{"id":1324,"date":"2010-09-24T07:40:23","date_gmt":"2010-09-24T05:40:23","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=1324"},"modified":"2012-05-11T11:47:04","modified_gmt":"2012-05-11T09:47:04","slug":"pourquoi-la-bise-est-elle-froide-et-le-foehn-chaud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/pourquoi-la-bise-est-elle-froide-et-le-foehn-chaud\/","title":{"rendered":"Pourquoi la bise est-elle froide et le foehn chaud?"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1344 alignnone\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2010\/09\/eoliennes.jpg\" alt=\"Pourquoi la bise est-elle froide et le foehn chaud?\" width=\"530\" height=\"260\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2010\/09\/eoliennes.jpg 530w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2010\/09\/eoliennes-300x147.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 530px) 100vw, 530px\" \/><\/p>\n<p><strong><em>Vaudaire, joran, rebat, s\u00e9chard ou d\u00e9zaley\u2026 la r\u00e9gion l\u00e9manique est balay\u00e9e par une multitude de vents diff\u00e9rents. \u00abAllez savoir!\u00bb vous propose de les d\u00e9couvrir avec Jean-Michel Fallot, un expert de l\u2019UNIL. L\u2019occasion, aussi, de mesurer quel est le potentiel du pays en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie \u00e9olienne. Et l\u00e0, surprise, il n\u2019est pas aussi d\u00e9coiffant qu\u2019on l\u2019imaginait.<\/em><\/strong><\/p>\n<p><em><\/em>Certains airs nous refroidissent jusqu\u2019\u00e0 la moelle des os, d\u2019autres vents nous apportent une douce fraicheur. Certains annoncent le beau temps, d\u2019autres des pr\u00e9cipitations. Certains soufflent en l\u00e9g\u00e8res bouff\u00e9es, d\u2019autres peuvent se d\u00e9cha\u00eener avec violence, comme l\u2019ouragan Lothar de sinistre m\u00e9moire, qui, en d\u00e9cembre 1999, a d\u00e9truit de larges portions de for\u00eats.<\/p>\n<p>Certains airs nous refroidissent jusqu\u2019\u00e0 la moelle des os, d\u2019autres vents nous apportent une douce fraicheur. Certains annoncent le beau temps, d\u2019autres des pr\u00e9cipitations. Certains soufflent en l\u00e9g\u00e8res bouff\u00e9es, d\u2019autres peuvent se d\u00e9cha\u00eener avec violence, comme l\u2019ouragan Lothar de sinistre m\u00e9moire, qui, en d\u00e9cembre 1999, a d\u00e9truit de larges portions de for\u00eats.<\/p>\n<p>Le territoire suisse en g\u00e9n\u00e9ral, et la r\u00e9gion l\u00e9manique en particulier, sont battus par tous les vents. Des d\u00e9placements d\u2019air qu\u2019il est important de conna\u00eetre et de mesurer, car ils influencent la m\u00e9t\u00e9orologie, mais aussi la dispersion des produits polluants dans l\u2019atmosph\u00e8re.<\/p>\n<h2>Pourquoi nos vents sont d\u00e9vi\u00e9s vers la droite<\/h2>\n<p>Le vent? On nomme ainsi \u00abun mouvement d\u2019air horizontal qui se cr\u00e9e entre diff\u00e9rentes zones de pression et qui se d\u00e9place des hautes vers les basses pressions\u00bb, pr\u00e9cise Jean-Michel Fallot, ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche \u00e0 l\u2019Institut de g\u00e9ographie \u00e0 l\u2019UNIL. Mais cette d\u00e9finition g\u00e9n\u00e9rale cache de multiples situations.