{"id":11431,"date":"2020-08-21T08:17:23","date_gmt":"2020-08-21T06:17:23","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=11431"},"modified":"2020-09-02T11:08:28","modified_gmt":"2020-09-02T09:08:28","slug":"je-reve-eveille-et-cest-une-maladie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/je-reve-eveille-et-cest-une-maladie\/","title":{"rendered":"Je r\u00eave \u00e9veill\u00e9 et c&rsquo;est une maladie"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Daniela Jopp, professeure associ\u00e9e \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne, se bat pour la reconnaissance d\u2019un nouveau syndrome: la r\u00eaverie diurne compulsive. Les personnes atteintes ne peuvent s\u2019emp\u00eacher de se jouer dans leur t\u00eate des films dans lesquels elles ont le beau r\u00f4le \u2013 et ce durant des heures et des heures chaque jour.&nbsp; &nbsp; <\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/07\/reves_75_1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11355\" width=\"426\" height=\"600\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/07\/reves_75_1.jpg 426w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/07\/reves_75_1-185x260.jpg 185w\" sizes=\"auto, (max-width: 426px) 100vw, 426px\" \/><figcaption>Dans leur t\u00eate, les personnes atteintes de maladaptive daydreaming jouent des films dans lesquels elles ont le beau r\u00f4le. \u00a9Anne Bory<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00c9videmment, il nous arrive \u00e0 tous de r\u00eaver \u00e9veill\u00e9s. Nous nous repassons le film de cette conversation o\u00f9 nous avons perdu nos nerfs, de cet examen oral o\u00f9 nous avons manqu\u00e9 de vivacit\u00e9 d\u2019esprit, souvent pour leur donner une issue plus positive que dans la r\u00e9alit\u00e9. Mais ces \u00e9pisodes sont totalement ma\u00eetris\u00e9s et ne durent que quelques minutes.<\/p>\n\n\n\n<p>Daniela Jopp, professeure associ\u00e9e \u00e0 l\u2019Institut de psychologie de la Facult\u00e9 des sciences sociales et politiques de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne (UNIL), a mis le doigt par hasard sur une autre forme de r\u00eave \u00e9veill\u00e9, totalement diff\u00e9rente. Car cette scientifique est sp\u00e9cialis\u00e9e dans les parcours de vie et le tr\u00e8s grand \u00e2ge. Mais lors d\u2019un s\u00e9jour comme professeure assistante \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Fordham (NY), Daniela Jopp rencontre une \u00e9tudiante en psychologie qui veut se lancer dans une recherche qui la concerne directement. Jayne Bigelsen souffre de r\u00eaverie diurne compulsive (<em>maladaptive daydreaming<\/em> selon la terminologie en cours dans le monde acad\u00e9mique) et souhaite mieux comprendre ce syndrome mal document\u00e9. \u00abIl y a deux \u00e9coles, celle qui estime qu\u2019il n\u2019est pas souhaitable de mener des \u00e9tudes sur une pathologie dont on souffre, une autre qui d\u00e9fend que personne n\u2019est mieux plac\u00e9 pour la comprendre qu\u2019un chercheur qui la vit\u00bb, explique la professeure. La jeune femme se lance donc, et Daniela Jopp se trouve embarqu\u00e9e dans l\u2019aventure, qui l\u2019occupe aujourd\u2019hui encore.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un ami imaginaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Concr\u00e8tement, qu\u2019est-ce que cette r\u00eaverie compulsive? \u00abSouvent, elle commence tout petit, raconte Daniela Jopp. D\u2019ailleurs presque tous les enfants font des r\u00eaves \u00e9veill\u00e9s, et nombre d\u2019entre eux s\u2019inventent un ami imaginaire qu\u2019ils int\u00e8grent dans les aventures qu\u2019ils vivent dans leur t\u00eate et qui les soutient dans les moments difficiles \u00e9motionnellement, par exemple. Un bambin timide peut se donner du courage pour aborder ses pairs en s\u2019appuyant sur cet ami.