{"id":10295,"date":"2020-01-22T14:23:39","date_gmt":"2020-01-22T12:23:39","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=10295"},"modified":"2020-04-22T14:07:06","modified_gmt":"2020-04-22T12:07:06","slug":"comment-fabriquer-un-bon-nichoir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/comment-fabriquer-un-bon-nichoir\/","title":{"rendered":"Comment fabriquer un bon nichoir"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_10215\" aria-describedby=\"caption-attachment-10215\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10215\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/01\/nichoirs_1_74.jpg\" alt=\"\" width=\"590\" height=\"393\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/01\/nichoirs_1_74.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/01\/nichoirs_1_74-390x260.jpg 390w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-10215\" class=\"wp-caption-text\">M\u00e9sange charbonni\u00e8re. Avec un nichoir adapt\u00e9, il est possible d\u2019attirer ce bel oiseau dans son jardin. \u00a9 Daniel Zuppinger \/ Shutterstock<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>En attendant le printemps, pourquoi ne pas offrir un logis ou un nid, durant une saison ou une nuit, aux animaux de passage. Grande maison et petit jardin peuvent servir de refuge \u00e0 des h\u00f4tes parfois inattendus. Deux biologistes de l\u2019UNIL expliquent comment r\u00e9ussir un abri accueillant.&nbsp;<\/em><\/p>\n<p>\u00abJ\u2019ai fabriqu\u00e9 mon premier nichoir il y a quarante ans. C\u2019\u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9cole, durant les travaux pratiques. Il fallait y int\u00e9grer des escaliers pour que les petits oiseaux puissent monter \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Je l\u2019ai toujours, dans mon jardin. Et chaque ann\u00e9e, j\u2019ai le plaisir de voir des m\u00e9sanges y nicher.\u00bb Philippe Christe, professeur associ\u00e9 au <a href=\"https:\/\/unil.ch\/dee\">D\u00e9partement d\u2019\u00e9cologie et \u00e9volution<\/a> (DEE) de la Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine, sp\u00e9cialiste des chauve-souris et des oiseaux, supervise aujourd\u2019hui environ 200 nichoirs \u00e0 oiseaux sur trois zones \u2013 \u00e0 Dorigny, au marais des Monod (district de Morges) et \u00e0 La Praz sur le Mollendruz (district du Jura Nord vaudois) \u2013 et 100 nichoirs \u00e0 chauves-souris dans les bois du Jorat (sur plusieurs districts).<\/p>\n<p>Dans son groupe, Camille-Sophie Cozzarolo, doctorante FNS, suit l\u2019\u00e9volution des parasites sanguins des m\u00e9sanges charbonni\u00e8res gr\u00e2ce \u00e0 ces nichoirs: \u00abSur nos trois sites, on a en moyenne entre 150 et 180 nich\u00e9es par an. On trouve aussi bien des m\u00e9sanges (charbonni\u00e8res, bleues, noires) que des sittelles, des moineaux (friquets, domestiques) et des \u00e9tourneaux.\u00bb Chaque esp\u00e8ce a droit \u00e0 son style de logis. Ce qui n\u2019emp\u00eache pas les surprises. \u00abLa science du nichoir n\u2019est pas une science exacte, plaisante Philippe Christe. Cela d\u00e9pend de la crise du logement qu\u2019il y a chez les cavernicoles, qui ont besoin de cavit\u00e9s pour faire leur nid. Ce sont eux principalement qui convoitent les nichoirs.\u00bb Survol des trucs et astuces \u00e0 conna\u00eetre pour participer au bien-\u00eatre de la faune locale.