{"id":11429,"date":"2020-08-21T08:18:24","date_gmt":"2020-08-21T06:18:24","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=11429"},"modified":"2020-09-02T11:08:05","modified_gmt":"2020-09-02T09:08:05","slug":"le-debat-sans-fin-de-lexperimentation-animale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/le-debat-sans-fin-de-lexperimentation-animale\/","title":{"rendered":"Le d\u00e9bat sans fin de l&rsquo;exp\u00e9rimentation animale"},"content":{"rendered":"\n<p><em>En 2022 probablement, les Suisses voteront \u00e0 nouveau au sujet de l\u2019exp\u00e9rimentation animale. Dans un ouvrage r\u00e9cent, une chercheuse de l\u2019UNIL met en perspective une controverse qui dure depuis des d\u00e9cennies. Son \u00e9tude offre un recul bienvenu, avant une campagne qui s\u2019annonce vive.<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/07\/experimentation_75_1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11317\" width=\"600\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/07\/experimentation_75_1.jpg 600w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/07\/experimentation_75_1-390x260.jpg 390w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption>D\u00e9p\u00f4t de l\u2019initiative \u00abOui \u00e0 l\u2019interdiction de l\u2019exp\u00e9rimentation animale et humaine \u2013 oui aux approches de recherche qui favorisent la s\u00e9curit\u00e9 et le progr\u00e8s\u00bb. Les Suisses pourraient voter sur ce sujet en 2022. \u00a9 Peter Klaunzer\/Keystone<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>L\u2019exp\u00e9rimentation animale constitue-t-elle un moyen de faire progresser la m\u00e9decine, ou, au contraire, s\u2019agit-il de maltraitance? Ces arguments oppos\u00e9s referont surface lors de la campagne en vue de la votation sur l\u2019initiative \u00abOui \u00e0 l\u2019interdiction de l\u2019exp\u00e9rimentation animale et humaine \u2013 Oui aux approches de recherche qui favorisent la s\u00e9curit\u00e9 et le progr\u00e8s\u00bb, d\u00e9pos\u00e9e le 18 mars 2019. Ce texte, que le Conseil f\u00e9d\u00e9ral recommande de rejeter, se trouve dans les mains du Parlement. Les Suisses pourraient voter en 2022. Ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche \u00e0 l\u2019Observatoire Science, Politique et Soci\u00e9t\u00e9, Fabienne Crettaz von Roten s\u2019est int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 l\u2019histoire de la controverse autour de l\u2019exp\u00e9rimentation animale depuis les ann\u00e9es 50, en Suisse. Elle a rassembl\u00e9 un riche mat\u00e9riel dans un ouvrage paru r\u00e9cemment. Tout en observant une neutralit\u00e9 de math\u00e9maticienne \u2013 une discipline dont elle est docteure \u2013, la chercheuse souhaite \u00abnourrir le d\u00e9bat d\u00e9mocratique que nous allons avoir\u00bb. Son livre fournit \u00abdes cl\u00e9s de r\u00e9flexion aux personnes encore ind\u00e9cises ou en recherche d\u2019informations\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Certes, des soci\u00e9t\u00e9s protectrices des animaux furent cr\u00e9\u00e9es en Suisse au milieu du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle d\u00e9j\u00e0, et les r\u00e9flexions sur l\u2019exp\u00e9rimentation existent depuis longtemps. Ces p\u00e9riodes ont toutefois \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 bien \u00e9tudi\u00e9es, et \u00abau sortir de la Seconde Guerre mondiale, un tournant s\u2019op\u00e8re: la science est favoris\u00e9e puisqu\u2019elle contribue \u00e0 l\u2019industrialisation et \u00e0 la prosp\u00e9rit\u00e9 du pays, et donc <em>in fine<\/em> au bien commun\u00bb, comme l\u2019\u00e9crit Fabienne Crettaz von Roten.