{"id":11559,"date":"2020-12-15T08:13:49","date_gmt":"2020-12-15T06:13:49","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=11559"},"modified":"2020-12-10T17:48:03","modified_gmt":"2020-12-10T15:48:03","slug":"sous-les-paves-le-clic","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/sous-les-paves-le-clic\/","title":{"rendered":"Sous les pav\u00e9s, le clic"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Du climat \u00e0 la lutte contre le racisme, de nombreux mouvements sociaux et politiques se d\u00e9veloppent sur les r\u00e9seaux sociaux. Gr\u00e2ce \u00e0 eux, il est devenu tr\u00e8s facile d\u2019exprimer son soutien \u00e0 une cause. Trop facile? Des militantes, un \u00e9tudiant et des scientifiques de l\u2019UNIL livrent leurs \u00e9clairages sur la mobilisation \u00e0 coups de hashtags.<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"489\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/slack_76_1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11655\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/slack_76_1.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/slack_76_1-425x260.jpg 425w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/slack_76_1-768x469.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption>Manifestation du mouvement \u00abFridays for Future\u00bb \u00e0 Hambourg, le 21 f\u00e9vrier 2020. Les r\u00e9seaux sociaux font aujourd\u2019hui partie des outils utilis\u00e9s par les militants.\n\u00a9Lars Berg\/LAIF-REA<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Automne 2020. Des rubans roses colonisent des photos de profil, sur Facebook, pour marquer un mois de sensibilisation au cancer du sein. Le 1<sup>er<\/sup> octobre, Instagram et Twitter se parent de bleu clair et du <em>hashtag <\/em>(mot-cl\u00e9) <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"#FreeUyghurs\" target=\"_blank\">#FreeUyghurs<\/a>. Le d\u00e9put\u00e9 europ\u00e9en Rapha\u00ebl Glucksmann attire ainsi l\u2019attention sur le sort de cette minorit\u00e9 majoritairement musulmane, en Chine. Le 21 septembre, alors que des militants pour le climat s\u2019installent sur la Place f\u00e9d\u00e9rale \u00e0 Berne, #RiseUpForChange surgit dans les tendances suisses de Twitter. Le 2 juin, des millions d\u2019utilisateurs d\u2019Instagram publient des carr\u00e9s noirs sur leurs comptes. Il s\u2019agissait du <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"#blackouttuesday\" target=\"_blank\">#blackouttuesday<\/a>, lanc\u00e9 au sein de l\u2019industrie musicale am\u00e9ricaine en lien avec le mouvement Black Lives Matter, et en cons\u00e9quence de la mort de George Floyd, tu\u00e9 par un policier \u00e0 Minneapolis quelques jours plus t\u00f4t. Cette succession de mobilisations donne un peu le tournis.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9tudiant de <em>bachelor<\/em> \u00e0 la Facult\u00e9 des sciences sociales et politiques, Matthias Glaus anime le compte Instagram parodique <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.instagram.com\/bmeme_1\/\" target=\"_blank\">@bmeme_1<\/a>, avec quelques condisciples en cursus de m\u00e9decine <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=11582\">(lire l&rsquo;entretien)<\/a>. En r\u00e9action \u00e0 l\u2019irruption des carr\u00e9s noirs de juin, cette \u00e9quipe a concoct\u00e9 un message critique, sous le titre \u00abLes mouvements Instagram en g\u00e9n\u00e9ral\u00bb. On y voit d\u2019un c\u00f4t\u00e9 les gens \u00abactivement antiracistes\u00bb (qualifi\u00e9s \u00abd\u2019utiles et de productifs\u00bb), de l\u2019autre les personnes qui satisfont leur \u00abbonne conscience\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-3 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"583\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/slack_76_2.jpg\" alt=\"\" data-id=\"11656\" data-full-url=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/slack_76_2.jpg\" data-link=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/slack_76_2\/\" class=\"wp-image-11656\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/slack_76_2.jpg 583w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/slack_76_2-189x260.jpg 189w\" sizes=\"auto, (max-width: 583px) 100vw, 583px\" \/><figcaption class=\"blocks-gallery-item__caption\">#FreeUyghurs, lanc\u00e9 par Rapha\u00ebl Glucksmann.