{"id":13547,"date":"2023-10-10T08:27:00","date_gmt":"2023-10-10T06:27:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=13547"},"modified":"2023-10-10T10:53:41","modified_gmt":"2023-10-10T08:53:41","slug":"les-habitues-des-urgences","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/les-habitues-des-urgences\/","title":{"rendered":"Les habitu\u00e9s des urgences"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"538\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/09\/urgences_84_1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13432\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/09\/urgences_84_1.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/09\/urgences_84_1-387x260.jpg 387w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/09\/urgences_84_1-768x516.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 iStockphoto<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Certaines personnes se rendent aux urgences plus de cinq fois par an. Elles sont peu nombreuses, mais repr\u00e9sentent 12\u2009% des consultations. Les soignants de premi\u00e8re ligne d\u2019Unisant\u00e9 et du CHUV ont \u00e9tabli le profil-type de ces usagers fr\u00e9quents. Ils ont aussi montr\u00e9 qu\u2019une prise en charge appropri\u00e9e r\u00e9duisait le nombre des visites de ces habitu\u00e9s, tout en am\u00e9liorant leur qualit\u00e9 de vie.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Temps d\u2019attente qui s\u2019allongent, personnel d\u00e9bord\u00e9: les urgences sont surcharg\u00e9es. Une situation que la pand\u00e9mie de Covid n\u2019a fait qu\u2019exacerber. Cette probl\u00e9matique \u00aba bien \u00e9t\u00e9 document\u00e9e, notamment par l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique qui a constat\u00e9 que le recours aux urgences \u00e9tait plus important en Suisse latine \u2013 en Romandie et au Tessin \u2013 que dans la partie al\u00e9manique du pays\u00bb, constate le professeur Patrick Bodenmann, vice-doyen \u00e0 la <a href=\"https:\/\/unil.ch\/fbm\" data-type=\"link\" data-id=\"unil.ch\/fbm\">Facult\u00e9 de biologie<\/a><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/unil.ch\/fbm\" data-type=\"link\" data-id=\"unil.ch\/fbm\" target=\"_blank\"> <\/a><a href=\"https:\/\/unil.ch\/fbm\" data-type=\"link\" data-id=\"unil.ch\/fbm\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">et<\/a><a href=\"https:\/\/unil.ch\/fbm\" data-type=\"link\" data-id=\"unil.ch\/fbm\"> de m\u00e9decine<\/a> de l\u2019UNIL et chef du D\u00e9partement vuln\u00e9rabilit\u00e9s et m\u00e9decine sociale <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/unisante.ch\" data-type=\"link\" data-id=\"unisante.ch\" target=\"_blank\">d\u2019Unisant\u00e9<\/a>. Elle touche indiff\u00e9remment tous les h\u00f4pitaux romands et conduit parfois \u00e0 des situations de crise, comme celle qu\u2019a connue, en janvier dernier, l\u2019H\u00f4pital de Martigny (Valais) qui a d\u00fb fermer temporairement son service d\u2019urgence pendant la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Point n\u00e9vralgique du syst\u00e8me sanitaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est vrai que les structures d\u2019urgence sont \u00abun point n\u00e9vralgique du syst\u00e8me sanitaire, remarque le professeur. Ce sont les seuls centres de soins qui sont ouverts sept jours sur sept, 24h sur 24h. La lumi\u00e8re y est toujours allum\u00e9e, ce qui incite les patients \u00e0 s\u2019y rendre.\u00bb Certains sont m\u00eame de v\u00e9ritables habitu\u00e9s. Les m\u00e9decins les nomment les usagers fr\u00e9quents. \u00abNous appelons ainsi les personnes qui, quelles qu\u2019elles soient et quel que soit leur probl\u00e8me de sant\u00e9, se sont rendues aux urgences cinq fois ou plus au cours des douze derniers mois\u00bb, pr\u00e9cise Patrick Bodenmann.