{"id":11533,"date":"2020-12-15T08:25:13","date_gmt":"2020-12-15T06:25:13","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=11533"},"modified":"2020-12-10T17:46:05","modified_gmt":"2020-12-10T15:46:05","slug":"la-moitie-des-maladies-infectieuses-sont-dorigine-animale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/la-moitie-des-maladies-infectieuses-sont-dorigine-animale\/","title":{"rendered":"La moiti\u00e9 des maladies infectieuses sont d&rsquo;origine animale"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Des chauves-souris \u00e0 l\u2019humain, en passant probablement par le pangolin: le coronavirus qui est apparu il y a environ un an est un nouvel exemple de ces infections qui nous sont transmises par les animaux. Ces zoonoses sont aussi vieilles que l\u2019humanit\u00e9, mais elles sont d\u00e9sormais de plus en plus nombreuses \u00e0 \u00e9merger.<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"601\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/zoonoses_76_1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11666\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/zoonoses_76_1.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/zoonoses_76_1-346x260.jpg 346w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/zoonoses_76_1-768x577.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption>Pangolin. Ce mammif\u00e8re menac\u00e9, contamin\u00e9 par le virus provenant d\u2019une chauve-souris, est suspect\u00e9 d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 le vecteur de la Covid-19.\n\u00a9 2630ben \/ iStock by Getty<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Rep\u00e9r\u00e9 en Chine \u00e0 la fin de 2019, le coronavirus SRAS-CoV-2 s\u2019est rapidement r\u00e9pandu \u00e0 la surface de la plan\u00e8te, provoquant les d\u00e9g\u00e2ts sanitaires et \u00e9conomiques que l\u2019on sait. Pour tragique qu\u2019elle soit, la situation n\u2019est pas nouvelle. R\u00e9guli\u00e8rement, des virus, bact\u00e9ries ou parasites h\u00e9berg\u00e9s par des animaux franchissent la barri\u00e8re des esp\u00e8ces et contaminent des \u00eatres humains, provoquant ce que l\u2019on nomme des zoonoses. On estime d\u2019ailleurs que \u00abla moiti\u00e9 des maladies infectieuses sont d\u2019origine animale\u00bb, pr\u00e9cise le professeur Gilbert Greub, directeur de l\u2019Institut de microbiologie de l\u2019UNIL et chef du service de microbiologie m\u00e9dicale du CHUV.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>De l\u2019animal \u00e0 l\u2019humain<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La transmission du microbe entre les esp\u00e8ces animales et humaines peut emprunter diverses voies. Dans certains cas, un individu (ou plusieurs) est contamin\u00e9 directement apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 \u00e0 un \u00abr\u00e9servoir\u00bb. On nomme ainsi les animaux qui h\u00e9bergent des agents pathog\u00e8nes sans \u00eatre malades pour autant. \u00abLes principaux sont les rats et les chauve-souris, qui ont de solides d\u00e9fenses immunitaires, ainsi que les primates, qui sont nos proches cousins. Mais il peut s\u2019agir aussi de chats, de chiens, de moutons, de ch\u00e8vres, de poulets, etc.\u00bb, pr\u00e9cise Gilbert Greub.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Entre le r\u00e9servoir et nous, un \u00abvecteur\u00bb peut servir d\u2019h\u00f4te interm\u00e9diaire. Ce r\u00f4le est tr\u00e8s souvent jou\u00e9 par les moustiques et les tiques, mais il peut \u00eatre tenu par un autre animal. Dans le cas de la Covid-19, on soup\u00e7onne fortement le pangolin, contamin\u00e9 par le virus provenant d\u2019une chauve-souris, d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 le vecteur de la maladie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un m\u00eame animal, plusieurs bact\u00e9ries<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"401\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/GilbertGreub_76.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11608\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/GilbertGreub_76.jpg 401w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/GilbertGreub_76-174x260.jpg 174w\" sizes=\"auto, (max-width: 401px) 100vw, 401px\" \/><figcaption>Gilbert Greub. Directeur de l\u2019Institut de microbiologie de l\u2019UNIL et chef du service de microbiologie m\u00e9dicale du CHUV.\nNicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>La contamination elle-m\u00eame peut se faire par piq\u00fbre, lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un moustique, par morsure, par griffure ou par exposition \u00e0 l\u2019urine ou aux selles du r\u00e9servoir ou du vecteur. \u00abUn chat peut ainsi transmettre la bact\u00e9rie <em>Pasteurella<\/em> <em>multocida<\/em> en mordant, le bacille <em>Bartonella henselae<\/em> en griffant et par le truchement de ses puces, ou le parasite <em>Toxoplasma gondii<\/em> (responsable de la toxoplasmose) par ses excr\u00e9ments, indique le professeur. Ce qui montre qu\u2019un m\u00eame animal peut transmettre des pathog\u00e8nes diff\u00e9rents et de diverses mani\u00e8res.