<\/p>\n<p><strong>Un mat\u00e9riel simple et efficace<\/strong><\/p>\n<p>Les qualit\u00e9s d\u2019un bon nichoir? \u00abIl faut qu\u2019il soit solide, prot\u00e9g\u00e9 de l\u2019humidit\u00e9 et facile d\u2019entretien. Et surtout, il faut \u00e9viter qu\u2019il surchauffe\u00bb, selon Camille-Sophie Cozzarolo. Philippe Christe ajoute que les bois qui sentent fort, comme l\u2019agglom\u00e9r\u00e9 m\u00e9lang\u00e9 \u00e0 de la colle, sont \u00e0 bannir. On leur pr\u00e9f\u00e9rera les r\u00e9sineux, tel le sapin, avec des plaques robustes de 2 cm d\u2019\u00e9paisseur, afin de pr\u00e9venir les risques de moisissure.<\/p>\n<p>Aucun besoin d\u2019\u00eatre architecte pour \u00e9chafauder le nid parfait. \u00abLes animaux se moquent du design, souligne le biologiste. Ils cherchent un lieu s\u00fbr, en s\u00e9curit\u00e9.\u00bb L\u2019abri ne doit donc pas forc\u00e9ment ressembler \u00e0 un chalet miniature. Un seul pan de toit suffit par exemple. \u00abL\u2019essentiel est que l\u2019eau ne s\u2019accumule pas dans le nichoir, qu\u2019elle puisse s\u2019\u00e9couler, explique Camille-Sophie Cozzarolo. On peut mettre un vernis d\u2019ext\u00e9rieur afin que le bois ne pompe pas la pluie.\u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_10160\" aria-describedby=\"caption-attachment-10160\" style=\"width: 262px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10160\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/01\/ChristeCozzarolo_74-1.jpg\" alt=\"\" width=\"262\" height=\"393\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/01\/ChristeCozzarolo_74-1.jpg 262w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/01\/ChristeCozzarolo_74-1-173x260.jpg 173w\" sizes=\"auto, (max-width: 262px) 100vw, 262px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-10160\" class=\"wp-caption-text\">Philippe Christe et Camille-Sophie Cozzarolo. Professeur associ\u00e9. Doctorante FNS. Tous deux au D\u00e9partement d\u2019\u00e9cologie et \u00e9volution (Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine).<br \/>Nicole Chuard \u00a9UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Des mesures pr\u00e9cises<\/strong><\/p>\n<p>Les dimensions ont leur importance. Philippe Christe conseille de fabriquer un fond de bo\u00eete de 12 cm sur 12 pour les m\u00e9sanges, les moineaux friquets, les sittelles et de 25 cm sur 25 pour les huppes et les \u00e9tourneaux. \u00abSi le plancher est trop grand, les oiseaux doivent apporter trop de mat\u00e9riel pour rendre le nid douillet et abandonnent souvent en cours de construction.\u00bb Autre d\u00e9tail primordial: la hauteur du trou de l\u2019entr\u00e9e. Il faut qu\u2019il se situe \u00e0 au moins 20 cm du fond. \u00abPlac\u00e9 plus bas, il est dangereux pour les oisillons qui risquent de tomber avant de savoir voler\u00bb, avertit le sp\u00e9cialiste.<\/p>\n<p>Il ne manque qu\u2019une charni\u00e8re, que l\u2019on place \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, pour terminer le petit abri. Cette porte permettra de vider la bo\u00eete \u00e0 chaque fin de saison de reproduction. \u00abOn peut aussi aller regarder les \u0153ufs, voire les poussins qui ont quelques jours, signale Camille-Sophie Cozzarolo. Mais il ne faudrait pas d\u00e9passer cinq minutes d\u2019observation et on ne touche jamais une femelle qui couve. Par ailleurs, on \u00e9vite de les d\u00e9ranger lorsque les petits ont 2 \u00e0 3 semaines, car ils sont vifs et risquent de s\u2019envoler pr\u00e9cocement. S\u2019ils s\u2019\u00e9chappent \u00e0 ce moment-l\u00e0, ils ont peu de chances de survie.