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces patients contribuent \u00e0 la surcharge des urgences, comme le font \u00abtous ceux qui comprennent mal comment fonctionne le syst\u00e8me de sant\u00e9 suisse, dont la plaque tournante est constitu\u00e9e par les m\u00e9decins de premi\u00e8re ligne\u00bb. Parmi ces habitu\u00e9s figurent aussi des personnes \u00e2g\u00e9es qui y voient \u00abune possibilit\u00e9 d\u2019entrer dans le syst\u00e8me sanitaire, car il leur est de plus en plus difficile de b\u00e9n\u00e9ficier de soins \u00e0 domicile\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cela s\u2019ajoutent toutes les personnes qui pourraient \u00eatre prises en charge par des infirmi\u00e8res ou des m\u00e9decins de premi\u00e8re ligne. Il est vrai que ces derniers sont, eux aussi, \u00absurcharg\u00e9s de mani\u00e8re chronique, en particulier dans les domaines de la m\u00e9decine pour adultes, de la p\u00e9diatrie et de la psychiatrie\u00bb. Et que les horaires d\u2019ouverture des cabinets ne correspondent pas forc\u00e9ment aux besoins des usagers, notamment de ceux qui travaillent.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette affluence a non seulement un impact sur les co\u00fbts de la sant\u00e9, mais elle se traduit aussi par \u00abun goulet d\u2019\u00e9tranglement pour les autres: celles et ceux qui ont vraiment besoin d\u2019\u00eatre pris en charge en urgence\u00bb, remarque Patrick Bodenmann tout en pr\u00e9cisant que \u00abce n\u2019est pas une critique, simplement un constat\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, compte tenu du vieillissement de la population, qui s\u2019accompagne d\u2019une augmentation des maladies chroniques et des polymorbidit\u00e9s, ainsi que de la p\u00e9nurie de personnel dont souffre le syst\u00e8me de sant\u00e9, la situation ne devrait qu\u2019empirer. \u00abC\u2019est pour cette raison qu\u2019il faut essayer de trouver de nouvelles fa\u00e7ons de faire qui soient disruptives et qui int\u00e8grent l\u2019interprofessionalit\u00e9 et l\u2019interdisciplinarit\u00e9\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"401\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/09\/PatrickBodenmann_84.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13441\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/09\/PatrickBodenmann_84.jpg 401w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/09\/PatrickBodenmann_84-174x260.jpg 174w\" sizes=\"auto, (max-width: 401px) 100vw, 401px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Patrick Bodenmann. Vice-doyen \u00e0 la Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine et chef du D\u00e9partement vuln\u00e9rabilit\u00e9s et m\u00e9decine sociale d\u2019Unisant\u00e9. Nicole Chuard\u2009\u00a9\u2009UNIL<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>\u00abEncore lui! Encore elle!\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9quipes des urgences ambulatoires d\u2019Unisant\u00e9 et hospitali\u00e8res du CHUV se sont donc attel\u00e9es au probl\u00e8me en se penchant sur une cat\u00e9gorie particuli\u00e8re de la population des urgences: les usagers fr\u00e9quents.<\/p>\n\n\n\n<p>Alert\u00e9s par ce cri du c\u0153ur lanc\u00e9 par le personnel soignant en voyant revenir ces habitu\u00e9s: \u00abCe n\u2019est pas vrai. Encore elle! Encore lui!\u00bb, les urgentistes ont voulu savoir si le ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9tait fr\u00e9quent.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abApr\u00e8s avoir analys\u00e9 r\u00e9trospectivement nos donn\u00e9es, nous avons conclu que 4 \u00e0 5\u2009% des patients des urgences faisaient partie de ce groupe. Cela peut para\u00eetre peu. Mais si l\u2019on consid\u00e8re que cela repr\u00e9sente 12\u2009% des consultations, ce qui \u00e9quivaut \u00e0 avoir un usager r\u00e9current sur huit patients, cela commence \u00e0 compter\u00bb, souligne le m\u00e9decin d\u2019Unisant\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ces patients sont relativement jeunes, puisque \u00ableur moyenne d\u2019\u00e2ge est de 45 ans. Par ailleurs, les deux tiers sont Suisses ou Europ\u00e9ens.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les chercheurs lausannois ont aussi identifi\u00e9 un certain nombre de facteurs favorisant l\u2019usage r\u00e9current des urgences, comme le fait \u00abd\u2019\u00eatre sous tutelle ou curatelle, ou encore d\u2019habiter \u00e0 moins de dix kilom\u00e8tres d\u2019une structure d\u2019urgence \u2013 cela peut sembler banal, encore fallait-il le d\u00e9montrer\u00bb, pr\u00e9cise Patrick Bodenmann. \u00c0 cela s\u2019ajoute des facteurs sociaux, les habitu\u00e9s \u00e9tant souvent \u00abnon assur\u00e9s \u2013 donc sans papiers \u2013 sans emploi et\/ou d\u00e9pendant de l\u2019aide sociale\u00bb. Du point de vue