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Science triomphante&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte de \u00abscience triomphante\u00bb, deux chercheurs anglais publient en 1959 un ouvrage fondamental, <em>The Principles of Humane Experimental Technique<\/em>. Ce document d\u00e9crit les principes des \u00ab3R\u00bb (<em>remplacement, r\u00e9duction et raffinement, lire en bas de page<\/em>). Ces derniers, qui se sont diffus\u00e9s dans la communaut\u00e9 scientifique au fil des ann\u00e9es, guident et encadrent aujourd\u2019hui de mani\u00e8re obligatoire la recherche sur le mod\u00e8le animal, en Suisse et ailleurs. En effet, ils ont \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9s dans l\u2019Ordonnance sur la protection des animaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es 50 et 60, si des discussions ont lieu parmi les chercheurs et les intellectuels au sujet du mod\u00e8le animal, ce d\u00e9bat est encore tr\u00e8s peu pr\u00e9sent dans les m\u00e9dias, comme l\u2019a constat\u00e9 Fabienne Crettaz von Roten. Dans son ouvrage, la chercheuse rappelle cette phrase pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de l\u2019Expo 64 \u00e0 Lausanne: \u00abL\u2019\u00e9tude et la recherche scientifique libre et d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e assurent le rayonnement spirituel de la Suisse.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8230; et doutes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, un mouvement de fond est en marche. L\u2019anthropocentrisme, qui place l\u2019Homme au sommet de l\u2019\u00e9volution et assigne aux autres \u00eatres vivants le r\u00f4le de servir ses int\u00e9r\u00eats, est battu en br\u00e8che. D\u00e8s les ann\u00e9es 70, l\u2019\u00e9thologie, dont les travaux mettent en lumi\u00e8re le comportement, le psychisme et la conscience d\u2019eux-m\u00eames des animaux, conna\u00eet un essor. Publi\u00e9 en 1975, le livre du philosophe australien Peter Singer, <em>Animal Liberation<\/em>, constitue un jalon de l\u2019antisp\u00e9cisme. Cet auteur \u00e9tend le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 entre Humains aux animaux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abPeter Singer peut \u00eatre qualifi\u00e9 de <em>welfariste<\/em>, nuance Fabienne Crettaz von Roten. Certes, il s\u2019est \u00e9lev\u00e9 contre les exp\u00e9riences inutiles ou cruelles, comme par exemple celles qu\u2019a men\u00e9es Harry Harlow au sujet de l\u2019attachement chez les singes \u00e0 la fin des ann\u00e9es 50. Mais il n\u2019est pas abolitionniste.\u00bb En parall\u00e8le, les revendications pacifistes et f\u00e9ministes prennent de l\u2019ampleur. Les pr\u00e9occupations grandissent au sujet de l\u2019environnement, car plusieurs pollutions spectaculaires marquent les esprits, comme l\u2019accident de Seveso en 1976. En Suisse, la Loi sur la protection des animaux est accept\u00e9e par le peuple deux ans plus tard. Plusieurs scandales autour de l\u2019\u00e9levage industriel choquent les esprits. En 1983, le philosophe Tom Regan publie <em>The Case for Animal Rights<\/em>. Cet auteur pr\u00f4ne le v\u00e9ganisme, rejette la chasse, l\u2019\u00e9levage et l\u2019exp\u00e9rimentation animale.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/07\/FabienneCrettazvonRoten_75.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11319\" width=\"401\" height=\"600\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/07\/FabienneCrettazvonRoten_75.jpg 401w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/07\/FabienneCrettazvonRoten_75-174x260.jpg 174w\" sizes=\"auto, (max-width: 401px) 100vw, 401px\" \/><figcaption>Fabienne Crettaz von Roten. Math\u00e9maticienne. Ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche \u00e0 l\u2019Observatoire Science, Politique et Soci\u00e9t\u00e9 (Facult\u00e9 des sciences sociales et politiques). Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Franz Weber s\u2019en m\u00eale<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans notre pays, ces grands courants se traduisent par une sp\u00e9cialit\u00e9 locale: l\u2019initiative populaire. En 1985, 1992 et 1993, le peuple va s\u2019exprimer trois fois au sujet de l\u2019exp\u00e9rimentation animale, au niveau f\u00e9d\u00e9ral. Si l\u2019initiative abolitionniste \u00abpour la suppression de la vivisection\u00bb, lanc\u00e9e en 1980 par l\u2019association Helvetia Nostra (donc Franz Weber) r\u00e9colte facilement les signatures n\u00e9cessaires, elle est repouss\u00e9e par le peuple \u00e0 71% (et par tous les cantons) le 1<sup>er<\/sup> d\u00e9cembre 1985. Les cartes pr\u00e9sent\u00e9es dans l\u2019ouvrage de Fabienne Crettaz von Roten mettent en lumi\u00e8re un certain <em>r\u00f6stigraben<\/em>. \u00abLes cantons ruraux, catholiques et romands tendent \u00e0 rejeter davantage l\u2019initiative que les cantons urbains, protestants et al\u00e9maniques\u00bb, \u00e9crit la chercheuse. Dans les grandes lignes, le texte s\u00e9duit plut\u00f4t les femmes, les personnes de gauche ou les possesseurs d\u2019animaux domestiques.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, comme le souligne Fabienne Crettaz von Roten, \u00abchaque initiative poss\u00e8de un cadrage diff\u00e9rent\u00bb. Ainsi, un autre texte visant lui une limitation s\u00e9v\u00e8re de l\u2019exp\u00e9rimentation animale est rejet\u00e9 par les Suisses \u00e0 56% en 1992, m\u00eame si trois cantons et demi (tous al\u00e9maniques) l\u2019ont accept\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Trop de votations?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les scrutins s\u2019encha\u00eenent. Au niveau cantonal par exemple, les Zurichois acceptent l\u2019institution d\u2019un avocat des animaux en 1992. L\u2019ann\u00e9e suivante, le peuple rejette \u00e0 nouveau une initiative abolitionniste. N\u2019est-on pas l\u00e0 en pr\u00e9sence d\u2019une strat\u00e9gie d\u2019usure? Fabienne Crettaz von Roten ne le pense pas. \u00abNotre rapport \u00e0 la nature et aux animaux se modifie au fil du temps. Certaines \u00e9missions t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es des ann\u00e9es 70, o\u00f9 l\u2019on pr\u00e9sentait les b\u00e9n\u00e9fices de l\u2019\u00e9levage industriel, font aujourd\u2019hui fr\u00e9mir.\u00bb Ainsi, pour la math\u00e9maticienne, il est sain que la population d\u00e9batte et s\u2019exprime r\u00e9guli\u00e8rement. D\u2019autre part, la Suisse est probablement le seul pays o\u00f9 la population peut voter sur l\u2019exp\u00e9rimentation animale.<\/p>\n\n\n\n<p>Les campagnes d\u2019avant-votation constituent \u00e9galement le bon pr\u00e9texte pour faire le point sur la compr\u00e9hension qui r\u00e8gne (ou non) entre les scientifiques et la soci\u00e9t\u00e9. \u00abPar exemple, certains chercheurs croient que la population est largement hostile \u00e0 l\u2019exp\u00e9rimentation animale, ce qui est faux. Toutefois, il existe une forte diff\u00e9rence d\u2019acceptation entre la recherche men\u00e9e avec des rongeurs ou celle qui implique des chiens ou des singes\u00bb, indique Fabienne Crettaz von Roten.