{"id":4456,"date":"2018-03-20T20:34:43","date_gmt":"2018-03-20T19:34:43","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/?p=4456"},"modified":"2018-04-16T20:35:53","modified_gmt":"2018-04-16T18:35:53","slug":"le-comptable-et-le-soldat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/2018\/03\/le-comptable-et-le-soldat\/","title":{"rendered":"Le comptable et le soldat"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le comptable et le soldat<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-4457\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/files\/2018\/04\/soldat-600x448.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"448\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/files\/2018\/04\/soldat-600x448.jpg 600w, https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/files\/2018\/04\/soldat-150x112.jpg 150w, https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/files\/2018\/04\/soldat-768x574.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/files\/2018\/04\/soldat-295x220.jpg 295w, https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/files\/2018\/04\/soldat.jpg 770w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/strong><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab Ainsi l\u2019imp\u00e9rialisme, tel le chasseur de la pr\u00e9histoire, tue d\u2019abord spirituellement et culturellement l\u2019\u00eatre, avant de chercher \u00e0 l\u2019\u00e9liminer physiquement. La n\u00e9gation de l\u2019histoire et des r\u00e9alisations intellectuelles des peuples africains noirs est le meurtre culturel, mental, qui a d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 et pr\u00e9par\u00e9 le g\u00e9nocide ici et l\u00e0 dans le monde. \u00bb <\/em><\/p>\n<p>Cheikh Anta Diop<\/p>\n<p><em>\u00ab Ami, si tu tombes un ami sort de l&rsquo;ombre \u00e0 ta place. Demain du sang noir s\u00e8chera au grand soleil sur les routes. Chantez, compagnons, dans la nuit la Libert\u00e9 nous \u00e9coute&#8230; \u00bb<\/em><!--more--><\/p>\n<p>Le chant des partisans<\/p>\n<p>C\u2019est en ce 27 novembre 2017, qu\u2019il arrive Macron, \u00e0 Ouagadougou, capitale du Burkina Fasso, la patrie des hommes int\u00e8gres. Il est accueilli dans le bruit, la joie et l\u2019euphorie. Il est loin de l\u2019Elys\u00e9e, de la grisaille ainsi que des journ\u00e9es de pluies parisiennes et automnales. Il arrive pour parler, pour raconter des histoires\u2026 Il est agr\u00e9ablement re\u00e7u par son grand ami, avec lequel il ne peut que s\u2019entendre. C\u2019est normal somme toute. Ils sont de la m\u00eame race, celle des populicides. Il rigolera. Il sourira. Il plaisantera avec lui, l\u00e0, monsieur Roch Marc Christian Kabor\u00e9 pr\u00e9sident de l\u2019ex &#8211; Haute Volta. Pourquoi s\u2019en priver finalement ? C\u2019est jour de f\u00eate aujourd\u2019hui pour le peuple de la Terrasse. C\u2019est en cave qu\u2019on cr\u00e8ve\u2026 chez ceux qui assument le R\u00e9el, pas chez ceux qui le ponctionnent.