{"id":12793,"date":"2022-10-17T08:26:00","date_gmt":"2022-10-17T06:26:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=12793"},"modified":"2023-02-24T10:04:46","modified_gmt":"2023-02-24T08:04:46","slug":"apres-le-covid-19-une-epidemie-de-demences","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/apres-le-covid-19-une-epidemie-de-demences\/","title":{"rendered":"Apr\u00e8s le Covid-19, une \u00e9pid\u00e9mie de d\u00e9mences\u00a0?"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"627\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2022\/10\/covid_81_1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12708\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2022\/10\/covid_81_1.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2022\/10\/covid_81_1-332x260.jpg 332w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2022\/10\/covid_81_1-768x602.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption>\u00a9piranka\/iStock<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Des patients mis en coma artificiel qui ne se r\u00e9veillent pas, d\u2019autres qui d\u00e9lirent ou ont des hallucinations: le coronavirus affecte, aussi, le cerveau. M\u00eame chez des personnes ayant souffert de formes moins s\u00e9v\u00e8res, l\u2019infection a provoqu\u00e9 des troubles de l\u2019attention et parfois du langage. Le pire est \u00e0 venir: la temp\u00eate inflammatoire d\u00e9clench\u00e9e par le Covid pourrait acc\u00e9l\u00e9rer le d\u00e9veloppement de la maladie d\u2019Alzheimer.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019affaire est entendue: c\u2019est par le nez et la bouche que le SARS-CoV-2, le virus responsable du Covid-19, p\u00e9n\u00e8tre dans l\u2019organisme. Il est donc logique qu\u2019il s\u2019attaque en premier lieu aux poumons et provoque des maladies respiratoires. Mais l\u2019agent pathog\u00e8ne ne s\u2019arr\u00eate pas l\u00e0: il affecte aussi les reins, le syst\u00e8me digestif, le c\u0153ur, et m\u00eame le cerveau.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un r\u00e9veil difficile du coma artificiel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Gilles Allali, directeur du <a href=\"https:\/\/chuv.ch\/fr\/memoire\/clm-home\" data-type=\"URL\" data-id=\"chuv.ch\/fr\/memoire\/clm-home\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Centre Leenaards de la m\u00e9moire du CHU<\/a>V et professeur \u00e0 l\u2019UNIL, l\u2019a constat\u00e9 d\u00e8s le printemps 2020, donc peu apr\u00e8s que les premiers cas de Covid-19 ont \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9s en Suisse.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont les m\u00e9decins du Service des soins intensifs des H\u00f4pitaux universitaires de Gen\u00e8ve (HUG) \u2013 \u00e9tablissement dans lequel il travaillait \u00e0 cette \u00e9poque \u2013 qui ont alert\u00e9 les neurologues. Ils avaient mis les patients atteints d\u2019une forme s\u00e9v\u00e8re de Covid en coma artificiel pour mieux pouvoir les ventiler. Mais lorsque, l\u2019infection gu\u00e9rie, \u00abils arr\u00eataient l\u2019anesth\u00e9sie, certains patients ne se r\u00e9veillaient pas\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les questions \u00e9taient nombreuses. Ces personnes restaient-elles endormies parce qu\u2019elles \u00e9taient rest\u00e9es trop longtemps sous anesth\u00e9sie? Parce qu\u2019elles faisaient des crises d\u2019\u00e9pilepsie? Parce qu\u2019elles avaient eu un accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral (AVC)? Ou parce que le coronavirus avait affect\u00e9 leur syst\u00e8me nerveux central? Pour le savoir, les neurologues se sont lanc\u00e9s dans une s\u00e9rie d\u2019investigations. Ils ont recherch\u00e9 d\u2019\u00e9ventuelles crises d\u2019\u00e9pilepsie, il n\u2019y en avait pas. Ils ont certes constat\u00e9 que des patients avaient fait des AVC, mais ceux-ci \u00ab\u00e9taient bien trop petits pour expliquer les troubles neurologiques observ\u00e9s\u00bb. Ils ont fait des ponctions lombaires pour analyser le liquide c\u00e9phalo-rachidien (dans lequel baignent le cerveau et la moelle \u00e9pini\u00e8re): \u00abIl n\u2019y avait pas de virus, preuve que ce dernier n\u2019avait pas p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 directement dans le cerveau\u00bb, pr\u00e9cise Gilles Allali.