<\/p>\n<p>Pouvant venir des quatre points cardinaux, les \u00abvents g\u00e9n\u00e9raux\u00bb, appel\u00e9s aussi \u00abg\u00e9ostrophiques\u00bb ou \u00absynoptiques \u00bb, sont li\u00e9s \u00e0 la pr\u00e9sence dans l\u2019atmosph\u00e8re d\u2019anticyclones (o\u00f9 r\u00e8gnent de hautes pressions) et de d\u00e9pressions. Ces courants, qui soufflent en direction des secondes, sont ensuite d\u00e9vi\u00e9s par la force de Coriolis, due \u00e0 la rotation de la Terre.<\/p>\n<p>C\u2019est ce qui explique que, comme l\u2019eau s\u2019\u00e9coulant dans un \u00e9vier, ils sont d\u00e9vi\u00e9s vers la droite dans l\u2019h\u00e9misph\u00e8re Nord: ils soufflent autour des anticyclones dans le sens des aiguilles d\u2019une montre et dans le sens inverse autour des d\u00e9pressions. C\u2019est bien \u00e9videmment le contraire qui est observ\u00e9 dans l\u2019h\u00e9misph\u00e8re Sud.<\/p>\n<h2>Un sol rugueux peut influencer le vent<\/h2>\n<p>Ils subissent en outre l\u2019influence des continents et, plus localement, de la rugosit\u00e9 du sol et des reliefs. Dans les r\u00e9gions montagneuses, ils peuvent ainsi \u00eatre canalis\u00e9s par des vall\u00e9es \u00abou subir des effets particuliers en passant au-dessus des reliefs, et notamment donner des effets et des courants de foehn\u00bb, pr\u00e9cise le g\u00e9ographe de l\u2019UNIL.<\/p>\n<p>Les diff\u00e9rences de pression que l\u2019on observe dans l\u2019air peuvent aussi provenir de variations de temp\u00e9ratures \u00e0 la surface du globe. Elles donnent alors naissance, \u00e0 une \u00e9chelle plus locale, \u00e0 des \u00abcourants thermiques\u00bb. \u00abC\u2019est notamment le cas lorsque les vents g\u00e9n\u00e9raux soufflent faiblement et que l\u2019on a un ciel clair, explique Jean-Michel Fallot. Certaines zones de la surface de la terre, plus expos\u00e9es au soleil, se r\u00e9chauffent davantage; on assiste alors \u00e0 la naissance de courants allant des zones les plus froides, o\u00f9 la pression est la plus \u00e9lev\u00e9e, aux zones les plus chaudes. Il se forme des courants thermiques, que l\u2019on conna\u00eet g\u00e9n\u00e9ralement sous le nom de brises.\u00bb<\/p>\n<h2>Brises de lac ou de vall\u00e9e<\/h2>\n<p>Suivant les endroits o\u00f9 elles se l\u00e8vent, ces brises peuvent se manifester de diverses mani\u00e8res. Les brises de mer ou de lac vont ainsi souffler durant la journ\u00e9e de l\u2019eau plus fra\u00eeche en direction des terres plus chaudes. Suivant la direction oppos\u00e9e pendant la nuit, elles se transforment en brises de terre.<\/p>\n<p>D\u2019autres courants de ce type sont li\u00e9s aux reliefs, comme les brises des vall\u00e9es qui remontent ces derni\u00e8res pendant les p\u00e9riodes diurnes et les brises de montagne qui prennent le chemin inverse durant les heures nocturnes. Ou comme les vents de pente dits ascendants ou descendants, selon qu\u2019ils remontent ou d\u00e9valent les versants des montagnes.<\/p>\n<p>Les courants thermiques peuvent acqu\u00e9rir une forte puissance, tout particuli\u00e8rement dans les r\u00e9gions polaires lorsqu\u2019ils descendent des continents gel\u00e9s et s\u2019\u00e9coulent en direction des oc\u00e9ans plus chauds. Le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne, dans des proportions bien moindres, peut aussi se produire lorsqu\u2019ils s\u2019\u00e9coulent des glaciers alpins en direction des vall\u00e9es. \u00abCe vent de glacier est tr\u00e8s perceptible pr\u00e8s des grandes \u00e9tendues de glace, comme celle d\u2019Alestsch, dans le Valais.