{"id":14905,"date":"2025-05-19T08:27:00","date_gmt":"2025-05-19T06:27:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=14905"},"modified":"2025-05-07T14:01:14","modified_gmt":"2025-05-07T12:01:14","slug":"les-femmes-suisses-votent-plus-a-gauche-que-les-hommes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/les-femmes-suisses-votent-plus-a-gauche-que-les-hommes\/","title":{"rendered":"Les femmes suisses votent plus \u00e0 gauche que les hommes"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"580\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/05\/femmes_89_1.webp\" alt=\"femmes 89 1\" class=\"wp-image-14829\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/05\/femmes_89_1.webp 580w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/05\/femmes_89_1-189x260.webp 189w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Les \u00e9carts de position politique entre hommes et femmes sont plus grands chez les jeunes, de 18 \u00e0 24 ans.\nAlexey_M et Finn Hafemann\/iStock<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>D\u2019o\u00f9 vient le \u00abgender gap\u00bb politique que l\u2019on constate de plus en plus en Suisse? La politologue et professeure Anke Daniela Tresch (FORS et UNIL) analyse cette diff\u00e9rence, qui a \u00e9volu\u00e9 avec le temps.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce dimanche-l\u00e0, c\u2019\u00e9tait du 4 sur 4, carr\u00e9ment. Sur les quatre objets de votations du 24 novembre 2024, tous ont \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9s par les femmes suisses mais accept\u00e9s par les hommes. La diff\u00e9rence la plus importante touchait \u00e0 l\u2019extension des autoroutes: oui pour 57% des hommes mais pour seulement 38% des femmes, donc un \u00e9cart \u00e9norme, de 19 points. M\u00eame tendance, un peu moins marqu\u00e9e, pour les autres th\u00e8mes, les deux propositions de r\u00e9vision du droit du bail et le financement uniforme des prestations de soins.<\/p>\n\n\n\n<p>Une diff\u00e9rence de genre en rafale mais qui n\u2019est pas nouvelle sur le fond. Elle rejoint une r\u00e9alit\u00e9 analys\u00e9e par les chercheurs ces derni\u00e8res ann\u00e9es: contrairement \u00e0 ce qui \u00e9tait not\u00e9 apr\u00e8s 1971, date de l\u2019obtention de leur droit de vote, les Suissesses votent aujourd\u2019hui plus \u00e0 gauche que les hommes. Anke Daniela Tresch, professeure associ\u00e9e <em>ad personam<\/em> \u00e0 <a href=\"https:\/\/unil.ch\/iep\" data-type=\"link\" data-id=\"unil.ch\/iep\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">l\u2019Institut d\u2019\u00e9tudes politiques<\/a> (IEP) de l\u2019UNIL et responsable des enqu\u00eates politiques \u00e0 <a href=\"https:\/\/forscenter.ch\/?lang=fr\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/forscenter.ch\/?lang=fr\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">FORS<\/a>, confirme: \u00abUn tel cumul, avec tous les objets qui aboutissent \u00e0 des majorit\u00e9s divergentes, est tout \u00e0 fait exceptionnel.\u00bb Les chiffres montrent que, sur les 10 votations o\u00f9 l\u2019\u00e9cart a \u00e9t\u00e9 le plus important, six ont eu lieu ces quatre derni\u00e8res ann\u00e9es, marquant des diff\u00e9rences entre sexes allant de 16 \u00e0 27 points. Le record touche au vote de 2022 sur la r\u00e9vision de l\u2019AVS, le projet AVS21, o\u00f9 la diff\u00e9rence a d\u00e9pass\u00e9 27 points.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quelles causes?