{"id":12543,"date":"2022-05-12T08:25:00","date_gmt":"2022-05-12T06:25:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=12543"},"modified":"2022-05-04T11:04:02","modified_gmt":"2022-05-04T09:04:02","slug":"les-selfies-poussent-les-jeunes-vers-la-medecine-esthetique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/les-selfies-poussent-les-jeunes-vers-la-medecine-esthetique\/","title":{"rendered":"Les selfies poussent les jeunes vers la m\u00e9decine esth\u00e9tique"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"794\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2022\/05\/selfie_80_1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12499\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2022\/05\/selfie_80_1.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2022\/05\/selfie_80_1-262x260.jpg 262w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2022\/05\/selfie_80_1-768x762.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption>L\u2019acide hyaluronique peut \u00eatre utilis\u00e9 pour donner davantage de volume aux l\u00e8vres. \u00a9\u2009privetik\u2009\/\u2009iStock<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Des l\u00e8vres plus charnues, des pommettes hautes, un \u0153il l\u00e9g\u00e8rement oriental ou, pour les gar\u00e7ons, une m\u00e2choire tr\u00e8s carr\u00e9e. Ce sont ces standards de beaut\u00e9 que les jeunes happ\u00e9s par les r\u00e9seaux sociaux souhaitent eux aussi arborer. L\u2019omnipr\u00e9sence des \u00ab selfies \u00bb, ou autoportraits, sur Instagram ou TikTok, incite certains jeunes \u00e0 passer par la m\u00e9decine esth\u00e9tique, voire la chirurgie. Ces interventions ne sont pas sans danger, notamment quand elles sont propos\u00e9es par des personnes qui n\u2019y sont pas form\u00e9es.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Vous vous souvenez de l\u2019\u00e9poque o\u00f9 on essayait de ramener une photo de vacances sur laquelle figurerait tout le clan? Le pr\u00e9pos\u00e9 \u00e0 la t\u00e2che r\u00e9glait le minutage de l\u2019appareil et courait comme un lapin pour prendre sa place dans le groupe avant que le d\u00e9clencheur ne s\u2019active. Le cadrage \u00e9tait un peu approximatif et les visages assez flous pour qu\u2019on n\u2019arrive plus trop \u00e0 distinguer qui \u00e9tait quel cousin. Les autoportraits, on le voit, ne datent pas de l\u2019apparition du <em>smartphone<\/em> \u2013 ni m\u00eame de la photo, puisque de nombreux peintres se sont au cours des si\u00e8cles pr\u00eat\u00e9s \u00e0 l\u2019exercice.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 cet ancrage historique, le <em>selfie<\/em> a explos\u00e9 ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es \u2013 son succ\u00e8s est sans commune mesure avec ce qu\u2019on a pu conna\u00eetre par le pass\u00e9. La qualit\u00e9 des images non plus. Plusieurs facteurs expliquent le triomphe de ce genre particulier, notamment les innovations technologiques. Le <em>smartphone<\/em> cumule ainsi plusieurs caract\u00e9ristiques qui ont largement contribu\u00e9 \u00e0 sa popularisation: \u00abEn ayant constamment dans la poche notre t\u00e9l\u00e9phone, nous nous sommes dot\u00e9s d\u2019un appareil photo et d\u2019une cam\u00e9ra embarqu\u00e9s: nous n\u2019avons m\u00eame plus besoin de pr\u00e9voir si nous allons faire ou non des photos, cela devient un r\u00e9flexe, puisque c\u2019est possible tout le temps\u00bb, constate Olivier Glassey, ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche \u00e0 la Facult\u00e9 des sciences sociales et politiques de l\u2019UNIL et sp\u00e9cialiste des usages des technologies de l\u2019information et des cultures num\u00e9riques.