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le microbe peut aussi se transmettre par le biais de l\u2019inhalation de fines particules (les a\u00e9rosols) \u00e9mises par les fientes de certains oiseaux, notamment les perruches et les perroquets. \u00abEn voyant le perroquet de La Castafiore, le capitaine Haddock \u00e9tait inquiet d\u2019attraper la psittacose. \u00c0 juste titre, car cette maladie est due \u00e0 la bact\u00e9rie <em>Chlamydia psittaci<\/em> que l\u2019on retrouve dans les excr\u00e9ments de ce type de volatiles\u00bb, remarque le microbiologiste qui est aussi tintinophile.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, il arrive que l\u2019on contracte une zoonose par le biais de l\u2019alimentation, par exemple \u00aben mangeant du poisson cru, susceptible de transmettre des parasites, comme le ver <em>Diphyllobothrium latum<\/em>, ou en consommant un tartare de b\u0153uf qui peut contenir le ver <em>Taenia saginata.<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois log\u00e9 dans l\u2019organisme d\u2019un individu, le microorganisme se transmet, plus ou moins ais\u00e9ment, d\u2019une personne \u00e0 l\u2019autre. Il peut le faire par l\u2019interm\u00e9diaire des a\u00e9rosols (pour les maladies respiratoires), du sang et\/ou des rapports sexuels (Sida, h\u00e9patite B), de l\u2019urine et des excr\u00e9ments (fi\u00e8vre h\u00e9morragique Ebola), de la salive (\u00abmaladie du baiser\u00bb due au virus Eptein-Barr) ou de contacts avec une surface contamin\u00e9e. C\u2019est alors que d\u00e9marre l\u2019\u00e9pid\u00e9mie, qui parfois se transforme en pand\u00e9mie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le saut de la barri\u00e8re des esp\u00e8ces<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Comment se fait-il qu\u2019une bact\u00e9rie ou un virus, inoffensif pour le r\u00e9servoir ou le vecteur, devienne pathog\u00e8ne quand il p\u00e9n\u00e8tre notre organisme? \u00ab\u00c0 vrai dire, on ne sait pas vraiment, r\u00e9pond le microbiologiste. Il est possible que certains microbes aient d\u00e9j\u00e0 un pouvoir pathog\u00e8ne quand ils sont h\u00e9berg\u00e9s par un animal, lequel arrive \u00e0 s\u2019en d\u00e9fendre et \u00e0 survivre.\u00bb Ensuite, au gr\u00e9 de ses mutations, le microorganisme gagne ou perd en virulence.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela dit, dans certains cas, comme dans celui de la grippe aviaire A\/H5N1, transmise par le poulet et qui a s\u00e9vi en Asie en 2005, le virus a subi un \u00abr\u00e9assortiment de son g\u00e9nome. Il renferme sept fragments d\u2019ADN et il suffit que l\u2019un de ceux-ci mute pour que son patrimoine g\u00e9n\u00e9tique se r\u00e9organise, ce qui lui permet de franchir la barri\u00e8re des esp\u00e8ces.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/zoonoses_76_2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11667\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/zoonoses_76_2.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/zoonoses_76_2-347x260.jpg 347w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/12\/zoonoses_76_2-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption>Grand rhinolophe. La famille des chauves-souris fer \u00e0 cheval, \u00e0 laquelle appartient cet insectivore, est un r\u00e9servoir de coronavirus.\n\u00a9 Rudmer Zwerver \/ Shutterstock<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Strat\u00e9gies virales<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les virus ont ceci de particulier qu\u2019ils sont incapables de vivre seuls. Pour se reproduire, ils doivent utiliser la machinerie cellulaire d\u2019un animal ou d\u2019un humain. Ce n\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement pas le cas des bact\u00e9ries qui peuvent vivre de mani\u00e8re ind\u00e9pendante, \u00ab\u00e0 l\u2019exception de certaines bact\u00e9ries intracellulaires comme la Rickettsie, la Coxiella ou de la Chlamydia qui, comme les virus, ont besoin de cellules pour se multiplier\u00bb, explique le professeur de l\u2019UNIL.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois qu\u2019ils ont p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans une cellule d\u2019un individu, les virus int\u00e8grent donc leur g\u00e9nome \u00e0 celui de leur h\u00f4te. \u00abCertains sont malins, constate Gilbert Greub. Ils ne se multiplient pas et restent en \u00e9tat de latence. C\u2019est le cas du virus de la varicelle, qui peut \u00eatre r\u00e9activ\u00e9 des ann\u00e9es plus tard et provoquer alors un zona.