{"id":1099,"date":"2009-04-17T18:57:08","date_gmt":"2009-04-17T16:57:08","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=1099"},"modified":"2018-01-18T16:20:23","modified_gmt":"2018-01-18T14:20:23","slug":"les-experts-a-lausanne-cest-mieux-qua-las-vegas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/les-experts-a-lausanne-cest-mieux-qua-las-vegas\/","title":{"rendered":"Les \u00abExperts\u00bb \u00e0 Lausanne, c\u2019est mieux qu\u2019\u00e0 Las Vegas"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1918\" aria-describedby=\"caption-attachment-1918\" style=\"width: 530px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1918\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2009\/04\/police_sc.jpg\" alt=\"\" width=\"530\" height=\"260\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2009\/04\/police_sc.jpg 530w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2009\/04\/police_sc-300x147.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 530px) 100vw, 530px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1918\" class=\"wp-caption-text\">Felix Imhof \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong><em>Sans rire. Dans la s\u00e9rie TV pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e des Romands, ce sont les criminalistes et les m\u00e9decins- l\u00e9gistes am\u00e9ricains qui jouent les premiers r\u00f4les. Mais dans la vraie vie, les \u00abExperts\u00bb suisses ont, dans certains domaines, dix \u00e0 quinze ans d\u2019avance sur leurs confr\u00e8res \u00e9tatsuniens. Explications, \u00e0 l\u2019occasion des prochains Myst\u00e8res, ces journ\u00e9es portes ouvertes qui se d\u00e9rouleront \u00e0 l\u2019UNIL les 16 et 17 mai 2009.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le criminaliste et le m\u00e9decin-l\u00e9giste. Gil Grissom dans \u00abLes Experts \u00e0 Las Vegas\u00bb, et le Dr Kay Scarpetta, dans les romans de Patricia Cornwell. Dans les s\u00e9ries TV comme dans les romans noirs, ces deux professions sont les vedettes du polar actuel. Dans la r\u00e9alit\u00e9, des l\u00e9gistes et des criminalistes arpentent aussi les couloirs de l\u2019UNIL. Nombre d\u2019entre eux y apprennent leur m\u00e9tier, et les autres s\u2019y perfectionnent.<\/p>\n<p>Mais, dans la vraie vie, ces \u00abExperts\u00bb de Lausanne sont aussi efficaces que les h\u00e9ros de fiction, puisque leurs noms \u2013 quoique moins c\u00e9l\u00e8bres que ceux de Horatio Caine ou de Sara Sidle \u2013 apparaissent dans certaines des affaires criminelles les plus m\u00e9diatiques des derni\u00e8res d\u00e9cennies.<\/p>\n<h2>Convaincant dans l\u2019affaire Gr\u00e9gory<\/h2>\n<p>A Lausanne, l\u2019\u00abExpert\u00bb, c\u2019est d\u2019abord Pierre Margot, le ma\u00eetre de tous les criminalistes. Un scientifique dont le nom est apparu r\u00e9cemment dans les m\u00e9dias fran\u00e7ais et suisses, \u00e0 propos de l\u2019affaire Gr\u00e9gory. Le directeur de l\u2019Ecole des sciences criminelles de l\u2019UNIL a en effet \u00e9t\u00e9 contact\u00e9 par la famille de la victime, qui cherchait une autorit\u00e9 susceptible de dire si cette affaire troublante avait une chance d\u2019\u00eatre enfin r\u00e9solue, gr\u00e2ce aux progr\u00e8s scientifiques.<\/p>\n<p>Les observations du professeur lausannois ont convaincu le juge fran\u00e7ais de rouvrir le dossier Gr\u00e9gory. Mais Pierre Margot garde le silence sur ses conclusions. \u00abJe ne me suis pas exprim\u00e9 dans les m\u00e9dias \u00e0 ce propos. Nous ne prenons jamais position sur les affaires que nous traitons\u00bb, glisse-t-il dans son bureau, o\u00f9 r\u00e9sonne encore l\u2019\u00e9cho t\u00e9l\u00e9phonique des nombreuses \u2013 et vaines \u2013 tentatives de grandes t\u00e9l\u00e9visions fran\u00e7aises, comme TF1 et France 2.