<\/p>\n<p>Enfin, alors voil\u00e0 ils d\u00e9filent tous les deux \u00e0 travers les rues de la cit\u00e9. Ils vont l\u00e0 o\u00f9 ils doivent aller, \u00e0 l\u2019Universit\u00e9. C\u2019est l\u00e0-bas que Emmanuel fera son grand oral. Il va raconter, lui, comment il voit l\u2019avenir des relations franco-burkinab\u00e9s et plus globalement, les relations franco-africaines. Il ne dira pas, par contre, qu\u2019aujourd\u2019hui il ne reste plus grand-chose, ni de la France, ni de l\u2019Afrique. Il est en route. Les douceurs et les sourires d\u2019a\u00e9roports font vite place aux beuglements de la rue. Elle est comme lui, finalement, cette derni\u00e8re, jeune et dynamique. Elle est pleine d\u2019\u00e9nergie. Une grenade pour son arriv\u00e9e qu\u2019elle lui offre, au logeur de l\u2019Elys\u00e9e. Il va falloir le prot\u00e9ger car \u00e7a s\u2019agite s\u00e9rieusement dans la cit\u00e9. Elle hurle, la foule dans les rues. Elle est en col\u00e8re. Il y a toutes les haines du monde qui s\u2019y trouvent. Elle est bien d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 se faire voir, \u00e0 se faire entendre. Elle hurle toute sa haine contre le Franc CFA, battu \u00e0 Chamali\u00e8re dont elle ne veut pas. Elle a compris, elle, que \u00e7a allait l\u2019asphyxier cette merde. Elle hurle contre le n\u00e9ocolonialisme qui se fait encore sentir. Elle est en col\u00e8re. Elle gronde. Elle tremble. Elle s\u2019\u00e9gosille. Elle hurle sa soif de survie \u00e0 en crever. Nom de Dieu ! Que tu ne l\u2019entends pas cette foule enrag\u00e9e, vas-tu dire ?? il y a tous les damn\u00e9s de la Terre, vivants et morts, de tous les si\u00e8cles d\u00e9j\u00e0 consomm\u00e9s qui aboient \u00e0 travers ses cordes vocales. \u00c7a hurle \u00e0 ne plus s\u2019entendre, \u00e0 ne plus l\u2019entendre, ce qu\u2019elle dit la rue. Toute cette masse d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, c\u2019est le b\u00e9tail de l\u2019indigence. Cela te fait plus rien, cela ne vous fait plus rien Messieurs les pr\u00e9sidents Macron et Kabor\u00e9. Vous avez \u00e9t\u00e9 rudement form\u00e9s vous, \u00e0 ne plus voir, \u00e0 ne plus entendre, \u00e0 bien dormir. On ne pourrait presque qu\u2019admirer la performance\u2026.<\/p>\n<p>Ils arrivent finalement \u00e0 l\u2019Universit\u00e9. Vous savez l\u00e0 que ce sera plus facile. \u00c7a gueule encore dehors, mais \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur tout sera aseptis\u00e9. L\u2019universit\u00e9, cette ambassade de vos mensonges, vous savez, vous, que l\u00e0-dedans vous n\u2019aurez plus rien \u00e0 craindre. Les questions seront, au moins un peu, format\u00e9es. Les agents fran\u00e7ais s\u00e9lectionneront les gens au compte-goutte. On n\u2019est plus dans le r\u00e9el l\u00e0 mais dans l\u2019abstraction. Alors, il rigole de nouveau Macron. L\u2019Universit\u00e9 \u00e7a lui rappelle l\u2019a\u00e9roport. On est de nouveau dans la joie, les sourires et la bienveillance.<\/p>\n<p>Il a toujours cette hexis corporelle de l\u2019homme tr\u00e8s s\u00fbr de lui Macron. Il remet en place son costard et sa cravate. Il ajuste son micro. Il est pr\u00eat. Il est comme \u00e0 l\u2019h\u00f4tel. L\u2019homme qui se faisait aboyer dessus en pleine s\u00e9ance parlementaire par l\u2019ancien Premier Ministre qu\u2019on ne nommera pas, celui qui \u00e9tait de passage, celui qui avait la main qui tremblait comme l\u2019autre-l\u00e0 qui disait \u00eatre mari\u00e9 \u00e0 l\u2019Allemagne, est accueilli en ma\u00eetre en terre africaine. Il s\u2019autorisera, m\u00eame, sans g\u00eane, des familiarit\u00e9s en s\u2019adressant aux \u00e9tudiants par des \u00ab mon ami \u00bb, et quelques plaisanteries concernant la climatisation. Oh\u2026finalement par refus de l\u2019aigreur nous en rirons de bon c\u0153ur, avant