{"id":12087,"date":"2021-09-22T08:20:00","date_gmt":"2021-09-22T06:20:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=12087"},"modified":"2021-09-27T10:55:17","modified_gmt":"2021-09-27T08:55:17","slug":"lexperimentation-animale-va-diminuendo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/lexperimentation-animale-va-diminuendo\/","title":{"rendered":"L&rsquo;exp\u00e9rimentation animale va diminuendo"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>S\u2019ils ont toujours besoin d\u2019utiliser des mod\u00e8les animaux pour r\u00e9aliser certaines de leurs exp\u00e9riences, les chercheurs s\u2019efforcent de trouver des moyens de r\u00e9duire leur nombre, voire de trouver des m\u00e9thodes alternatives. Une \u00e9quipe de l\u2019UNIL \u00e9l\u00e8ve ainsi de petits poissons, les \u00ab killifish \u00bb, qui offrent une alternative aux souris et devraient acc\u00e9l\u00e9rer les \u00e9tudes sur le vieillissement. Une autre s\u2019int\u00e9resse aux organo\u00efdes, des \u00ab\u2009mini-organes\u2009\u00bb de synth\u00e8se aux multiples applications potentielles en recherche biom\u00e9dicale et en m\u00e9decine.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"534\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/experimentation_78_1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11974\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/experimentation_78_1.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/experimentation_78_1-390x260.jpg 390w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/experimentation_78_1-768x513.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption>Killifish. Ces petits poissons pourraient acc\u00e9l\u00e9rer les \u00e9tudes sur \nle vieillissement. Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Il est difficile, voire parfois impossible pour la science biom\u00e9dicale de se passer des souris, des rats, des poissons, des mouches et autres mod\u00e8les animaux. Cela est vrai pour la recherche fondamentale qui vise \u00e0 mettre en lumi\u00e8re des processus biologiques et \u00e0 mieux comprendre les m\u00e9canismes conduisant au d\u00e9veloppement des maladies. Cela l\u2019est aussi pour la mise au point de nouveaux m\u00e9dicaments qui, dans la plupart des cas, doivent d\u2019abord avoir fait l\u2019objet d\u2019une exp\u00e9rimentation animale pour pouvoir, apr\u00e8s des essais cliniques, \u00eatre mis sur le march\u00e9. D\u2019ailleurs, sans avoir \u00e9t\u00e9 test\u00e9s sur des animaux, les vaccins anti-Covid 19 n\u2019auraient pas pu \u00eatre commercialis\u00e9s par leurs fabricants, ni \u00eatre ensuite autoris\u00e9s dans notre pays.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La r\u00e8gle des \u00ab\u20093R\u2009\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, il n\u2019est pas question de laisser les chercheurs agir \u00e0 leur guise et l\u2019usage des animaux est d\u00e9sormais tr\u00e8s encadr\u00e9. Soucieuse de respecter le bien-\u00eatre animal, la Suisse s\u2019est dot\u00e9e, en 2005, d\u2019une des lois sur la protection des animaux les plus strictes au monde en la mati\u00e8re. L\u2019effort porte ses fruits puisque selon l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et des affaires v\u00e9t\u00e9rinaires (OSAV), le nombre d\u2019animaux utilis\u00e9s \u00e0 des fins exp\u00e9rimentales est en constante diminution depuis quelques ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9glementation oblige aussi les laboratoires \u00e0 suivre la \u00ab\u2009r\u00e8gle des 3R\u2009\u00bb (<em>lire \u00e9galement<\/em> Allez savoir\u2009!<em> 71<\/em>), que deux zoologistes britanniques, William Moy Stratton Russell et Rex Leonard Burch, ont \u00e9labor\u00e9e en 1959 apr\u00e8s avoir observ\u00e9 les souffrances subies par les animaux dans les laboratoires anglais\u2009: R\u00e9duire (le nombre d\u2019animaux en exp\u00e9rimentation), Raffiner (optimiser les exp\u00e9riences et ne se limiter qu\u2019\u00e0 celles consid\u00e9r\u00e9es comme indispensables), Remplacer (des animaux par des mod\u00e8les in vitro ou \u00ab\u2009in silico\u2009\u00bb \u2013 par mod\u00e9lisation informatique). C\u2019est dans ce cadre que s\u2019inscrivent les recherches de deux \u00e9quipes de l\u2019UNIL. L\u2019une \u00e9l\u00e8ve des petits poissons, les killifish, qui pourraient se substituer aux souris et acc\u00e9l\u00e9rer la recherche sur le vieillissement. L\u2019autre \u00e9tudie des organo\u00efdes, \u00ab\u2009mini-organes\u2009\u00bb produits en laboratoire qui miment les organes r\u00e9els et ouvrent de nombreuses pistes en recherche biom\u00e9dicale.