<\/p>\n\n\n\n<p>Si, \u00e0 l\u2019origine, les objectifs \u00e9taient situ\u00e9s \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du <em>smartphone<\/em>, depuis notamment l\u2019iPhone 4 en 2010, on en trouve aussi un \u00e0 l\u2019avant: se photographier soi-m\u00eame dans un d\u00e9cor de r\u00eave devient un jeu d\u2019enfant \u2013 et les jeunes en effet s\u2019en emparent. \u00abSpontan\u00e9ment, nous avons commenc\u00e9 par documenter ce qu\u2019on faisait \u2013 par exemple, sur les sites de randonneurs, on publiait des photographies de la vue depuis le sommet afin de valider des itin\u00e9raires, se souvient Olivier Glassey. Et puis, de plus en plus souvent, on a vu appara\u00eetre sur ces photos de paysages le visage des photographes \u2013 un peu comme nous avions ressenti un besoin grandissant de taguer nos photographies avec notre pr\u00e9sence.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pratique encourag\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9videmment, cette tentation de se tirer le portrait \u00e0 peu pr\u00e8s partout et tout le temps aurait pu finir par lasser. Mais les r\u00e9seaux sociaux ont ind\u00e9niablement encourag\u00e9 la pratique: poster les images de son week-end et recueillir d\u2019innombrables <em>likes<\/em> pour les exploits accomplis ou les paysages travers\u00e9s (voire les plats cuisin\u00e9s, les f\u00eates arros\u00e9es&#8230;), \u00e7a vous donne vite un petit go\u00fbt de reviens-y. M\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019incitation avec la d\u00e9mocratisation de la connexion \u00e0 Internet: le prix des gigas a drastiquement baiss\u00e9, un jeune peut constamment poster des <em>selfies<\/em> sans d\u00e9passer son forfait ni faire exploser son budget \u2013 publier tout le temps et avoir imm\u00e9diatement l\u2019avis de son cercle d\u2019amis peut vite rendre d\u00e9pendants les plus fragiles.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur Facebook (pour les plus \u00e2g\u00e9s), Instagram ou TikTok, comme dans n\u2019importe quelle soci\u00e9t\u00e9, des codes et des langages se sont d\u00e9velopp\u00e9s. Pour ne pas \u00eatre totalement ringard, mieux vaut se prendre en photo dans le bon d\u00e9cor, en train de relever le bon d\u00e9fi, dans les bons v\u00eatements, avec les bons maquillages&#8230; Ce n\u2019est pas pour rien qu\u2019on parle de sa \u00abcommunaut\u00e9\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Et forc\u00e9ment, cette esth\u00e9tique englobe les caract\u00e9ristiques physiques. \u00abAvec un <em>selfie<\/em> je projette une certaine une image de moi dont j\u2019esp\u00e8re qu\u2019elle me montre sous un jour favorable. Cela implique des comp\u00e9tences de mise en sc\u00e8ne. Cela peut \u00eatre aussi per\u00e7u comme une source de stress si on a l\u2019impression qu\u2019un cadrage rat\u00e9 ou un gros plan disgracieux risquent de d\u00e9clencher des moqueries et de nous faire, au sens propre, perdre la face, analyse Olivier Glassey. La photographie de soi se trouve syst\u00e9matiquement soumise \u00e0 une entreprise de validations collectives qui pl\u00e9biscite certains st\u00e9r\u00e9otypes esth\u00e9tiques. On se souvient, par exemple, des mimiques forc\u00e9es en \u201c\u2009visages de canards\u2009\u201d (<em>duck face<\/em>) cens\u00e9es affiner nos portraits <em>selfie<\/em>s.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"401\" height=\"601\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2022\/05\/OlivierGlassey_80.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12492\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2022\/05\/OlivierGlassey_80.jpg 401w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2022\/05\/OlivierGlassey_80-173x260.jpg 173w\" sizes=\"auto, (max-width: 401px) 100vw, 401px\" \/><figcaption>Olivier Glassey. Ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche \u00e0 la Facult\u00e9 des sciences sociales et politiques.\nNicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Ressembler aux standards<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour Luigi Schiraldi, chirurgien plasticien au CHUV (Centre Hospitalier Universitaire Vaudois), le genre a clairement \u00e9tabli des standards esth\u00e9tiques: \u00abIl y a une influence des <em>selfie<\/em>s sur les demandes que nous recevons, c\u2019est \u00e9vident, et le Covid a plut\u00f4t accentu\u00e9 le ph\u00e9nom\u00e8ne\u00bb. L\u2019expert en m\u00e9decine esth\u00e9tique recense plusieurs raisons: \u00abOn est toujours plus beau en photo qu\u2019en <em>selfie<\/em>, pour des raisons techniques, li\u00e9es notamment \u00e0 l\u2019objectif et aux d\u00e9formations qu\u2019il cr\u00e9e. En plus, on se regarde beaucoup plus souvent, puisqu\u2019on passe son temps \u00e0 en prendre. Il y a une discr\u00e9pance entre le rendu et ce qu\u2019on croit savoir de nous, un peu comme quand on entend notre voix enregistr\u00e9e. On peut donc \u00eatre surpris de se voir diff\u00e9rent de ce que l\u2019on pensait \u2013 moins bien, pour \u00eatre clair. Comme en plus sur les r\u00e9seaux sociaux, par exemple sur TikTok, toutes les jeunes filles ont la m\u00eame t\u00eate, on peut vite arriver \u00e0 la conclusion: oh mon Dieu mais je ne suis pas comme elles, c\u2019est donc que je dois \u00eatre laide.\u00bb Pour ressembler \u00e0 ces standards bien \u00e9tablis, il y a d\u2019abord les filtres, ces outils qui permettent de retoucher la photo pour y appara\u00eetre tel qu\u2019on se veut. Tout est possible gr\u00e2ce \u00e0 eux, de la peau de p\u00eache aux yeux de gazelle. Beaucoup de jeunes les utilisent, qui pour rigoler, qui pour ressembler aux autres, qui pour gommer ce qu\u2019il ou ce qu\u2019elle pense \u00eatre un d\u00e9faut.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abLes jeunes ne sont pas na\u00effs, et ils savent bien que ces <em>selfie<\/em>s sur les r\u00e9seaux sociaux, comme les photos de mode ou les couvertures des magazines, sont presque toujours retravaill\u00e9s par des filtres\u00bb, rel\u00e8ve Olivier Glassey. La plupart font sans probl\u00e8me la distinction entre les r\u00e9seaux sociaux et la vraie vie. Ils ne subissent en g\u00e9n\u00e9ral pas une influence forte au point de les mener \u00e0 la chirurgie ou la m\u00e9decine esth\u00e9tique. L\u2019adolescence reste cependant une p\u00e9riode d\u00e9licate pour tout ce qui a trait \u00e0 l\u2019apparence. Cela est d\u2019autant plus marqu\u00e9 que nous vivons dans une soci\u00e9t\u00e9 qui v\u00e9hicule des normes esth\u00e9tiques encore peu diversifi\u00e9es. Cependant, ceux qui sont fascin\u00e9s par les mod\u00e8les de notori\u00e9t\u00e9 promus par la TV r\u00e9alit\u00e9 ou les people des r\u00e9seaux sociaux sont sans doute plus expos\u00e9s, car ils associent ces apparences \u00e0 l\u2019id\u00e9e de r\u00e9ussite.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"401\" height=\"601\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2022\/05\/LuigiSchiraldi_80.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12476\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2022\/05\/LuigiSchiraldi_80.jpg 401w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2022\/05\/LuigiSchiraldi_80-173x260.jpg 173w\" sizes=\"auto, (max-width: 401px) 100vw, 401px\" \/><figcaption>Luigi Schiraldi. Chirurgien plasticien au CHUV (Centre Hospitalier Universitaire Vaudois).\nNicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>M\u00e9decine esth\u00e9tique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Certains passent le pas et veulent arborer tout le temps ce visage standardis\u00e9 qui s\u2019affiche partout sur Instagram ou TikTok. Ils ont alors recours \u00e0 la m\u00e9decine esth\u00e9tique. \u00abOn en arrive \u00e0 une situation absurde, constate le m\u00e9decin Luigi Schiraldi. Des jeunes filles demandent des modifications, de leurs l\u00e8vres par exemple avec les <em>Russian Lips<\/em>, tr\u00e8s \u00e0 la mode en ce moment, qui rendent tr\u00e8s bien sur les <em>selfie<\/em>s. Mais on d\u00e9forme l\u2019anatomie de la l\u00e8vre, et, franchement, \u00e7a ne donne pas bien dans la vraie vie. On a vraiment ce qu\u2019on appelle une \u201c\u2009t\u00eate refaite\u2009\u201d, \u00e7a se voit, ce n\u2019est pas naturel. Ces <em>Russian Lips<\/em> sont une intervention faite pour \u00eatre vue en deux dimensions, sur une photo, mais en trois dimensions, c\u2019est une h\u00e9r\u00e9sie.