{"id":12982,"date":"2023-02-23T08:16:00","date_gmt":"2023-02-23T06:16:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=12982"},"modified":"2023-02-24T10:09:13","modified_gmt":"2023-02-24T08:09:13","slug":"lasers-et-intelligence-artificielle-en-mettent-plein-la-vue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/lasers-et-intelligence-artificielle-en-mettent-plein-la-vue\/","title":{"rendered":"Lasers et intelligence artificielle en mettent plein la vue"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"531\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/02\/yeux_82_1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13110\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/02\/yeux_82_1.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/02\/yeux_82_1-392x260.jpg 392w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/02\/yeux_82_1-768x510.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9\u2009medlar\u2009\/\u2009iStock<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Situ\u00e9e au fond de l\u2019\u0153il, la r\u00e9tine est longtemps rest\u00e9e inaccessible aux ophtalmologues. Ce n\u2019est plus le cas, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de lasers plus performants, qui rendent le traitement de certaines pathologies r\u00e9tiniennes plus pr\u00e9cis. Quant \u00e0 leur d\u00e9pistage et leur diagnostic, il est grandement facilit\u00e9 par l\u2019intelligence artificielle.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il est une sp\u00e9cialit\u00e9 m\u00e9dicale qui a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des innovations technologiques apparues au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, c\u2019est bien l\u2019ophtalmologie et tout particuli\u00e8rement les affections de la r\u00e9tine. El\u00e9ment essentiel \u00e0 la vue, celle-ci est en effet non seulement une structure oculaire complexe, mais elle est en outre situ\u00e9e au fond de l\u2019\u0153il. Elle demeurait donc quasiment inaccessible, tant aux chirurgiens qu\u2019aux m\u00e9decins.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abCe n\u2019est que dans les ann\u00e9es 80 que sont arriv\u00e9es de nouvelles technologies qui ont permis de r\u00e9aliser les premi\u00e8res vitrectomies (qui consistent \u00e0 retirer le corps vitr\u00e9, ce gel transparent qui remplit le globe oculaire), constate Thomas J. Wolfensberger, professeur \u00e0 l\u2019UNIL et directeur m\u00e9dical \u00e0 l\u2019H\u00f4pital ophtalmique Jules-Gonin. Associ\u00e9es au d\u00e9veloppement de nouveaux lasers, elles ont m\u00e9tamorphos\u00e9 non seulement la chirurgie, mais aussi les traitements m\u00e9dicaux de la r\u00e9tine.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, des lasers encore plus performants que les pr\u00e9c\u00e9dents ont \u00e9t\u00e9 commercialis\u00e9s et l\u2019intelligence artificielle a fait une entr\u00e9e discr\u00e8te, mais remarqu\u00e9e, en ophtalmologie. La prise en charge de deux pathologies de la r\u00e9tine, la r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique et la d\u00e9g\u00e9nerescence maculaire li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e2ge (DMLA), en a grandement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des lasers \u00e0 multiples impacts<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>De nombreuses maladies de la r\u00e9tine se manifestent par la prolif\u00e9ration de vaisseaux sanguins anormaux, les n\u00e9ovaisseaux. Ceux-ci peuvent provoquer des h\u00e9morragies, des \u0153d\u00e8mes et d\u2019autres l\u00e9sions de la r\u00e9tine qui font baisser la vision. Les lasers sont alors fr\u00e9quemment utilis\u00e9s pour photocoaguler, donc br\u00fbler, les tissus r\u00e9tiniens endomag\u00e9s, stoppant ou ralentissant ainsi le d\u00e9veloppement de n\u00e9ovaisseaux, ainsi que les fuites de liquide sanguin dans la r\u00e9tine.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En 2006, les interventions ont \u00e9t\u00e9 grandement facilit\u00e9es par l\u2019apparition d\u2019une nouvelle technique de photocoagulation laser multispots nomm\u00e9e PASCAL (<em>PAttern SCAnning Laser<\/em> ou syst\u00e8me laser \u00e0 balayage de motifs). Contrairement aux syst\u00e8mes conventionnels qui ne pouvaient envoyer qu\u2019un \u00abspot\u00bb \u00e0 la fois, il d\u00e9livre en un coup de p\u00e9dale plusieurs impacts ultracourts (de 20 millisecondes contre 100 pour les lasers conventionnels), selon des motifs d\u00e9termin\u00e9s par l\u2019ophtalmologue. \u00abNous avions des pistolets, maintenant, nous avons des mitraillettes\u00bb, constate en riant le professeur Wolfensberger.