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019est-ce qui peut expliquer cette \u00e9volution, ce \u00abmodern gender gap\u00bb selon le terme utilis\u00e9? L\u2019une des premi\u00e8res causes avanc\u00e9es fait tiquer puisqu\u2019elle tient au niveau d\u2019\u00e9ducation. Quoi, avoir un meilleur niveau de formation conduirait \u00e0 voter \u00e0 gauche? Une vision plut\u00f4t explosive, mais que les faits confirment, comme en atteste Anke Daniela Tresch: \u00abLes personnes avec un niveau d\u2019\u00e9ducation plus \u00e9lev\u00e9 ont plus facilement des valeurs \u00e9mancipatoires, cosmopolites et individualistes. Les femmes qui veulent faire carri\u00e8re se rendent compte des obstacles, des combats qu\u2019il faut mener pour se faire une place, de la difficult\u00e9 \u00e0 concilier famille et poste \u00e0 responsabilit\u00e9. Elles se retrouvent donc plus proches des partis qui d\u00e9fendent ces causes.\u00bb Elle pr\u00e9cise: \u00abLe PS fait \u00e0 peu pr\u00e8s le m\u00eame score parmi les personnes avec dipl\u00f4me tertiaire que celles avec un niveau secondaire 2, voire l\u2019\u00e9cole obligatoire, alors que les Verts sont significativement plus soutenus par les personnes avec niveau d\u2019\u00e9ducation tertiaire. La plus forte relation entre \u00e9ducation et vote s\u2019observe \u00e0 droite: l\u2019UDC n\u2019a fait que 19% parmi les personnes avec une \u00e9ducation tertiaire, contre 36%, respectivement 38%, chez les personnes avec dipl\u00f4me secondaire ou \u00e9cole obligatoire.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/05\/anketresch_89.webp\" alt=\"anketresch 89\" class=\"wp-image-14784\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/05\/anketresch_89.webp 400w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/05\/anketresch_89-173x260.webp 173w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Anke Daniela Tresch. Professeure associ\u00e9e ad personam \u00e0 l\u2019Institut d\u2019\u00e9tudes politiques (Facult\u00e9 des sciences sociales et politiques).\nNicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>L\u2019autre r\u00e9alit\u00e9 qui joue un r\u00f4le tient aux secteurs socio-professionnels, selon la professeure associ\u00e9e: \u00abIl y a plus de femmes dans la sant\u00e9, l\u2019\u00e9ducation ou les services, l\u00e0 o\u00f9 la gauche est plus pr\u00e9sente.\u00bb Les th\u00e9matiques sont, elles aussi, d\u00e9terminantes: \u00abLes femmes se mobilisent bien s\u00fbr lorsque leurs droits sont touch\u00e9s, mais elles sont aussi plus sensibles \u00e0 l\u2019\u00e9cologie, la protection des minorit\u00e9s et des personnes vuln\u00e9rables, des enfants, des gens en situation de handicap. Elles sont plus critiques que les hommes face aux d\u00e9penses de l\u2019arm\u00e9e. Elles s\u2019int\u00e9ressent davantage \u00e0 la famille, aux assurances, aux cr\u00e8ches, des th\u00e8mes qui sont politis\u00e9s diff\u00e9remment selon les partis.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Au fil de l\u2019Histoire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les diff\u00e9rences d\u2019aujourd\u2019hui incitent \u00e0 se pencher sur l\u2019Histoire. Au fond, en 1971, pourquoi les Suissesses, qui s\u2019\u00e9taient pourtant tellement battues pour obtenir un droit de vote bien tardif, se positionnaient-elles \u00e0 droite? Pourquoi ne tentaient-elles pas de bousculer le syst\u00e8me? Anke Daniela Tresch explique: \u00ab\u00c0 l\u2019\u00e9poque, les femmes \u00e9taient moins ins\u00e9r\u00e9es dans le march\u00e9 du travail. Elles \u00e9taient souvent femmes au foyer, avec un niveau d\u2019\u00e9ducation plus faible qu\u2019aujourd\u2019hui. Elles s\u2019engageaient dans des associations b\u00e9n\u00e9voles, \u00e9taient souvent proches de l\u2019\u00c9glise. Tous ces facteurs les poussaient vers des valeurs conservatrices.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9volution s\u2019est faite progressivement, selon la chercheuse: \u00abDans un premier temps, les positionnements politiques des deux sexes se sont un peu rapproch\u00e9s. \u00c0 partir du milieu des ann\u00e9es 90, ils se sont \u00e9cart\u00e9s \u00e0 nouveau.