<\/figcaption><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"625\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/slack_76_4.jpg\" alt=\"\" data-id=\"11658\" data-full-url=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/slack_76_4.jpg\" data-link=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/slack_76_4\/\" class=\"wp-image-11658\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/slack_76_4.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/slack_76_4-333x260.jpg 333w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/slack_76_4-768x600.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"blocks-gallery-item__caption\">#metoo, avec le tweet d\u2019Alyssa Milano.<\/figcaption><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"544\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/slack_76_3.jpg\" alt=\"\" data-id=\"11657\" data-full-url=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/slack_76_3.jpg\" data-link=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/slack_76_3\/\" class=\"wp-image-11657\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/slack_76_3.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/slack_76_3-382x260.jpg 382w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/slack_76_3-768x522.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/slack_76_3-135x93.jpg 135w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"blocks-gallery-item__caption\">Le tweet de Michelle Obama au sujet de l\u2019enl\u00e8vement des lyc\u00e9ennes de Chibok en 2014. <\/figcaption><\/figure><\/li><\/ul><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Slacktivisme<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00abIl est na\u00eff de penser que la publication de carr\u00e9s noirs, ou de tout contenu de ce type, puisse produire des r\u00e9sultats, soutient Matthias Glaus, 20 ans. Je pense que cet activisme en ligne est non seulement inutile, mais n\u00e9faste. Ma g\u00e9n\u00e9ration utilise de plus en plus les r\u00e9seaux sociaux&#8230; et vote de moins en moins, ce qui ralentit le rythme des changements sociaux.\u00bb L\u2019\u00e9tudiant d\u00e9crit ici l\u2019effet de \u00absubstitution\u00bb, d\u00e9crit dans une \u00e9tude (<em>Schumann<\/em> et <em>Klein<\/em>, 2015.<sup>1)<\/sup> <em>La bibliographie en bas de cette page)<\/em>. Les formes d\u2019engagement \u00e0 bas co\u00fbt, comme l\u2019\u00e9mission d\u2019un message, une photo de profil mise aux couleurs d\u2019une cause voire le fait d\u2019\u00abaimer\u00bb un contenu, suffisent \u00e0 satisfaire le besoin d\u2019implication des individus. Appel\u00e9 <em>slacktivisme<\/em> (de <em>slacker<\/em>, soit \u00abfain\u00e9ant\u00bb dans la langue de Mark Zuckerberg), ce ph\u00e9nom\u00e8ne suscite des critiques depuis une d\u00e9cennie, notamment de la part du chercheur Evgeny Morozov et du journaliste au <em>New Yorker<\/em> Malcolm Gladwell.<\/p>\n\n\n\n<p>Si elles entendent la remarque au sujet de l\u2019hypocrisie, Arta Shala et Laurie Homeyer se montrent bien plus optimistes que Matthias Glaus. Ces \u00e9tudiantes sont actives au sein de l\u2019association<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.instagram.com\/amnesty_hel\/\" target=\"_blank\"> Amnesty International UNIL-EPFL<\/a>. \u00abTout type d\u2019engagement est utile lorsqu\u2019il s\u2019agit de lutter contre les discriminations, pose Arta Shala, dipl\u00f4m\u00e9e de <em>bachelor<\/em> de la Facult\u00e9 des sciences sociales et politiques. Une publication sur son compte priv\u00e9, sur un r\u00e9seau social, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 un pas en avant, notamment pour des personnes qui ne peuvent pas en faire davantage.