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"401\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/CalidaMrabti_78.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11961\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/CalidaMrabti_78.jpg 401w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/CalidaMrabti_78-174x260.jpg 174w\" sizes=\"auto, (max-width: 401px) 100vw, 401px\" \/><figcaption>Calida Mrabti. Doctorante au D\u00e9partement des sciences biom\u00e9dicales (Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine). Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Une dur\u00e9e de vie de quatre \u00e0 six mois<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les killifish devraient pouvoir offrir une alternative \u00e0 l\u2019utilisation d\u2019autres animaux et aussi \u00ab\u2009remplacer partiellement les souris utilis\u00e9es dans les exp\u00e9riences\u2009\u00bb, constate Calida Mrabti, doctorante au D\u00e9partement des sciences biom\u00e9dicales (DSB) de l\u2019UNIL. Le laboratoire dans lequel elle travaille \u2013 surnomm\u00e9 \u00ab\u2009l\u2019Ocampo Lab\u2009\u00bb, du nom de son responsable, le professeur assistant Alejandro Ocampo \u2013 abrite depuis janvier 2020 ces petits poissons originaires d\u2019Afrique qu\u2019il est le seul en Suisse \u00e0 poss\u00e9der.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces vert\u00e9br\u00e9s marins ont tout pour s\u00e9duire une \u00e9quipe qui s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la th\u00e9matique du vieillissement, car les deux vari\u00e9t\u00e9s qu\u2019elle poss\u00e8de ont une dur\u00e9e de vie respectivement de quatre et de six mois. \u00ab\u2009Cela s\u2019explique par leur cycle de vie\u2009\u00bb, pr\u00e9cise la doctorante. Ces poissons d\u2019environ six centim\u00e8tres de long sont originaires du Mozambique et du Zimbabwe, pays africains dans lesquels alternent une saison s\u00e8che et une saison humide. \u00ab\u2009Pendant la premi\u00e8re, les embryons contenus dans les \u0153ufs restent dans le sol \u00e0 l\u2019\u00e9tat de dormance \u2013 une phase nomm\u00e9e la diapause. Puis, les pluies se mettent \u00e0 tomber, formant des nappes d\u2019eau dans lesquelles les poissons peuvent \u00e9clore. Ils y vivent pendant quatre \u00e0 six mois, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de la s\u00e9cheresse qui tarit les mares.\u2009\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Pour survivre, les animaux aquatiques ont d\u00fb s\u2019adapter \u00e0 cet environnement. Leur long\u00e9vit\u00e9 est donc tr\u00e8s br\u00e8ve puisqu\u2019elle est six \u00e0 huit fois plus courte que celle des souris et dix fois plus petite que celle du poisson-z\u00e8bre, autre animal mod\u00e8le tr\u00e8s pris\u00e9 des chercheurs. \u00ab\u2009Les killifish pourraient ainsi r\u00e9duire de six \u00e0 dix fois le temps n\u00e9cessaire aux exp\u00e9riences\u2009\u00bb, selon la chercheuse.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des signes visibles du vieillissement<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les killifish ont en outre l\u2019avantage d\u2019\u00eatre presque aussi rapides d\u2019utilisation que les invert\u00e9br\u00e9s, tout en \u00e9tant repr\u00e9sentatifs de ce qu\u2019il se passe chez les mammif\u00e8res et les humains. Ils partagent en effet avec notre esp\u00e8ce de nombreuses fonctions biologiques \u2013 digestives, musculaires, immunitaires, nerveuses, etc. En outre, \u00e0 mesure que les mois passent, \u00ab\u2009ils montrent de nombreux signes de vieillissement, constate Calida Mrabti. Ils bougent de moins en moins, preuve qu\u2019ils perdent leur \u00e9nergie. Les m\u00e2les blanchissent \u2013 la couleur jaune de leur nageoire dispara\u00eet \u2013 et les femelles sont moins f\u00e9condes. Chez certains poissons, la colonne vert\u00e9brale se tord peu \u00e0 peu et chez d\u2019autres, les nageoires ont du mal \u00e0 cicatriser quand elles sont cass\u00e9es.