{"id":13326,"date":"2023-05-31T08:26:00","date_gmt":"2023-05-31T06:26:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=13326"},"modified":"2023-05-22T13:26:06","modified_gmt":"2023-05-22T11:26:06","slug":"nos-rivieres-sont-en-petite-forme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/nos-rivieres-sont-en-petite-forme\/","title":{"rendered":"Nos rivi\u00e8res sont en petite forme"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Les micropolluants ont investi la plan\u00e8te, y compris ses eaux, des oc\u00e9ans aux \u00e9tangs. Faut-il s\u2019en inqui\u00e9ter chez nous? L\u2019\u00e9cotoxicologue Nathalie Ch\u00e8vre, qui animera un atelier les pieds dans la Sorge pour les Myst\u00e8res de l\u2019UNIL, a publi\u00e9 un ouvrage-cl\u00e9 sur le sujet.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"534\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/05\/riviere_83_2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13240\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/05\/riviere_83_2.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/05\/riviere_83_2-390x260.jpg 390w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/05\/riviere_83_2-768x513.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Sorge. Les eaux de cette rivi\u00e8re sont d\u2019assez bonne qualit\u00e9. Sur le site de l\u2019UNIL \u00e0 Dorigny, ce cours d\u2019eau rejoint la M\u00e8bre, davantage pollu\u00e9e. Ensemble, elles forment la Chamberonne qui se jette dans le L\u00e9man. \nNicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00abEn Suisse, la majorit\u00e9 des rivi\u00e8res situ\u00e9es sur le plateau pr\u00e9sentent une eau de qualit\u00e9 m\u00e9diocre \u00e0 mauvaise. En revanche, la plupart des rivi\u00e8res de montagne ou de r\u00e9gions peu peupl\u00e9es se portent bien. Comme notre pays est petit, ses eaux passent souvent par des zones agricoles ou habit\u00e9es. Donc, elles sont de bonne qualit\u00e9 en t\u00eate de bassin versant, proche de la source, mais d\u00e8s que l\u2019on s\u2019en \u00e9loigne un peu, cela se d\u00e9t\u00e9riore.\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Notre belle Helv\u00e9tie ne serait en fait pas si propre qu\u2019on le croit, selon les propos de Nathalie Ch\u00e8vre, \u00e9cotoxicologue, ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche <a href=\"https:\/\/unil.ch\/idyst\" data-type=\"URL\" data-id=\"unil.ch\/idyst\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">\u00e0 l\u2019Institut des dynamiques de la surface terrestre <\/a>de la Facult\u00e9 des g\u00e9osciences et de l\u2019environnement de l\u2019UNIL. C\u2019est grave docteure? \u00abTout est une question de r\u00e9f\u00e9rentiel, d\u00e9clare la coauteure d\u2019<em>Alerte aux micropolluants, un p\u00e9ril invisible<\/em> (<em>EPFL Press, 2017<\/em>). Si on compare nos eaux \u00e0 celles du reste du monde, on a la chance d\u2019avoir une bonne qualit\u00e9. On pourrait presque boire l\u2019eau du L\u00e9man gr\u00e2ce aux am\u00e9liorations qui ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9es depuis les ann\u00e9es 50. Mais nous n\u2019avons pas de recul par rapport aux effets toxiques des pollutions \u00e0 long terme. Nous devons rester vigilants.\u00bb Plongeon dans les fonds aquatiques helv\u00e9tiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>De quoi nos rivi\u00e8res sont-elles malades?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On sait que le plastique pollue nos eaux, comme celles de la plan\u00e8te, et leurs habitants. Le r\u00e9chauffement climatique fait souffrir la faune, notamment les insectes, qui servent de nourriture \u00e0 de nombreux animaux aquatiques, qui p\u00e2tissent de plus de l\u2019augmentation des temp\u00e9ratures des cours d\u2019eau. \u00abLes rivi\u00e8res canalis\u00e9es pr\u00e9sentent moins de diversit\u00e9 et leur d\u00e9bit a aussi une influence, ajoute la chercheuse de l\u2019UNIL. Des \u00e9t\u00e9s et des hivers plus secs ont un impact sur la qualit\u00e9 de l\u2019eau qui n\u2019est plus renouvel\u00e9e. Il existe plusieurs crit\u00e8res qui expliquent que nos rivi\u00e8res ne sont pas en bonne sant\u00e9 et la plupart sont li\u00e9es aux activit\u00e9s humaines.