\u00bb Pour sa cons\u0153ur Laurie Homeyer, \u00e9tudiante en m\u00e9decine de 3<sup>e<\/sup> ann\u00e9e, \u00abl\u2019apparition de ces carr\u00e9s noirs suscite la curiosit\u00e9 et donne envie de se renseigner au sujet du mouvement Black Lives Matter. Les simples faits de transmettre l\u2019information ou d\u2019ouvrir des discussions \u00e0 ce sujet avec des amis constituent des formes de mobilisation.\u00bb Sur son compte Instagram (aujourd&rsquo;hui devenu <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.instagram.com\/amnesty_hel\/\" target=\"_blank\">@amnesty_hel<\/a>), l\u2019association a suivi les mouvements #blackouttuesday et #FreeUyghurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Professeure \u00e0 la Facult\u00e9 des g\u00e9osciences et de l\u2019environnement, Julia Steinberger affiche ses convictions progressistes sur son compte Twitter<a href=\"https:\/\/twitter.com\/JKSteinberger\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"> (@JKSteinberger)<\/a>, tr\u00e8s suivi. On y trouve notamment la mention BLM, pour Black Lives Matter. Cette sp\u00e9cialiste du climat estime que \u00ables r\u00e9seaux sociaux permettent \u00e0 des revendications sociales de devenir universellement acceptables, au point que des individus prennent sur eux d\u2019afficher publiquement leur soutien. M\u00eame si cela peut para\u00eetre superficiel, je pense que le r\u00e9sultat est positif. Ces gestes individuels symboliques comptent.\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"401\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/JuliaSteinberger_76.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11612\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/JuliaSteinberger_76.jpg 401w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/JuliaSteinberger_76-174x260.jpg 174w\" sizes=\"auto, (max-width: 401px) 100vw, 401px\" \/><figcaption>Julia Steinberger. Professeure \u00e0 l\u2019Institut de g\u00e9ographie et durabilit\u00e9 (Facult\u00e9 des g\u00e9osciences et de l\u2019environnement).\nNicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Cr\u00e9er l\u2019\u00e9v\u00e9nement<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au milieu de l\u2019apr\u00e8s-midi du 1<sup>er<\/sup> octobre 2020, le nombre de publications en lien avec #FreeUyghurs augmentait de 1000 par minute sur Instagram. Codirecteur du Laboratoire de cultures, soci\u00e9t\u00e9s et humanit\u00e9s num\u00e9riques (Facult\u00e9 des sciences sociales et politiques), Boris Beaude observe avec int\u00e9r\u00eat le d\u00e9veloppement de tels ph\u00e9nom\u00e8nes. \u00abLes <em>hashtags<\/em> li\u00e9s \u00e0 des causes cr\u00e9ent des micro-\u00e9v\u00e9nements en permanence, \u00e0 un rythme bien plus soutenu que celui des manifestations et, lorsqu\u2019ils sont partag\u00e9s, ces <em>tags<\/em> produisent du commun et contribuent \u00e0 la visibilit\u00e9 de causes \u00e9mergentes.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Professeur \u00e0 l\u2019Institut d\u2019\u00e9tudes politiques (Facult\u00e9 des sciences sociales et politiques), Olivier Fillieule \u00e9tudie \u2013 entre autres \u2013 la sociologie des mouvements sociaux et le militantisme. Le chercheur rappelle d\u2019abord l\u2019importance prise par les r\u00e9seaux sociaux lors des r\u00e9volutions arabes, comme par exemple l\u2019occupation de la place Tahrir au Caire en 2011, ou du parc Taksim Gezi \u00e0 Istanbul en \u00e9t\u00e9 2013. Il s\u2019est \u00e9galement int\u00e9ress\u00e9 de pr\u00e8s aux Gilets Jaunes. \u00abLeur mouvement est n\u00e9 en ligne, avant de cristalliser puis de se traduire sur le terrain. Toutefois, le moment de la mobilisation, sur Facebook par exemple, est d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pass\u00e9 lors du premier appel aux blocages le 17 novembre 2018. \u00bb Ainsi, pour Olivier Fillieule, \u00ab les r\u00e9seaux sociaux ont beau \u00eatre des innovations technologiques profondes et transformatrices, ils demeurent des outils. Ils sont extr\u00eamement utiles, mais ne sont pas forc\u00e9ment n\u00e9cessaires au passage \u00e0 l\u2019action.