<\/p>\n\n\n\n<p>Il restait une autre explication possible: on savait \u00e0 l\u2019\u00e9poque que, dans d\u2019autres organes, l\u2019agent pathog\u00e8ne provoquait une inflammation des vaisseaux sanguins et \u00abnous avons pens\u00e9 qu\u2019il n\u2019y avait aucune raison que ceux du cerveau soient \u00e9pargn\u00e9s\u00bb. Des examens par IRM ont confirm\u00e9 cette hypoth\u00e8se. Dans l\u2019urgence, Gilles Allali et ses coll\u00e8gues ont alors propos\u00e9 de prescrire aux patients des soins intensifs un \u00abtraitement exp\u00e9rimental\u00bb \u00e0 base de hautes doses d\u2019anti-inflammatoires (des corticost\u00e9ro\u00efdes) prescrit notamment pour lutter contre l\u2019inflammation des vaisseaux sanguins. Le r\u00e9sultat \u00e9tait concluant. \u00abLes patients se r\u00e9veillaient, plus ou moins rapidement selon les cas, ce qui signifie que leur inflammation \u00e9tait comme \u00e9teinte.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"401\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2022\/10\/GillesAllali_81.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12715\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2022\/10\/GillesAllali_81.jpg 401w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2022\/10\/GillesAllali_81-174x260.jpg 174w\" sizes=\"auto, (max-width: 401px) 100vw, 401px\" \/><figcaption>Gilles Allali. Directeur du Centre Leenaards de la m\u00e9moire du CHUV et professeur \u00e0 la Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine.\nNicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Hallucinations et d\u00e9lires<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au m\u00eame moment, certaines personnes infect\u00e9es par le Covid-19, mais hospitalis\u00e9es dans les unit\u00e9s de soins conventionnelles, ont manifest\u00e9 des sympt\u00f4mes neuropsychiatriques. \u00abElles avaient des \u00e9tats confusionnels, des hallucinations, des d\u00e9lires, alors que la plupart d\u2019entre elles n\u2019avait pas d\u2019ant\u00e9c\u00e9dent psychiatrique\u00bb, pr\u00e9cise Gilles Allali.<\/p>\n\n\n\n<p>Thierry, un homme de 57 ans, en a fait l\u2019\u00e9trange exp\u00e9rience. Ignorant qu\u2019il \u00e9tait contamin\u00e9, il s\u2019est couch\u00e9 comme d\u2019habitude ce dimanche soir. \u00abDans la nuit, raconte-t-il, je me suis r\u00e9veill\u00e9 et j\u2019ai vu mon duvet parcouru de fils \u00e9lectriques. J\u2019avais l\u2019impression qu\u2019ils fabriquaient des bitcoins. Le lendemain matin, je ne tenais pas debout et le mardi, j\u2019\u00e9tais hospitalis\u00e9.\u00bb Thierry n\u2019en avait pas fini pour autant avec ses hallucinations. \u00abAlors que je faisais des exercices de respiration, je voyais mes poumons s\u2019\u00e9largir, puis se refermer en faisant des bulles, comme dans une BD.\u00bb Plus tard, dit-il, \u00abje me suis mis \u00e0 visualiser des escadrilles d\u2019oiseaux qui se transformaient en virus et entraient dans ma colonne vert\u00e9brale\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 Thierry ne surprend pas Gilles Allali. \u00abNous avons constat\u00e9 que les manifestations psychotiques pr\u00e9c\u00e8dent parfois les sympt\u00f4mes respiratoires. Certains patients sont venus consulter \u00e0 l\u2019h\u00f4pital pour ces troubles et ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s leur avoir fait un test de d\u00e9pistage qu\u2019on a su qu\u2019ils \u00e9taient contamin\u00e9s.