\u00bb \u00c0 noter toutefois que la Sorge, qui passe sur le site de l\u2019UNIL, reste d\u2019assez bonne qualit\u00e9, car elle re\u00e7oit une certaine quantit\u00e9 d\u2019eau des \u00e9changeurs de chaleur de tous les b\u00e2timents. \u00abL\u2019eau du lac lui assure un d\u00e9bit plus important en \u00e9t\u00e9, avec une temp\u00e9rature moins probl\u00e9matique qu\u2019ailleurs. Ce qui n\u2019est pas le cas de la M\u00e8bre, qui passe aussi sur le site de l\u2019UNIL, et qui est plus pollu\u00e9e.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"401\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/05\/NathalieChevre1_83.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13264\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/05\/NathalieChevre1_83.jpg 401w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/05\/NathalieChevre1_83-174x260.jpg 174w\" sizes=\"auto, (max-width: 401px) 100vw, 401px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Nathalie Ch\u00e8vre \nMa\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche \u00e0 l\u2019Institut des dynamiques de la surface terrestre (Facult\u00e9 des g\u00e9osciences et de l\u2019environnement).\nNicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Des accidents peuvent avoir des cons\u00e9quences n\u00e9fastes sur plusieurs mois, voire des ann\u00e9es, sur les cours d\u2019eau. En 1986, la catastrophe de Schweizerhalle, pr\u00e8s de B\u00e2le, a entra\u00een\u00e9 une pollution du Rhin sur 250 km durant vingt ans. \u00c0 la suite d\u2019un incendie dans un entrep\u00f4t de pesticides, les pompiers, en voulant l\u2019\u00e9teindre, ont d\u00e9vers\u00e9 dans le fleuve des milliers de substances, comme des pesticides. \u00abL\u2019accident peut \u00eatre grave, mais il reste ponctuel, note la sp\u00e9cialiste. On peut r\u00e9empoissonner un lac et les animaux vont recoloniser un milieu anciennement pollu\u00e9. Une r\u00e9cup\u00e9ration est possible, comme pour Schweizerhalle. Plus pr\u00e9occupante est la pollution sur le long terme par les micropolluants. M\u00eame \u00e0 des concentrations tr\u00e8s faibles, ces substances peuvent engendrer des effets toxiques sur les esp\u00e8ces aquatiques.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des maladies cach\u00e9es?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les \u00e9l\u00e9ments potentiellement et ind\u00e9finiment perturbateurs, on trouve des centaines de millions de compos\u00e9s, les d\u00e9sormais fameux micropolluants. Il s\u2019agit de substances chimiques d\u2019origine humaine diss\u00e9min\u00e9es dans l\u2019environnement en tr\u00e8s faible concentration, sans que l\u2019on connaisse vraiment leurs effets sur le milieu o\u00f9 elles se trouvent. \u00abOn parle de traces, l\u2019\u00e9quivalent d\u2019un sucre \u00e0 un millioni\u00e8me de sucre dilu\u00e9 dans une piscine olympique. Certaines ne sont pas d\u00e9tectables avec les machines que l\u2019on a actuellement\u00bb, pr\u00e9cise Nathalie Ch\u00e8vre. D\u2019o\u00f9 viennent ces micropolluants? Des routes, des b\u00e2timents (algicides dans les peintures des fa\u00e7ades, etc.), de l\u2019agriculture (pesticides, etc.), mais aussi des cosm\u00e9tiques (du savon liquide au dentifrice en passant par la cr\u00e8me solaire), des d\u00e9tergents (lessive, liquide vaisselle, etc.), des biocides (d\u00e9sinfectants, agents conservateurs, etc.), des v\u00eatements (agent fixateur de couleur, synth\u00e9tique, etc.), de l\u2019alimentation (additifs, \u00e9dulcorants, etc.), des m\u00e9dicaments, etc. Ils sont partout: on peut les mesurer dans l\u2019air, l\u2019eau, le sol et les s\u00e9diments. La majorit\u00e9 