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"401\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/02\/IrmelaMantel_82.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13056\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/02\/IrmelaMantel_82.jpg 401w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/02\/IrmelaMantel_82-174x260.jpg 174w\" sizes=\"auto, (max-width: 401px) 100vw, 401px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Irmela Mantel. M\u00e9decin-adjointe coresponsable de l\u2019unit\u00e9 r\u00e9tine m\u00e9dicale \u00e0 l\u2019H\u00f4pital ophtalmique Jules-Gonin.\nNicole Chuard\u2009\u00a9\u2009UNIL<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Commercialis\u00e9 plus r\u00e9cemment, le laser Navilas est fond\u00e9 sur le m\u00eame principe, mais \u00abil va encore plus loin en prenant une image de la r\u00e9tine sur laquelle nous pouvons dessiner la zone \u00e0 traiter. L\u2019appareil d\u00e9clenche alors automatiquement les spots laser. Ce dispositif accro\u00eet la pr\u00e9cision de la localisation des points \u00e0 cibler et de la d\u00e9livrance des faisceaux laser.\u00bb De ce fait, il br\u00fble une moindre quantit\u00e9 de tissus et g\u00e9n\u00e8re moins d\u2019inflammations.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Certes, l\u2019appareil est cher, mais tout le monde en b\u00e9n\u00e9ficie. \u00c0 commencer par les patients. \u00abChaque impact du laser sur la r\u00e9tine cr\u00e9e un choc, mais la douleur est la m\u00eame qu\u2019on re\u00e7oive un spot du \u201c\u2009pistolet\u2009\u201d ou neuf, ultra-courts, de la \u201c\u2009mitraillette\u2009\u201d. Donc finalement, le traitement fait moins souffrir, car il est beaucoup plus court. Quant au m\u00e9decin, il gagne du temps\u00bb, explique le directeur m\u00e9dical.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Effleurer les cellules<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tous les lasers ne sont pas utilis\u00e9s pour br\u00fbler des tissus malades. Le laser Micropulse, dont les impulsions sont encore plus courtes (quelques millioni\u00e8mes de seconde) et r\u00e9p\u00e9titives, ne fait qu\u2019effleurer les cellules. \u00abSon mode d\u2019action n\u2019est pas encore tr\u00e8s clair, mais il semble qu\u2019il stimule certaines cellules r\u00e9tiniennes et les aide ainsi \u00e0 mieux faire leur travail\u00bb, pr\u00e9cise Thomas J. Wolfensberger. Il est essentiellement employ\u00e9 pour favoriser l\u2019absorption du liquide de l\u2019\u0153d\u00e8me maculaire diab\u00e9tique, une complication de la r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"604\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/02\/yeux_82_infographie.jpg\" alt=\"\u00a9 Stephanie Wauters\" class=\"wp-image-13113\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/02\/yeux_82_infographie.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/02\/yeux_82_infographie-344x260.jpg 344w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/02\/yeux_82_infographie-768x580.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/02\/yeux_82_infographie-290x220.jpg 290w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Stephanie Wauters<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Quant au laser intervenant dans la th\u00e9rapie photodynamique, mise \u00e0 profit dans la prise en charge de la DMLA notamment, il d\u00e9clenche une fibrose des vaisseaux sanguins. Le traitement consiste d\u2019abord \u00e0 injecter dans une veine un produit sensible \u00e0 la lumi\u00e8re et \u00e0 le laisser circuler dans l\u2019organisme. Une fois \u00e9clair\u00e9 par un faisceau laser de la longueur d\u2019onde appropri\u00e9e, \u00abil est excit\u00e9 et il produit une inflammation qui induit une cicatrisation des vaisseaux et leur disparition\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019\u00e9mergence de l\u2019intelligence artificielle&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nul doute