<\/p>\n<h2>La mort de Diana et Guant\u00e1namo<\/h2>\n<p>A l\u2019inverse des criminalistes, le m\u00e9decin- l\u00e9giste lausannois Patrice Mangin, actuel patron du Centre universitaire romand de m\u00e9decine l\u00e9gale (CURML), qui rassemble les forces de l\u2019UNIL et de Gen\u00e8ve, ne fuit pas les micros. Comme le professeur Thomas Krompecher, un autre expert lausannois de haut vol, Patrice Mangin est devenu un habitu\u00e9 des interviews sur les sujets sensibles.<\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, \u00e0 titre personnel ou en duo, les experts de l\u2019UNIL Krompecher et Mangin ont en effet contest\u00e9 les conclusions de leurs confr\u00e8res \u00e9trangers dans des affaires aussi explosives que l\u2019accident mortel de la princesse Diana, ou le possible suicide d\u2019un prisonnier y\u00e9m\u00e9nite, dans la prison am\u00e9ricaine de Guant\u00e1namo.<\/p>\n<h2>Le discret et le m\u00e9diatique<\/h2>\n<p>Pourquoi le l\u00e9giste est-il plus m\u00e9diatique que le criminaliste de l\u2019UNIL? \u00abParce que ceux qui viennent nous voir pour nous demander des analyses compl\u00e9mentaires ne sont, en g\u00e9n\u00e9ral, pas contents des enqu\u00eates officielles\u00bb, r\u00e9pond Patrice Mangin.<\/p>\n<p>Et parce que ces mandataires ont int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce que les m\u00e9dias parlent des travaux des experts neutres de l\u2019UNIL. Ce d\u2019autant plus que les Lausannois ont d\u00e9couvert, \u00abbien souvent, que les conclusions de la premi\u00e8re expertise ne sont pas aussi d\u00e9cisives et \u00e9videntes qu\u2019annonc\u00e9. Il y a presque toujours un doute possible.\u00bb<\/p>\n<h2>Les forces des Suisses<\/h2>\n<p>Pierre Margot. Patrice Mangin. Le criminaliste et le l\u00e9giste. Le discret et le m\u00e9diatique. Deux figures de l\u2019UNIL, qui ont en commun d\u2019avoir \u00e9tabli la r\u00e9putation des experts suisses devant les tribunaux du monde entier.<\/p>\n<p>Comment expliquent-ils cette confiance qui leur est si souvent t\u00e9moign\u00e9e? \u00abLe fait d\u2019\u00eatre Suisse, et donc neutre, peut jouer un r\u00f4le dans les affaires sensibles. Il y a aussi un effet boule de neige, notre pr\u00e9sence dans une affaire nous en amenant une autre, parce que quelqu\u2019un nous a d\u00e9couverts sur Internet\u00bb, r\u00e9pond Patrice Mangin.<\/p>\n<h2>Ils apprennent des erreurs des autres<\/h2>\n<p>Cette confiance vient encore saluer une m\u00e9thode helv\u00e9tique. \u00abNous travaillons de mani\u00e8re plus coll\u00e9giale, nous discutons toujours des cas \u00e0 plusieurs, ce qui joue en notre faveur. A l\u2019\u00e9tranger, un l\u00e9giste travaille tr\u00e8s souvent seul et sur beaucoup plus de cas que nous. Du coup, leurs rapports d\u2019autopsie ne sont pas aussi d\u00e9taill\u00e9s que les n\u00f4tres.\u00bb<\/p>\n<p>A Edimbourg, par exemple, il y a deux-trois l\u00e9gistes qui font 1200 autopsies par an. A Los Angeles, ils pratiquent 6-7000 autopsies annuellement, pendant que les l\u00e9gistes l\u00e9maniques assurent, entre autres expertises, 220 autopsies par ann\u00e9e. \u00abNous pouvons travailler plus \u00e0 fond, appr\u00e9cie Patrice Mangin. Et puis, \u00e0 force d\u2019\u00eatre engag\u00e9s comme critiques, nous avons une exp\u00e9rience des cas difficiles. En \u00e9tudiant les erreurs des autres, nous affinons nos propres protocoles.