{"id":11864,"date":"2021-05-20T08:22:00","date_gmt":"2021-05-20T06:22:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=11864"},"modified":"2021-05-10T17:38:04","modified_gmt":"2021-05-10T15:38:04","slug":"la-suisse-peut-emprunter-pour-soutenir-son-economie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/la-suisse-peut-emprunter-pour-soutenir-son-economie\/","title":{"rendered":"La Suisse peut emprunter pour soutenir son \u00e9conomie"},"content":{"rendered":"\n<p><em>En 2008, la dette avait mauvaise r\u00e9putation: les organisations internationales, le FMI par exemple, faisaient pression sur des pays comme la Gr\u00e8ce pour qu\u2019ils adoptent des plans d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et effacent au plus vite une partie de leur ardoise. En pleine crise de la Covid-19, treize ans plus tard, la plupart des \u00e9conomistes plaident pour que l\u2019\u00c9tat emprunte et ouvre plus largement son portemonnaie pour soutenir l\u2019\u00e9conomie. Y a-t-il des dettes meilleures que d\u2019autres? Les r\u00e9ponses de Philippe Bacchetta, professeur de macro\u00e9conomie \u00e0 la Facult\u00e9 des HEC de l\u2019UNIL.<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"570\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/05\/dette_77_1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11752\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/05\/dette_77_1.jpg 570w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/05\/dette_77_1-185x260.jpg 185w\" sizes=\"auto, (max-width: 570px) 100vw, 570px\" \/><figcaption>Qu\u2019ils soient cigales ou fourmis, les \u00c9tats sont appel\u00e9s \u00e0 d\u00e9penser pour soutenir leur \u00e9conomie.\n\u00a9\u2009Jo\u00eblle Proz Unicom<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la crise des subprimes de 2008, les pays qu\u2019on appelait plut\u00f4t p\u00e9jorativement les PIGS (pour Portugal, Irlande, Gr\u00e8ce et Espagne \u2013 Spain) ont subi de grosses pressions pour r\u00e9duire leur dette et pr\u00e9senter des plans d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 drastiques, au point que les r\u00e9sidants de ces pays manifestaient en disant qu\u2019on allait les \u00e9trangler.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pourquoi la dette avait-elle si mauvaise presse?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le niveau de la dette \u00e9tait insupportable pour ces \u00e9conomies. Ces pays avaient en partie cach\u00e9 leur comptabilit\u00e9, la Gr\u00e8ce notamment. Sa situation \u00e9conomique ne lui permettait m\u00eame plus d\u2019assumer les int\u00e9r\u00eats de la dette.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c0 partir de quand un pays est-il trop endett\u00e9?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, on s\u2019int\u00e9resse au ratio entre la dette et le PIB. Si on prend comme r\u00e9f\u00e9rence ce qui \u00e9tait demand\u00e9 par Maastricht, on tourne autour des 60%: tant que votre dette se monte \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 ce pourcentage-l\u00e0 de votre PIB, \u00e7a va. Mais d\u2019autres param\u00e8tres entrent en ligne de compte. Le Japon par exemple vit tr\u00e8s bien avec une dette de 200%. Cela est accept\u00e9 par les march\u00e9s parce que la dette est d\u00e9tenue en grande partie par les Japonais eux-m\u00eames. Et on suppose qu\u2019ils ne vont pas l\u00e2cher leur pays, comme pourraient \u00eatre tent\u00e9s de le faire des investisseurs \u00e9trangers, qui seraient susceptibles de vouloir investir ailleurs \u2013 c\u2019\u00e9tait d\u2019ailleurs un des risques qui mena\u00e7ait la Gr\u00e8ce. Il y a aussi la confiance qu\u2019inspire l\u2019\u00e9conomie d\u2019un pays dans sa capacit\u00e9 \u00e0 supporter le poids de la dette. De ce point de vue, l\u2019Italie, dont le taux est sup\u00e9rieur \u00e0 150%, a une cr\u00e9dibilit\u00e9 moins grande que le Japon. Les capacit\u00e9s du gouvernement \u00e0 g\u00e9rer la situation sont aussi un \u00e9l\u00e9ment important: s\u2019il d\u00e9cide d\u2019augmenter les imp\u00f4ts pour assainir la situation, que se passera-t-il? Les pays dans lesquels l\u2019\u00e9vasion fiscale est courante peuvent moins se permettre une dette importante.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La Suisse dispose d\u2019un frein \u00e0 l\u2019endettement. Qu\u2019est-ce que c\u2019est exactement?