\u00bb<\/p>\n<h2>Les vents les plus violents qu\u2019on connaisse<\/h2>\n<p>Pour compl\u00e9ter le tableau des principaux vents qui soufflent sur la plan\u00e8te, il faut encore mentionner les vents d\u2019orage. Ces courants froids plongent des nuages d\u2019orage, les cumulonimbus, vers le sol et ils peuvent alors provoquer de violentes rafales.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, des courants ascendants aspirent l\u2019air chaud depuis le sol et alimentent le nuage en \u00e9nergie. \u00abIls peuvent parfois s\u2019organiser en une v\u00e9ritable chemin\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de laquelle ces courants tournent de plus en plus rapidement en aspirant de plus en plus fortement l\u2019air du sol.\u00bb Dans les cas les plus extr\u00eames, un entonnoir descend du nuage jusqu\u2019\u00e0 la terre ferme et d\u00e9clenche une tornade.<\/p>\n<p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, dont des images nous parviennent r\u00e9guli\u00e8rement, notamment des Etats-Unis, est tr\u00e8s spectaculaire. Mais ces vents \u00absont les plus violents que l\u2019on connaisse sur terre et ils sont aussi dangereux\u00bb, souligne Jean-Michel Fallot. Leur pouvoir destructeur au m\u00e8tre carr\u00e9 est sup\u00e9rieur \u00e0 celui d\u2019un cyclone tropical, mais leur \u00e9tendue et leur dur\u00e9e sont beaucoup plus limit\u00e9es. Bien que prenant un tour bien moins violent, le ph\u00e9nom\u00e8ne affecte aussi notre r\u00e9gion, comme en t\u00e9moignent les trombes qui tombent de temps \u00e0 autre sur le L\u00e9man.<\/p>\n<h2>Le vent suisse s\u2019appelle le \u00absudois\u00bb<\/h2>\n<p>Que ce soit \u00e0 l\u2019\u00e9chelle r\u00e9gionale ou locale, la Suisse est battue par ces diff\u00e9rents types de vents. Elle est notamment balay\u00e9e par un vent g\u00e9n\u00e9ral que l\u2019on qualifie souvent tout simplement de \u00abvent\u00bb ou de \u00abvent d\u2019ouest\u00bb. Jean-Michel Fallot pr\u00e9f\u00e8re l\u2019appeler le \u00absudois\u00bb, nom que lui a donn\u00e9 Max Bou\u00ebt dans son livre \u00abClimat et m\u00e9t\u00e9orologie de la Suisse romande \u00bb, publi\u00e9 en 1973.<\/p>\n<p>\u00abCe vent souffle sur le Plateau suisse \u00e0 n\u2019importe quel moment de l\u2019ann\u00e9e avec des afflux d\u2019air g\u00e9n\u00e9raux du sud-ouest, d\u2019ouest, du nord-ouest et m\u00eame du nord qui sont alors d\u00e9vi\u00e9s par les Alpes en flux d\u2019ouest \u00e0 sud-ouest pr\u00e8s du sol sur le Plateau.\u00bb Le sudois peut \u00eatre chaud lorsqu\u2019il am\u00e8ne de l\u2019air tropical ou froid quand il transporte de l\u2019air polaire.<\/p>\n<p>Il peut parfois se d\u00e9ployer avec une rare violence, comme il l\u2019a fait en f\u00e9vrier 1990 ou en d\u00e9cembre 1999 avec les temp\u00eates Vivian ou Lothar qui ont atteint la force d\u2019un cyclone tropical avec les m\u00eames effets d\u00e9vastateurs. On a ainsi mesur\u00e9 une rafale de pr\u00e8s de 270 km\/h au col du Grand-Saint-Bernard, lors de l\u2019ouragan Vivian.<\/p>\n<h2>Froide en hiver, la bise est parfois douce en \u00e9t\u00e9<\/h2>\n<p>La bise peut, elle aussi, \u00eatre forte et souffler \u00e0 180 km\/h sur les cr\u00eates du Jura; mais elle n\u2019est pas r\u00e9put\u00e9e pour nous amener de la chaleur. Elle se manifeste g\u00e9n\u00e9ralement \u00ablorsqu\u2019il y a un anticyclone sur le nord-ouest et le nord de l\u2019Europe et une d\u00e9pression sur la M\u00e9diterran\u00e9e, ce qui favorise un afflux d\u2019air du nord-est ou d\u2019est dans nos r\u00e9gions\u00bb, explique le g\u00e9ographe de l\u2019UNIL.