\u00bb Et de pointer un cap important, le vote de 1985 sur le nouveau droit matrimonial, qui \u00e9tablissait l\u2019\u00e9galit\u00e9 juridique entre hommes et femmes et qui a \u00e9t\u00e9 accept\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la mobilisation de ces derni\u00e8res. 61% d\u2019entre elles avaient approuv\u00e9 le projet, 52% des hommes l\u2019avaient rejet\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus tard, d\u2019autres moments d\u2019histoire ont eu une influence, comme le rappelle la chercheuse: \u00abLes tentatives d\u2019\u00e9lections des femmes au Conseil f\u00e9d\u00e9ral. La non-\u00e9lection de Christiane Brunner, qui a amen\u00e9 une conscientisation et un renforcement du mouvement f\u00e9ministe.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1200\" height=\"590\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/05\/femmes_infog_89.webp\" alt=\"femmes infog 89\" class=\"wp-image-14831\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/05\/femmes_infog_89.webp 1200w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/05\/femmes_infog_89-530x260.webp 530w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2025\/05\/femmes_infog_89-768x378.webp 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Stephanie Wauters<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Grand \u00e9cart chez les jeunes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019un des points les plus fascinants des statistiques est g\u00e9n\u00e9rationnel: les \u00e9carts de position politique entre hommes et femmes sont plus grands chez les jeunes, de 18 \u00e0 24 ans. Anke Daniela Tresch s\u2019y est pench\u00e9e: \u00abLe plus int\u00e9ressant tient moins \u00e0 l\u2019effet isol\u00e9 du genre sur le comportement \u00e9lectoral, qu\u2019\u00e0 l\u2019effet conjugu\u00e9 des ph\u00e9nom\u00e8nes: le genre, l\u2019\u00e2ge, et l\u2019\u00e9ducation. Les plus jeunes femmes tr\u00e8s bien form\u00e9es, avec un niveau d\u2019\u00e9ducation tertiaire, votent massivement \u00e0 gauche. Alors que les jeunes hommes pr\u00e9f\u00e8rent la droite.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0, la chercheuse souligne une tendance qui touche une partie des hommes jeunes: \u00abCertains, ceux qui ont un niveau d\u2019\u00e9ducation plus faible, ont le sentiment qu\u2019ils n\u2019ont plus les m\u00eames perspectives que celles qu\u2019avaient leurs p\u00e8res autrefois. Que leur statut est d\u00e9pass\u00e9 par celui des femmes. Que des politiques sont mises en place en faveur des femmes mais pas pour eux. Une frustration qui peut s\u2019observer aussi par rapport aux immigr\u00e9s. Ces jeunes hommes ont tendance \u00e0 voter \u00e0 droite, parfois pour l\u2019UDC.\u00bb Elle ajoute: \u00abD\u2019une certaine mani\u00e8re, cela correspond au ph\u00e9nom\u00e8ne des <em>Angry White Men<\/em> des r\u00e9gions rurales des \u00c9tats-Unis.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et ailleurs?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La comparaison internationale est pertinente. Selon plusieurs \u00e9tudes, le glissement vers la gauche du vote f\u00e9minin s\u2019observe partout, \u00c9tats-Unis, Europe, ou m\u00eame Chine, Cor\u00e9e du Sud et Afrique. Lors des pr\u00e9sidentielles am\u00e9ricaines de novembre 2024, 58% des femmes entre 18 et 29 ans ont vot\u00e9 pour Kamala Harris pendant que 56% des hommes du m\u00eame \u00e2ge pr\u00e9f\u00e9raient Donald Trump. Aux \u00e9lections allemandes de f\u00e9vrier 2025, 35% des femmes de 18 \u00e0 24 ans ont vot\u00e9 pour Die Linke, le Parti de gauche, contre 16% des hommes. \u00c0 l\u2019autre bout du champ politique, 27% des jeunes hommes ont vot\u00e9 pour le parti d\u2019extr\u00eame droite AfD contre 14% des femmes. Anke Daniela Tresch conclut: \u00abLa tendance est mondiale. La Suisse n\u2019est pas du tout isol\u00e9e. Ailleurs, on constate les diff\u00e9rences surtout au moment des \u00e9lections mais, ici, \u00e0 cause de la d\u00e9mocratie directe, on le voit aussi sur les objets de votation.