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres pays ont des m\u00e9canismes comparables, par exemple certains \u00c9tats des \u00c9tats-Unis, ou l\u2019Allemagne \u2013 ce n\u2019est pas une exclusivit\u00e9 suisse. Le but est de veiller \u00e0 ce qu\u2019un pays ne s\u2019endette pas trop, qu\u2019il navigue dans une fourchette acceptable. En p\u00e9riode de r\u00e9cession, on admet qu\u2019elle soit plus \u00e9lev\u00e9e, pour aider \u00e0 passer le cap, et quand l\u2019\u00e9conomie se porte mieux, on veille \u00e0 ce qu\u2019elle diminue \u00e0 nouveau. L\u2019objectif \u00e9tant qu\u2019elle reste constante \u00e0 moyen-long terme. Mais en Suisse, ce m\u00e9canisme n\u2019a pas fonctionn\u00e9 comme il aurait fallu. Plut\u00f4t que d\u2019instaurer un frein \u00e0 l\u2019endettement, on a op\u00e9r\u00e9 une v\u00e9ritable marche arri\u00e8re pour r\u00e9duire la dette \u2013 alors qu\u2019une fois encore, le but d\u2019un tel instrument n\u2019est pas de la diminuer, mais de garder l\u2019endettement sous contr\u00f4le. En Suisse, depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, on est pass\u00e9 d\u2019environ 60% \u00e0 environ 30% aujourd\u2019hui.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ce qui est tr\u00e8s peu en comparaisons internationale \u2013 et on entend en Suisse de plus en plus de voix qui disent que la dette, c\u2019est formidable, surtout en cette p\u00e9riode de taux n\u00e9gatifs, et qu\u2019il ne faudrait pas h\u00e9siter&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Non, ce n\u2019est pas formidable, d\u2019ailleurs je ne crois pas que quiconque d\u00e9fende cette id\u00e9e. Simplement, actuellement les besoins sont immenses. Lutter contre la pand\u00e9mie, soigner les gens malades co\u00fbte cher, et certaines mesures ont plac\u00e9 des pans entiers de l\u2019\u00e9conomie dans une situation catastrophique. Je pense par exemple \u00e0 la restauration, mais il y en a beaucoup d\u2019autres, sans compter les entreprises qui gravitent autour de ces industries, les fournisseurs par exemple. La question, c\u2019est: est-ce qu\u2019on a les moyens de r\u00e9pondre \u00e0 ces besoins? Une option serait d\u2019augmenter les imp\u00f4ts, mais avec le ch\u00f4mage partiel qui vient encore noircir le tableau, r\u00e9duire le pouvoir d\u2019achat des gens n\u2019est pas la meilleure piste pour soutenir l\u2019\u00e9conomie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et c\u2019est l\u00e0 qu\u2019intervient la dette?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Elle appara\u00eet dans notre contexte \u00e9conomique particulier comme un moindre mal. Il y a un consensus assez large sur le principe, la question d\u00e9battue \u00e9tant plut\u00f4t de savoir jusqu\u2019o\u00f9 on augmente la dette pour aider l\u2019\u00e9conomie. Mais c\u2019est vrai qu\u2019il y a tout de m\u00eame d\u00e9bat, aux extr\u00eames, certains estimant que la dette, c\u2019est sacr\u00e9, avec une vision presque religieuse du principe: il ne faut pas la creuser, mieux vaut laisser certaines entreprises faire faillite. Je suis favorable \u00e0 plus de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, il faut y aller maintenant, c\u2019est le moment d\u2019aider les PME \u00e0 passer le cap, pour que notre \u00e9conomie soit pr\u00eate \u00e0 repartir tout de suite, d\u00e8s que les mesures s\u2019assoupliront, et ce sans passer par une longue r\u00e9cession.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les personnes oppos\u00e9es \u00e0 la dette arguent du fait que ce n\u2019est pas tr\u00e8s responsable de creuser un trou que les g\u00e9n\u00e9rations suivantes devront combler&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est vrai qu\u2019on entend quelques politiciens oppos\u00e9s \u00e0 la dette dire ceci. Mais c\u2019est absurde, particuli\u00e8rement en ce moment: les taux sont n\u00e9gatifs, donc emprunter ne nous appauvrit pas. De fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, les m\u00e9nages qui s\u2019endettent doivent \u00eatre tr\u00e8s prudents parce qu\u2019ils doivent rembourser un jour, et qu\u2019un taux d\u2019endettement \u00e9lev\u00e9 peut les mener \u00e0 des situations tr\u00e8s difficiles. L\u00e0, la dette peut \u00eatre excessive. Parce que les \u00eatres humains doivent rembourser. Pour les \u00c9tats, c\u2019est tr\u00e8s diff\u00e9rent. Ils ne meurent pas. Les g\u00e9n\u00e9rations futures devront certes supporter le poids des int\u00e9r\u00eats, mais pas rembourser\u2013et encore une fois, aujourd\u2019hui, les taux sont n\u00e9gatifs.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"401\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/05\/PhilippeBacchetta_77.