\u00bb<\/p>\n<p><strong>\u00c0 chacun son nichoir<\/strong><\/p>\n<p>Ces petites habitations arboricoles sont con\u00e7ues pour les oiseaux cavernicoles, ou semi-cavernicoles. \u00abCe qui va d\u00e9terminer quelle esp\u00e8ce peut y p\u00e9n\u00e9trer, c\u2019est le diam\u00e8tre de l\u2019entr\u00e9e, d\u00e9clare Philippe Christe. Par exemple, une m\u00e9sange bleue a besoin de 28 mm de diam\u00e8tre, une charbonni\u00e8re de 32 mm, une huppe ou un \u00e9tourneau de 48 \u00e0 50 mm. Si l\u2019ouverture est trop large, les pr\u00e9dateurs et les comp\u00e9titeurs vont rentrer. Les moineaux domestiques, costauds, pondent volontiers dans les nichoirs des m\u00e9sanges et n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 les tuer afin de s\u2019approprier leur nid.\u00bb<\/p>\n<p>Parmi les pr\u00e9dateurs potentiels, on compte les fouines, les hermines, les martres, les chats. Et parfois des serpents. \u00abJe poss\u00e9dais des nichoirs \u00e0 \u00e9tourneaux en Valais, conte le professeur. Une couleuvre d\u2019Esculape s\u2019est infiltr\u00e9e dans l\u2019un d\u2019eux et a aval\u00e9 toute la nich\u00e9e. Elle avait tellement mang\u00e9 qu\u2019elle n\u2019arrivait plus \u00e0 ressortir&#8230;\u00bb<\/p>\n<p>R\u00e9guli\u00e8rement, des mammif\u00e8res profitent de ces abris inesp\u00e9r\u00e9s pour s\u2019assoupir, de nuit comme de jour. \u00abSur le site de l\u2019UNIL, on d\u00e9couvre souvent des muscardins, rel\u00e8ve Camille-Sophie Cozzarolo. Pr\u00e8s de Bi\u00e8re, les loirs viennent y passer une nuit et repartent en g\u00e9n\u00e9ral le lendemain. Quand on ouvre, c\u2019est assez dr\u00f4le, car ils ne se r\u00e9veillent pas. Il m\u2019est arriv\u00e9 de tomber sur une chauve-souris dans un nichoir \u00e0 m\u00e9sange. Elle s\u2019y reposait en journ\u00e9e.\u00bb La doctorante note que l\u2019on sait tout de suite \u00e0 qui on a affaire en observant un nid, car chaque esp\u00e8ce utilise des mat\u00e9riaux et des structures diff\u00e9rentes. \u00abLes m\u00e9sanges charbonni\u00e8res am\u00e8nent de la mousse, principalement, avec des brindilles. Elles forment un tas et quand l\u2019\u00e9paisseur leur convient, elles creusent un trou qu\u2019elles tapissent de poils (de chien en ville, de sanglier ou de chevreuil \u00e0 la campagne), de laine ou de bouts de scalp et de fourrure de petits rongeurs morts. Les m\u00e9sanges bleues pr\u00e9f\u00e8rent les plumes d\u2019oiseau. Quant aux moineaux, leur nid para\u00eet moins confortable avec sa paille et ses herbes s\u00e8ches.\u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_10217\" aria-describedby=\"caption-attachment-10217\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10217\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/01\/nichoirs_3_74.jpg\" alt=\"\" width=\"590\" height=\"394\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/01\/nichoirs_3_74.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/01\/nichoirs_3_74-389x260.jpg 389w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-10217\" class=\"wp-caption-text\">Frank Chalard, pr\u00e9parateur au sein du DEE, fabrique un nichoir \u00e0 chouettes d\u2019exposition. Des animaux empaill\u00e9s y seront mis en sc\u00e8ne pour montrer ce qui se passe dans la nature lors des activit\u00e9s publiques de l\u2019UNIL (Journ\u00e9es D\u00e9couverte, Myst\u00e8res, etc.)<br \/>Nicole Chuard \u00a9UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Les joies de la campagne<\/strong><\/p>\n<p>Pour esp\u00e9rer voir passer un rapace au-dessus de son jardin, mieux vaut habiter aux abords d\u2019une for\u00eat. \u00abEn ville, on peut parfois trouver un faucon p\u00e8lerin sur un clocher, mais pas chez un particulier, souligne Camille-Sophie Cozzarolo. \u00c0 la campagne, c\u2019est une bonne id\u00e9e d\u2019attirer les rapaces avec des nichoirs, car ils permettent de lutter contre les rongeurs, notamment les campagnols qui d\u00e9truisent les cultures.