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis les ann\u00e9es 70 en tout cas, les \u00e9volutions juridiques en Suisse tendent vers une r\u00e9glementation de plus en plus stricte de l\u2019exp\u00e9rimentation animale. Il suffit de lire le chapitre 6 de l\u2019Ordonnance sur la protection des animaux (disponible sur admin.ch) pour s\u2019en rendre compte. Ainsi, sous la pression de l\u2019\u00e9volution de la soci\u00e9t\u00e9, la condition des animaux s\u2019am\u00e9liore au fil du temps. Dans certains cas, l\u2019impulsion vient plut\u00f4t du monde scientifique. Ce fut le cas avec les \u00ab3R\u00bb d\u00e8s 1959. \u00abLes travaux de l\u2019\u00e9thologue Frans de Waal sur l\u2019empathie chez les primates ont eu une influence sur notre perception de ces animaux\u00bb, note Fabienne Crettaz von Roten. Parfois en rythme, ou parfois se marchant sur les pieds, la soci\u00e9t\u00e9 et la science co\u00e9voluent.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son ouvrage, l\u2019auteure sort parfois du cadre strict de l\u2019exp\u00e9rimentation animale pour attirer notre attention sur d\u2019autres ph\u00e9nom\u00e8nes. Ainsi, le 7 juin 1998, les Suisses rejettent \u00e0 67% l\u2019initiative \u00abpour la protection de la vie et de l\u2019environnement contre les manipulations g\u00e9n\u00e9tiques (Initiative pour la protection g\u00e9n\u00e9tique)\u00bb. Une campagne \u00ab\u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine\u00bb a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 ce vote, qui marque une \u00e9tape. Pour la premi\u00e8re fois, la communaut\u00e9 scientifique helv\u00e9tique est sortie des laboratoires pour se mobiliser en masse, prix Nobel inclus. La n\u00e9cessit\u00e9 de maintenir un dialogue constant entre la science et la soci\u00e9t\u00e9 n\u2019en est apparue que plus criante.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et pour 2022?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Comment vont se d\u00e9rouler la campagne puis la votation au sujet de l\u2019initiative \u00abOui \u00e0 l\u2019interdiction de l\u2019exp\u00e9rimentation animale et humaine\u00bb? Fabienne Crettaz von Roten attire d\u00e9j\u00e0 l\u2019attention sur le \u00abcadrage\u00bb du texte. Ce dernier pr\u00e9voit l\u2019interdiction de tests sur les \u00eatres humains, sauf tr\u00e8s rares exceptions, ce qui pose la question des \u00e9tudes cliniques. D\u2019autre part, l\u2019importation en Suisse de tous les produits test\u00e9s directement ou indirectement sur des animaux serait proscrite, sauf si ceux-ci sont d\u00e9j\u00e0 en vente. Ces alin\u00e9as rendent cette initiative diff\u00e9rente des autres.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le contexte a \u00e9galement chang\u00e9 depuis les ann\u00e9es 90. \u00abQue va-t-il se passer avec un Parlement o\u00f9 les Verts sont davantage pr\u00e9sents? Ce parti va-t-il s\u2019engager pour l\u2019initiative? Quel r\u00f4le pourrait jouer la Gr\u00e8ve du climat, o\u00f9 convergent plusieurs luttes?\u00bb, s\u2019interroge la math\u00e9maticienne. La mont\u00e9e en puissance des antisp\u00e9cistes depuis la fin des ann\u00e9es 2000, un ph\u00e9nom\u00e8ne scrut\u00e9 dans l\u2019ouvrage de Fabienne Crettaz von Roten, devrait compter. Par le pass\u00e9, les opposants \u00e0 l\u2019exp\u00e9rimentation animale se voyaient reprocher d\u2019avoir l\u2019indignation s\u00e9lective, en s\u2019opposant \u00e0 la recherche sur les souris tout en mangeant de l\u2019agneau. La situation est diff\u00e9rente dans le cas des v\u00e9gans. De plus, la mondialisation apporte un facteur qui n\u2019existait pas il y a quelques d\u00e9cennies. De nos jours, il est en effet possible \u00abd\u2019exporter\u00bb l\u2019exp\u00e9rimentation animale, par exemple en Chine.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, les r\u00e9seaux sociaux am\u00e8nent leur part d\u2019incertitude. Il est possible de trouver, sur le compte d\u2019opposants suisses \u00e0 l\u2019exp\u00e9rimentation, des commentaires qui comparent les chercheurs en biologie aux nazis. Fabienne Crettaz von Roten relativise. \u00abFacebook n\u2019est pas un espace de dialogue, mais le carrefour des biais de confirmation. Les gens s\u2019y rendent pour trouver des avis align\u00e9s au leur. Vous ne convaincrez jamais les extr\u00e9mistes, quel que soit leur bord.