de lui demander s\u2019il l\u2019aurait fait \u00e0 Poutine\u2026Il nous aurait alors s\u00fbrement r\u00e9pondu qu\u2019en Russie c\u2019est plut\u00f4t la question du chauffage qui l\u2019aurait inqui\u00e9t\u00e9\u2026 Ah l\u00e0 l\u00e0, ce qu\u2019on rigole bien sous l\u2019occupation\u2026<\/p>\n<p>Soudain, une lumi\u00e8re scintille au fond de la pi\u00e8ce. On voit une silhouette appara\u00eetre. Elle tire un coup de feu en l\u2019air. Alors, cela tourne au fiasco. Les agents de s\u00e9curit\u00e9 se mettent imm\u00e9diatement \u00e0 d\u00e9gainer dans sa direction. Mon Dieu ! Mais ! Est-ce un Djihadiste ? Grand Dieu les balles ne lui font rien, il reste debout. Par Dieu Charlie Hebdo aurait-il eu tort ? Le Coran arr\u00eaterait-il les balles ? C\u2019est la d\u00e9bandade dans la salle. Toute la masse estudiantine court vers la sortie. Macron lui il fait comme Michel Denisot, il se planque sous un bureau\u2026. La lumi\u00e8re \u00e9blouissante s\u2019apaise peu \u00e0 peu. La silhouette devient alors reconnaissable. Lorsque la foule prend conscience de qui il s\u2019agit, c\u2019est la stupeur la plus totale dans la salle. Il y a juste Macron qui ne comprend toujours pas ce qu\u2019il se passe, cach\u00e9 encore qu\u2019il est sous le bureau\u2026La personne en question n\u2019est autre que celle de Thomas Sankara. Il revient, trente ans plus tard, bien d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 secouer les tables et les t\u00eates.<\/p>\n<ul>\n<li>H\u00e9 les ahuris !!! Qu\u2019il hurle, on retourne \u00e0 sa place ! Rasseyez-vous tous ! Et les agents de s\u00e9curit\u00e9, rangez-vos armes, elles ne vous permettront pas de tuer un mort. Kabor\u00e9, o\u00f9 il est ? Qu\u2019il demande.<\/li>\n<li>Il est all\u00e9 r\u00e9parer la climatisation, capitaine Sankara.<\/li>\n<li>Ah, je vois, je comprends. Il fait chaud ici, il devait \u00eatre inquiet pour la m\u00e8re d\u2019Emmanuel, Brigitte, avec son \u00e2ge avanc\u00e9 on a plus de peine \u00e0 supporter la chaleur. J\u2019ai vu, depuis le ciel, les ravages qu\u2019a fait la canicule, en France, en 2003. D\u2019ailleurs o\u00f9 est-il cet avorton, qui repr\u00e9sente davantage le FMI, la Banque Mondiale et le 49.3 que la France ? demande-t-il ensuite en scrutant la salle dans tous les coins.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ouais, c\u2019est vrai, il faut le dire \u00e7a, que Thomas, il est comme Macron, jeune, dynamique et plein d\u2019humour.<\/p>\n<ul>\n<li>Ni \u00e0 gauche ni \u00e0 droite Monsieur, il est sous le bureau<\/li>\n<li>Sous le bureau ? Il suce un futur bailleur de fond pour les LREM ?<\/li>\n<li>Enfin, Monsieur Sankara, ce n\u2019est pas de votre niveau \u00e7a, rench\u00e9rit une \u00e9tudiante dans la salle.<\/li>\n<li>Oui, c\u2019est vrai, excusez- moi, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 un peu lourd, obsc\u00e8ne et grossier. Bon, sous le bureau, vous dites qu\u2019il est ?<\/li>\n<li>Oui, oui<\/li>\n<li>Je n\u2019aime pas les balances. C\u2019est \u00e0 cause des gens comme \u00e7a qu\u2019on a pu me tuer. Bon ! Emmanuel ! C\u2019est fini, tu sors maintenant, montre-toi !<\/li>\n<li>Voil\u00e0 je suis l\u00e0 mais s\u2019il te pla\u00eet, Thomas, soit cl\u00e9ment. Je\u2026Je\u2026qu\u2019il dit en tremblotant le Macron.