\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le sociologue pointe un autre aspect: les mouvements en ligne inversent la logique qui pr\u00e9valait dans le monde d\u2019avant. \u00abLa pr\u00e9paration d\u2019un \u00e9v\u00e9nement tel que la <em>March on Washington<\/em> du 28 ao\u00fbt 1963, lors duquel Martin Luther King a pris la parole, a demand\u00e9 plusieurs ann\u00e9es. Le travail pr\u00e9alable de collation des ressources et des soutiens a \u00e9t\u00e9 \u00e9norme.\u00bb Aujourd\u2019hui, \u00abvous pouvez mettre ensemble dans la rue des masses de gens qui ne se connaissent pas, qui n\u2019ont jamais collabor\u00e9 et qui ne savent pas ce que pensent les autres!\u00bb Si le ph\u00e9nom\u00e8ne prend, \u00abc\u2019est l\u00e0 que le travail de mobilisation commence pour les organisateurs. Ce qui est aussi difficile qu\u2019enthousiasmant.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"399\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/olivier_fillieule_76.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11636\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/olivier_fillieule_76.jpg 600w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/olivier_fillieule_76-391x260.jpg 391w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption>Olivier Fillieule. Professeur \u00e0 l\u2019Institut d\u2019\u00e9tudes politiques (Facult\u00e9 des sciences sociales et politiques).\n\u00a9 Hughes Siegenthaler pour LIVES<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Continuum de participation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9tudes men\u00e9es sur les Gilets Jaunes<sup>1)<\/sup>, sur les ronds-points et le Net, ont montr\u00e9 que les personnes actives en ligne se rendent aussi souvent aux manifestations. \u00abQuand il devient trop \u201cchaud\u201d d\u2019\u00eatre pr\u00e9sent sur le terrain, lors d\u2019affrontements par exemple, certains militants rentrent chez eux pour continuer leur lutte sur Facebook\u00bb, ajoute Olivier Fillieule.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette circulation des personnes de la rue \u00e0 l\u2019\u00e9cran et r\u00e9ciproquement, sans coupure nette, correspond \u00e0 la th\u00e8se du \u00abcontinuum de participation politique\u00bb, d\u00e9velopp\u00e9e notamment par James Dennis (Universit\u00e9 de Portsmouth). Une id\u00e9e \u00e0 laquelle adh\u00e8re le chercheur de l\u2019UNIL. Pour ce dernier, la notion de <em>slacktivisme<\/em>, qui distingue l\u2019activisme en ligne des autres formes d\u2019engagement, et cr\u00e9e ainsi deux cat\u00e9gories de militants, serait un refus de ce continuum. Une opposition qui ne date pas d\u2019hier. \u00abNous entendions des critiques analogues dans les ann\u00e9es 60 et 70, lorsqu\u2019il fallait s\u00e9parer le passage \u00e0 l\u2019action violente de tout le reste. L\u2019id\u00e9e qu\u2019un bon citoyen, produit de la d\u00e9mocratie participative, puisse aussi bien d\u00e9filer pacifiquement que lancer des pav\u00e9s \u00e9tait insupportable. Les casseurs, il fallait que ce soit d\u2019autres gens.