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mais en grandissant, presque tout le monde abandonne ce compagnon et les aventures qui vont avec. Pas les r\u00eaveurs compulsifs comme Jayne Bigelsen, l\u2019\u00e9tudiante de Daniela Jopp, qui toute petite inventait des suites et de nouveaux \u00e9pisodes aux dessins anim\u00e9s qu\u2019elle regardait \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. Elle n\u2019a jamais cess\u00e9, notamment en classe dans les moments d\u2019ennui, ou plus tard avec des amis: d\u00e9crocher de la r\u00e9alit\u00e9 pour suivre sa s\u00e9rie dans sa t\u00eate est devenu un ph\u00e9nom\u00e8ne qu\u2019elle ne contr\u00f4lait plus, ou difficilement.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/07\/DanielaJopp_75.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11314\" width=\"400\" height=\"600\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/07\/DanielaJopp_75.jpg 400w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/07\/DanielaJopp_75-173x260.jpg 173w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><figcaption>Daniela Jopp. Professeure associ\u00e9e \u00e0 l\u2019Institut de psychologie (Facult\u00e9 des sciences sociales et politiques).\nNicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Des r\u00eaves tr\u00e8s coh\u00e9rents dont on est le h\u00e9ros<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00abLa plupart des personnes concern\u00e9es par la r\u00eaverie diurne cr\u00e9ent des univers tr\u00e8s complets, avec des personnages r\u00e9currents, explique Cindy Roth, \u00e9tudiante lausannoise qui a consacr\u00e9 son travail de <em>Master<\/em> en psychologie \u00e0 ce syndrome. Les sagas sont parfaitement coh\u00e9rentes et peuvent durer des ann\u00e9es et des ann\u00e9es, elles sont d\u00e9velopp\u00e9es, peaufin\u00e9es.\u00bb Bref, c\u2019est aussi d\u00e9taill\u00e9, construit et long que des s\u00e9ries TV comme <em>Game of Thrones<\/em> ou <em>La Casa del Papel<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, le r\u00eaveur a un r\u00f4le de premier plan dans son sc\u00e9nario: il est celui dont on n\u2019attendait rien mais qui sauve la situation au dernier moment, le g\u00e9nie m\u00e9connu qui a un plan pour prot\u00e9ger ses amis d\u2019un danger, bref un vrai h\u00e9ros. \u00abSouvent ces personnes sont socialement en retrait et n\u2019osent pas aborder les autres, ou sont angoiss\u00e9es face \u00e0 l\u2019inconnu, ne se sentent pas assez reconnues dans la vraie vie, et ces histoires r\u00eav\u00e9es o\u00f9 elles ma\u00eetrisent la situation tout en \u00e9chappant \u00e0 leurs difficult\u00e9s sont un moyen de g\u00e9rer leur stress, leur \u00e9motivit\u00e9.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un truc de sc\u00e9nariste<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans un premier temps, cette fa\u00e7on de r\u00eaver leurs ennuis peut donc sembler positive: c\u2019est une forme de strat\u00e9gie d\u2019adaptation qui aide les r\u00eaveurs \u00e9veill\u00e9s \u00e0 surmonter le moment p\u00e9nible qu\u2019ils vivent. Mais \u00e0 moyen et long terme, c\u2019est plus un probl\u00e8me qu\u2019une solution, puisqu\u2019ils n\u2019affrontent jamais leurs difficult\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains mettent n\u00e9anmoins \u00e0 profit cette particularit\u00e9 dans leur travail, en devenant des professionnels: des auteurs ou des sc\u00e9naristes qui ont ce syndrome s\u2019inspirent beaucoup de ce qui se passe dans leur t\u00eate pour cr\u00e9er des personnages de fiction et les sagas qu\u2019ils leur font vivre \u00e0 l\u2019\u00e9cran ou dans leurs livres. Avec succ\u00e8s et reconnaissance populaire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une aide pour composer des musiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Autre exemple dans un genre diff\u00e9rent avec une jeune Anglaise d\u2019une dizaine d\u2019ann\u00e9es, auteure d\u2019op\u00e9ra et de musique. Alma Deutscher entend plusieurs compositeurs dans sa t\u00eate, qui, chacun dans sa sp\u00e9cialit\u00e9, l\u2019aident \u00e0 \u00e9crire ses \u0153uvres.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abC\u2019est une fa\u00e7on positive de g\u00e9rer ce syndrome, analyse Daniela Jopp. \u00c7a se passe tr\u00e8s bien dans ce cas parce qu\u2019elle a autour d\u2019elle des parents et une structure qui lui permettent d\u2019exploiter \u00e0 la fois son talent pour la composition et son syndrome. Elle a notamment des profs priv\u00e9s et n\u2019est pas forc\u00e9e de s\u2019int\u00e9grer dans une organisation scolaire rigide o\u00f9 ses r\u00eaves pourraient poser probl\u00e8me.