{"id":12136,"date":"2021-09-22T08:08:00","date_gmt":"2021-09-22T06:08:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=12136"},"modified":"2021-09-22T07:57:59","modified_gmt":"2021-09-22T05:57:59","slug":"le-medecin-collectionneur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/le-medecin-collectionneur\/","title":{"rendered":"Le m\u00e9decin collectionneur"},"content":{"rendered":"\n<p>Ceux qui fr\u00e9quentent le Cabinet cantonal des estampes au Mus\u00e9e Jenisch de Vevey connaissent bien le Lausannois Pierre Decker. Ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment sa magnifique collection de gravures anciennes. L\u00e9gu\u00e9e \u00e0 sa mort en 1967 \u00e0 la Facult\u00e9 de m\u00e9decine de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne, elle a rejoint le mus\u00e9e veveysan en 1989. La plupart d\u2019entre nous ignorent en revanche la trajectoire singuli\u00e8re et quasi monomaniaque de ce chirurgien adepte d\u2019une m\u00e9decine fondamentalement pratique et utilitaire. Un homme qui, pendant vingt ans, n\u2019a acquis pour sa collection que des gravures de D\u00fcrer (trente-quatre) et de Rembrandt (seize), avec une exception notable pour le <em>Luther en moine augustinien<\/em> de Cranach l\u2019Ancien.<\/p>\n\n\n\n<p>Con\u00e7u par Gilles Monney, Camille Noverraz et Vincent Barras, un livre magnifiquement illustr\u00e9 rend hommage au m\u00e9decin et au collectionneur n\u00e9 en 1892 \u00e0 Bex. Il restitue l\u2019homme dans son temps et dans le contexte de la chirurgie lausannoise entre C\u00e9sar Roux et Fr\u00e9d\u00e9ric Saegesser. Il r\u00e9v\u00e8le aussi que le professeur Pierre Decker poss\u00e9dait de nombreuses \u0153uvres d\u2019autres artistes, y compris contemporains, mais qu\u2019elles ne furent jamais consid\u00e9r\u00e9es comme appartenant \u00e0 la collection officielle et furent dispers\u00e9es par legs \u00e0 sa mort.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On sait peu de chose sur ses crit\u00e8res d\u2019acquisition. \u00ab\u2009L\u2019art, pour moi, est ins\u00e9parable de la beaut\u00e9\u2009\u00bb, d\u00e9clarait-il volontiers. Chez D\u00fcrer, dont il jugeait la technique \u00ab\u2009\u00e9tourdissante\u2009\u00bb, l\u2019int\u00e9r\u00eat de Decker semblait avant tout historique et esth\u00e9tique. Chez Rembrandt, il appr\u00e9ciait en revanche particuli\u00e8rement l\u2019imagination dramatique des sujets. Art et m\u00e9decine restant pour lui indissociables, il avouait par ailleurs avoir \u00ab\u2009\u00e9cart\u00e9 les erreurs d\u2019anatomie que sa profession lui rendait d\u00e9sagr\u00e9ables\u2009\u00bb. Une des raisons sans doute pour lesquelles il n\u2019acheta pas de gravures de nus, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s. Pierre Decker \u00e9tait par ailleurs tr\u00e8s attentif \u00e0 la qualit\u00e9 de l\u2019impression et sut acqu\u00e9rir les trois \u0153uvres majeures de D\u00fcrer que sont <em>La M\u00e9lancolie, Le chevalier, la Mort et le Diable et Saint-J\u00e9r\u00f4me dans sa cellule<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire de cette collection se poursuit au-del\u00e0 de la mort de son cr\u00e9ateur. Pierre Decker avait l\u00e9gu\u00e9 une somme pour son entretien et son d\u00e9veloppement. Il avait \u00e9galement souhait\u00e9 la cr\u00e9ation d\u2019une commission charg\u00e9e de la g\u00e9rer et dans laquelle si\u00e9gerait un expert. Les achats effectu\u00e9s par la suite ont donc \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s dans le souci de respecter son esprit, en comblant les vides, et en renfor\u00e7ant notamment la pr\u00e9sence de Rembrandt. \/ Mireille Descombes<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"205\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/livre_Decker_78.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12007\" \/><figcaption>Pierre Decker. M\u00e9decin et collectionneur. Par Gilles Monney, Camille Noverraz et Vincent Barras. \u00c9ditions BHMS (2021), 240 p.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Adam et \u00c8ve sous les traits de Louis Bolomey et de sa femme Adrienne. Ramuz en profite pour explorer la fatalit\u00e9 selon lui de l\u2019\u00e9chec amoureux. La fusion est illusoire, chacun sa \u00ab\u2009libert\u00e9\u2009\u00bb, les humains restent \u00ab\u2009pos\u00e9s les uns \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des autres\u2009\u00bb, la communication n\u2019est pas de ce monde. Originalit\u00e9\u2009: le personnage de Lydie, amoureuse \u00e0 sens unique de Bolomey. Ramuz utilise la Gen\u00e8se sans aborder la question du p\u00e9ch\u00e9 originel et prend ainsi ses distances avec un christianisme patriarcal qui a finalement d\u00e9cid\u00e9 que le p\u00e9ch\u00e9 serait celui d\u2019\u00c8ve. Belle pr\u00e9face de David Hamidovic\u2009! \/<strong>NR<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"236\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/livre_adam_eve_78.