\u00bb La chercheuse croit bien davantage \u00e0 la rencontre et aux \u00e9changes, en toute transparence, entre le monde acad\u00e9mique et le public qui cherche \u00e0 s\u2019informer. \/<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/07\/livre_expe\u0301rimentation_75.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11331\" width=\"150\" height=\"234\" \/><figcaption>Exp\u00e9rimentation animale. Par Fabienne Crettaz von Roten. \u00c9ditions Livreo-Alphil (2019), 171 p. Ouvrage num\u00e9rique gratuit gr\u00e2ce au soutien du FNS via alphil.com<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Les 3R, qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e8gles des \u00ab3R\u00bb ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es en 1959 par deux chercheurs, William Russell et Rex Burch, dans <em>The Principles of Humane Experimental Technique<\/em>. Cela implique le remplacement, la r\u00e9duction et le raffinement de l\u2019exp\u00e9rimentation animale. En Suisse, ces principes doivent \u00eatre appliqu\u00e9s par les chercheurs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le remplacement<\/strong> vise \u00e0 obtenir le r\u00e9sultat recherch\u00e9 en l\u2019absence de toute exp\u00e9rience ou intervention scientifique sur l\u2019animal. Cela veut dire qu\u2019une exp\u00e9rience n\u2019est autoris\u00e9e que si les chercheurs font la preuve que le mod\u00e8le animal est indispensable et que des r\u00e9sultats significatifs ne pourraient pas \u00eatre obtenus en recourant \u00e0 une cr\u00e9ature de classe \u00abinf\u00e9rieure\u00bb (des drosophiles au lieu de souris, par exemple). Cette notion recouvre les m\u00e9thodes alternatives, comme l\u2019utilisation de cellules (techniques <em>in vitro<\/em>), la mod\u00e9lisation informatique (<em>in silico<\/em>), etc.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La r\u00e9duction<\/strong> signifie l\u2019obtention d\u2019un niveau d\u2019information comparable \u00e0 partir d\u2019un moindre nombre d\u2019animaux ou \u00e0 obtenir davantage d\u2019informations \u00e0 partir du m\u00eame nombre d\u2019animaux. Le d\u00e9pouillement de la litt\u00e9rature scientifique existante et le recours \u00e0 des statisticiens permettent d\u2019ajuster cette quantit\u00e9 au plus bas.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le raffinement<\/strong>, enfin, recouvre les m\u00e9thodes d\u2019att\u00e9nuation de la souffrance et du stress potentiels ainsi que l\u2019am\u00e9lioration du bien-\u00eatre animal. Cela passe notamment par de bonnes conditions d\u2019h\u00e9bergement, l\u2019utilisation d\u2019antidouleurs ou des techniques d\u2019exp\u00e9rimentation les moins invasives possibles. \/<strong>DS<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2013\u2013\u2013<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Bas\u00e9 \u00e0 Berne, le Swiss 3R Competence Centre (3RCC) promeut la recherche, la formation et la communication dans ce domaine (<em>lire \u00e9galement Allez savoir! 71, janvier 2019<\/em>). <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/une-boussole-pour-lexperimentation-animale\/\" data-type=\"post\" data-id=\"9424\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">swiss3rcc.org<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 2022 probablement, les Suisses voteront \u00e0 nouveau au sujet de l\u2019exp\u00e9rimentation animale. 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