m\u00e9dical, les personnes les plus \u00e0 risque d\u2019appartenir \u00e0 cette cat\u00e9gorie sont \u00abcelles qui avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 hospitalis\u00e9es \u00e0 plusieurs reprises, en particulier pour des troubles de la sant\u00e9 mentale, ainsi que celles qui \u00e9taient des \u201cconsommatrices\u201d plus ou moins importantes des syst\u00e8mes de soin\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9quipes des urgences ont ainsi pu dresser le profil-type des coutumiers de leurs services. Il s\u2019agit d\u2019individus \u00abparticuli\u00e8rement vuln\u00e9rables qui pr\u00e9sentent une, ou souvent plusieurs, des cinq caract\u00e9ristiques suivantes: elles souffrent de pathologies somatiques ou de troubles mentaux, elles ont des probl\u00e8mes de comportement et\/ou de prise de risque, elles rencontrent des difficult\u00e9s sociales majeures et ont des difficult\u00e9s \u00e0 interagir de mani\u00e8re appropri\u00e9e dans un syst\u00e8me sanitaire qui demeure complexe, voire compliqu\u00e9\u00bb. De plus, elles ont souvent une faible litt\u00e9ratie en sant\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elles ont du mal \u00e0 comprendre les explications fournies par les soignants.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les patients qui appartiennent \u00e0 ces deux derni\u00e8res cat\u00e9gories sont particuli\u00e8rement bien repr\u00e9sent\u00e9s parmi ceux qui fr\u00e9quentent r\u00e9guli\u00e8rement les urgences. Toutefois, souligne le m\u00e9decin d\u2019Unisant\u00e9, l\u2019usage r\u00e9current de ces services \u00abn\u2019est pas d\u00fb \u00e0 une seule, mais \u00e0 une intersectionnalit\u00e9 de causes\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le constat \u00e9tant pos\u00e9, il restait \u00e0 tenter d\u2019agir. Une revue de la litt\u00e9rature et des visites \u00e0 l\u2019University College de San Francisco (\u00c9tats-Unis) et \u00e0 l\u2019Institut Karolinska \u00e0 Stockholm (Su\u00e8de), en pointe sur le sujet, ont convaincu Patrick Bodenmann et ses coll\u00e8gues qu\u2019une piste de solution se trouvait dans le <em>case management <\/em>(gestion de cas). Ce dernier \u00abn\u2019a rien \u00e0 voir avec celui mis en pratique par les compagnies d\u2019assurance\u00bb, pr\u00e9cise en riant le professeur de l\u2019UNIL. Pour le d\u00e9finir, le m\u00e9decin \u00e9voque le chef d\u2019orchestre v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien Gustavo Dudamel qui \u00abdirige son orchestre de fa\u00e7on tr\u00e8s spectaculaire\u00bb. Une \u00e9quipe de <em>case management <\/em>essaie en effet \u00abdans une d\u00e9marche holistique, d\u2019orchestrer, de coordonner\u00bb les diff\u00e9rents acteurs intervenant dans la prise en charge de ces patients.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Concr\u00e8tement, apr\u00e8s l\u2019intervention d\u2019un m\u00e9decin urgentiste, des infirmi\u00e8res de premi\u00e8re ligne les suivent dans leur parcours. Elles accompagnent ceux d\u2019entre eux qui doivent \u00eatre hospitalis\u00e9s dans les diff\u00e9rents services, elles suivent aussi tous les patients \u00e0 leur sortie en veillant \u00e0 ce qu\u2019ils soient entour\u00e9s par des m\u00e9decins et des soignants de premi\u00e8re ligne comme des ergoth\u00e9rapeutes, psychologues, assistantes sociales, etc. \u00abNous faisons du r\u00e9seautage intensif\u00bb, r\u00e9sume le m\u00e9decin.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Moins de recours aux urgences<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Des tr\u00e8s nombreuses \u00e9tudes internationales men\u00e9es \u00e0 son sujet, il ressort que cette gestion de cas a des effets positifs. Les \u00e9quipes d\u2019Unisant\u00e9 et du CHUV ont donc d\u00e9cid\u00e9 de tester \u00e0 leur tour cette intervention \u00aben r\u00e9alisant, \u00e0 l\u2019aide d\u2019un premier financement du Fonds National Suisse (FNS), un essai randomis\u00e9 et contr\u00f4l\u00e9\u00bb. Elles ont s\u00e9lectionn\u00e9 deux cent cinquante de leurs habitu\u00e9s et les ont r\u00e9partis en deux groupes de tailles \u00e9gales. Les participants du premier ont \u00e9t\u00e9 pris en charge de mani\u00e8re conventionnelle, les autres ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du <em>case management<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abNous avons constat\u00e9 que cette intervention a r\u00e9duit de 20\u2009% le recours aux urgences, tout en am\u00e9liorant la qualit\u00e9 de vie des patients. Et cela, \u00e0 un co\u00fbt quasi-constant, car l\u2019augmentation des soins intercommunautaires \u00e9tait compens\u00e9e par la diminution des frais hospitaliers.