<\/p>\n<p>Il n\u2019est donc pas \u00e9tonnant qu\u2019en hiver, la bise soit glaciale, puisqu\u2019elle nous vient d\u2019Europe orientale ou de Russie. En revanche, en \u00e9t\u00e9, lorsque ses terres d\u2019origine se r\u00e9chauffent, \u00abelle devient fra\u00eeche\u00bb. Sur le Plateau, elle peut m\u00eame \u00eatre douce, lorsqu\u2019elle provient d\u2019un afflux d\u2019air venu des Balkans, car elle se m\u00eale alors au foehn du sud soufflant en m\u00eame temps dans les vall\u00e9es alpines.<\/p>\n<h2>Pourquoi la \u00abbise noire\u00bb annonce le mauvais temps<\/h2>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, la bise est signe de beau temps. Il arrive toutefois, lorsque la d\u00e9pression au-dessus de la M\u00e9diterran\u00e9e est situ\u00e9e \u00e0 proximit\u00e9 de la Suisse, qu\u2019elle s\u2019accompagne de nuages noirs. Cette \u00abbise noire\u00bb am\u00e8ne un temps tr\u00e8s maussade, surtout sur le versant nord des Alpes et en Suisse al\u00e9manique, alors que le bassin l\u00e9manique et le Valais sont souvent moins touch\u00e9s.<\/p>\n<p>Si la bise est froide parce qu\u2019elle provient de r\u00e9gions souvent glaciales, le foehn, en revanche, ne doit pas sa chaleur \u00e0 son origine, mais \u00e0 un tout autre ph\u00e9nom\u00e8ne li\u00e9 \u00e0 son p\u00e9riple dans la cha\u00eene alpine.<\/p>\n<h2>Comment le foehn se r\u00e9chauffe dans les Alpes<\/h2>\n<p>Vent chaud et sec, le foehn se d\u00e9cline en deux cat\u00e9gories: celui du sud aborde le massif par le versant sud et souffle sur les vall\u00e9es du nord; celui du nord suit le chemin inverse. Mais l\u2019un et l\u2019autre r\u00e9sultent des m\u00eames m\u00e9canismes.<\/p>\n<p>Les courants escaladent le relief et, \u00e0 mesure qu\u2019ils s\u2019\u00e9l\u00e8vent, ils se refroidissent, et leur taux d\u2019humidit\u00e9 augmente. Des nuages s\u2019accumulent alors, mais ils restent bloqu\u00e9s par \u00abeffet de barrage\u00bb sur le versant que le vent a escalad\u00e9. Les courants plongent ensuite de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la cha\u00eene montagneuse; ils se r\u00e9chauffent et s\u2019ass\u00e8chent peu \u00e0 peu et donnent ce vent chaud et sec soufflant dans les vall\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00abLorsque l\u2019air s\u2019\u00e9l\u00e8ve, il se refroidit en moyenne de 0,5\u00b0C tous les 100 m\u00e8tres, pr\u00e9cise Jean-Michel Fallot. Mais quand il redescend, il se r\u00e9chauffe d\u2019abord dans les m\u00eames proportions puis, lorsque les nuages se dissipent et que l\u2019air devient sec, sa temp\u00e9rature augmente de 1\u00b0C par 100 m\u00e8tres. Autrement dit, il se r\u00e9chauffe plus rapidement quand il plonge sur le versant sous le vent qu\u2019il ne se refroidit en s\u2019\u00e9levant sur le versant au vent. Sa temp\u00e9rature est donc li\u00e9e \u00e0 son passage par dessus les Alpes. C\u2019est ce que l\u2019on nomme l\u2019effet de foehn.