{"id":14139,"date":"2024-05-22T08:24:00","date_gmt":"2024-05-22T06:24:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=14139"},"modified":"2024-05-06T14:00:26","modified_gmt":"2024-05-06T12:00:26","slug":"on-ne-fait-pas-de-la-trouvaille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/on-ne-fait-pas-de-la-trouvaille\/","title":{"rendered":"\u00abOn ne fait pas de la trouvaille\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"534\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2024\/05\/CharlineCarron_86_1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-14039\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2024\/05\/CharlineCarron_86_1.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2024\/05\/CharlineCarron_86_1-390x260.jpg 390w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2024\/05\/CharlineCarron_86_1-768x513.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Charline Carron. Doctorante au laboratoire Toni du Centre de neurosciences psychiatriques UNIL-CHUV.\nNicole Chuard\u2009\u00a9\u2009UNIL<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>V\u00eatue d\u2019une blouse de laboratoire bleue, les mains dissimul\u00e9es dans une paire de gants chirurgicaux, Charline Carron transporte des petites fioles de liquide rose st\u00e9riles de l\u2019incubateur \u00e0 37\u00b0, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019abri de la hotte sous laquelle elle s\u2019appr\u00eate \u00e0 les manipuler. Son terrain de recherche, c\u2019est le cerveau. Et ce jour-l\u00e0, elle doit respecter des timings pr\u00e9cis \u2013 soit toutes les six, quatre et deux heures \u2013 pour injecter un traitement dans des cellules souches de souris.<\/p>\n\n\n\n<p>La Valaisanne a rejoint le laboratoire Toni du Centre de neurosciences psychiatriques de l\u2019UNIL-CHUV en 2018 lors de son travail de <em>master<\/em>. Depuis 2019, elle y poursuit une th\u00e8se sur <em>l\u2019Effet d\u2019un peptide s\u00e9cr\u00e9t\u00e9 par les astrocytes sur la neurogen\u00e8se adulte hippocampale<\/em>. Laur\u00e9ate de plusieurs prix durant le concours 2023 de vulgarisation scientifique \u00abMa th\u00e8se en 180 secondes\u00bb, Charline Carron y a brillamment fil\u00e9 une m\u00e9taphore sur le jardinage pour expliquer son travail au grand public. Elle y a compar\u00e9 l\u2019hippocampe du cerveau humain \u00e0 un jardin dans lequel se d\u00e9veloppent des neurones. Et son travail, c\u2019est d\u2019\u00e9tudier l\u2019engrais qui les fait pousser.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9part, elle pensait avoir trouv\u00e9 une mol\u00e9cule cl\u00e9 contre le traitement des pertes de m\u00e9moire. Mais en \u00e9t\u00e9 2023, soit une ann\u00e9e avant la fin de son doctorat, tout a bifurqu\u00e9. La mol\u00e9cule d\u00e9couverte s\u2019est en fait r\u00e9v\u00e9l\u00e9e efficace dans la gestion du stress. \u00abCe n\u2019est pas impossible qu\u2019elle agisse aussi sur la m\u00e9moire, mais je n\u2019ai pas r\u00e9ussi \u00e0 le prouver\u00bb, pr\u00e9cise la doctorante.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque des mois de travail sont ainsi brusquement remis en question par l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un \u00e9l\u00e9ment nouveau, le choc est parfois dur \u00e0 encaisser. \u00abOn a l\u2019impression d\u2019avoir travaill\u00e9 dans le vide\u00bb, reconna\u00eet Charline Carron. Et au cours d\u2019un doctorat, elle admet que \u00abdes moments o\u00f9 on n\u2019y croit plus, il y en a beaucoup\u00bb. Elle se souvient d\u2019ailleurs, amus\u00e9e: \u00abDeux semaines apr\u00e8s avoir commenc\u00e9 ma th\u00e8se, un coll\u00e8gue en post-doctorat m\u2019avait demand\u00e9 en rigolant combien de fois j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 pleur\u00e9\u00bb. Surprise, la chercheuse n\u2019avait sur le moment pas compris le sens de la remarque. Mais tr\u00e8s vite, la r\u00e9alit\u00e9 l\u2019a rattrap\u00e9e. \u00abAu final j\u2019ai souvent d\u00e9barqu\u00e9 en flaque dans le bureau de mon directeur\u00bb, confie Charline Carron.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le nerf de la guerre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si, dans la recherche, les revirements sont monnaie courante, il faut du temps pour les apprivoiser. Et le doctorat sert aussi \u00e0 \u00e7a. \u00abUne th\u00e8se, c\u2019est d\u2019abord apprendre \u00e0 faire de la science, et comprendre que ce n\u2019est pas que des r\u00e9sultats. On fait de la recherche, pas de la trouvaille.\u00bb Une r\u00e9alit\u00e9 parfois difficile pour le mental: \u00abDans les sciences dures, je pense qu\u2019on traverse plus de <em>downs<\/em> que de <em>ups<\/em>. On encha\u00eene les s\u00e9ries d\u2019exp\u00e9riences et \u00e7a n\u2019aboutit pas toujours \u00e0 ce que l\u2019on veut\u2009.\u00bb Pour Charline Carron, le nerf de la guerre aura \u00e9t\u00e9 d\u2019apprendre \u00e0 remonter la pente: \u00abJ\u2019ai compris que la machine ne devait jamais s\u2019arr\u00eater compl\u00e8tement, au risque de ne plus repartir. Il faut accepter de tourner \u00e0 bas r\u00e9gime. La science n\u2019est jamais un processus rapide. C\u2019est l\u2019ego qui pousse \u00e0 penser \u00e7a.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 tout, c\u2019est avec enthousiasme et bonne humeur que Charline Carron \u00e9voque son quotidien de doctorante. Nul doute qu\u2019elle s\u2019y \u00e9panouit. \u00abUne recherche, c\u2019est un myst\u00e8re \u00e0 d\u00e9couvrir, une \u00e9nigme qui nous tient en haleine, c\u2019est motivant. Au fond, j\u2019adore ce monde\u00bb. \/<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>V\u00eatue d\u2019une blouse de laboratoire bleue, les mains dissimul\u00e9es dans une paire de gants chirurgicaux, Charline Carron transporte des petites fioles de liquide rose st\u00e9riles de l\u2019incubateur \u00e0 37\u00b0, jusqu\u2019\u00e0 &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":825,"featured_media":14072,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[42212,42215,8732],"tags":[42208],"class_list":{"0":"post-14139","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-les-coulisses-de-la-recherche","8":"category-no-86","9":"category-sante","10":"tag-gaelle-monayron"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14139","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/825"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14139"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14139\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14140,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14139\/revisions\/14140"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media\/14072"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14139"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14139"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14139"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}