<\/li>\n<li>Allez c\u2019est bon sors. Je suis venu pour discuter, c\u2019est tout. Apr\u00e8s je repartirai d\u2019o\u00f9 je viens, dans le monde invisible, j\u2019ai juste une permission de trente-trois heures. Allez, debout ! tu fais honte \u00e0 la France !! Bon, en m\u00eame temps je pense que tu le sais d\u00e9j\u00e0 mais tu n\u2019en n\u2019as rien \u00e0 foutre.<\/li>\n<li>Je veux bien qu\u2019on discute Thomas mais alors dans le cadre des Conventions de Gen\u00e8ve.<\/li>\n<li>Ouais, ouais c\u2019est \u00e7a. Et quand on m\u2019a flingu\u00e9, c\u2019\u00e9tait selon quelle convention, elle a \u00e9t\u00e9 faite o\u00f9 ? Ne me r\u00e9ponds pas finalement. Je n\u2019en n\u2019ai rien \u00e0 foutre. C\u2019est fait\u2026 c\u2019est fait maintenant.<\/li>\n<li>D\u2019accord, d\u2019accord. Heu\u2026 de quoi faut-il que l\u2019on parle ?<\/li>\n<li>Tu es l\u2019invit\u00e9, je te laisse commencer, r\u00e8gles de bien s\u00e9ances obligent.<\/li>\n<li>Heu\u2026c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il faudrait juste que je retrouve mes feuilles parce qu\u2019avec les \u00e9v\u00e9nements j\u2019ai d\u00fb les perdre.<\/li>\n<li>Tes conseillers doivent en avoir un double<\/li>\n<li>Oui oui s\u00fbrement. Et toi tu n\u2019as pas de feuilles ?<\/li>\n<li>Non non je n\u2019en n\u2019ai pas besoin, je suis s\u00fbr de ma morale et de ma logique.<\/li>\n<li>Tu as toujours ce pistolet sur toi ?<\/li>\n<li>Oui oui il m\u2019a \u00e9t\u00e9 offert par Kim-Il Sung. Ouais tu vois moi on m\u2019offre des flingues. Il y en a d\u2019autres \u00e0 qui on offre des costumes. Mais bon, tu vois, en m\u00eame temps moi il n\u2019y avait pas une Christine Angot pour venir me casser les couilles, me dire que ce n\u2019\u00e9tait pas bien et qu\u2019il fallait que je le rende. Bon, tes feuilles ? qu\u2019il demande en perdant un peu patience.<\/li>\n<li>Oui, mon conseiller s\u2019affaire \u00e0 m\u2019en amener d\u2019autres\u2026<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le conseiller arrive et lui remet ses feuilles.<\/p>\n<ul>\n<li>Bon, alors on est d\u2019accord, on fait un d\u00e9bat style comme chez Pujadas ? Pas de violence. Et pis d\u2019abord je t\u2019emmerde. Je suis quand m\u00eame encore le Pr\u00e9sident de la France. Je n\u2019ai peut-\u00eatre pas d\u2019armes sur moi mais j\u2019ai les codes pour activer une bombe nucl\u00e9aire. Alors, si je rentre \u00e0 Paris avec une seule \u00e9gratignure, je ne te raconte pas les r\u00e9percussions politiques que \u00e7a aura pour ta nation, qu\u2019il ajoute Emmanuel en reprenant peu \u00e0 peu l\u2019assurance qu\u2019on lui conna\u00eet.<\/li>\n<li>Emmanuel, commence par me parler poliment, qu\u2019il lui r\u00e9pond s\u00e8chement Thomas.<\/li>\n<li>Non non Thomas je ne te respecte pas, qu\u2019il continue toujours \u00e0 nouveau de plus en plus s\u00fbr de lui.<\/li>\n<li>Ah, tu ne me respectes pas.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Thomas s\u2019approche rapidement, lui met un poing bien \u00e0 droite et un poing bien \u00e0 gauche dans sa gueule.<\/p>\n<ul>\n<li>Sauvage\u00a0!! qu\u2019il s\u2019insurge, Macron.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les gardes du corps de Macron sautent imm\u00e9diatement dans le tas pour s\u00e9parer les deux hommes.