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11800\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/05\/PhilippeBacchetta_77.jpg 401w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2021\/05\/PhilippeBacchetta_77-174x260.jpg 174w\" sizes=\"auto, (max-width: 401px) 100vw, 401px\" \/><figcaption>Philippe Bacchetta. Professeur de macro\u00ad-\u00e9conomie \u00e0 la Facult\u00e9 des HEC de l\u2019UNIL.\nNicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Et dans 10 ans?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans 10 ans, il y aura certainement un co\u00fbt. Mais les \u00c9tats ont des moyens que les individus n\u2019ont pas pour diminuer le poids de la dette. Comme nous l\u2019avons vu, il faut rester id\u00e9alement sous les 60% de taux d\u2019endettement, lequel est un ratio entre le PIB et la dette. Pour diminuer ce taux, vous pouvez augmenter le PIB. C\u2019est d\u2019ailleurs la finalit\u00e9 du soutien \u00e0 l\u2019\u00e9conomie: qu\u2019elle reparte, et que le PIB croisse. Il n\u2019y aurait alors pas de co\u00fbt \u00e0 la dette, ou en tout cas rien d\u2019insupportable. Ce serait beaucoup moins cher financi\u00e8rement et humainement que de laisser tomber les PME.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u2019est donc pour \u00e7a que la dette est en ce moment pl\u00e9biscit\u00e9e?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes tr\u00e8s nombreux \u00e0 penser qu\u2019il faut soutenir l\u2019\u00e9conomie maintenant, pour mieux red\u00e9marrer en 2022, quand on en aura fini avec la crise sanitaire. C\u2019est important pour qu\u2019on ne perde pas le tissu \u00e9conomique. L\u2019id\u00e9e \u00e9tant d\u2019all\u00e9ger la souffrance actuelle pour repartir d\u2019un bon pied. Une partie des d\u00e9penses de l\u2019\u00c9tat est aujourd\u2019hui directement en rapport avec le syst\u00e8me sanitaire. C\u2019est bien s\u00fbr indispensable. Comme il \u00e9tait indispensable de fermer les magasins et les restaurants pour stopper les contaminations. Mais tout cela a aussi un co\u00fbt pour l\u2019\u00e9conomie: il ne faut pas l\u2019oublier. Investir maintenant permettra non seulement de red\u00e9marrer plus vite, mais aussi de pr\u00e9server l\u2019emploi. S\u2019assurer que la croissance reprenne est essentiel, et cela passe par un soutien fort et rapide. Cela implique d\u2019augmenter la dette, mais ce n\u2019est de loin pas un probl\u00e8me aussi grave que de laisser couler des pans entiers de notre tissu \u00e9conomique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Trouver des compromis sur les mesures, en gardant par exemple les restaurants ouverts mais en limitant les heures d\u2019ouverture, pour mod\u00e9rer les pertes financi\u00e8res, c\u2019\u00e9tait une bonne id\u00e9e?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En novembre et d\u00e9cembre, on a voulu prot\u00e9ger l\u2019\u00e9conomie en ne fermant pas tout. Mais l\u2019\u00e9pid\u00e9mie a dur\u00e9 plus longtemps, avec des hauts et des bas, et un effet yoyo. Les mesures radicales, on ferme tout pour arr\u00eater la circulation du virus, puis on red\u00e9marre plus vite, sont plus efficaces \u00e0 la fois d\u2019un point de vue sanitaire et \u00e9conomique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans quelle situation se trouve actuellement la Suisse pour emprunter?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans une situation excellente, privil\u00e9gi\u00e9e m\u00eame, gr\u00e2ce au frein \u00e0 l\u2019endettement. La Suisse a un taux d\u2019endettement tr\u00e8s bas, d\u2019environ 30%, ce qui nous donne vraiment de la marge; je le rappelle, selon les travaux faits dans la perspective du Trait\u00e9 de Maastricht, \u00eatre l\u00e9g\u00e8rement sous 60% est d\u00e9j\u00e0 un bon taux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment expliquer que certains en Suisse soient oppos\u00e9s \u00e0 une augmentation de la dette pour soutenir l\u2019\u00e9conomie dans cette situation tr\u00e8s particuli\u00e8re?