des micropolluants qui finissent dans les eaux y arrivent par l\u2019interm\u00e9diaire de la pluie qui les entra\u00eene en ruisselant sur les murs ext\u00e9rieurs, les routes, les champs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abAvant, on avait affaire \u00e0 de grosses pollutions visibles. Maintenant, on d\u00e9couvre une pollution sur le long terme avec de faibles concentrations, dont on ne voit pas les effets imm\u00e9diatement. Les d\u00e9g\u00e2ts peuvent \u00eatre plus importants si on y ajoute d\u2019autres agressions, comme le stress hydrique (la s\u00e9cheresse par exemple) ou les changements de temp\u00e9rature. C\u2019est beaucoup plus pernicieux, car on peut avoir l\u2019impression que tout va mieux, alors qu\u2019il faut agir, aussi, sur d\u2019autres stress que chimiques.\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les m\u00e9dicaments nous soignent&#8230;<\/strong> <strong>et nous empoisonnent?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00abOn trouve beaucoup de m\u00e9dicaments dans les cours d\u2019eau, plus que de pesticides par exemple, signale l\u2019\u00e9cotoxicologue. Le probl\u00e8me vient des stations d\u2019\u00e9puration qui ne sont pas capables, actuellement, de les \u00e9liminer. De plus, lorsque trop d\u2019eau arrive dans les \u00e9gouts, par exemple quand il pleut, une partie se r\u00e9pand directement dans l\u2019environnement. Enfin, dans une maison, il peut arriver que le tuyau d\u2019eaux us\u00e9es ne soit pas raccord\u00e9 \u00e0 la STEP mais se d\u00e9verse dans un cours d\u2019eau.\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On commence aussi \u00e0 se m\u00e9fier des perturbateurs endocriniens qui miment le comportement des hormones. L\u2019\u00e9thinylestradiol, un \u0153strog\u00e8ne utilis\u00e9 en m\u00e9decine gyn\u00e9cologique, serait ainsi capable de faire changer de sexe aux poissons en laboratoire. \u00abJe ne connais pas de cas en Suisse, souligne la chercheuse. On a constat\u00e9 des malformations des gonades (organes qui produisent les gam\u00e8tes, <em>ndlr<\/em>.) chez les m\u00e2les cor\u00e9gones du lac de Thoune. Mais selon des \u00e9tudes men\u00e9es \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Berne, ces malformations n\u2019\u00e9taient certainement pas dues aux substances chimiques ayant des effets hormonaux, mais plut\u00f4t \u00e0 la nourriture et aux types d\u2019algues absorb\u00e9es par les poissons.\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Des projets sont aujourd\u2019hui men\u00e9s avec les m\u00e9decins pour r\u00e9duire l\u2019impact des traitements m\u00e9dicaux. \u00abNous discutons de l\u2019\u00e9coprescription, c\u2019est-\u00e0-dire prescrire des m\u00e9dicaments moins dommageables pour l\u2019environnement, pr\u00e9cise Nathalie Ch\u00e8vre. Mais \u00e0 mon sens, la solution doit venir d\u2019une r\u00e9flexion globale sur l\u2019utilisation des m\u00e9dicaments. Le bilan carbone du syst\u00e8me de sant\u00e9 suisse est l\u2019un des pires au monde. \u00c0 cela s\u2019ajoutent la surm\u00e9dicalisation et la surprescription d\u2019op\u00e9rations. Si moins de m\u00e9dicaments et d\u2019op\u00e9rations sont prescrits, il y aura moins de pollution dans les cours d\u2019eau. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment examine-t-on la sant\u00e9 d\u2019une rivi\u00e8re?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019\u0153il nu, en farfouillant dans les cailloux, chacun est capable de savoir si une rivi\u00e8re se sent bien ou va mal. Il suffit d\u2019\u00e9tudier les macro-vert\u00e9br\u00e9s qui peuplent ses flots. \u00abLa diversit\u00e9 des esp\u00e8ces et la pr\u00e9sence d\u2019esp\u00e8ces sensibles, comme les larves de certains \u00e9ph\u00e9m\u00e8res (insectes), indiquent qu\u2019une eau est de bonne qualit\u00e9. Plus une rivi\u00e8re est pollu\u00e9e, moins il y aura de vari\u00e9t\u00e9 et moins on y trouvera d\u2019esp\u00e8ces sensibles.