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres au contraire prolif\u00e8rent, \u00abadoptant la strat\u00e9gie du \u201c<em>hit and run<\/em>\u201d, ce qui signifie qu\u2019en se r\u00e9pliquant rapidement et massivement, ils d\u00e9truisent la cellule qui les h\u00e9bergeait; ils doivent alors aller chercher une nouvelle niche pour prolif\u00e9rer.\u00bb Ce faisant, ils provoquent des d\u00e9g\u00e2ts dans l\u2019organisme de la personne qu\u2019ils ont infect\u00e9e et qu\u2019ils finissent m\u00eame parfois par tuer.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le rythme s\u2019acc\u00e9l\u00e8re<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les zoonoses sont aussi vieilles que l\u2019humanit\u00e9 et leur apparition a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 favoris\u00e9e par la s\u00e9dentarisation et la domestication des animaux. L\u2019histoire est donc riche de grandes \u00e9pid\u00e9mies qui ont fait des ravages. Les si\u00e8cles pass\u00e9s ont notamment connu la peste, le typhus et le paludisme (toujours end\u00e9mique en Afrique). Depuis la fin du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, d\u2019autres maladies infectieuses ont \u00e9merg\u00e9. Certaines, comme le sida et les h\u00e9patites, se sont r\u00e9pandues \u00e0 la surface du globe. D\u2019autres sont rest\u00e9es localis\u00e9es \u00e0 un seul continent: l\u2019Asie, pour la grippe aviaire A\/H5N1 et le SRAS, l\u2019Afrique, pour Ebola. Parfois, un seul pays a \u00e9t\u00e9 touch\u00e9. C\u2019est le cas des \u00c9tats-Unis \u00abo\u00f9 le virus de l\u2019enc\u00e9phalite \u00e9quine, qui s\u00e9vit depuis l\u2019\u00e9t\u00e9 2019, pr\u00e9sente une mortalit\u00e9 chez l\u2019humain d\u2019environ 39% (il y a eu 15 d\u00e9c\u00e8s sur 38 cas document\u00e9s).\u00bb De nouvelles zoonoses apparaissent donc sans cesse, mais le rythme auquel elles \u00e9mergent s\u2019acc\u00e9l\u00e8re. Au point que Gilbert Greub estime \u00abque l\u2019on d\u00e9couvre maintenant une nouvelle maladie infectieuse presque chaque ann\u00e9e\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Regain d\u2019int\u00e9r\u00eat pour les balades en for\u00eat<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cela le microbiologiste voit plusieurs causes, toutes li\u00e9es \u00e0 nos modes de vie (<em>lire l\u2019article p. 21<\/em>). Dans nos contr\u00e9es, remarque-t-il, \u00abon assiste \u00e0 un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat pour les balades en for\u00eat et en montagne qui nous mettent en contact avec des tiques\u00bb. En outre, la mode est \u00e0 la possession d\u2019animaux de compagnie d\u2019origine exotique, comme des rats, des tortues, des serpents, des l\u00e9zards ou des oiseaux venant de loin qui peuvent \u00abprovoquer des maladies que l\u2019on ne connaissait pas avant\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cela s\u2019ajoute l\u2019intensification de l\u2019\u00e9levage. \u00abAux Pays-Bas, la production \u00e0 outrance de ch\u00e8vres et de moutons a produit un cocktail explosif qui a conduit \u00e0 une vaste \u00e9pid\u00e9mie de fi\u00e8vre Q.\u00bb Entre 2009 et 2012, quatre mille N\u00e9erlandais ont en effet \u00e9t\u00e9 affect\u00e9s par cette infection due \u00e0 <em>Coxiella<\/em>, \u00abque l\u2019on attrape au contact de ch\u00e8vres et de moutons, pr\u00e9cise le m\u00e9decin-chercheur. Quelques cas d\u2019infections humaines ont d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 aussi document\u00e9s dans Lavaux en 2012, suite \u00e0 l\u2019infection de plusieurs centaines de moutons.\u00bb Depuis, la maladie est de d\u00e9claration obligatoire et Gilbert Greub, qui est \u00e9galement infectiologue, g\u00e8re le centre de r\u00e9f\u00e9rence national qui d\u00e9livre \u00e0 la fois des conseils diagnostiques et th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, les \u00eatres humains ne cessent de modifier les \u00e9cosyst\u00e8mes naturels. Tout particuli\u00e8rement dans les r\u00e9gions tropicales qui abritent la plus grande biodiversit\u00e9 animale. La d\u00e9forestation, les grands travaux dans la for\u00eat, la cr\u00e9ation de zones suburbaines, etc. mettent les habitants en contact avec des animaux sauvages qu\u2019ils n\u2019avaient pas l\u2019habitude de c\u00f4toyer auparavant.