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un registre plus pacifique, mais toujours sur le continuum, les membres de l\u2019association Amnesty International UNIL-EPFL utilisent les r\u00e9seaux sociaux pour afficher leur soutien \u00e0 des causes, mais agissent aussi sur le terrain, en organisant \u00e9v\u00e9nements et conf\u00e9rences au sujet des migrants ou des peuples indig\u00e8nes du Br\u00e9sil, des ateliers antisexisme ou encore des r\u00e9coltes de signatures dans la rue. \u00abCe n\u2019est pas comme si nous ne faisions rien d\u2019autre que de cliquer!\u00bb, rel\u00e8vent Arta Shala et Laurie Homeyer.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Hi\u00e9rarchie de l\u2019engagement<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00abL\u2019un des aspects qui me g\u00eane dans le <em>slacktivisme<\/em>, c\u2019est que cette notion cr\u00e9e une hi\u00e9rarchie de l\u2019engagement, note Boris Beaude. Au pinacle tr\u00f4nerait le fait de se mettre en danger physiquement, alors m\u00eame que la capacit\u00e9 de l\u2019affrontement des forces de l\u2019ordre ou des gr\u00e8ves de la faim \u00e0 changer effectivement le monde n\u2019est jamais assur\u00e9e.\u00bb En cela, le professeur rejoint le sociologue Geoffroy de Lagasnerie<sup>1)<\/sup>. Ce dernier estime que la manifestation, en France, est devenue un \u00abrituel\u00bb pour la gauche. Il s\u2019agirait d\u2019une forme d\u2019expression et non plus d\u2019action, d\u2019o\u00f9 son inefficacit\u00e9 croissante, en comparaison avec des m\u00e9thodes directes comme le sauvetage des migrants en M\u00e9diterran\u00e9e ou la lib\u00e9ration d\u2019animaux d\u2019\u00e9levage.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, \u00abaffirmer que l\u2019activisme en ligne ne comporte aucun danger est r\u00e9ducteur. Dans une soci\u00e9t\u00e9 cliv\u00e9e, et sur des sujets devenus tr\u00e8s sensibles tels que le f\u00e9minisme, le changement climatique ou la chloroquine, vous pouvez vous exposer \u00e0 des repr\u00e9sailles par un simple <em>like<\/em>\u00bb, ajoute Boris Beaude. En soutenant publiquement une cause, le risque est marginalement physique, mais il peut \u00eatre plus important que la participation anonyme \u00e0 une manifestation.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"401\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/BorisBeaude_76.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11590\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/BorisBeaude_76.jpg 401w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/BorisBeaude_76-174x260.jpg 174w\" sizes=\"auto, (max-width: 401px) 100vw, 401px\" \/><figcaption>Boris Beaude. Codirecteur du Laboratoire de cultures, soci\u00e9t\u00e9s et humanit\u00e9s num\u00e9riques (Facult\u00e9 des sciences sociales et politiques).\nNicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Militants de pixels<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Matthias Glaus a d\u2019autres critiques \u00e0 formuler. Pour lui, la diffusion de messages engag\u00e9s sur les r\u00e9seaux sociaux proc\u00e8de de la vertu ostentatoire. \u00abIl s\u2019agit, \u00e0 coups de clics, de cr\u00e9er une image id\u00e9ale de soi-m\u00eame. Or, la figure du militant est dans l\u2019air du temps. La publication d\u2019un carr\u00e9 noir rel\u00e8ve donc du conformisme. Je vais plus loin: si vous ne partagez pas ce contenu, vous vous exposez \u00e0 des accusations de racisme.\u00bb Olivier Fillieule s\u2019accorde sur ce dernier point: \u00abD\u00e8s que vous n\u2019arborez pas les signes d\u2019un mouvement, vous devenez suspect d\u2019en \u00eatre un opposant. Les <em>hashtags<\/em> qui circulent fonctionnent comme autant d\u2019incitations \u00e0 se positionner.\u00bb Pour le sociologue, le d\u00e9sir d\u2019unanimisme \u00abest fondamental dans les communaut\u00e9s en ligne. Le fait de ne pas \u00eatre d\u2019accord avec le groupe se traduit souvent par des exclusions.