\u2009\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les poissons pourront donc avantageusement se substituer \u00ab\u2009aux souris actuellement utilis\u00e9es dans notre laboratoire qui ont \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es pour avoir un vieillissement pr\u00e9coce, et permettre ainsi d\u2019\u00e9tudier les m\u00e9canismes du vieillissement naturel\u2009\u00bb. Ils pourraient aussi \u00eatre employ\u00e9s pour tester des traitements anti-\u00e2ge que l\u2019\u00e9quipe de l\u2019UNIL compte \u00e9laborer.<\/p>\n\n\n\n<p>Calida Mrabti et ses coll\u00e8gues ne manquent pas de projets en la mati\u00e8re. Mais pour l\u2019instant, leur principale pr\u00e9occupation est d\u2019\u00e9tudier le comportement des killifish et d\u2019am\u00e9liorer les conditions de leur \u00e9levage (<em>lire l\u2019article p. 33<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"401\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/ClaudiaBagni_78.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11963\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/ClaudiaBagni_78.jpg 401w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/ClaudiaBagni_78-174x260.jpg 174w\" sizes=\"auto, (max-width: 401px) 100vw, 401px\" \/><figcaption>Claudia Bagni. Professeure au D\u00e9partement des neurosciences fondamentales et vice-doyenne pour la recherche et l\u2019innovation de la \nFacult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine. Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Des pseudo-organes miniatures<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une tout autre mani\u00e8re de respecter la r\u00e8gle des 3R est d\u2019utiliser des organo\u00efdes. Il s\u2019agit de \u00ab\u2009pseudo-organes miniatures, produits en laboratoire, qui imitent les premi\u00e8res phases de d\u00e9veloppement d\u2019un organe\u2009\u00bb, pr\u00e9cise la professeure Claudia Bagni, du D\u00e9partement des neurosciences fondamentales et vice-doyenne pour la recherche et l\u2019innovation de la Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine de l\u2019UNIL.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que les cultures classiques ne sont constitu\u00e9es que d\u2019une seule couche de cellules, les organo\u00efdes sont \u00ab\u2009un regroupement dynamique et en trois dimensions de plusieurs couches cellulaires\u2009\u00bb. La professeure ne souhaite pas les qualifier de \u00ab\u2009mini-organes\u2009\u00bb car, dit-elle, \u00ab\u2009bien qu\u2019ils contiennent diff\u00e9rents types de cellules, ils ne sont pas vascularis\u00e9s et ils ne sont pas connect\u00e9s avec les autres organes comme dans un organisme\u2009\u00bb. Mais au cours de leur d\u00e9veloppement, \u00ab\u2009les cellules adh\u00e8rent les unes aux autres et sont soumises \u00e0 des forces m\u00e9caniques, similaires \u00e0 ce qu\u2019il se passe lorsqu\u2019un organe se d\u00e9veloppe\u2009\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une production en plusieurs \u00e9tapes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour les produire, les chercheurs isolent des cellules d\u2019un organe adulte. Puis ils reprogramment g\u00e9n\u00e9tiquement ces cellules qui sont d\u00e9j\u00e0 diff\u00e9renci\u00e9es \u2013 donc sp\u00e9cialis\u00e9es \u2013 pour en faire des cellules immatures qui peuvent alors se transformer en diff\u00e9rents types de cellules \u2013 c\u2019est ce qu\u2019ils nomment les cellules souches pluripotentes induites (ou iPSC pour <em>Induced Pluripotent Stem Cells<\/em>). Ils mettent ensuite ces derni\u00e8res en pr\u00e9sence de facteurs de croissance sp\u00e9cifiques dans un bior\u00e9acteur rotatif, une sorte de <em>shaker<\/em> qui les secoue dans tous les sens (<em>voir infographie p. 32<\/em>). Une mani\u00e8re d\u2019\u00eatre au plus pr\u00e8s de la r\u00e9alit\u00e9 biologique puisque, \u00ab\u2009lorsqu\u2019un organe se d\u00e9veloppe dans l\u2019embryon, les cellules migrent en formant trois couches \u00e0 partir desquelles tous les tissus et organes vont se former et des mouvements s\u2019exercent entre les trois couches\u2009\u00bb, pr\u00e9cise Claudia Bagni.