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des r\u00eaveurs passent 40 \u00e0 60% de temps de veille dans leur t\u00eate&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans la plupart des cas pourtant, cette particularit\u00e9 s\u2019apparente plus \u00e0 un handicap qu\u2019\u00e0 un don de cr\u00e9atif. Il y a d\u2019abord la tentation de passer de plus en plus de temps dans ce monde parall\u00e8le o\u00f9 on a la ma\u00eetrise sur ce qui advient, avec le risque de zapper la r\u00e9alit\u00e9. \u00abEt plus ils fuient dans leurs histoires, moins la gestion de leurs \u00e9motions dans la vraie vie s\u2019am\u00e9liore\u00bb, analyse la chercheuse. L\u00e0, c\u2019est le cercle vicieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains de ces r\u00eaveurs compulsifs en arrivent \u00e0 passer 40 \u00e0 60% de leur temps de veille dans la s\u00e9rie qui se joue dans leur t\u00eate. Difficile avec une occupation aussi chronophage de garder un m\u00e9tier ou de r\u00e9ussir ses \u00e9tudes, de maintenir une vie sociale et un cercle d\u2019amis. \u00c0 terme, on se retrouve plus ou moins avec les m\u00eames probl\u00e8mes que rencontrent les patients qui souffrent d\u2019addiction \u2013 c\u2019en est d\u2019ailleurs une.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Perte de contr\u00f4le et honte<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00eaveurs compulsifs n\u2019en arrivent pas tous \u00e0 de telles extr\u00e9mit\u00e9s, mais nombreux sont ceux qui souffrent de cette particularit\u00e9, qu\u2019\u00e0 de rares exceptions pr\u00e8s, ils n\u2019arrivent pas \u00e0 contr\u00f4ler: \u00abIl existe le cas d\u2019un Monsieur qui a d\u00e9cid\u00e9 de consacrer une heure chaque jour de sa vie \u00e0 sa saga, raconte Daniela Jopp. Son entourage le sait, c\u2019est un moment ritualis\u00e9 qu\u2019il s\u2019accorde en s\u2019isolant du reste du monde. Il g\u00e8re et vit \u00e7a tr\u00e8s bien.\u00bb Pour l\u2019essentiel des personnes atteintes, il y a perte de contr\u00f4le et souvent de la honte \u2013 c\u2019est en cela qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une pathologie. Car dans un premier temps, la r\u00eaverie n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9e par celui qui la subit comme un probl\u00e8me, m\u00eame si c\u2019est toujours perturbant de se sentir diff\u00e9rent des autres. Mais entre la difficult\u00e9 \u00e0 g\u00e9rer le ph\u00e9nom\u00e8ne, \u00e0 mener de front sa s\u00e9rie imaginaire et sa vraie vie, et le constat que les difficult\u00e9s que l\u2019on fuit en s\u2019\u00e9vadant dans sa r\u00eaverie ne se r\u00e9solvent pas par ce proc\u00e9d\u00e9, au contraire, une souffrance se d\u00e9veloppe.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Syndrome mal diagnostiqu\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Consulter un sp\u00e9cialiste de la sant\u00e9 mentale quand on perd le contr\u00f4le ou souffre trop n\u2019apporte de loin pas toujours l\u2019aide esp\u00e9r\u00e9e: \u00abLes r\u00eaveurs compulsifs sont souvent mal diagnostiqu\u00e9s, explique Daniela Jopp, ne serait-ce que parce que le syndrome est peu connu. On pense souvent qu\u2019ils sont schizophr\u00e8nes, alors qu\u2019ils savent tr\u00e8s bien qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un r\u00eave \u00e9veill\u00e9 et qu\u2019ils le dirigent, ils n\u2019entendent pas des voix qui leur donnent des ordres ou qui prennent possession d\u2019eux. On les soup\u00e7onne aussi r\u00e9guli\u00e8rement d\u2019avoir un Trouble du d\u00e9ficit de l\u2019attention, parce qu\u2019\u00e9videmment c\u2019est tr\u00e8s difficile pour eux de garder le focus sur un cours ou un livre \u2013 d\u00e8s qu\u2019ils s\u2019ennuient, ils ont tendance \u00e0 partir dans leur r\u00eave. Enfin, on les range dans la cat\u00e9gorie des troubles dissociatifs de la personnalit\u00e9, puisqu\u2019ils vivent dans deux r\u00e9alit\u00e9s, avec diff\u00e9rents r\u00f4les.