\u00bb Sur une page Facebook tenue par des Gilets Jaunes, Olivier Fillieule a ainsi constat\u00e9 d\u2019importants clivages lorsque les membres ont \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s \u00e0 se positionner dans le cadre de l\u2019affaire Adama Traor\u00e9, du nom d\u2019un jeune homme mort apr\u00e8s son interpellation en 2016.<\/p>\n\n\n\n<p>La professeure Julia Steinberger t\u00e9moigne d\u2019une tout autre approche. \u00abL\u2019\u00e9l\u00e9ment le plus risqu\u00e9 qui se trouve sur mon profil Twitter, c\u2019est&#8230; mon nom. En ligne, je me suis offert le luxe d\u2019\u00eatre une personne compl\u00e8te, avec une vie, des amis, un employeur et des opinions. J\u2019affiche clairement la couleur: je suis une professionnelle et une citoyenne et je refuse de s\u00e9parer les deux.\u00bb Au-del\u00e0, la coauteure du sixi\u00e8me rapport d\u2019\u00e9valuation du GIEC souhaite \u00abque la science pr\u00e9sente un visage humain. En montrant que je ne suis pas un robot mais une personne authentique, j\u2019ai l\u2019espoir de rendre les critiques moins d\u00e9shumanisantes. C\u2019est important dans mon domaine de recherche, qui fait l\u2019objet de violentes attaques!\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Sur les r\u00e9seaux sociaux, il est fr\u00e9quent de se casser le nez sur des personnes qui affichent clairement leurs convictions, sous la forme d\u2019une ribambelle de <em>hashtags<\/em> ou de pictogrammes. Ces signes poss\u00e8dent l\u2019avantage de faciliter le dialogue avec les personnes du m\u00eame avis, tout en constituant \u00e0 la fois une carapace et un \u00e9tendard en cas de conflit avec des opposants.<\/p>\n\n\n\n<p>Au niveau collectif, la succession rapide des mobilisations en ligne donne une impression de volatilit\u00e9. \u00abRassurez-vous, la situation \u00e9tait similaire dans les ann\u00e9es 70. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, de nouvelles luttes apparaissaient sans cesse, notamment sur des sujets internationaux. Ces derniers ne font plus gu\u00e8re bouger les gens aujourd\u2019hui\u00bb, rappelle Olivier Fillieule.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Prison logarithmique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9seaux sociaux poss\u00e8dent des biais qui leur sont propres. Il y a dix ans, Eli Pariser d\u00e9veloppait le concept de \u00abbulle de filtre\u00bb. Cet \u00abenfermement algorithmique\u00bb, comme le d\u00e9crit Boris Beaude, est un ph\u00e9nom\u00e8ne tr\u00e8s r\u00e9pandu. Au fur et \u00e0 mesure qu\u2019on les utilise, Facebook, YouTube ou Instagram nous mettent automatiquement en pr\u00e9sence de contenus s\u00e9lectionn\u00e9s pour correspondre \u00e0 nos go\u00fbts et \u00e0 nos int\u00e9r\u00eats suppos\u00e9s. De plus, il est extr\u00eamement facile de \u00abfaire dispara\u00eetre\u00bb quelqu\u2019un dont les opinions nous d\u00e9plaisent.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 titre prophylactique, Boris Beaude sugg\u00e8re donc de se cr\u00e9er artificiellement \u00abde l\u2019alt\u00e9rit\u00e9\u00bb, sur les r\u00e9seaux sociaux, en suivant des m\u00e9dias ou des personnes qui \u00e9mettent des opinions diff\u00e9rentes. Une telle pr\u00e9caution aurait peut-\u00eatre \u00e9vit\u00e9 \u00e0 une certaine \u00e9lite am\u00e9ricaine d\u2019\u00eatre totalement surprise par l\u2019\u00e9lection de Donald Trump en 2016, ainsi que le d\u00e9crit de mani\u00e8re hilarante Bret Easton Ellis dans <em>White<\/em>.<sup>1)<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p><strong>#astroturfing<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un autre ph\u00e9nom\u00e8ne pr\u00e9occupe davantage Boris Beaude. \u00abL\u2019engagement sur les r\u00e9seaux sociaux demande certes peu d\u2019efforts \u00e0 titre individuel, mais il peut d\u00e9ployer des effets puissants au niveau collectif. Dans ce cas, le risque de manipulation devient r\u00e9el.