que, dans les prochaines ann\u00e9es, de nouvelles technologies laser, passant par d\u2019autres modes d\u2019action, vont \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9es qui permettront d\u2019\u00e9largir l\u2019\u00e9ventail des th\u00e9rapies de la r\u00e9tine. Mais d\u00e9j\u00e0, un autre bouleversement s\u2019annonce avec l\u2019introduction en ophtalmologie de l\u2019intelligence artificielle (IA) qui fournit aux sp\u00e9cialistes une assistance pr\u00e9cieuse dans le d\u00e9pistage, le diagnostic, le suivi des traitements et le pronostic des maladies. \u00abNous en explorons aujourd\u2019hui les pr\u00e9mices et elle va s\u2019imposer, c\u2019est une \u00e9vidence\u00bb, souligne la D<sup>re<\/sup> Irmela Mantel, m\u00e9decin-adjointe coresponsable de l\u2019unit\u00e9 r\u00e9tine m\u00e9dicale \u00e0 l\u2019H\u00f4pital ophtalmique Jules-Gonin.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il est vrai que l\u2019ophtalmologie \u00abse pr\u00eate tr\u00e8s bien \u00e0 l\u2019IA\u00bb, poursuit-elle. Pour entra\u00eener les algorithmes \u00e0 analyser une situation, il est en effet n\u00e9cessaire de disposer d\u2019\u00e9normes volumes de donn\u00e9es. Dans la mesure o\u00f9 plusieurs pathologies oculaires touchent un nombre \u00e9lev\u00e9 de personnes, elles peuvent donc ais\u00e9ment en fournir.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ophtalmologie se fonde par ailleurs souvent sur \u00abdes donn\u00e9es physiques, mesurables\u00bb et elle a tr\u00e8s fr\u00e9quemment recours \u00e0 l\u2019imagerie m\u00e9dicale qui g\u00e9n\u00e8re des informations, num\u00e9riques de surcro\u00eet, qu\u2019il faut interpr\u00e9ter. Dans ce domaine, \u00abl\u2019IA se profile comme un soutien inou\u00ef face \u00e0 la complexit\u00e9 des images produites aujourd\u2019hui\u00bb, pr\u00e9cise la sp\u00e9cialiste.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"401\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/02\/ThomasWolfensberger_82.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13095\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/02\/ThomasWolfensberger_82.jpg 401w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/02\/ThomasWolfensberger_82-174x260.jpg 174w\" sizes=\"auto, (max-width: 401px) 100vw, 401px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Thomas J. Wolfensberger. Professeur \u00e0 la Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine. Directeur m\u00e9dical \u00e0 l\u2019H\u00f4pital ophtalmique Jules-Gonin.\nNicole Chuard\u2009\u00a9\u2009UNIL<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>On attend donc beaucoup d\u2019elle \u00abpour aider l\u2019expert humain \u00e0 g\u00e9rer de gros volumes d\u2019informations standardis\u00e9es. Une fois les algorithmes bien entra\u00een\u00e9s, la machine peut assurer une bonne partie de la t\u00e2che.\u00bb D\u00e9tecter par exemple les \u00e9ventuels signes d\u2019une pathologie existante et rep\u00e9rer ainsi les patients qui ont besoin d\u2019un traitement pr\u00e9coce. Ou, gr\u00e2ce au calcul de probabilit\u00e9, pronostiquer l\u2019\u00e9volution d\u2019une maladie et orienter le choix de la th\u00e9rapie. Ou encore, dans la pratique clinique comme dans la recherche m\u00e9dicale, \u00abse montrer plus perspicace que le regard, m\u00eame minutieux, d\u2019un \u00eatre humain, pour d\u00e9couvrir des choses qui restent cach\u00e9es \u00e0 notre cerveau, car celui-ci est incapable de g\u00e9rer de tels volumes d\u2019informations\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, souligne Irmela Mantel, \u00ables algorithmes ne peuvent pas supplanter les soignants. Ils ne peuvent que trier les informations et orienter le m\u00e9decin qui reste seul responsable de la d\u00e9cision. Mais ils peuvent \u00eatre un alli\u00e9 pr\u00e9cieux pour lui permettre d\u2019endosser de nouveaux d\u00e9fis, qui sont nombreux en ophtalmologie.