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Temp\u00eate inflammatoire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avec ces patients atteints de troubles psychotiques, les neurologues ont proc\u00e9d\u00e9 comme ils l\u2019avaient fait avec ceux qui ne se r\u00e9veillaient pas du coma. Ils ont men\u00e9 les m\u00eames investigations et ont abouti au m\u00eame r\u00e9sultat: tous souffraient d\u2019une enc\u00e9phalopathie li\u00e9e \u00e0 une inflammation de la paroi des gros vaisseaux c\u00e9r\u00e9braux.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, lors d\u2019une infection, le syst\u00e8me immunitaire produit des cytokines, ces messagers de l\u2019inflammation qui participent \u00e0 l\u2019\u00e9limination de l\u2019agent pathog\u00e8ne. Dans le cas du Covid, on assiste \u00e0 un \u00aborage cytokinique, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 une r\u00e9action inflammatoire totalement disproportionn\u00e9e. D\u2019ailleurs, la plupart des patients souffrent plus de cette derni\u00e8re que de la pr\u00e9sence du virus\u00bb, explique le professeur de l\u2019UNIL. Cette temp\u00eate ouvre des br\u00e8ches dans la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique qui prot\u00e8ge habituellement le cerveau des agents pathog\u00e8nes et des toxines circulant dans le sang. La fronti\u00e8re ayant perdu de son \u00e9tanch\u00e9it\u00e9, elle laisse passer dans le cerveau des cytokines qui provoquent des r\u00e9actions neurologiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Troubles de l\u2019attention ou du langage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les neurologues ont par ailleurs fait appel \u00e0 des neuropsychologues qui ont effectu\u00e9 une batterie de tests pour \u00e9valuer l\u2019\u00e9tat cognitif des patients souffrant d\u2019une enc\u00e9phalopathie, qu\u2019ils soient dans les services de soins intensifs ou dans les unit\u00e9s hospitali\u00e8res conventionnelles. \u00abDans la phase aigu\u00eb, constate Gilles Allali, tous avaient des troubles de l\u2019attention et des fonctions ex\u00e9cutives (activit\u00e9s telles que la planification, l\u2019organisation, l\u2019ex\u00e9cution de strat\u00e9gies) qui \u00e9taient parfois associ\u00e9s \u2013 on ne s\u2019y attendait pas \u2013 \u00e0 des troubles de la m\u00e9moire ou du langage.\u00bb Certaines personnes ont totalement r\u00e9cup\u00e9r\u00e9, d\u2019autres partiellement. \u00abOn ne sait pas si, \u00e0 long terme, elles en auront des s\u00e9quelles mais mon impression est que certaines garderont des d\u00e9ficits.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enc\u00e9phalopathie se manifeste pendant la phase aigu\u00eb de l\u2019infection. Mais d\u2019autres probl\u00e8mes neurologiques peuvent appara\u00eetre \u00e0 plus long terme, cette fois \u00abchez des personnes qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 hospitalis\u00e9es et dont certaines n\u2019ont quasiment pas eu de sympt\u00f4mes\u00bb, souligne le neurologue du CHUV. Pourtant, \u00abelles ont des difficult\u00e9s \u00e0 se reconnecter avec le quotidien\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est particuli\u00e8rement le cas de celles qui ont un Covid-long qui touche environ un tiers des individus ayant \u00e9t\u00e9 infect\u00e9s par le coronavirus. \u00abLa majorit\u00e9 d\u2019entre elles a eu des troubles de la concentration, de l\u2019attention ou de la m\u00e9moire qui sont parfois associ\u00e9s \u00e0 des troubles psychiatriques comme une anxi\u00e9t\u00e9, une d\u00e9pression ou un syndrome de stress post-traumatique\u00bb, note Gilles Allali.<\/p>\n\n\n\n<p>La pand\u00e9mie a d\u2019ailleurs \u00abchang\u00e9 la d\u00e9mographie des patients qui consultent le Centre Leenaards de la m\u00e9moire, constate le directeur. Alors qu\u2019auparavant nous recevions essentiellement des personnes \u00e2g\u00e9es, nous voyons arriver de plus en plus de jeunes souffrant de troubles cognitifs. Heureusement, le CHUV nous a allou\u00e9 des ressources pour que nous puissions les prendre en charge, eux aussi, de fa\u00e7on adapt\u00e9e.