\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Certains poissons nobles, comme la truite ou l\u2019omble chevalier, ont besoin d\u2019environ 10 mg par litre d\u2019oxyg\u00e8ne dissout dans l\u2019eau pour survivre. Sans cela, ils p\u00e9rissent. Toutefois, ils peuvent subir d\u2019autres pollutions, notamment aux PCB, des substances organiques persistantes qui s\u2019accumulent dans les graisses. Plus le poisson vieillit, plus il est gras, plus il accumule de polluants et plus sa consommation devient alors dangereuse pour les humains. Raison pour laquelle la Suisse et la France ont interdit la consommation d\u2019ombles de plus de 39cm et de truites de plus de 54cm p\u00each\u00e9s dans le L\u00e9man.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les laboratoires, on d\u00e9termine la quantit\u00e9 de substances chimiques pr\u00e9sentes dans l\u2019eau en faisant passer un \u00e9chantillon dans une cartouche filtrante qui va retenir les polluants. Puis on ajoute un solvant qui va les dissoudre. \u00abCette pr\u00e9paration circule ensuite dans de fines colonnes chromatiques de 2mm de diam\u00e8tre et de quelques dizaines de centim\u00e8tres de long, explique l\u2019\u00e9cotoxicologue. Les diff\u00e9rentes substances vont alors ressortir les unes apr\u00e8s les autres. Un pic qui appara\u00eet \u00e0 7 minutes signale, selon des standards d\u00e9j\u00e0 \u00e9tablis, qu\u2019il s\u2019agit de telle substance, \u00e0 9 minutes d\u2019une autre substance, etc.\u00bb L\u2019analyse a ses limites: on ne trouve que ce que l\u2019on cherche. Les r\u00e9sultats sortent aussi sous la forme de for\u00eats de pics, car plusieurs centaines de substances sont pr\u00e9sentes dans un \u00e9chantillon, n\u00e9cessitant un expert pour les identifier. Les nouvelles m\u00e9thodes ont n\u00e9anmoins permis de d\u00e9tecter des dizaines de pesticides et de m\u00e9dicaments dans les rivi\u00e8res et les lacs. Des mod\u00e8les th\u00e9oriques, utiles pour pr\u00e9dire les zones les plus contamin\u00e9es, ainsi que des tests d\u2019\u00e9cotoxicit\u00e9 \u2013 lien entre la concentration d\u2019un polluant et son effet sur un organisme \u00e9tudi\u00e9 \u2013 sont \u00e9galement utilis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"533\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/05\/riviere_83_1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13205\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/05\/riviere_83_1.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/05\/riviere_83_1-390x260.jpg 390w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/05\/riviere_83_1-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Penthaz (VD)\nCette station d\u2019\u00e9puration \u00e0 la technologie avanc\u00e9e permet de r\u00e9duire nettement les substances chimiques contenues dans l\u2019eau. \n\u00a9 Laurent Gilli\u00e9ron\/Keystone<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Que faire pour prot\u00e9ger nos rivi\u00e8res?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00abLes laisser le plus loin possible des humains, ironise la chercheuse. Renaturer les rivi\u00e8res canalis\u00e9es, leur redonner une sinuosit\u00e9, des berges, des plantes, des arbres, les ombrager aide \u00e0 leur renaissance. Am\u00e9liorer le traitement des eaux dans les stations d\u2019\u00e9puration, sans forc\u00e9ment interdire les substances, fait partie des mesures prises tr\u00e8s au s\u00e9rieux.\u00bb L\u2019ozonation, qui casse les polluants pour les rendre plus ais\u00e9ment d\u00e9composables, et l\u2019emploi de charbon actif, qui absorbe ces m\u00eames polluants, sont des solutions qui, bien que tr\u00e8s co\u00fbteuses, se g\u00e9n\u00e9ralisent. \u00abL\u2019an pass\u00e9, un rapport du canton de Vaud sur la premi\u00e8re STEP hightech de Suisse romande, \u00e0 Penthaz, a montr\u00e9 qu\u2019il est possible de r\u00e9duire de plus de 90% les substances chimiques mesur\u00e9es, se r\u00e9jouit l\u2019\u00e9cotoxicologue. Construire des avant-toits aux b\u00e2timents pour les prot\u00e9ger du ruissellement des fa\u00e7ades peut aussi \u00eatre une solution. Cependant, le plus important selon moi est d\u2019arr\u00eater de vider des restes de peinture ou de solution de nettoyage dans les \u00e9gouts, car la plupart du temps, ces d\u00e9chets toxiques ne finissent pas dans les stations d\u2019\u00e9puration, mais dans les rivi\u00e8res.