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En soi, qu\u2019il y ait des modes quant \u00e0 l\u2019apparence que l\u2019on souhaite afficher n\u2019est pas nouveau: le sp\u00e9cialiste souligne que dans les ann\u00e9es 90 par exemple, toutes les femmes voulaient le m\u00eame nez et jure que lui et ses coll\u00e8gues rep\u00e8rent quand ils marchent dans la rue celles qui sont pass\u00e9es par le bistouri dans ces ann\u00e9es-l\u00e0. Mais la demande cr\u00e9\u00e9e par les <em>selfie<\/em>s et les r\u00e9seaux sociaux change la pratique et modifie le profil des personnes qui ont recours aux services des m\u00e9decins et chirurgiens esth\u00e9tiques: la client\u00e8le rajeunit, avec une part plus importante de femmes de 25 \u00e0 40 ans int\u00e9ress\u00e9es par ce que les sp\u00e9cialistes appellent la <em>beautification<\/em>, ou \u00abembellissement\u00bb, par opposition \u00e0 la client\u00e8le traditionnelle des 50+ demandeuse elle de <em>r\u00e9juvenation<\/em>, ces interventions comme le lifting qui font para\u00eetre plus jeune.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, le premier groupe correspond \u00e0 environ 25\u2009% de la demande. \u00abIl arrive que des filles plus jeunes demandent des interventions, mais nous refusons les personnes de moins de 18 ans, pr\u00e9cise le D<sup>r<\/sup> Luigi Schiraldi. Je n\u2019ai re\u00e7u personnellement aucune personne de moins de 19-20 ans, mais j\u2019exerce en h\u00f4pital: les plus jeunes s\u2019attendent \u00e0 ce que nous refusions, et mon secr\u00e9tariat filtre de toute fa\u00e7on \u2013 il ne fixe tout simplement pas de rendez-vous quand ce sont des mineurs.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Injection de produits<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les personnes qui arrivent en consultation pouss\u00e9es par les standards des r\u00e9seaux sociaux sont \u00e0 90\u2009% des femmes, m\u00eame si quelques hommes qui souhaitent une m\u00e2choire \u00e0 la Brad Pitt, tr\u00e8s carr\u00e9e, passent aussi parfois la porte des cabinets. Ce qu\u2019elles veulent? Cela d\u00e9pend bien s\u00fbr des modes. Apr\u00e8s la <em>Duck Face<\/em>, ce sont surtout les <em>Russian Lips<\/em> donc, et les yeux en amande, ou <em>Fox Eyes<\/em>, parfois appel\u00e9s <em>Cat Eyes<\/em>. Mais il y a aussi des demandes pour rendre plus apparentes les pommettes, ou d\u2019autres parties du visage, comme le menton, ou combler des vides, par exemple sous les yeux. Il s\u2019agit g\u00e9n\u00e9ralement de donner plus de volume, et cela passe par l\u2019injection de produits, appel\u00e9s <em>fillers<\/em> \u2013 souvent, de l\u2019acide hyaluronique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La bonne nouvelle, c\u2019est que ces injections se r\u00e9sorbent spontan\u00e9ment. Elles tiennent environ six mois, parfois un peu plus. Si le changement demand\u00e9 n\u2019est qu\u2019une toquade passag\u00e8re ou ne convainc pas, rien de d\u00e9finitif. Il existe m\u00eame la possibilit\u00e9 de revenir en arri\u00e8re par l\u2019injection d\u2019un autre produit \u2013 m\u00eame si Luigi Schiraldi souligne que \u00e7a ne s\u2019efface pas comme d\u2019un coup de gomme: \u00ab\u00e7a n\u2019est pas sans risques, je  d\u00e9conseille d\u2019y avoir recours, sauf en cas de catastrophe\u00bb. La mauvaise nouvelle, c\u2019est que de nombreuses personnes qui n\u2019ont pas la formation et les titres requis pratiquent en toute ill\u00e9galit\u00e9. \u00abFaire une injection, ce n\u2019est pas de la chirurgie, c\u2019est m\u00eame extr\u00eamement facile, rel\u00e8ve Luigi Schiraldi. N\u2019importe qui peut acheter ces produits: la seringue est m\u00eame d\u00e9j\u00e0 pr\u00eate \u00e0 l\u2019emploi. L\u2019injecter par contre, c\u2019est un acte m\u00e9dical, qui requiert une formation. Et faire bien une injection de ce type, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 plus difficile. Sans la formation n\u00e9cessaire, c\u2019est risqu\u00e9: le r\u00e9sultat peut ne pas \u00eatre beau. Nous savons que cela se pratique par exemple chez des esth\u00e9ticiennes ou des coiffeuses, alors que c\u2019est ill\u00e9gal.