\u00bb Dans ce cas, le nichoir doit \u00eatre beaucoup plus grand, avec un fond de 65 cm sur 65 pour les chouettes effraies par exemple. \u00abSelon les densit\u00e9s de population, on installe des caisses sur des piquets au milieu des champs, commente Philippe Christe. En Isra\u00ebl par exemple, on r\u00e9cup\u00e8re d\u2019anciennes caisses de munitions pour faire des nichoirs \u00e0 chouettes. Tandis que les Jordaniens emploient des urnes de vote. Pour les effraies, on d\u00e9coupe une entr\u00e9e rectangulaire, on am\u00e9nage un petit couloir avec une chicane et une chambre o\u00f9 nicher. Il faut que l\u2019endroit reste sombre pour qu\u2019elles soient tranquilles.\u00bb<\/p>\n<p>Hirondelles et martinets ont aussi droit \u00e0 leurs nichoirs, \u00e9loign\u00e9s de la ville. \u00c0 l\u2019UNIL, le groupe de Philippe Christe collabore avec Unibat, le service des b\u00e2timents et travaux, dans le but de leur fournir des logis. \u00abNous avons dispos\u00e9 un certain nombre de nichoirs \u00e0 martinets sur le G\u00e9nopode et d\u2019autres \u00e0 hirondelles \u00e0 diff\u00e9rents endroits, se r\u00e9jouit le biologiste. Les hirondelles de fen\u00eatres aiment s\u2019implanter sous les avant-toits. On peut leur am\u00e9nager des cupules en ciment que l\u2019on ach\u00e8te \u00e0 la <a href=\"https:\/\/vogelwarte.ch\">Station ornithologique suisse de Sempach<\/a>.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Le meilleur emplacement<\/strong><\/p>\n<p>Lorsqu\u2019on a d\u00e9nich\u00e9 l\u2019arbre id\u00e9al, il faut encore trouver l\u2019emplacement parfait pour attacher le nichoir. \u00abOn \u00e9vite de le mettre derri\u00e8re une branche qui permettrait \u00e0 un pr\u00e9dateur de sauter dessus, remarque Camille-Sophie Cozzarolo. Il faut aussi un lieu un peu ombrag\u00e9. L\u2019ombre d\u2019un feuillage par exemple.\u00bb Philippe Christe estime que dans un jardin, placer la bo\u00eete \u00e0 2m50 du sol est le plus judicieux: \u00abOn peut monter jusqu\u2019\u00e0 4 m. Il suffit ensuite de le suspendre \u00e0 une branche solide avec un fil de fer. Si le nichoir se balance au vent, cela n\u2019est pas grave. En revanche, on ne le cloue jamais contre l\u2019arbre, que cela blesserait.\u00bb<\/p>\n<p>Le biologiste pr\u00e9cise que l\u2019on commence toujours par en mettre un. \u00abSi cela fonctionne bien, on peut en ajouter un deuxi\u00e8me \u00e0 l\u2019autre bout du jardin. Chacun doit poss\u00e9der son propre domaine.\u00bb Comme les m\u00e9sanges restent territoriales au sein d\u2019une m\u00eame esp\u00e8ce, Camille-Sophie Cozzarolo juge pr\u00e9f\u00e9rable d\u2019entreposer des nichoirs destin\u00e9s \u00e0 des oiseaux diff\u00e9rents, afin de simplifier leurs relations avec le voisinage.<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e9merveillement<\/strong><\/p>\n<p>Que peut-on esp\u00e9rer observer quand on a un nichoir chez soi? Le bal des parents m\u00e9sanges qui apportent tour \u00e0 tour des chenilles \u00e0 leurs b\u00e9b\u00e9s affam\u00e9s. \u00abLes m\u00e9sanges sont utiles dans la lutte contre les insectes dans son potager et sur les arbres fruitiers\u00bb, indique la chercheuse. Mais aussi leurs sorties avec les poubelles, \u00e0 savoir les crottes de leur prog\u00e9niture emball\u00e9es dans de petits sacs, \u00abpour \u00e9viter une accumulation d\u2019excr\u00e9ments qui attireraient les pr\u00e9dateurs en montrant qu\u2019il y a des petits\u00bb.