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019un point de vue \u00e9conomique, honn\u00eatement je ne comprends pas; il n\u2019y a pas vraiment de bon argument pour y \u00eatre oppos\u00e9 \u2013 d\u2019ordinaire on peut admettre qu\u2019il y a les int\u00e9r\u00eats \u00e0 payer et que ce peut \u00eatre une charge, mais quand ils sont n\u00e9gatifs comme maintenant, le raisonnement ne tient plus. Et non, nos enfants ne vont pas devoir rembourser ce que nous aurons emprunt\u00e9. Donc j\u2019avoue que je ne comprends pas bien le discours de ceux qui s\u2019opposent \u00e0 ce que nous empruntions aujourd\u2019hui pour soutenir l\u2019\u00e9conomie qui souffre, dans le but de red\u00e9marrer plus vite, sans destruction du tissu \u00e9conomique et en pr\u00e9servant des PME, donc des emplois. Le seul \u00e9l\u00e9ment qu\u2019on pourrait entendre, c\u2019est que si on augmente notre taux d\u2019endettement disons jusqu\u2019\u00e0 60%, et qu\u2019une autre crise ou pand\u00e9mie survient en 2025 par exemple, nous serions alors dans une moins bonne position pour l\u2019affronter. Mais on ne va pas renoncer \u00e0 r\u00e9agir face \u00e0 la crise dans laquelle nous sommes aujourd\u2019hui pour nous pr\u00e9server d\u2019une hypoth\u00e9tique crise dans quatre ans!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Concr\u00e8tement, si la Suisse empruntait davantage maintenant, que faudrait-il faire de cet argent pour qu\u2019il soit le plus utile possible?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il y a d\u2019abord les co\u00fbts suppl\u00e9mentaires induits par la pand\u00e9mie, qu\u2019il faut bien payer: le syst\u00e8me de <em>testing<\/em>, de tra\u00e7age, la vaccination, tout cela a un prix, et il ne faudrait pas que l\u2019argent soit un frein pour les d\u00e9ployer, puisqu\u2019ils sont indispensables si on veut contenir le virus, et finalement s\u2019en d\u00e9barrasser. Ensuite, il y a les compensations aux entreprises qui ont d\u00fb cesser ou ralentir notablement leurs activit\u00e9s. On peut imaginer de partir avec des pr\u00eats, et qu\u2019elles remboursent si la reprise est rapide. Sinon, il faudra oublier une partie de la dette \u2013 le fardeau risque sans cela d\u2019\u00eatre trop lourd, certaines PME ne pourront pas fonctionner. On le sait, la culture, le tourisme, l\u2019h\u00f4tellerie, la restauration sont des secteurs qui souffrent. \u00c7a, c\u2019est pour l\u2019imm\u00e9diat \u2013 et c\u2019est assez facile d\u2019identifier ce qu\u2019il faut faire maintenant.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et \u00e0 plus long terme?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est plus difficile de trancher aujourd\u2019hui d\u00e9j\u00e0. Faut-il imaginer un plan de relance, avec des investissements publics importants dans les infrastructures, par exemple dans les transports, les t\u00e9l\u00e9coms? Comme on ne sait pas encore de fa\u00e7on certaine comment les choses vont \u00e9voluer sur le plan de la pand\u00e9mie ni comment va se passer la reprise, je suis d\u2019avis qu\u2019il ne faut pas se pr\u00e9cipiter pour ce deuxi\u00e8me volet. Mais ce n\u2019est pas interdit d\u2019y penser et de r\u00e9fl\u00e9chir aux investissements qui seraient les plus intelligents pour le d\u00e9veloppement futur de la Suisse. L\u2019Union europ\u00e9enne a lib\u00e9r\u00e9 des fonds pour des plans d\u2019investissement de ce type, les USA ont aussi un gros programme pour le moyen terme. Ce pourrait \u00eatre quelque chose d\u2019int\u00e9ressant pour la Suisse si les taux restent n\u00e9gatifs. Pas un plan global de relance keynesien, mais quelque chose de cibl\u00e9 sur les infrastructures \u2013 je pense particuli\u00e8rement aux \u00e9nergies renouvelables. Cela permettrait de red\u00e9marrer l\u2019\u00e9conomie pour au moins les dix prochaines ann\u00e9es. Lancer une r\u00e9flexion sur cette question serait de toute fa\u00e7on int\u00e9ressant. Donc pour la suite, je dirais: \u00e0 discuter! <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 2008, la dette avait mauvaise r\u00e9putation: les organisations internationales, le FMI par exemple, faisaient pression sur des pays comme la Gr\u00e8ce pour qu\u2019ils adoptent des plans d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et effacent &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":825,"featured_media":11753,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[36,42194],"tags":[41],"class_list":{"0":"post-11864","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-economie","8":"category-no-77","9":"tag-sonia-arnal"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11864","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/825"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11864"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11864\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11753"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11864"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11864"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11864"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}