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Complications dangereuses<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Comment le Dr Luigi Schiraldi le sait-il? Parce que c\u2019est lui qui assure, au CHUV, le service apr\u00e8s-vente des ratages. \u00abLe dernier exemple en date, c\u2019est une jeune fille qui s\u2019est retrouv\u00e9e avec quatre fois le volume d\u2019acide hyaluronique indiqu\u00e9 dans chaque l\u00e8vre. Autant vous dire qu\u2019elle ne ressemblait \u00e0 rien. Je lui ai inject\u00e9 un produit qui annule rapidement cet effet <em>filler<\/em>. Mais nous savons que nous ne voyons que la pointe de l\u2019iceberg: il y a \u00e9norm\u00e9ment d\u2019injections qui se font sous le manteau.\u00bb Pour des raisons financi\u00e8res avant tout: une injection chez un professionnel, c\u2019est quelque 500 francs environ, contre une centaine chez une personne qui s\u2019improvise des comp\u00e9tences dans le domaine. Mais cette \u00e9conomie peut se payer tr\u00e8s cher: injecter c\u2019est facile, injecter bien, c\u2019est un art, rep\u00e9rer une complication et savoir y faire face n\u2019est possible que pour un m\u00e9decin sp\u00e9cialis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abIl y a deux complications rares vraiment dangereuses. La premi\u00e8re, c\u2019est une mauvaise oxyg\u00e9nation de la peau \u00e0 cause du produit qui bouche des vaisseaux, et qui conduit \u00e0 une souffrance cutan\u00e9e et une n\u00e9crose de la peau. Si l\u2019on n\u2019est pas m\u00e9decin, on peut facilement confondre \u00e7a avec un bleu, un simple h\u00e9matome d\u00fb \u00e0 l\u2019injection, et ne rien faire, alors que des cellules sont en train de mourir. La seconde complication, extr\u00eamement rare, c\u2019est le gel qui migre via une art\u00e8re dans laquelle il a \u00e9t\u00e9 inject\u00e9 par erreur, et qui finit par arriver au mauvais endroit. Je vous \u00e9pargne les d\u00e9tails, mais si cela survient, vous avez 20 minutes pour agir ou votre patiente finit aveugle. Et c\u2019est irr\u00e9versible. Si vous \u00eates chez une esth\u00e9ticienne, il y a peu de chances qu\u2019elle comprenne ce qui est en train de se passer, sans compter le temps pour arriver \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Un sp\u00e9cialiste aura lui les comp\u00e9tences pour analyser la situation, et les infrastructures \u00e0 disposition pour r\u00e9agir \u00e0 temps.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le sp\u00e9cialiste pr\u00e9cise que ce cas de figure ne s\u2019est pas encore pr\u00e9sent\u00e9 dans le canton de Vaud, \u00e0 sa connaissance, \u00abmais ce n\u2019est qu\u2019une question de temps: c\u2019est statistique, avec ce type d\u2019injection, il va y avoir un probl\u00e8me grave un jour, c\u2019est certain\u00bb. Avec un m\u00e9decin exp\u00e9riment\u00e9, les risques sont tr\u00e8s faibles, mais il faut se garder d\u2019avoir recours \u00e0 des personnes qui n\u2019ont pas la formation et les autorisations n\u00e9cessaires, et qui pratiquent dans l\u2019ill\u00e9galit\u00e9. Ou en rester aux filtres, qui autorisent toutes les audaces pour pas un franc et ont z\u00e9ro cons\u00e9quence dans la vraie vie. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des l\u00e8vres plus charnues, des pommettes hautes, un \u0153il l\u00e9g\u00e8rement oriental ou, pour les gar\u00e7ons, une m\u00e2choire tr\u00e8s carr\u00e9e. 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