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11998\" \/><figcaption>Adam et \u00c8ve. Par C. F. Ramuz. Zo\u00e9 Poche (2020), 230 p.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Achev\u00e9 en 1917, le petit livre <em>Vie de po\u00e8te<\/em> de l\u2019\u00e9crivain Robert Walser vient de sortir en poche. Une belle fa\u00e7on de s\u2019initier \u00e0 son univers au gr\u00e9 de vingt-cinq proses br\u00e8ves aux th\u00e8mes les plus divers. L\u2019\u00e9crivain, qui n\u2019a pas encore 40 ans, s\u2019essaie \u00e0 une sorte de bilan et sugg\u00e8re que l\u2019ensemble \u00ab\u2009se lit comme une histoire romantique\u2009\u00bb. Il y parle aussi bien du charme des voyages \u00e0 pied que de sa fascination pour la Belle au bois dormant ou de la difficile \u00e9criture d\u2019un nouveau roman. Il nous offre \u00e9galement quelques portraits f\u00e9minins ainsi qu\u2019un tr\u00e8s lib\u00e9rateur \u00ab\u2009Discours \u00e0 un po\u00eale\u2009\u00bb. \/MD\u00a0<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"239\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/livre_poete_Walser_78.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12013\" \/><figcaption>Vie de po\u00e8te. Par Robert Walser. Traduction de Marion Graf. Zo\u00e9 poche (2021), 212 p. <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>N\u00e9 d\u2019un colloque qui s\u2019est tenu \u00e0 l\u2019UNIL en 2018, cet ouvrage donne le premier r\u00f4le \u00e0 la vie th\u00e9\u00e2trale romande, depuis le milieu du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle jusqu\u2019\u00e0 la veille de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale. Les contributions traitent de nombreux sujets, comme le th\u00e9\u00e2tre de soci\u00e9t\u00e9 en vogue parmi les \u00e9lites (qui savait qu\u2019Isabelle de Montolieu fut auteure de plusieurs pi\u00e8ces\u2009?), ou encore l\u2019essor du th\u00e9\u00e2tre amateur au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, sans oublier les enjeux identitaires plus r\u00e9cents. \/DS<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"207\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/livre_theatre_78.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12015\" \/><figcaption>Th\u00e9\u00e2tre et soci\u00e9t\u00e9 en Suisse romande de la fin de l\u2019Ancien R\u00e9gime \u00e0 l\u2019entre-deux-guerres. \u00c9d. par B\u00e9atrice Lovis et Olivier Robert.\n\u00c9tudes de lettres 315 (2021), 314 p. unil.ch\/edl.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00ab\u2009Aujourd\u2019hui, j\u2019ai fait 11\u2009200 pas\u2009!\u2009\u00bb Il est devenu banal d\u2019utiliser des gadgets pour mesurer son activit\u00e9 sportive, de la distance parcourue \u00e0 la fr\u00e9quence cardiaque en passant par la d\u00e9pense \u00e9nerg\u00e9tique. Chercheurs \u00e0 l\u2019Institut des sciences du sport de l\u2019UNIL, les auteurs proposent un d\u00e9cryptage du sport connect\u00e9. Comment les mesures sont-elles r\u00e9alis\u00e9es\u2009? Que faire de ces donn\u00e9es\u2009? Est-ce qu\u2019on m\u00e9dicalise le quotidien\u2009? Cet ouvrage, qui entre volontiers dans les d\u00e9tails techniques, d\u00e9monte \u00e9galement quelques mythes, dont celui des 10\u2009000 pas par jour. \/DS<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"211\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/livre_connecte_78.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12005\" \/><figcaption>Je bouge connect\u00e9.e. Par Davide Malatesta et Bastien Presset.\nPlan\u00e8te sant\u00e9 \/ UNIL (2021), 150 p.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><em>20\u2009000 lieues sous les veines<\/em>. Le titre du premier chapitre donne le ton de cet ouvrage qui propose un long voyage \u00e0 la d\u00e9couverte du sang. Comment est-il fabriqu\u00e9\u2009? Qu\u2019est-ce que l\u2019an\u00e9mie\u2009? Quels sont les agents infectieux qui s\u2019en prennent \u00e0 lui\u2009? Que dit-il de notre h\u00e9r\u00e9dit\u00e9\u2009? Con\u00e7u pour tous les publics, ce livre r\u00e9pond \u00e0 toutes les questions dans les domaines de la m\u00e9decine et de la biologie. Les \u00e9l\u00e9ments symboliques de ce liquide, dans les champs religieux et politique par exemple, sont \u00e9galement abord\u00e9s. \/DS<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"216\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/livre_sang_78.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12014\" \/><figcaption>Il \u00e9tait une fois le sang. Par Olivier Garraud et Jean-Daniel Tissot.\n\u00c9ditions humenSciences (2021), 335 p.<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ceux qui fr\u00e9quentent le Cabinet cantonal des estampes au Mus\u00e9e Jenisch de Vevey connaissent bien le Lausannois Pierre Decker. Ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment sa magnifique collection de gravures anciennes. 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