\u00bb<\/p>\n<p>Le ph\u00e9nom\u00e8ne doit son nom, issu de dialectes germaniques alpins, au fait qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 expliqu\u00e9 pour la premi\u00e8re fois dans les Alpes. Mais \u00abon l\u2019observe dans tous les massifs montagneux. Suivant les r\u00e9gions, il peut d\u2019ailleurs prendre d\u2019autres appellations, comme le chinook, dans les Montagnes rocheuses, ou encore le zonda dans les Andes.\u00bb<\/p>\n<h2>Joran, vaudaire, rebat, bornan ou m\u00f4lan, ces vents du L\u00e9man<\/h2>\n<p>Plus local, le joran souffle au pied du Jura. Vent de beau temps par situation anticyclonique, il peut devenir violent et capricieux par temps d\u2019orage. Ses rafales brusques, dont la vitesse peut atteindre 100 \u00e0 120 km\/h, produisent ces coups de tabac redout\u00e9s des navigateurs.<\/p>\n<p>D\u00e9bouchant du Valais pour arriver sur le L\u00e9man, la vaudaire peut, elle aussi, prendre plusieurs tournures. Lorsqu\u2019elle est produite par le foehn, elle donne un courant chaud et sec. Mais si l\u2019orage s\u2019en m\u00eale, le froid et l\u2019humidit\u00e9 sont au rendez- vous.<\/p>\n<p>Joran et vaudaire sont deux exemples de courants r\u00e9gionaux et locaux typiques du bassin l\u00e9manique. Il y en a bien d\u2019autres. Certains sont associ\u00e9s \u00e0 des vents d\u2019orage, tels le bornan ou le m\u00f4lan. D\u2019autres sont li\u00e9s \u00e0 des brises thermiques comme le rebat durant le jour ou encore, durant la nuit, le jorasson, le morget, le bisoton, le d\u00e9zaley dont les noms changent en fonction du lieu.<\/p>\n<h2>Des vents sous surveillance<\/h2>\n<p>Autant de vents qu\u2019il est n\u00e9cessaire de surveiller de pr\u00e8s. Afin de d\u00e9terminer r\u00e9guli\u00e8rement leur force, leur direction, leur vitesse et leur fr\u00e9quence, dix stations de mesure sont install\u00e9es sur les bords du L\u00e9man (dont trois sur la rive fran\u00e7aise), et cinq autres dans le reste de la Suisse.<\/p>\n<p>Les mesures au sol sont compl\u00e9t\u00e9es par les sondages atmosph\u00e9riques qui permettent de surveiller les courants en altitude. D\u00e9collant deux \u00e0 quatre fois par jour de Payerne, et pouvant atteindre 40 km d\u2019altitude, des ballons \u00e9quip\u00e9s de sondes mesurent non seulement les diff\u00e9rents param\u00e8tres des courants, mais aussi la temp\u00e9rature et l\u2019humidit\u00e9 de l\u2019air, ainsi que la pression. \u00abCela permet de d\u00e9terminer les caract\u00e9ristiques de l\u2019atmosph\u00e8re dans la dimension verticale.\u00bb<\/p>\n<h2>Des tourbillons en Gruy\u00e8re<\/h2>\n<p>Toutes ces donn\u00e9es, agr\u00e9ment\u00e9es parfois de celles \u2013 plus globales \u2013 fournies par des satellites, servent \u00e0 alimenter les mod\u00e8les m\u00e9t\u00e9orologiques et climatiques num\u00e9riques. A l\u2019\u00e9chelle plus locale, elles sont aussi utiles \u00e0 la r\u00e9alisation de mod\u00e9lisations physiques en laboratoire. Il s\u2019agit alors de \u00abreproduire l\u2019\u00e9coulement des vents sur des maquettes topographiques d\u2019une r\u00e9gion donn\u00e9e qui sont install\u00e9es dans des souffleries\u00bb, pr\u00e9cise Jean-Michel Fallot qui a eu recours \u00e0 ce dispositif pour simuler les vents thermiques dans certaines vall\u00e9es alpines.<\/p>\n<p>\u00abCette structure est lourde, mais elle apporte des informations visuelles tr\u00e8s utiles pour compl\u00e9ter notre connaissance des vents dans les trois dimensions, en tenant compte de la topographie pr\u00e9cise des lieux.