<\/p>\n<p>Les m\u00e9lomanes se r\u00e9jouiront des chants d\u2019alerte des m\u00e2les, qui \u00e9mettent des cris sp\u00e9ciaux quand ils d\u00e9fendent leur territoire. \u00abOn peut aussi admirer les cravates noires des m\u00e2les charbonni\u00e8res, poursuit Camille-Sophie Cozzarolo. Les femelles ont un faible pour les bons chanteurs \u00e0 grosse cravate. Un m\u00e2le \u00e0 petite cravate leur para\u00eet moins sexy.\u00bb Le clou du spectacle: l\u2019envol d\u2019une nich\u00e9e. \u00abC\u2019est aussi fantastique de voir les jeunes tra\u00eener encore sur l\u2019arbre \u00e0 un moment o\u00f9 ils sont tr\u00e8s vuln\u00e9rables parce qu\u2019ils ne volent pas bien.\u00bb<\/p>\n<p>Une fois la saison de la reproduction termin\u00e9e, un nettoyage s\u2019impose. On attend bien \u00e9videmment l\u2019automne pour \u00eatre s\u00fbr que le nichoir n\u2019est plus habit\u00e9. \u00abOn jette simplement ce qui se trouve \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et on gratte les restes de fientes avec une brosse \u00e0 vaisselle sans mettre aucun produit, d\u00e9veloppe Camille-Sophie Cozzarolo. Mais il n\u2019y a pas besoin d\u2019un d\u00e9crassage ultra hygi\u00e9nique. Dans la nature, personne ne vient passer la panosse apr\u00e8s la nidification&#8230;\u00bb D\u2019ailleurs, les oiseaux ont l\u2019habitude de vivre au contact de la vermine. Dans le cadre de sa th\u00e8se, la chercheuse \u00e9tudie les effets des parasites de la malaria (des oiseaux, sans risques pour les humains) sur la survie et sur la reproduction des m\u00e9sanges charbonni\u00e8res.<\/p>\n<p>\u00abGr\u00e2ce \u00e0 un suivi \u00e0 long terme, nous avons entre autre d\u00e9couvert un effet contre-intuitif: les m\u00e9sanges infect\u00e9es ont plus de petits \u00e0 maturit\u00e9 \u00e0 la fin de la saison que les m\u00e9sanges non infect\u00e9es. Deux explications sont plausibles. La premi\u00e8re: les individus qui allouent plus d\u2019\u00e9nergie \u00e0 la reproduction en \u00e9levant beaucoup de petits pourraient \u00eatre moins aptes \u00e0 se d\u00e9fendre contre une infection, car ils auraient potentiellement moins investi d\u2019\u00e9nergie dans leur r\u00e9ponse immunitaire.\u00bb Et la seconde? Selon la biologiste, un oiseau infect\u00e9, qui a une probabilit\u00e9 de survie plus basse qu\u2019un non-infect\u00e9, pourrait avoir une strat\u00e9gie adaptative: avoir plus de petits afin de compenser le fait qu\u2019il ne sera peut-\u00eatre pas l\u00e0 pour en refaire d\u2019autres. Alors qu\u2019un oiseau non-infect\u00e9, qui a plus de chance de survie, r\u00e9partira son effort de reproduction sur toute son existence.<\/p>\n<div class=\"mceTemp\"><\/div>\n<figure id=\"attachment_10216\" aria-describedby=\"caption-attachment-10216\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10216\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/01\/nichoirs_2_74.jpg\" alt=\"\" width=\"590\" height=\"394\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/01\/nichoirs_2_74.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2020\/01\/nichoirs_2_74-389x260.jpg 389w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-10216\" class=\"wp-caption-text\">Nichoirs \u00e0 martinets noirs sur le G\u00e9nopode, \u00e0 l&rsquo;UNIL. Cette installation est le fruit d&rsquo;une collaboration entre le D\u00e9partement d&rsquo;\u00e9cologie et \u00e9volution, le service des b\u00e2timents de l\u2019UNIL (Unibat), le prof. Alexandre Reymond (directeur du Centre int\u00e9gratif de g\u00e9nomique), St\u00e9phane Porchet (responsable du b\u00e2timent G\u00e9nopode) et Manuel Bueno (technicien \u00e0 la Plate-forme GTF Lausanne et ornithologue \u00e0 ses heures).