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les effets sur les partis<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les partis politiques se penchent-ils sur ces \u00e9carts de genre? Les explorent-ils pour \u00e9laborer leurs strat\u00e9gies? Certains, visiblement surtout le PSS et l\u2019UDC, ont examin\u00e9 les chiffres en d\u00e9tail, notamment dans le but de mobiliser l\u2019\u00e9lectorat plus jeune.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment r\u00e9agir d\u00e8s lors? Faut-il renforcer l\u2019acquis, tout miser sur les jeunes femmes pour la gauche socialiste et verte puisqu\u2019elles montrent des signaux encourageants, ou, au contraire, d\u00e9placer le curseur de son programme afin de s\u00e9duire les jeunes hommes? Et quelle r\u00e9flexion mener \u00e0 droite?<\/p>\n\n\n\n<p>Suzette Sandoz, ex-conseill\u00e8re nationale lib\u00e9rale et professeure de droit \u00e0 l\u2019UNIL, s\u2019oppose fermement \u00e0 toute id\u00e9e de \u00abr\u00e9cup\u00e9ration\u00bb de l\u2019\u00e9lectorat f\u00e9minin par la droite: \u00abR\u00e9cup\u00e9rer? Mais vous n\u2019y pensez pas! Les femmes ont bien trop \u00e9t\u00e9 l\u2019objet de r\u00e9cup\u00e9ration dans l\u2019histoire. Je serais d\u00e9sol\u00e9e que cela continue.\u00bb Elle poursuit: \u00abJe ne suis pas surprise que les chiffres montrent que les femmes votent plus \u00e0 gauche que les hommes. C\u2019est comme \u00e7a, je respecte trop la libert\u00e9 d\u2019expression pour le regretter.\u00bb Et le constat de la femme au bon niveau de formation qui vote \u00e0 gauche, cela n\u2019a-t-il pas le potentiel d\u2019agacer la p\u00e9tulante juriste? M\u00eame pas: \u00abCela ne m\u2019\u00e9tonne pas. Je crois que les universit\u00e9s ne respectent malheureusement pas toujours la libert\u00e9 d\u2019expression et perdent le sens du d\u00e9bat. On r\u00e9cup\u00e8re trop souvent les sciences pour imposer une id\u00e9ologie, comme cela se produit en mati\u00e8re \u00e9cologique. Les sciences politiques et sociales, notamment, sont influenc\u00e9es par les modes f\u00e9ministes.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tenter de rassembler<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 gauche, St\u00e9fanie Prezioso, ex-conseill\u00e8re nationale (Ensemble \u00e0 gauche) et professeure associ\u00e9e \u00e0 l\u2019Institut d\u2019\u00e9tudes politiques de l\u2019UNIL, n\u2019est pas \u00e9tonn\u00e9e de la diff\u00e9rence de votes entre les sexes. Elle y voit trois causes: \u00abIl y a d\u2019abord ma g\u00e9n\u00e9ration, celle qui a connu la premi\u00e8re gr\u00e8ve des femmes, en 1991, et qui s\u2019est socialis\u00e9e au f\u00e9minisme avec cette premi\u00e8re vague historique. Entre nous et les militantes d\u2019apr\u00e8s, un pont g\u00e9n\u00e9rationnel s\u2019est cr\u00e9\u00e9 parce que la Suisse reste en retard en mati\u00e8re d\u2019\u00e9galit\u00e9 salariale et de pr\u00e9carit\u00e9 de l\u2019emploi. C\u2019est ce qui a permis d\u2019avoir un demi-million de femmes dans les rues pour la gr\u00e8ve de 2019.\u00bb L\u2019\u00e9tape suivante, selon elle, tient \u00e0 la d\u00e9ferlante f\u00e9ministe du ph\u00e9nom\u00e8ne #Meetoo, \u00e0 l\u2019occasion de la premi\u00e8re \u00e9lection de Donald Trump: \u00abL\u00e0, se levait la crainte d\u2019un retour en arri\u00e8re sur des droits qu\u2019on croyait acquis. Les jeunes femmes ont compris qu\u2019il fallait continuer \u00e0 lutter au quotidien.\u00bb Le d\u00e9clic suivant est venu de la crise du Covid-19: \u00abIl y avait une apparente valorisation des femmes, notamment en raison de leur travail dans les m\u00e9tiers du <em>care<\/em>, mais ce n\u2019\u00e9tait que dans le discours, pas dans les faits. En r\u00e9alit\u00e9, les femmes confin\u00e9es ont travers\u00e9 des difficult\u00e9s extraordinaires, en \u00e9tant \u00e0 la maison tout en continuant \u00e0 travailler. \u00c7a les a marqu\u00e9es, leurs filles aussi.