\u00bb C\u2019est ainsi que le g\u00e9ographe a pu rep\u00e9rer, dans la vall\u00e9e de la Sarine en Gruy\u00e8re, des tourbillons que les mod\u00e8les num\u00e9riques n\u2019avaient pas pu d\u00e9tecter.<\/p>\n<h2>La Suisse n\u2019est pas la mieux plac\u00e9e en mati\u00e8re d\u2019\u00e9oliennes<\/h2>\n<p>La surveillance des vents \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, r\u00e9gionale ou locale est certes n\u00e9cessaire aux m\u00e9t\u00e9orologues pour pr\u00e9voir le temps. Mais elle est aussi utile aux gestionnaires du trafic a\u00e9rien et maritime, aux navigateurs qui voguent sur les lacs et aux adeptes de vol \u00e0 voile et autres sports qui font appel au vent.<\/p>\n<p>Elle sert \u00e9galement \u00e0 contr\u00f4ler la qualit\u00e9 de l\u2019air dans laquelle les vents prennent une large part, puisque ce sont eux qui dispersent les polluants.<\/p>\n<p>Suivre la vitesse moyenne des vents et leurs caprices s\u2019av\u00e8re aussi indispensable \u00abpour conna\u00eetre le potentiel \u00e9olien du pays\u00bb, souligne Jean-Michel Fallot. Le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9nergie \u00e9olienne est dans l\u2019air du temps.<\/p>\n<p>Toutefois, dans ce domaine, \u00abla Suisse occupe une position g\u00e9ographique moins favorable que les r\u00e9gions europ\u00e9ennes situ\u00e9es en bord de mer\u00bb. Pour faire tourner des \u00e9oliennes de fa\u00e7on rentable, il faut en effet que \u00ables vents soufflent avec r\u00e9gularit\u00e9 et avec une certaine force durant le jour et la nuit sur l\u2019ensemble de l\u2019ann\u00e9e\u00bb. Une situation que l\u2019on ne trouve que sur les sommets alpins, \u00abqui sont difficilement accessibles\u00bb, sur les cr\u00eates du Jura ou encore dans certaines grandes vall\u00e9es alpines comme la cluse du Rh\u00f4ne entre Saint-Maurice et Martigny.<\/p>\n<p>Faisant la pluie et le beau temps, le vent n\u2019est pas seulement affaire de g\u00e9ographe ou de m\u00e9t\u00e9orologue. Il peut aussi souffler quelques bouff\u00e9es d\u2019air froid sur les vell\u00e9it\u00e9s de promouvoir l\u2019essor de parcs \u00e9oliens dans notre pays<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Elisabeth Gordon<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vaudaire, joran, rebat, s\u00e9chard ou d\u00e9zaley\u2026 la r\u00e9gion l\u00e9manique est balay\u00e9e par une multitude de vents diff\u00e9rents. \u00abAllez savoir!\u00bb vous propose de les d\u00e9couvrir avec Jean-Michel Fallot, un expert de &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":158,"featured_media":1344,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[718,4029],"tags":[44],"class_list":{"0":"post-1324","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-nature","8":"category-no-48","9":"tag-elisabeth-gordon"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1324","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/158"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1324"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1324\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1344"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1324"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1324"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1324"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}