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le syndrome est peu connu en effet \u2013 il n\u2019est d\u2019ailleurs pour l\u2019instant pas reconnu par les instances qui \u00e9tablissent un catalogue des pathologies mentales et de leurs sympt\u00f4mes, comme le DSM <em>(Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders)<\/em> de l\u2019association am\u00e9ricaine des psychiatres. Trouver un financement pour poursuivre des recherches, ce qui permettrait pr\u00e9cis\u00e9ment d\u2019en savoir plus et de d\u00e9crire tr\u00e8s scientifiquement ce syndrome, est donc tr\u00e8s difficile.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un mal encore peu \u00e9tudi\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour l\u2019heure, peu d\u2019universitaires ont donc men\u00e9 des \u00e9tudes sur ces r\u00eaveurs. On ne sait pas vraiment quel type de th\u00e9rapie peut leur venir en aide efficacement. \u00abUn clinicien isra\u00e9lien, Eli Somer, travaille avec des patients qui en souffrent et \u00e9labore un protocole th\u00e9rapeutique, explique Daniela Jopp. Mais il travaille dans un contexte particulier, il faudrait plus de chercheurs qui se plongent dans cette th\u00e9matique \u2013 tout reste \u00e0 faire, notamment \u00e9laborer une m\u00e9thodologie pour d\u00e9crire pr\u00e9cis\u00e9ment le syndrome.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les chercheurs passent souvent par des forums cr\u00e9\u00e9s et aliment\u00e9s par les \u00abmalades\u00bb eux-m\u00eames pour entrer en contact avec eux. On y trouve des t\u00e9moignages, des strat\u00e9gies et des solutions empiriques d\u00e9velopp\u00e9es par les r\u00eaveurs compulsifs pour vivre le mieux possible malgr\u00e9 leur s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9 dans la t\u00eate \u2013 c\u2019est d\u2019ailleurs souvent en <em>googlisant<\/em> leurs sympt\u00f4mes que ces personnes tombent sur ces groupes et d\u00e9couvrent qu\u2019elles ne sont pas seules et qu\u2019il s\u2019agit bien d\u2019une pathologie.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abC\u2019est d\u00e9j\u00e0 un tr\u00e8s grand soulagement de pouvoir mettre un nom sur ce qu\u2019ils vivent et de ne plus \u00eatre totalement isol\u00e9s\u00bb, souligne Cindy Roth. Laquelle a rencontr\u00e9 nombre de personnes concern\u00e9es lors de la recherche men\u00e9e pour son <em>Master<\/em>. Elle en conclut que \u00abtous n\u2019ont pas le m\u00eame rapport \u00e0 cette particularit\u00e9. Beaucoup en souffrent, voudraient que \u00e7a s\u2019arr\u00eate, ou en tout cas voudraient pouvoir contr\u00f4ler le ph\u00e9nom\u00e8ne, mais c\u2019est une partie de leur identit\u00e9, et ils y sont attach\u00e9s. Ils ne voudraient pas non plus que \u00e7a disparaisse totalement et perdre tous ces personnages avec lesquels ils vivent depuis longtemps. Leur r\u00eaverie est une part importante d\u2019eux-m\u00eames. C\u2019est donc un rapport tr\u00e8s ambivalent avec ce syndrome.\u00bb \/<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Daniela Jopp, professeure associ\u00e9e \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne, se bat pour la reconnaissance d\u2019un nouveau syndrome: la r\u00eaverie diurne compulsive. Les personnes atteintes ne peuvent s\u2019emp\u00eacher de se jouer dans &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":825,"featured_media":11356,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[42191,8732],"tags":[41],"class_list":{"0":"post-11431","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-no-75","8":"category-sante","9":"tag-sonia-arnal"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11431","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/825"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11431"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11431\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11356"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11431"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11431"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11431"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}