<br \/>Nicole Chuard \u00a9UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Un hobby \u00e0 risques?<\/strong><\/p>\n<p>Lors du nettoyage, il est possible de se retrouver face \u00e0 face avec des puces (ectoparasites). \u00abElles peuvent piquer, ce qui provoque de petites d\u00e9mangeaisons. Mais il n\u2019existe pas de r\u00e9els probl\u00e8mes sanitaires\u00bb, tient \u00e0 clarifier Camille-Sophie Cozzarolo. La pr\u00e9sence de jolies mouches bleues autour du nid ne doit pas non plus inqui\u00e9ter. \u00abIl s\u2019agit de Protocalliphora, qui viennent pondre dans le nichoir, \u00e9claire Philippe Christe. Leurs asticots se d\u00e9veloppent en su\u00e7ant le sang des jeunes. Les adultes butinent les fleurs, donc ne piquent pas l\u2019Homme.\u00bb<\/p>\n<p>Le professeur re\u00e7oit r\u00e9guli\u00e8rement des appels de particuliers qui pensent appeler un d\u00e9ratiseur \u00e0 cause de la pr\u00e9sence de punaises provenant d\u2019hirondelles de fen\u00eatres. \u00abCes insectes ressemblent aux punaises de lit, mais n\u2019en sont pas. J\u2019en ai manipul\u00e9 des dizaines de milliers en Espagne, elles se sont promen\u00e9es sur moi, mais je ne me suis jamais fait piquer une seule fois! Malheureusement, des propri\u00e9taires d\u00e9truisent des nids d\u2019hirondelles en croyant qu\u2019ils am\u00e8nent des insectes nuisibles sans que cela soit av\u00e9r\u00e9.\u00bb Toutefois, les nichoirs peuvent aussi attirer les gu\u00eapes et les frelons. \u00abTant qu\u2019ils sont actifs, on n\u2019approche plus le nid. Il faut attendre l\u2019hiver pour l\u2019ouvrir et le nettoyer. L\u2019ann\u00e9e suivante, des m\u00e9sanges viendront peut-\u00eatre y nicher.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Aider les chauves-souris<\/strong><\/p>\n<p>Sp\u00e9cialiste des chauves-souris, Philippe Christe leur a install\u00e9 de nombreux nichoirs dans les for\u00eats, parfois \u00e0 plus de dix m\u00e8tres de haut. \u00abIl en existe deux grands types. Le premier s\u2019adresse aux cavernicoles. Il ressemble \u00e0 un nichoir \u00e0 oiseaux de forme circulaire, plus facile \u00e0 acheter qu\u2019\u00e0 construire. Le second concerne toutes les autres.\u00bb Pareil \u00e0 une bo\u00eete aux lettres tr\u00e8s mince, ce dernier n\u00e9cessite une planche avec des rainures, pour que les chauves-souris puissent y grimper, un petit toit et une entr\u00e9e tr\u00e8s \u00e9troite situ\u00e9e en bas.<\/p>\n<p>\u00abIl faut clouer la bo\u00eete contre le mur d\u2019une maison, la suspendre \u00e0 une poutre en hauteur ou \u00e0 un volet, au soleil, loin des lumi\u00e8res artificielles. On peut en faire de toutes les tailles, avec des labyrinthes, \u00e0 plusieurs \u00e9tages. Le nichoir est tr\u00e8s facile \u00e0 r\u00e9aliser, mais il n\u2019y a aucune garantie d\u2019avoir des habitantes \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur.\u00bb Pipistrelles, noctules ou murins de Daubenton voletteront peut-\u00eatre autour de leur bel abri. \u00abMais cela n\u2019est pas spectaculaire. Elles vivent la nuit. Et pour avoir une colonie de reproduction chez soi, il faut avoir une chance inou\u00efe. N\u00e9anmoins, cela vaut la peine de leur fournir un refuge, car elles en manquent dans la nature.\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En attendant le printemps, pourquoi ne pas offrir un logis ou un nid, durant une saison ou une nuit, aux animaux de passage. 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