<\/p>\n<ul>\n<li>C\u2019est bon, c\u2019est bon je vais reprendre ma place, qu\u2019il fait ensuite savoir tr\u00e8s calmement, Sankara. Je peux continuer. Je voulais juste que tu comprennes, petit con, que tu n\u2019es pas dans les bureaux des Rothschild, dans le secteur comptabilit\u00e9, en train de discuter avec un employ\u00e9 subalterne du tertiaire, poursuivit-il en s\u2019adressant au locataire de l\u2019Elys\u00e9e.<\/li>\n<li>Je voulais dire, si je peux me permettre, qu\u2019en tant qu\u2019actuel pr\u00e9sident du Burkina Fasso, je condamne fermement l\u2019attitude de Monsieur Sankara qui a agi en contradiction totale avec les valeurs de la d\u00e9mocratie, des Droits de l\u2019Homme et des principes r\u00e9publicains, qu\u2019il ajoute, Monsieur Kabor\u00e9.<\/li>\n<li>Toi aussi tu veux que je vienne te voir ? qu\u2019il lui r\u00e9pond sur un ton glacial, Thomas. T\u2019entends comme \u00e7a gueule dehors ? Tu sais qu\u2019un jour tu vas devoir leur rendre des comptes \u00e0 ces gens ? Tu vas leur parler de Droits de l\u2019Homme ? Tu verras s\u2019ils t\u2019\u00e9couteront. Tu vas d\u2019abord \u00eatre tabass\u00e9 comme Kadhafi, puis pendu comme Saddam Hussein et finalement d\u00e9sint\u00e9gr\u00e9 dans l\u2019acide comme Lumumba, mais \u00e0 la diff\u00e9rence d\u2019eux, tu ne seras dans aucun livre d\u2019histoire. Un autre viendra et te remplacera jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il subisse le m\u00eame sort. Faut que tu comprennes que t\u2019es totalement interchangeable petit con ! Alors maintenant que t\u2019as fini de r\u00e9parer la climatisation, tu fermes ta gueule, t\u2019observes comment je fais les choses et t\u2019essaies d\u2019apprendre. J\u2019aimerais que tu avances un peu intellectuellement !<\/li>\n<\/ul>\n<p>Macron saigne encore un peu du nez mais plus tellement, juste un peu\u2026 Il a plus ou moins compris la le\u00e7on, enfin on ne sait pas trop. En tout cas il commence \u00e0 dire ce qu\u2019il a \u00e0 dire.<\/p>\n<p><em>Alors on m\u2019a dit qu\u2019ici c\u2019est un amphith\u00e9\u00e2tre marxiste et panafricain. Donc je me suis dit : c\u2019est l\u2019endroit o\u00f9 je dois aller pour m\u2019exprimer.<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\"><strong>[i]<\/strong><\/a><\/em><\/p>\n<p>Il rigole un peu, tout de m\u00eame, Sankara quand il entend \u00e7a\u2026 Il continue Emmanuel :<\/p>\n<p><em>Je parlerai donc ici devant l\u2019Afrique comme un continent multiple, pluriel, fort et comme d\u2019un continent o\u00f9 se joue une partie de notre avenir commun. Je suis comme vous. Je suis d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration qui n\u2019a jamais connu l\u2019Afrique comme un continent colonis\u00e9. Je suis d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration dont l\u2019un des plus beaux souvenirs politiques est la victoire de Nelson Mandela et son combat contre l\u2019Apartheid, chass\u00e9 par une solidarit\u00e9 panafricaine allant de Alger \u00e0 Rabat, de Luanda \u00e0 Conakry\u2026 C\u2019est cela l\u2019histoire de notre g\u00e9n\u00e9ration.