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La chercheuse tient \u00e0 souligner que les agriculteurs suisses ont \u00e9t\u00e9 parmi les premiers \u00e0 r\u00e9aliser les enjeux de la pollution sur le long terme et \u00e0 agir. Certains pesticides toxiques ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9s et les quantit\u00e9s utilis\u00e9es ont baiss\u00e9 depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000. \u00abDes zones de r\u00e9cup\u00e9ration ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es pour \u00e9viter que des boilles avec des restes de produits soient vid\u00e9es sur leurs terrains par exemple, assure Nathalie Ch\u00e8vre. Il y a vraiment eu une prise de conscience de la plupart des agriculteurs. Toutes ces actions, sur le long terme, peuvent am\u00e9liorer la sant\u00e9 des rivi\u00e8res.\u00bb \/<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#c4f0e15c\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Qui vit dans La Sorge?<\/h5>\n\n\n\n<p>Les Myst\u00e8res de l\u2019UNIL, qui permettent aux enfants de 8 \u00e0 12 ans de rencontrer des scientifiques et de d\u00e9couvrir leurs recherches, auront cette ann\u00e9e pour th\u00e8me la sant\u00e9. L\u2019occasion pour l\u2019Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST) de proposer un atelier en pleine nature! Munis de bottes et de petites passoires, les enfants partiront sur les traces des animaux qui peuplent la Sorge, la rivi\u00e8re qui coule autour de l\u2019UNIL. Le but de l\u2019exp\u00e9rience? D\u00e9nicher des micro-organismes, plus pr\u00e9cis\u00e9ment des macro-invert\u00e9br\u00e9s, petits mais qu\u2019on peut voir \u00e0 l\u2019\u0153il nu et qui ne poss\u00e8dent pas de squelette. Pourquoi eux? Parce qu\u2019ils sont de bons indicateurs de la qualit\u00e9 de l\u2019eau. Une fois les mini-cr\u00e9atures r\u00e9colt\u00e9es, elles seront rassembl\u00e9es dans un grand bac en plastique et observ\u00e9es. Qu\u2019y trouvera-t-on? Des larves de trichopt\u00e8re (insecte), indices d\u2019une eau non pollu\u00e9e, des amphipodes (crustac\u00e9s), qui avertissent de la pr\u00e9sence d\u2019un peu de pollution, ou des sangsues, signes d\u2019une pollution certaine? Suspense&#8230;\/<\/p>\n\n\n\n<p>Atelier \u00abLa sant\u00e9 de la rivi\u00e8re\u00bb. Sa 3 et di 4 juin, inscriptions et informations: <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/unil.ch\/mysteres\" data-type=\"URL\" data-id=\"unil.ch\/mysteres\" target=\"_blank\">unil.ch\/mysteres<\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"420\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/05\/breve_mysteres_83_1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13212\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/05\/breve_mysteres_83_1.jpg 420w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/05\/breve_mysteres_83_1-182x260.jpg 182w\" sizes=\"auto, (max-width: 420px) 100vw, 420px\" \/><\/figure>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Article suivant: <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=13333\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=13333\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">De la difficult\u00e9 d\u2019agir<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les micropolluants ont investi la plan\u00e8te, y compris ses eaux, des oc\u00e9ans aux \u00e9tangs. Faut-il s\u2019en inqui\u00e9ter chez nous? 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