\u00bb Le chercheur d\u00e9crit ici l\u2019<em>astroturfing<\/em>, soit la cr\u00e9ation de toutes pi\u00e8ces d\u2019un mouvement en ligne, qu\u2019il s\u2019agisse au final de semer la division parmi des populations, de s\u2019en prendre \u00e0 des personnalit\u00e9s, voire de tenter de provoquer des \u00e9meutes.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, des scientifiques de l\u2019Universit\u00e9 Brown de Providence (USA) ont analys\u00e9 6,5 millions de tweets publi\u00e9s dans les jours qui pr\u00e9c\u00e9daient et qui suivaient l\u2019annonce du retrait des \u00c9tats-Unis de l\u2019Accord de Paris sur le climat, le 1<sup>er<\/sup> juin 2017. Un quart des messages \u00e9mis au sujet des changements climatiques ou de l\u2019accord avaient \u00e9t\u00e9 \u00e9mis automatiquement par des <em>bots<\/em> (des logiciels qui contr\u00f4lent l\u2019activit\u00e9 de comptes Twitter cr\u00e9\u00e9s dans un but pr\u00e9cis). Ces contenus \u00e9taient largement climatosceptiques ou critiques envers les scientifiques. En cons\u00e9quence, les utilisateurs du r\u00e9seau ont vu d\u00e9ferler, pendant quelques jours, des tweets favorables \u00e0 la d\u00e9cision de Donald Trump. Si la mobilisation num\u00e9rique n\u2019avait aucun impact, m\u00eame minime, personne ne perdrait son temps \u00e0 mettre sur pied de telles campagnes. La Russie, mais aussi l\u2019industrie du tabac ou p\u00e9troli\u00e8re, sont r\u00e9guli\u00e8rement accus\u00e9es d\u2019organiser des op\u00e9rations d\u2019<em>astroturfing<\/em> de mani\u00e8re professionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le milieu des ann\u00e9es 2000, le discours dominant sur les m\u00e9dias sociaux \u00e9tait optimiste. Ces derniers allaient permettre aux populations de s\u2019exprimer plus librement et ainsi provoquer des changements sociaux importants. Un peu plus tard, le scepticisme a pris le dessus avec l\u2019arriv\u00e9e du concept de <em>slacktivisme<\/em>. Depuis, de nombreuses \u00e9tudes contradictoires \u00e0 ce sujet ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es<sup>1)<\/sup>. Aujourd\u2019hui, alors que des mouvements massifs se d\u00e9veloppent en ligne, l\u2019int\u00e9r\u00eat de les manipuler augmente. \u00c0 titre d\u2019antidote, Laurie Homeyer rappelle la n\u00e9cessit\u00e9 \u00abd\u2019\u00eatre curieux, de se poser des questions et de chercher de l\u2019information\u00bb, avant de prendre part d\u2019un clic \u00e0 une mobilisation en ligne. En effet, \u00abnous arrivons \u00e0 un moment o\u00f9 l\u2019authenticit\u00e9 de l\u2019expression sur les r\u00e9seaux sociaux devient un probl\u00e8me, souligne Boris Beaude. Mais soyons optimistes! J\u2019esp\u00e8re que cela va obliger nos d\u00e9mocraties \u00e0 se montrer encore plus exemplaires dans leur projet: d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats du plus grand nombre. Cela constituerait un bel exemple de sortie par le haut.\u00bb \/<\/p>\n\n\n\n<p>Bibliographie<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Critique de l\u2019activisme en ligne<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>From slacktivism to activism.<\/em> Par Evgeny Morozov. Foreign Policy (5 septembre 2009) &#8211; <a href=\"https:\/\/foreignpolicy.com\/2009\/09\/05\/from-slacktivism-to-activism\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/foreignpolicy.com\/2009\/09\/05\/from-slacktivism-to-activism\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><em>Small Change. Why the revolution will not be tweeted.<\/em> Par Malcolm Gladwell. The New Yorker (27 septembre 2010) &#8211; <a href=\"https:\/\/www.newyorker.com\/magazine\/2010\/10\/04\/small-change-malcolm-gladwell\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/www.newyorker.com\/magazine\/2010\/10\/04\/small-change-malcolm-gladwell<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><em>White.<\/em> Par Bret Easton Ellis. Robert Laffont (2019), 314 p.