\u00bb<\/p>\n<h2>Seuls dans ces domaines de pointe<\/h2>\n<p>\u00abNous sommes assez seuls \u00e0 pratiquer ce genre de recherches de pointe en sciences criminelles. En Europe, seule l\u2019Ecosse, \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Strathclyde, conna\u00eet un institut comparable \u00e0 celui de l\u2019UNIL\u00bb, ajoute Christophe Champod, qui enseigne notamment les questions d\u2019identification \u00e0 Lausanne.<\/p>\n<p>Suisses, sp\u00e9cialistes et taiseux, ce serait donc la recette lausannoise? Pas seulement. \u00abPierre Margot ne le dira pas, parce qu\u2019il est trop modeste, confie Christophe Champod, mais il faut ajouter qu\u2019il est l\u2019un des scientifiques forensiques les plus r\u00e9put\u00e9s au monde. Il fait partie des grands pontes de ce m\u00e9tier.\u00bb<\/p>\n<h2>L\u2019UNIL, rendez-vous des enqu\u00eateurs europ\u00e9ens<\/h2>\n<p>A Lausanne depuis 1986, Pierre Margot a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une infrastructure pour d\u00e9velopper cette Ecole de sciences criminelles, qui est devenue le lieu de rendez- vous de scientifiques et policiers sp\u00e9cialistes de toute l\u2019Europe. L\u2019enqu\u00eate men\u00e9e \u00e0 Paris sur l\u2019accident mortel de la princesse Diana \u00e9tait, par exemple, confi\u00e9e \u00e0 des gendarmes fran\u00e7ais, qui viennent r\u00e9guli\u00e8rement se former \u00e0 l\u2019UNIL, et sont command\u00e9s par un ancien \u00abLausannois \u00bb. \u00abLors de cet accident, les Fran\u00e7ais ont appliqu\u00e9 une m\u00e9thodologie qu\u2019ils ont apprise ici\u00bb, note Pierre Margot.<\/p>\n<p>Pour autant, ces contacts prestigieux et ces appels \u00e0 travailler sur des faits divers c\u00e9l\u00e8bres ne montent pas \u00e0 la t\u00eate du prof lausannois. \u00abLes affaires ultram\u00e9diatiques ne sont que rarement les plus compliqu\u00e9es \u00e0 r\u00e9soudre. Notre quotidien, ce n\u2019est pas \u00e7a. Et puis, si une recherche d\u00e9bouche sur des m\u00e9thodes qui permettent de r\u00e9soudre 20 \u00e0 30% de plus de cambriolages en Suisse romande, on aura un impact sur la soci\u00e9t\u00e9 nettement plus important.\u00bb<\/p>\n<h2>Ils ont d\u00e9velopp\u00e9 le profilage des drogues<\/h2>\n<p>Peu disert \u00e0 propos des gros coups, le criminaliste lausannois se met plus volontiers \u00e0 table quand il s\u2019agit d\u2019\u00e9voquer des affaires plus difficiles et moins connues. Par exemple cette \u00abtechnique de profilage de drogues comme l\u2019h\u00e9ro\u00efne ou la coca\u00efne\u00bb d\u00e9velopp\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 Lausanne.<\/p>\n<p>Elle offre la possibilit\u00e9, par des analyses chimiques, de mettre en relation les petites quantit\u00e9s de stup\u00e9fiants vendues dans la rue pour, \u00e9ventuellement, remonter \u00e0 des lots importants. Ces recoupements permettent de poursuivre les gros bonnets, et pas seulement de traquer les petits dealers.<\/p>\n<p>\u00abGr\u00e2ce \u00e0 cette m\u00e9thode, une organisation qui se dissimulait derri\u00e8re un trafic important a \u00e9t\u00e9 \u00e9pingl\u00e9e, raconte Pierre Margot. L\u2019enqu\u00eate avait mis en \u00e9vidence des co\u00efncidences troublantes, et nous avons pu accr\u00e9diter l\u2019existence d\u2019une organisation criminelle impliquant une famille. La fili\u00e8re partait d\u2019un h\u00f4tel au Kosovo, passait par des h\u00f4tels en Allemagne et avait des ramifications en Suisse.