XIIIe Colloque – 2012

13 au 15 mai 2012 Université de Montréal (Canada)

Thème du colloque :

L’innovation criminologique : perspectives francophones

Ces dernières années, plusieurs grandes institutions universitaires ont célébré l’enracinement de la criminologie dans leur cursus, qu’il s’agisse du centenaire de l’École des sciences criminelles de Lausanne (2009), des soixante ans de l’École de criminologie de Liège (2006) ou du récent cinquantenaire de l’École de criminologie de Montréal (2010), pour ne citer que les exemples les plus récents. Par ailleurs, de nombreux pays maghrébins et africains manifestent un vif intérêt pour cette discipline à la croisée des sciences humaines et sociales, et l’AICLF a tenu à encourager ce mouvement en organisant son XIème colloque au Maroc en 2008. Dans un tel contexte, il apparaît opportun de réfléchir à l’avenir de la criminologie francophone, en se concentrant particulièrement sur sa capacité à innover et à se renouveler.

Ce XIIIème colloque donnera ainsi aux participants l’occasion d’aborder plusieurs types d’innovations criminologiques. On se penchera tout d’abord sur les innovations théoriques, en se questionnant par exemple sur l’apport de l’analyse des réseaux sociaux ou sur le retour en force des sciences de la vie (biologie, neuropsychologie) dans le débat criminologique. Ces innovations viennent enrichir les débats épistémologiques existant concernant le statut disciplinaire de la criminologie ou la place des questions relatives au genre ou aux groupes minoritaires en son sein. Les innovations méthodologiques intègrent bien évidemment le développement des approches expérimentale et quasi-expérimentale, mais renvoient aussi à l’utilisation d’outils informatiques dont la puissance de calcul permet de travailler sur des populations de très grande taille (sciences sociales computationnelles), ou encore aux innovations observées dans les approches qualitatives qui s’inscrivent dans des relations plus étroites avec les méthodes quantitatives. D’autres innovations concernent les objets de recherche qui font (ou devraient faire) leur entrée dans la sphère criminologique : on mentionnera à titre d’illustration les diverses atteintes criminelles à l’environnement (que celles-ci soient le fait d’individus ou d’entreprises), les évolutions de la délinquance induites par l’introduction de nouvelles technologies comme l’Internet, ou encore les méga-crimes, ces crimes qui génèrent un nombre incommensurable de victimes. L’étude des processus hormonaux et neuronaux qui accompagnent les comportements agressifs et violents pourront également considérés. Enfin, l’examen de nouvelles pratiques d’intervention donnera l’occasion aux chercheurs et aux praticiens de poursuivre et d’approfondir le dialogue ouvert lors du précédent colloque.

Les spécificités francophones de l’innovation criminologique seront également analysées. On cherchera notamment à identifier les facteurs qui facilitent l’émergence de cette innovation dans certains contextes nationaux, ainsi que les raisons expliquant le statut précaire de la criminologie dans d’autres pays. Enfin, il y aura lieu de s’interroger sur le déclin de certaines approches théoriques ou méthodologiques éclipsées par l’intérêt accordé aux diverses innovations mentionnées précédemment, ainsi que sur l’incapacité de certaines innovations pourtant prometteuses à s’implanter durablement dans les milieux de pratique.

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