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ex-conseill\u00e8re nationale en d\u00e9duit-elle que les formations de gauche doivent tout donner pour agrandir encore leur r\u00e9servoir f\u00e9minin? Sans doute, mais sans oublier les jeunes hommes des milieux populaires qui se sentent abandonn\u00e9s par la gauche et \u00abpeuvent voter extr\u00eame droite et masculiniste\u00bb: \u00abJe crois qu\u2019il faut convaincre les laiss\u00e9s-pour-compte au-del\u00e0 du genre. On ne vit pas s\u00e9par\u00e9s dans la soci\u00e9t\u00e9. Les jeunes hommes qui se sentent d\u00e9laiss\u00e9s, surtout ceux des classes populaires, doivent faire partie du programme des partis.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Allez voter!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes votent plus \u00e0 gauche soit, mais un \u00e9l\u00e9ment vient quand m\u00eame troubler l\u2019affaire: elles votent moins que les hommes. Aux derni\u00e8res \u00e9lections f\u00e9d\u00e9rales, seules 44% d\u2019entre elles ont particip\u00e9, contre 49% des hommes. \u00abC\u2019est cela que j\u2019interrogerais le plus\u00bb, s\u2019inqui\u00e8te St\u00e9fanie Prezioso: \u00abCette abstention t\u00e9moigne toujours d\u2019une mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart des femmes de la sph\u00e8re publique. Elle refl\u00e8te peut-\u00eatre aussi une m\u00e9fiance et un certain d\u00e9couragement de leur part.\u00bb Anke Daniela Tresch analyse le ph\u00e9nom\u00e8ne sous l\u2019angle comparatif: \u00abLa faible participation f\u00e9minine est une exception suisse, ce n\u2019est pas le cas dans d\u2019autres pays. Je pense que c\u2019est li\u00e9 \u00e0 l\u2019introduction tardive du droit de vote des femmes. \u00c7a devrait finir par s\u2019estomper. On le voit d\u00e9j\u00e0 dans les statistiques: il n\u2019y a plus d\u2019\u00e9cart entre les jeunes femmes\/hommes; les jeunes femmes ont m\u00eame tendance \u00e0 participer davantage.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Suzette Sandoz lance, elle, un appel revigorant: \u00abL\u2019abstention, je la regrette pour tous les sexes. Il faut voter. J\u2019admets que tous les objets ne sont pas toujours amusants et que, parfois, j\u2019ai davantage envie de colorier le bulletin que de le lire. Mais ne pas voter est flemmard. La d\u00e9mocratie doit \u00eatre utilis\u00e9e, sans \u00e7a, il ne faut pas venir piorner apr\u00e8s!\u00bb L\u2019expression est vaudoise, mais la le\u00e7on universelle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019o\u00f9 vient le \u00abgender gap\u00bb politique que l\u2019on constate de plus en plus en Suisse? La politologue et professeure Anke Daniela Tresch (FORS et UNIL) analyse cette diff\u00e9rence, qui a &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":825,"featured_media":14830,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[42219,55],"tags":[42220],"class_list":{"0":"post-14905","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-no-89","8":"category-politique","9":"tag-ariane-dayer"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14905","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/825"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14905"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14905\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14906,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14905\/revisions\/14906"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media\/14830"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14905"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14905"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14905"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}