\u00bb<\/p>\n<p>Les analyses lausannoises ont montr\u00e9 que tout \u00e9tait li\u00e9. \u00abNous avons obtenu que soit appliqu\u00e9e la loi sur les organisations criminelles, une premi\u00e8re pour le Tribunal p\u00e9nal f\u00e9d\u00e9ral, appr\u00e9cie le professeur de l\u2019UNIL. C\u2019est un cas peu spectaculaire. Il n\u2019a pas fait les gros titres des journaux. Et pourtant, il nous a valu d\u2019aller nous expliquer au Tribunal. Et cette nouveaut\u00e9 aura aussi des effets positifs sur la soci\u00e9t\u00e9 bien plus importants que la r\u00e9solution de n\u2019importe quel crime m\u00e9diatique.\u00bb<\/p>\n<h2>Pourquoi les camions br\u00fblent dans les tunnels<\/h2>\n<p>Cela dit, il arrive quand m\u00eame qu\u2019un fait divers racont\u00e9 en premi\u00e8re page des journaux oriente la recherche scientifique dans une direction f\u00e9conde. Ce fut le cas lors des incendies de camions dans les tunnels du Mont-Blanc et du Gothard. L\u00e0, des experts de l\u2019UNIL ont commenc\u00e9 par \u00e9lucider deux \u00e9nigmes relativement simples (comprendre ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9), avant de poursuivre leurs travaux plus en profondeur. \u00abLa r\u00e9p\u00e9tition des accidents, leur similarit\u00e9, ont interpell\u00e9 le groupe de recherche sur les incendies, se souvient Pierre Margot. Que se passait-il? Y avait-il une explication \u00e0 cette s\u00e9rie?\u00bb<\/p>\n<p>Deux chercheurs lausannois, Eric Du Pasquier et Jo\u00eblle Papilloud, ont fini par d\u00e9couvrir que certains camions avaient une faiblesse technique qui n\u2019\u00e9tait pas dangereuse en plaine, mais qui pouvait provoquer un incendie quand le v\u00e9hicule prenait de l\u2019altitude. La recherche, men\u00e9e avec la collaboration des \u00e9tablissements d\u2019assurance incendie, a permis d\u2019alerter les autorit\u00e9s et les constructeurs concern\u00e9s. Et elle a contribu\u00e9 \u00e0 s\u00e9curiser les routes et les tunnels.<\/p>\n<h2>Expert en traces de souliers<\/h2>\n<p>Soudain intarissable \u00e0 propos de ces analyses de l\u2019ombre qui procurent d\u2019importants b\u00e9n\u00e9fices \u00e0 la communaut\u00e9, Pierre Margot va chercher dans sa biblioth\u00e8que un petit ouvrage intitul\u00e9 \u00abTraces de souliers\u00bb, que l\u2019on doit \u00e0 trois criminalistes lausannois.<\/p>\n<p>\u00abQu\u2019est-ce qu\u2019on n\u2019a pas entendu comme plaisanteries \u00e0 propos de son titre! Et pourtant, si vous saviez tout ce que nous apprenons avec ces traces de chaussures&#8230;\u00bb, assure le professeur de l\u2019UNIL. Des investigations de ce genre, et beaucoup d\u2019autres qui portent notamment sur les traces d\u2019oreilles, permettent de lutter plus efficacement contre les vagues de cambriolages, l\u2019un des aspects de la criminalit\u00e9 actuelle qui concerne le plus les Suisses.<\/p>\n<h2>Ils anticipent les choix des cambrioleurs<\/h2>\n<p>\u00abAvant, on arr\u00eatait les voleurs et, sch\u00e9matiquement, l\u2019enqu\u00eate sur les mises en relation commen\u00e7ait\u00bb, r\u00e9sume Pierre Margot. Les policiers plongeaient alors dans leurs dossiers, pour rechercher des cas rappelant la mani\u00e8re de proc\u00e9der du suspect, et tenter de reconstituer le parcours du criminel. D\u00e9sormais, ils font exactement l\u2019inverse. \u00abLes cambriolages, ce sont des crimes en s\u00e9ries qui peuvent \u00eatre analys\u00e9s, poursuit le criminaliste. On peut leur opposer une strat\u00e9gie.