\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une r\u00e9volution dans le d\u00e9pistage<\/strong> <strong>de la r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re application de l\u2019IA en ophtalmologie concerne le d\u00e9pistage de la r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique qui affecte 50% des personnes souffrant de diab\u00e8te, troublant peu \u00e0 peu leur vue jusqu\u2019\u00e0 parfois conduire \u00e0 la c\u00e9cit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette pathologie se d\u00e9veloppe de mani\u00e8re progressive et, pendant des mois ou des ann\u00e9es, elle ne s\u2019accompagne d\u2019aucun sympt\u00f4me. Elle ne peut alors \u00eatre d\u00e9tect\u00e9e qu\u2019\u00e0 l\u2019aide d\u2019un examen du fond de l\u2019\u0153il. Son d\u00e9pistage, de m\u00eame que le suivi de son \u00e9volution, n\u00e9cessite donc que \u00ables patients consultent r\u00e9guli\u00e8rement leur ophtalmologue, ce qui co\u00fbte cher au syst\u00e8me de sant\u00e9\u00bb, constate Irmela Mantel. Il requiert aussi parfois l\u2019intervention de centres sp\u00e9cialis\u00e9s dans l\u2019analyse des photos du fond de l\u2019\u0153il \u00abau sein desquels les personnels ne font rien d\u2019autre que d\u2019examiner les images qu\u2019ils re\u00e7oivent\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un travail r\u00e9p\u00e9titif qui peut \u00eatre automatis\u00e9 si les images du fond de l\u2019\u0153il sont prises par une machine et analys\u00e9es par un algorithme.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019id\u00e9e s\u2019est d\u00e9j\u00e0 concr\u00e9tis\u00e9e avec la mise au point de IDx qui a \u00e9t\u00e9 le premier syst\u00e8me d\u2019IA autonome autoris\u00e9 par la FDA (l\u2019autorit\u00e9 am\u00e9ricaine de la sant\u00e9) dans ce domaine. Il suffit de lui soumettre l\u2019image de la r\u00e9tine d\u2019une personne diab\u00e9tique pour qu\u2019en moins d\u2019une minute, il indique si celle-ci est atteinte d\u2019une forme l\u00e9g\u00e8re ou avanc\u00e9e de la maladie, ou si elle n\u2019en souffre pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce dispositif \u00abne donne qu\u2019une appr\u00e9ciation de la situation, pr\u00e9cise Irmela Mantel. Il reste ensuite au m\u00e9decin \u00e0 \u00e9valuer le s\u00e9rieux de son hypoth\u00e8se et \u00e0 prescrire \u00e9ventuellement aux patients un examen plus approfondi.\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"530\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/02\/yeux_82_2.jpg\" alt=\"R\u00e9tinographie. La tache sombre est compatible avec une DMLA h\u00e9morragique n\u00e9ovasculaire. \u00a9\u2009Centre d\u2019imagerie oculaire, H\u00f4pital ophtalmique Jules-Gonin\" class=\"wp-image-13111\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/02\/yeux_82_2.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/02\/yeux_82_2-392x260.jpg 392w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/02\/yeux_82_2-768x509.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">R\u00e9tinographie. La tache sombre est compatible avec une DMLA h\u00e9morragique n\u00e9ovasculaire.\n\u00a9\u2009Centre d\u2019imagerie oculaire, H\u00f4pital ophtalmique Jules-Gonin<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, \u00ables algorithmes d\u2019IDx ont atteint une tr\u00e8s haute sp\u00e9cificit\u00e9. Ils ne donnent que tr\u00e8s rarement des r\u00e9sultats faussement n\u00e9gatifs ou positifs\u00bb. Ce qui fait dire \u00e0 Thomas J. Wolfensberger que \u00abce programme a r\u00e9volutionn\u00e9 le d\u00e9pistage de la r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique\u00bb. D\u2019autant, ajoute-t-il, \u00abqu\u2019\u00e0 terme, on peut imaginer pratiquer celui-ci hors des murs d\u2019un cabinet m\u00e9dical, en pharmacie par exemple, comme on le fait aujourd\u2019hui pour la mesure de la pression art\u00e9rielle\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une assistance dans<\/strong> <strong>le traitement de la DMLA<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019intelligence artificielle commence aussi \u00e0 \u00eatre mise \u00e0 profit dans la prise en charge de la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence maculaire li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e2ge, surtout de l\u2019une de ses formes, dite \u00abhumide\u00bb, qui provient de la prolif\u00e9ration de vaisseaux anormaux sous la r\u00e9tine. La progression de la pathologie peut \u00eatre stopp\u00e9e \u00e0 l\u2019aide d\u2019injections r\u00e9guli\u00e8res, pendant des mois ou des ann\u00e9es, d\u2019un m\u00e9dicament dans l\u2019\u0153il. Un traitement dont le dosage doit toutefois sans cesse \u00eatre adapt\u00e9 au besoin sp\u00e9cifique de chacun et de chacune sur la base d\u2019images du fond de l\u2019\u0153il.