\u00bb Toutefois, admet Patrick Bodenmann, \u00abcette \u00e9tude n\u2019\u00e9tait juste pas statistiquement significative car, bien que ces patients \u00e9taient en moyenne plut\u00f4t jeunes, nous avons eu dix d\u00e9c\u00e8s dans chaque groupe\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le professeur et ses coll\u00e8gues l\u2019ont donc \u00e9tendue \u00e0 la Suisse romande, avec un nouveau financement du FNS sous la forme d\u2019un Programme National de Recherche. Des treize h\u00f4pitaux publics contact\u00e9s, huit, rentrant dans les crit\u00e8res d\u2019inclusion et repr\u00e9sentant tous les cantons romands, ont accept\u00e9 de participer \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience. \u00abLes chiffres sont t\u00eatus\u00bb, constate le vice-doyen de l\u2019UNIL, puisque les r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 les m\u00eames que ceux qui avaient \u00e9t\u00e9 obtenus \u00e0 Lausanne. Seuls les co\u00fbts de la gestion de cas n\u2019ont pas pu \u00eatre \u00e9valu\u00e9s, en raison de la complexit\u00e9 du syst\u00e8me au sein des six cantons romands.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un bon retour sur investissement<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si les patients tirent un b\u00e9n\u00e9fice certain de ce mode de prise en charge, c\u2019est aussi le cas des personnels des urgences chez lesquels, \u00abd\u2019apr\u00e8s nos donn\u00e9es pr\u00e9liminaires, le taux de satisfaction est tr\u00e8s haut\u00bb, remarque Patrick Bodenmann. Toutefois, pour que ce type d\u2019intervention fonctionne, \u00abil est n\u00e9cessaire que les Autorit\u00e9s allouent aux \u00e9quipes des fonds, des forces et du temps \u2013 ce qui est le cas dans le canton de Vaud, mais pas dans tous les autres. Il faut qu\u2019elles comprennent que, si elles y mettent les moyens, elles ont un bon retour sur investissement.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes install\u00e9s ont, eux aussi, \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9s sur l\u2019exp\u00e9rience \u00e0 laquelle ils avaient particip\u00e9 au travers de leurs patients usagers fr\u00e9quents des urgences. Ils ont particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9 les rapports concernant leurs patients que l\u2019\u00e9quipe de <em>case management <\/em>leur avait transmis. \u00abCertains d\u2019entre eux souhaiteraient \u00eatre syst\u00e9matiquement inclus dans les r\u00e9seaux hospitaliers, afin que leurs patients r\u00e9currents, qui sont aussi souvent des habitu\u00e9s de nos services d\u2019urgence, puissent \u00eatre trait\u00e9s en ambulatoire.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le <em>case management <\/em>porte donc ses fruits, mais \u00abil ne r\u00e9sout qu\u2019une partie des probl\u00e8mes actuels, souligne le m\u00e9decin d\u2019Unisant\u00e9. Il reste encore beaucoup de choses \u00e0 faire dans les domaines de l\u2019\u00e9ducation, de la formation, de l\u2019information, ainsi que pour rem\u00e9dier \u00e0 la faible litt\u00e9ratie en sant\u00e9 de ce type de patients, \u00e0 laquelle on essaie de sensibiliser nos coll\u00e8gues. L\u2019objectif est qu\u2019il y ait plus d\u2019\u00e9quit\u00e9 dans les soins prodigu\u00e9s \u00e0 ces personnes souvent marginalis\u00e9es.\u00bb Malgr\u00e9 les nombreux obstacles et difficult\u00e9s, Patrick Bodenmann reste optimiste. Ce sp\u00e9cialiste de m\u00e9decine sociale qui a des origines latino-am\u00e9ricaines a d\u2019ailleurs donn\u00e9 comme sous-titre \u00e0 sa le\u00e7on inaugurale \u00e0 la Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine, en juin dernier, <em>Si se puede!<\/em> En d\u2019autres termes, <em>Yes we can! <\/em>\/<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Certaines personnes se rendent aux urgences plus de cinq fois par an. Elles sont peu nombreuses, mais repr\u00e9sentent 12\u2009% des consultations. 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