<\/p>\n\n\n\n<p>Les iPSC peuvent ainsi se diff\u00e9rencier, se multiplier et \u00eatre conserv\u00e9es en culture pendant de longues p\u00e9riodes. \u00ab\u2009C\u2019est un point important, souligne la vice-doyenne, car cela signifie que ces structures peuvent \u00eatre envoy\u00e9es \u00e0 d\u2019autres laboratoires et ainsi \u00eatre partag\u00e9es au sein de la communaut\u00e9 scientifique. Les organo\u00efdes peuvent \u00e9galement \u00eatre cryopr\u00e9serv\u00e9s pour \u00eatre utilis\u00e9s ult\u00e9rieurement ou dans d\u2019autres laboratoires. Cela a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 fait pour les organo\u00efdes d\u2019intestin et cette m\u00e9thodologie est en cours de d\u00e9veloppement pour les organo\u00efdes du cerveau.\u2009\u00bb Il reste que le processus est tr\u00e8s long \u2013 il dure plusieurs mois \u2013 et co\u00fbteux.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"572\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/experimentation_infog_78.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11977\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/experimentation_infog_78.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/experimentation_infog_78-364x260.jpg 364w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/experimentation_infog_78-768x549.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption>1. Des cellules pr\u00e9lev\u00e9es sur un patient sont g\u00e9n\u00e9tiquement reprogramm\u00e9es au laboratoire, afin de se transformer en cellules souches pluripotentes \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire immatures.\n2. Une fois diff\u00e9renci\u00e9es et mises en culture, celles-ci forment des organo\u00efdes. Ces groupes de cellules pourront par exemple servir \u00e0 mieux adapter le traitement administr\u00e9 au patient (m\u00e9decine personnalis\u00e9e).\n3. Ils seront aussi envoy\u00e9s dans une biobanque, ce qui facilitera notamment la d\u00e9couverte de nouveaux biomarqueurs de diverses maladies.\n\nSW\u2009\/\u2009Source\u2009: J. Kim, B.-K. Koo et J. A. Knoblich.\n\u00a9\u2009Figure 4 Kim et al. Nature Reviews, Molecular Cell Biology. 2020 Oct\u2009; 21(10)\u2009: 571-584<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>\u00c9normes potentialit\u00e9s<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La naissance de ces pseudo-organes est l\u2019aboutissement de diverses d\u00e9couvertes de biologie fondamentale, dont la premi\u00e8re remonte au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Mais ce n\u2019est qu\u2019en 2009 que des chercheurs du Hubrecht Institute aux Pays-Bas ont, les premiers, obtenu un organo\u00efde d\u2019intestin.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis, de nombreux laboratoires s\u2019y int\u00e9ressent. Ce n\u2019est qu\u2019un d\u00e9but, car \u00ab\u2009les organo\u00efdes ont d\u2019\u00e9normes potentialit\u00e9s. Ils permettront en effet de comprendre les m\u00e9canismes biologiques et d\u2019\u00e9tudier de nombreuses maladies\u2009\u00bb, souligne Claudia Bagni. Les organo\u00efdes c\u00e9r\u00e9braux ont par exemple \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment utilis\u00e9s pour mod\u00e9liser la microc\u00e9phalie induite par le virus Zika. Cela permet d\u2019\u00e9tudier l\u2019action du virus sur la prolif\u00e9ration neuronale et son effet sur la mort cellulaire de l\u2019organo\u00efde infect\u00e9.\u2009\u00bb On compte aussi sur eux, entre autres choses, pour \u00e9tudier le d\u00e9veloppement embryonnaire ou encore \u00ab\u2009pour mieux comprendre les \u00e9tapes pr\u00e9coces impliqu\u00e9es dans diff\u00e9rents troubles neurologiques tels que la maladie d\u2019Alzheimer ou l\u2019autisme\u2009\u00bb, pr\u00e9cise la biologiste.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/experimentation_78_2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11975\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/experimentation_78_2.