\u00bb M\u00eame dans ses formes les plus l\u00e9g\u00e8res, le Covid peut donc faire des d\u00e9g\u00e2ts dans le cerveau. Il diminue m\u00eame le volume de mati\u00e8re grise, \u00e0 en croire une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par une \u00e9quipe de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Oxford. Les chercheurs britanniques ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l\u2019existence d\u2019une cohorte de personnes qui avaient \u00e9t\u00e9 soumises \u00e0 des examens d\u2019imagerie c\u00e9r\u00e9brale et \u00e0 des tests cognitifs avant le d\u00e9but de la pand\u00e9mie. Ils ont donc \u00e0 nouveau examin\u00e9 785 d\u2019entre elles, afin de comparer celles qui avaient \u00e9t\u00e9 infect\u00e9es par le coronavirus (dont 4% seulement avaient \u00e9t\u00e9 hospitalis\u00e9es) aux autres.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9sultat: la r\u00e9duction du volume de mati\u00e8re grise est plus importante chez les individus qui avaient eu le Covid. D\u2019apr\u00e8s Gwena\u00eblle Douaud, la premi\u00e8re signataire de l\u2019article paru en mars 2022 dans la revue Nature, \u00abla diminution d\u00e9pend des r\u00e9gions mais, en moyenne, la quantit\u00e9 de tissu perdu ou endommag\u00e9 est de 0,2 % \u00e0 2 % plus importante. Cet effet est plus marqu\u00e9 chez les personnes les plus \u00e2g\u00e9es.\u00bb Tout se passe comme si l\u2019infection acc\u00e9l\u00e9rait le vieillissement.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abCette observation est int\u00e9ressante, commente Gilles Allali. Toutefois, il est possible que les personnes dont le volume de mati\u00e8re grise a diminu\u00e9 avaient d\u00e9j\u00e0 une maladie neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative d\u00e9butante et non diagnostiqu\u00e9e qui les a rendues plus vuln\u00e9rables \u00e0 l\u2019infection par le coronavirus.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un d\u00e9veloppement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 d\u2019Alzheimer<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Car, selon le professeur de l\u2019UNIL, le Covid est susceptible d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer le d\u00e9veloppement des pathologies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives, comme la maladie d\u2019Alzheimer. Cette derni\u00e8re se caract\u00e9rise non seulement par l\u2019accumulation de prot\u00e9ines anormales dans le cerveau, mais aussi par la pr\u00e9sence d\u2019un processus inflammatoire. \u00abSi l\u2019on y rajoute la temp\u00eate inflammatoire provoqu\u00e9e par le Covid, il est possible que la maladie s\u2019aggrave.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il y a plus inqui\u00e9tant encore. \u00abLorsque les premi\u00e8res pertes de m\u00e9moire apparaissent, la maladie avait d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 se d\u00e9velopper plusieurs ann\u00e9es plus t\u00f4t. J\u2019\u00e9mets l\u2019hypoth\u00e8se, note Gilles Allali, que, chez les personnes qui sont d\u00e9j\u00e0 porteuses de la maladie d\u2019Alzheimer tout en \u00e9tant asymptomatiques, des pertes de m\u00e9moire qui, sans l\u2019infection, seraient apparues dans dix ou quinze ans vont se manifester dans trois ou quatre ans.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, \u00abm\u00eame chez des personnes \u00e2g\u00e9es qui n\u2019ont pas eu le Covid, l\u2019isolement social qui a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9 au d\u00e9but de la pand\u00e9mie risque d\u2019aggraver ou de favoriser les m\u00e9canismes neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratifs\u00bb. Autant de raisons qui conduisent le professeur \u00e0 l\u2019UNIL \u00e0 pronostiquer l\u2019apparition prochaine d\u2019une \u00ab\u00e9pid\u00e9mie de d\u00e9mences\u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p>Le coronavirus n\u2019a donc pas fini de faire des ravages neurologiques. \/<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Pourquoi perd-on le go\u00fbt et l\u2019odorat&nbsp;?