\u00bb<\/p>\n<p>Les experts lausannois ont ainsi d\u00e9velopp\u00e9 une m\u00e9thode visant \u00e0 am\u00e9liorer la r\u00e9colte de traces, sur la sc\u00e8ne du crime, avant d\u2019affiner leur analyse. \u00abMaintenant, quand un cambrioleur est arr\u00eat\u00e9, il n\u2019y a plus qu\u2019\u00e0 sortir le dossier qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 pendant qu\u2019il \u00e9tait \u00e0 l\u2019oeuvre. Le recoupement des indices similaires a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 fait. De sorte que l\u2019on peut dire au voleur: tel jour, \u00e0 telle heure, vous \u00eates all\u00e9 ici, puis l\u00e0, et encore l\u00e0. C\u2019est bien plus efficace que s\u2019il fallait reconstituer son p\u00e9riple apr\u00e8s coup.\u00bb<\/p>\n<h2>Dix \u00e0 quinze ans d\u2019avance sur les Etats-Unis<\/h2>\n<p>Autre avantage de ces analyses, elles font appara\u00eetre les habitudes des criminels. Elles les rendent pr\u00e9visibles. Ce qui permet d\u2019anticiper leurs exp\u00e9ditions. \u00abC\u2019est le r\u00e9sultat de quinze ann\u00e9es de recherches de toutes sortes, qui permet de cibler l\u2019intervention. Cette m\u00e9thode permet souvent des coups de filet. Elle ne r\u00e9sout pas tous les cas, mais, avec de telles armes, les polices ont pris dix \u00e0 quinze ans d\u2019avance sur leurs coll\u00e8gues du monde entier\u00bb, estime Pierre Margot.<\/p>\n<p>Une analyse partag\u00e9e par Christophe Champod. \u00abEn Suisse, nous avons une police scientifique de proximit\u00e9 au sein des services de l\u2019identit\u00e9 judiciaire d\u2019une qualit\u00e9 exceptionnelle. Pas seulement parce qu\u2019elle est en avance sur les autres, techniquement parlant, mais parce qu\u2019elle b\u00e9n\u00e9ficie de ressources en personnel sup\u00e9rieures, mieux form\u00e9es et souvent issues de l\u2019UNIL.\u00bb<\/p>\n<p>Nombre de Vaudois l\u2019ont v\u00e9rifi\u00e9 le jour o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 victimes d\u2019un cambriolage. Ces crimes, qui sont \u00abvus comme des affaires mineures dans de nombreux autres pays, sont consid\u00e9r\u00e9s ici comme une forme de criminalit\u00e9 importante, poursuit Christophe Champod. Sur ce genre d\u2019affaires, en Suisse, la police scientifique (les fameux \u00abExperts\u00bb, n.d.l.r.) intervient dans une proportion qui frise les 100%, ce qui est tr\u00e8s haut en comparaison internationale.\u00bb<\/p>\n<h2>Experts, m\u00eame au cin\u00e9ma<\/h2>\n<p>Plus \u00abExperts\u00bb que les sp\u00e9cialistes am\u00e9ricains du petit \u00e9cran, les criminalistes suisses m\u00e9riteraient une place de choix dans un film ou une s\u00e9rie TV polici\u00e8re. Si l\u2019\u00e9quipe de Pierre Margot n\u2019a pas (encore?) eu cet honneur, celle du l\u00e9giste Patrice Mangin a \u00e9t\u00e9 rattrap\u00e9e par le cin\u00e9ma. Le prof lausannois a eu la visite de Jacques Dutronc et de Claude Chabrol. Il leur a m\u00eame pr\u00eat\u00e9 son bureau et le laboratoire de toxicologie pour tourner plusieurs sc\u00e8nes du film \u00abMerci pour le chocolat\u00bb (sorti en 2000).<\/p>\n<p>\u00abL\u2019\u00e9quipe avait compl\u00e8tement chang\u00e9 la d\u00e9co de bureau, parce que \u00e7a ne faisait pas assez chic. Ils avaient rajout\u00e9 des tableaux et ils ont encore chang\u00e9 la disposition des meubles. Malheureusement, ils ont tout repris en partant\u00bb, sourit le l\u00e9giste lausannois. Et, comme c\u2019\u00e9tait au cin\u00e9ma, ces \u00abvisiteurs\u00bb sont repartis sans laisser de traces. Un exploit impossible dans la vraie vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Jocelyn Rochat<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sans rire. Dans la s\u00e9rie TV pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e des Romands, ce sont les criminalistes et les m\u00e9decins- l\u00e9gistes am\u00e9ricains qui jouent les premiers r\u00f4les. 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