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 nouveau, l\u2019ophtalmologue se trouve confront\u00e9 \u00e0 un travail r\u00e9p\u00e9titif pour lequel il peut se faire assister par l\u2019IA. Dans ce cas, \u00abl\u2019algorithme peut nous donner un pr\u00e9avis automatis\u00e9 nous indiquant le besoin th\u00e9rapeutique standard\u00bb, explique Irmela Mantel.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019IA pourrait par ailleurs donner un pronostic de l\u2019\u00e9volution de la maladie qui varie consid\u00e9rablement selon les individus. Sur la base de probabilit\u00e9s, \u00abelle pourrait par exemple nous aider \u00e0 estimer dans quel laps de temps une personne est susceptible de perdre la vision centrale. Nous pourrions alors discuter avec elle de l\u2019opportunit\u00e9, ou non, de ralentir la progression de sa maladie en lui faisant des injections\u00bb \u2013 un traitement tr\u00e8s contraignant.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9j\u00e0, l\u2019\u00e9quipe d\u2019Irmela Mantel a mis \u00e0 disposition des d\u00e9veloppeurs d\u2019algorithmes les donn\u00e9es qu\u2019elle a accumul\u00e9es sur l\u2019\u00e9volution de la DMLA chez un certain nombre de patients. \u00abL\u2019outil est pr\u00eat, il reste \u00e0 l\u2019int\u00e9grer dans la prise en charge clinique\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est qu\u2019un d\u00e9but car, selon la D<sup>re<\/sup> Mantel \u00ables applications potentielles de l\u2019IA en ophtalmologie paraissent infinies\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#49687030\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Un micro-panneau photovolta\u00efque dans la r\u00e9tine &nbsp;<\/h5>\n\n\n\n<p>L\u2019implant Polyretina, en cours de d\u00e9veloppement par des m\u00e9decins de l\u2019H\u00f4pital ophtalmique Jules-Gonin et des chercheurs de l\u2019\u00c9cole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale de Lausanne, court-circuite la r\u00e9tine d\u00e9faillante des non-voyants, afin de restaurer partiellement leur vue.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce dispositif, explique le professeur Thomas J. Wolfensberger, directeur m\u00e9dical de l\u2019h\u00f4pital lausannois, \u00abl\u2019\u0153il est remplac\u00e9 par une cam\u00e9ra miniature int\u00e9gr\u00e9e dans une paire de lunettes, qui capte l\u2019image de l\u2019environnement et la transmet \u00e0 un petit processeur. Celui-ci la traduit en pixels et l\u2019envoie \u00e0 l\u2019implant photovolta\u00efque qui transforme les signaux lumineux en impulsions \u00e9lectriques.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Compar\u00e9 aux autres prototypes d\u2019implant artificiel, Polyretina a l\u2019avantage de \u00abcouvrir une zone beaucoup plus grande de la r\u00e9tine et donc de donner \u00e0 ses utilisateurs un champ visuel suffisamment large pour qu\u2019ils puissent distinguer les obstacles et se d\u00e9placer\u00bb. En outre, il fonctionne sans c\u00e2ble. \u00abCette absence de connexion entre l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019\u0153il et l\u2019ext\u00e9rieur limitera le risque d\u2019infection\u00bb et augmentera le confort des patients.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce dispositif donne une sensation visuelle: \u00abIl ne permettra pas de discerner des d\u00e9tails et de reconna\u00eetre un visage par exemple, mais il sera possible de voir une silhouette\u00bb. Pour l\u2019instant, il n\u2019a \u00e9t\u00e9 test\u00e9 que sur des mini-cochons. Les r\u00e9sultats s\u2019\u00e9tant av\u00e9r\u00e9s concluants, ses concepteurs esp\u00e8rent pouvoir lancer prochainement les premiers essais cliniques.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"243\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2023\/02\/yeux_82_encadre.jpg\" alt=\"\u00a9\u2009DR\" class=\"wp-image-13112\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9\u2009DR<\/figcaption><\/figure>\n<\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Situ\u00e9e au fond de l\u2019\u0153il, la r\u00e9tine est longtemps rest\u00e9e inaccessible aux ophtalmologues. 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