<\/h5>\n\n\n\n<p>De tr\u00e8s nombreuses personnes contamin\u00e9es par le coronavirus, y compris celles qui ont eu une forme l\u00e9g\u00e8re de l\u2019infection, se sont plaintes d\u2019avoir perdu, le plus souvent de mani\u00e8re transitoire, le go\u00fbt et l\u2019odorat. Comment expliquer ce sympt\u00f4me qui est souvent consid\u00e9r\u00e9 comme un signe distinctif du Covid-19?<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abEn fait, lorsqu\u2019on prend un aliment en bouche, c\u2019est l\u2019odeur qui s\u2019en d\u00e9gage qui donne l\u2019impression de go\u00fbt. Contrairement \u00e0 ce que l\u2019on croit, l\u2019infection fait bien perdre l\u2019olfaction chez certains individus, mais non le go\u00fbt qui reste intact\u00bb, r\u00e9pond Gilles Allali, directeur du Centre Leenaards de la m\u00e9moire du CHUV.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 la perte de l\u2019odorat, elle provient \u00abd\u2019une saturation des r\u00e9cepteurs de l\u2019olfaction qui se trouvent sur la muqueuse nasale\u00bb, explique le professeur. En cons\u00e9quence, le nez ne peut plus transmettre les signaux olfactifs au cerveau. De l\u00e0 vient la sensation que la nourriture comme l\u2019environnement sont inodores.\/eg<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Comment participer aux recherches sur la maladie d\u2019Alzheimer<\/h5>\n\n\n\n<p>La maladie d\u2019Alzheimer se d\u00e9veloppe lentement et sournoisement. \u00abLorsque apparaissent les premiers sympt\u00f4mes, cela fait g\u00e9n\u00e9ralement entre dix et quinze ans que le processus neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratif a commenc\u00e9, explique Gilles Allali, directeur du Centre de la m\u00e9moire du CHUV. Il est donc important d\u2019investiguer cette phase asymptomatique dans un but de pr\u00e9vention.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ce faire, la Suisse vient de se doter, comme l\u2019avaient fait avant elle les \u00c9tats-Unis et plusieurs pays europ\u00e9en, d\u2019un <a href=\"https:\/\/bhr-suisse.org\" data-type=\"URL\" data-id=\"bhr-suisse.org\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">registre national pour la sant\u00e9 du cerveau<\/a>. Mis en place en janvier dernier, \u00ab\u00e0 l\u2019initiative du professeur Giovanni Frisoni, directeur du Centre de la m\u00e9moire des HUG\u00bb, pr\u00e9cise son homologue du CHUV, il rassemble les Centres de la m\u00e9moire des h\u00f4pitaux universitaires ou cantonaux de B\u00e2le, Berne, Fribourg, Gen\u00e8ve, Lausanne, Lugano, Saint-Gall et Zurich.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce registre vise en effet \u00e0 constituer une base de donn\u00e9es des citoyens suisses qui souhaitent contribuer \u00e0 la recherche sur les pathologies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives, et plus particuli\u00e8rement sur la maladie d\u2019Alzheimer. \u00abToutes les personnes de plus de 50 ans peuvent s\u2019y inscrire\u00bb, souligne Gilles Allali. Lorsqu\u2019une \u00e9quipe de recherche lancera une \u00e9tude sur le vieillissement c\u00e9r\u00e9bral, elle pourra contacter certains de ces inscrits qui resteront libres d\u2019accepter ou de refuser d\u2019y participer.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019objectif est de faire progresser la recherche sur les maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives, notamment en mettant en place des approches th\u00e9rapeutiques pr\u00e9ventives et des techniques de diagnostics pr\u00e9coces. Avec l\u2019espoir que, quand les m\u00e9decins disposeront enfin de traitements contre ces pathologies, ils puissent les prescrire le plus rapidement possible \u2013 au mieux durant la phase pr\u00e9-symptomatique \u2013 \u00e0 celles et ceux qui en tireront le plus grand b\u00e9n\u00e9fice. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des patients mis en coma artificiel qui ne se r\u00e9veillent pas, d\u2019autres qui d\u00e9lirent ou ont des hallucinations: le coronavirus affecte, aussi, le cerveau. 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