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019impact du r\u00e9chauffement climatique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9chauffement climatique a aussi sa part de responsabilit\u00e9, car il modifie la r\u00e9partition des vecteurs. Il permet \u00e0 certains d\u2019entre eux, habitu\u00e9s aux r\u00e9gions chaudes, de migrer vers le nord ou de coloniser des r\u00e9gions plus vastes en s\u2019\u00e9tendant \u00e0 des altitudes plus \u00e9lev\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Gilbert Greub cite en exemple les tiques <em>Ixodes ricinus<\/em>, porteuses de bact\u00e9ries apparent\u00e9es aux <em>Chlamydia<\/em>, mais \u00e9galement vecteurs de la maladie de Lyme et du virus de l\u2019enc\u00e9phalite \u00e0 tiques. \u00abEn neuf ans, la proportion du territoire suisse sur lequel on trouve ces tiques est pass\u00e9e de 16% \u00e0 25% (<em>voir carte ci-dessous)<\/em>, car l\u2019\u00e9l\u00e9vation des temp\u00e9ratures leur permet de survivre entre 1000 et 1500 m\u00e8tres d\u2019altitude.\u00bb On a aussi vu appara\u00eetre r\u00e9cemment en Suisse de nouveaux genres, dont le <em>Rhipicephalus<\/em>, qui est le vecteur de l\u2019agent de la fi\u00e8vre boutonneuse m\u00e9diterran\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n<p>Le constat est le m\u00eame pour <em>Aedes albopictus<\/em>, le moustique tigre, qui transmet la dengue, le chikungunya et l\u2019infection au virus Zika. \u00abVenu de Madagascar, il est arriv\u00e9 en Italie, puis dans le sud de la France et, en 2019, on l\u2019a retrouv\u00e9 sur le pourtour du L\u00e9man et en Valais. Le vecteur est donc l\u00e0, m\u00eame si l\u2019on ne sait pas encore s\u2019il est porteur des virus responsables de ces maladies.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9l\u00e9vation de la temp\u00e9rature affecte aussi les glaciers et l\u2019on peut craindre \u00abqu\u2019en fondant, des glaces du permafrost am\u00e8nent dans l\u2019eau de source des virus encore inconnus\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>On ne voit que la pointe de l\u2019iceberg<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les nouveaux microbes pathog\u00e8nes sont souvent d\u00e9couverts \u00e0 l\u2019occasion d\u2019\u00e9pid\u00e9mies. Certes, celles-ci sont plus \u00e9troitement surveill\u00e9es que par le pass\u00e9 et \u00abl\u2019on dispose maintenant d\u2019outils qui nous permettent d\u2019identifier les microbes et de pr\u00e9ciser les maladies auxquelles ils sont associ\u00e9s\u00bb, constate Gilbert Greub.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les chercheurs, les m\u00e9decins et les industries pharmaceutiques \u00absont aussi de mieux en mieux arm\u00e9s pour d\u00e9velopper rapidement des tests de diagnostic et de nouveaux traitements, ainsi que pour lancer des essais cliniques sur des candidats-vaccins, comme on le voit avec la Covid-19. Investir dans l\u2019\u00e9ducation et la science reste donc le meilleur moyen de faire face aux menaces actuelles ou futures.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Car menaces il y a bel et bien. Nul ne sait combien de microbes peuplent la terre, ni lesquels sont potentiellement pathog\u00e8nes. \u00abOn ne voit que la pointe d\u2019un iceberg dont on n\u2019a aucune id\u00e9e de la taille\u00bb, souligne le microbiologiste. Dans ces conditions, peut-on craindre qu\u2019un jour, l\u2019humanit\u00e9 soit d\u00e9cim\u00e9e par un pathog\u00e8ne? Sans exclure totalement cette possibilit\u00e9, Gilbert Greub ne le pense pas. Il constate \u00abque les humains ont toujours v\u00e9cu avec des microbes qui sont apparus sur terre il y a 3 \u00e0 4 milliards d\u2019ann\u00e9es, soit bien avant les hominid\u00e9s\u00bb. En outre, remarque-t-il, \u00abplus l\u2019agent pathog\u00e8ne est dangereux, plus on intensifie les mesures destin\u00e9es \u00e0 s\u2019en prot\u00e9ger. Il y aura donc toujours une part de la population humaine qui va survivre.\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Article suivant: <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=11535\">\u00abNos modes de vie contribuent \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de ce type de maladies\u00bb<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des chauves-souris \u00e0 l\u2019humain, en passant probablement par le pangolin: le coronavirus qui est apparu il y a environ un an est un nouvel exemple de ces infections qui nous &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":825,"featured_media":11666,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[42189,718,42193,8732],"tags":[44],"class_list":{"0":"post-11533","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-diaporama","8":"category-nature","9":"category-no-76","10":"category-sante","11":"tag-elisabeth-gordon"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11533","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/825"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11533"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11533\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11666"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11533"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11533"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11533"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}