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/experimentation_78_2-347x260.jpg 347w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/09\/experimentation_78_2-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption>Organo\u00efde intestinal. Cr\u00e9\u00e9s en laboratoire, les organo\u00efdes miment l\u2019organisation d\u2019organes r\u00e9els. \u00a9\u2009\u00ab\u2009Organoid flower\u2009\u00bb (montage photo). Samantha Mahfoud, D\u00e9partement d\u2019oncologie fondamentale de l\u2019UNIL.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>En oncologie, des groupes de cellules produites \u00e0 partir de la tumeur de patients pourraient aider \u00e0 pr\u00e9dire la r\u00e9action de ceux-ci \u00e0 divers m\u00e9dicaments, ce qui ouvre la voie \u00e0 des traitements personnalis\u00e9s. Ils devraient encore \u00eatre tr\u00e8s utiles pour passer au crible des candidats-m\u00e9dicaments. Et pourquoi pas, un jour, servir \u00e0 cr\u00e9er un organe entier susceptible d\u2019\u00eatre transplant\u00e9. \u00ab\u2009A priori, cela devrait \u00eatre possible. Avec les progr\u00e8s r\u00e9cents de la m\u00e9decine r\u00e9g\u00e9n\u00e9rative, la culture d\u2019organes in vitro et la transplantation chez l\u2019homme pourraient devenir une r\u00e9alit\u00e9 dans les prochaines d\u00e9cennies, m\u00eame si aujourd\u2019hui nous en sommes loin, en particulier pour certains organes et tissus. Les avanc\u00e9es r\u00e9centes de la recherche sur les organo\u00efdes ont toutefois d\u00e9j\u00e0 permis des d\u00e9couvertes importantes sur la transplantation \u2013 sur des souris &#8211; d\u2019organo\u00efdes d\u2019intestin, de r\u00e9tine, de rein, de foie, de pancr\u00e9as, au niveau pr\u00e9clinique\u2009\u00bb, constate Claudia Bagni.<\/p>\n\n\n\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, l\u2019UNIL soutient la recherche sur les organo\u00efdes et elle a octroy\u00e9 un financement \u00e0 la Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine pour l\u2019acquisition de nouveaux instruments permettant \u00e0 ses chercheurs de passer \u00e0 la vitesse sup\u00e9rieure dans ce domaine.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Compl\u00e9mentaires \u00e0 l\u2019exp\u00e9rimentation animale<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les organo\u00efdes sont compl\u00e9mentaires aux mod\u00e8les animaux auxquels ils ne pourront pas totalement se substituer. On ne peut pas songer \u00e0 eux pour \u00e9tudier des comportements par exemple. Par ailleurs, \u00ab\u2009les phases finales de la mise au point d\u2019une nouvelle th\u00e9rapie n\u00e9cessitent d\u2019utiliser des souris ou autres mammif\u00e8res, plus proches de l\u2019humain. En revanche, dans les premi\u00e8res \u00e9tapes d\u2019une recherche biom\u00e9dicale, ils pourront remplacer et\u2009\/\u2009ou r\u00e9duire l\u2019exp\u00e9rimentation animale\u2009\u00bb, souligne Claudia Bagni. Et ainsi participer au respect de la r\u00e8gle des 3R. <\/p>\n\n\n\n<p>Article suivant: <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=12089\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=12089\">Une animalerie \u00e9troitement contr\u00f4l\u00e9e<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>S\u2019ils ont toujours besoin d\u2019utiliser des mod\u00e8les animaux pour r\u00e9aliser certaines de leurs exp\u00e9riences, les chercheurs s\u2019efforcent de trouver des moyens de r\u00e9duire leur nombre, voire de trouver des m\u00e9thodes &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":825,"featured_media":11974,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[42189,42196,8732,32],"tags":[44],"class_list":{"0":"post-12087","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-diaporama","8":"category-no-78","9":"category-sante","10":"category-technologie","11":"tag-elisabeth-gordon"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12087","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/825"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12087"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12087\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11974"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12087"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12087"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12087"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}