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Au sujet des gilets jaunes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Enqu\u00eater in situ par questionnaire sur une mobilisation en cours : une \u00e9tude sur les Gilets jaunes<\/em>. Par le Collectif d\u2019enqu\u00eate sur les Gilets jaunes. Revue fran\u00e7aise de science politique, 2019, n\u00b05, Vol. 69, pages 869 \u00e0 892 &#8211; <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-francaise-de-science-politique-2019-5-page-869.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/www.cairn.info\/revue-francaise-de-science-politique-2019-5-page-869.htm<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mai 68, que sont devenus les militants<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Changer le monde, changer sa vie. Enqu\u00eate sur les militantes et les militants des ann\u00e9es 1968 en France.<\/em> Sous la dir. d\u2019Olivier Fillieule, Sophie B\u00e9roud, Camille Masclet et Isabelle Sommier, avec le collectif Sombrero. Actes Sud (2018), 1118 p.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lecture propos\u00e9e par Olivier Fillieule<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Twitter and Tear Gas.<\/em> Par Zeynep Tufekci. Yale University Press (2017), 360 p. &#8211; <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Twitter_and_Tear_Gas\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Twitter_and_Tear_Gas<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le continuum de participation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Beyond Slacktivism. Political Participation on Social Media.<\/em> Par James Dennis. Palgrave (2018). <a href=\"https:\/\/www.palgrave.com\/gp\/book\/9783030008437\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/www.palgrave.com\/gp\/book\/9783030008437<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Etude critique, au sujet de l\u2019effet de substitution<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Substitute or stepping stone&nbsp;? Assessing the impact of low-threshold online collective actions on offline participation.<\/em> Par Sandy Schumann et Olivier Klein. European Journal of Social Psychology, Eur. J. Soc. Psychol. 45, 308\u2013322 (2015) &#8211; <a href=\"https:\/\/onlinelibrary.wiley.com\/doi\/abs\/10.1002\/ejsp.2084\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/onlinelibrary.wiley.com\/doi\/abs\/10.1002\/ejsp.2084<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Revue de la litt\u00e9rature scientifique au sujet du slacktivisme. Fournit de nombreuses r\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>The psychology of online activism and social movements: relations between online and offline collective action.<\/em> Par Hedy Greijdanus, Carlos A de Matos Fernandes, Felicity Turner-Zwinkels, Ali Honari, Carla A Roos, Hannes Rosenbusch and Tom Postmes. Current Opinion in Psychology (2020). &#8211; <a href=\"https:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/pii\/S2352250X20300324\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/pii\/S2352250X20300324<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La Russie et Facebook (astroturfing)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Is Russian Meddling as Dangerous as We Think?<\/em> Par Joshua Yaffa. The New Yorker, 7 septembre 2020. &#8211; <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.newyorker.com\/magazine\/2020\/09\/14\/is-russian-meddling-as-dangerous-as-we-think\" target=\"_blank\">https:\/\/www.newyorker.com\/magazine\/2020\/09\/14\/is-russian-meddling-as-dangerous-as-we-think<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du climat \u00e0 la lutte contre le racisme, de nombreux mouvements sociaux et politiques se d\u00e9veloppent sur les r\u00e9seaux sociaux. 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