alpes_2_90-364x260.webp 364w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/09\/alpes_2_90-768x549.webp 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Chanrion. Des laves torrentielles ont eu lieu en 2024 et 2025 dans le haut Val de Bagnes, ce qui a rendu plus long l\u2019acc\u00e8s \u00e0 cette belle cabane (2462 m). \u00a9 Nuno Neves<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Dans son travail, Jean Miczka revendique une \u00abapproche inductive\u00bb. Au lieu d\u2019\u00e9laborer une hypoth\u00e8se et de la v\u00e9rifier ensuite, il se \u00abnourrit\u00bb du terrain, de cette montagne \u00e0 travers ceux qui y passent l\u2019essentiel de leur temps. C\u2019est lors d\u2019\u00e9changes avec des gardiens de cabane et des guides qu\u2019est n\u00e9e l\u2019id\u00e9e de travailler sur la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des refuges dans les Alpes franco-suisses. Cette recherche fait partie d\u2019un projet plus large sur le r\u00f4le des cabanes, baptis\u00e9 <a href=\"https:\/\/unil.ch\/hutobstour\" data-type=\"link\" data-id=\"unil.ch\/hutobstour\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">HutObsTour<\/a>, soutenu par le Fonds national suisse. Il regroupe des scientifiques de l\u2019Unil et de l\u2019Universit\u00e9 Grenoble Alpes en France.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la base de ses observations et de ses entretiens, le scientifique a \u00e9labor\u00e9 un questionnaire d\u00e9taill\u00e9 destin\u00e9 aux gardiens de cabanes. Les r\u00e9ponses de quarante-cinq d\u2019entre eux lui ont permis d\u2019\u00e9tablir une typologie des impacts du changement climatique sur les cabanes et de les quantifier.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces refuges, il les consid\u00e8re comme des \u00ablaboratoires d\u2019altitude\u00bb, et les gardiens ainsi que les guides comme des \u00abco-chercheurs\u00bb. \u00abEn montagne, les changements li\u00e9s au climat vont tr\u00e8s vite, pr\u00e9cise-t-il. Les chercheurs doivent \u00eatre souvent sur le terrain pour comprendre ce qui s\u2019y passe, mais ils ne peuvent pas y \u00eatre en permanence, contrairement aux gardiens et aux gardiennes de cabanes ou aux guides de montagne. Ces gens constituent donc, pour nous, de v\u00e9ritables ressources, car ils peuvent nous d\u00e9crire ce qu\u2019ils observent au jour le jour.\u00bb Ils font int\u00e9gralement partie du processus de recherche, au niveau de la collecte de donn\u00e9es, mais aussi dans l\u2019analyse de celles-ci, ajoute le scientifique: \u00abNous organisons r\u00e9guli\u00e8rement des r\u00e9unions, des discussions avec eux afin d\u2019adapter ensemble le protocole de recherche et d\u2019action\u00bb.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Collaboration: Fabrice Ducrest\/Unicom<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En altitude, les effets du d\u00e9r\u00e8glement climatique sont plus rapides et plus spectaculaires qu\u2019ailleurs. Les cabanes de montagne se retrouvent en premi\u00e8re ligne face \u00e0 ces changements. Jean Miczka \u00e9tudie &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":825,"featured_media":15013,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[42189,39,42225],"tags":[387],"class_list":{"0":"post-15135","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-diaporama","8":"category-geosciences","9":"category-no-90","10":"tag-genevieve-comby"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15135","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/825"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15135"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15135\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15141,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15135\/revisions\/15141"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15013"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15135"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15135"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15135"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}