<\/em><a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\"><em><strong>[ii]<\/strong><\/em><\/a><\/p>\n<p>Macron, celui qui voudrait faire croire qu\u2019il n\u2019a jamais vu les r\u00e9seaux du p\u00e8re Foccart\u2026C\u2019est qu\u2019il y en dans la salle qui se laisseraient bercer par cette romance hollywoodienne qu\u2019il nous peint, cet artiste. Il parle l\u00e0 comme un grand bourgeois des beaux restaurants qui, po\u00e8te le temps d\u2019un verre, la douceur dans les yeux, la noblesse dans le phras\u00e9, et un semblant de bienveillance dans l\u2019\u00e2me, s\u2019adonne au sophisme, histoire de trousser une nuit\u00e9e la boniche bretonne qu\u2019il convoite avant de la renvoyer, d\u00e9culott\u00e9e, dans le caniveau\u2026 Sankara ce n\u2019est pas une fille facile\u2026 Alors il r\u00e9pond :<\/p>\n<p><em>(\u2026) Les ennemis du peuple sont \u00e9galement hors de nos fronti\u00e8res. Ils s\u2019appuient sur des apatrides qui sont ici, parmi nous, \u00e0 tous les \u00e9chelons de la soci\u00e9t\u00e9 : chez les civils comme chez les militaires ; chez les hommes comme chez les femmes ; chez les jeunes comme chez les vieux ; en ville comme \u00e0 la campagne. Ils sont l\u00e0, les ennemis du peuple. Ils sont l\u00e0, les ennemis ext\u00e9rieurs. C\u2019est le n\u00e9o-colonialisme, c\u2019est l\u2019imp\u00e9rialisme.<\/em><\/p>\n<p><em>S\u2019appuyant donc sur ces apatrides, sur ceux qui ont reni\u00e9 la patrie, ceux qui ont reni\u00e9 la Haute-Volta, enfaite ceux qui ont reni\u00e9 le peuple de Haute-Volta, l\u2019ennemi ext\u00e9rieur d\u00e9veloppe une s\u00e9rie d\u2019attaques. Des attaques en deux phases : la phase non violente et la phase violente. Nous sommes actuellement dans la phase non violente. Et l\u2019ennemi ext\u00e9rieur, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019imp\u00e9rialisme, c\u2019est-\u00e0-dire le n\u00e9ocolonialisme, tente de semer la confusion au sein du peuple volta\u00efque. (\u2026)<\/em><\/p>\n<p><em>Comme je vous l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 dit, il se passera une phase violente. Cet imp\u00e9rialisme, c\u2019est lui qui a organis\u00e9 des d\u00e9barquements dans certains pays que nous connaissons. Cet imp\u00e9rialisme c\u2019est encore lui qui a arm\u00e9 ceux qui, en Afrique du Sud, tuent nos fr\u00e8res. Cet imp\u00e9rialisme, c\u2019est encore lui qui a assassin\u00e9 les Lumumba, Cabral, Kwam\u00e9 Nkrumah.<a href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\"><strong>[iii]<\/strong><\/a><\/em><\/p>\n<p>Emmanuel, l\u00e0, il se prend l\u2019histoire qu\u2019il veut cacher en pleine gueule. Il sait, lui, qu\u2019il va devoir r\u00e9pondre et il en a tout de m\u00eame de la ressource. Alors il se reprend. Il n\u2019a peur de rien\u2026Enfin du moins fait-il bien semblant. Il ferait croire, si c\u2019\u00e9tait possible, \u00e0 la Terre enti\u00e8re que si en ce moment il transpire c\u2019est simplement parce qu\u2019ici il fait chaud, et non pas parce que pour lui, maintenant, c\u2019est chaud. Il le ferait s\u2019il le pouvait. Macron, il est de ceux qui font tout ce qu\u2019ils peuvent\u2026Il encha\u00eene :<\/p>\n<p><em>Aussi je me refuse \u00e0 revenir toujours sur les m\u00eames repr\u00e9sentations d\u2019hier. Il y a eu des combats. Il y a eu des fautes et des crimes. Il y a eu des grandes choses et des histoires heureuses. Mais j\u2019ai une conviction profonde : notre responsabilit\u00e9 n\u2019est pas de nous y enfermer, notre responsabilit\u00e9 n\u2019est pas de rester enferm\u00e9 dans ce pass\u00e9 mais de vivre l\u2019aventure pleine et enti\u00e8re de cette g\u00e9n\u00e9ration. Je suis de cette g\u00e9n\u00e9ration de Fran\u00e7ais pour qui les crimes de la colonisation sont incontestables et font partie de notre histoire. Je me reconnais dans les voies d\u2019Albert Londres et d\u2019Andr\u00e9 Gide qui ont d\u00e9nonc\u00e9 les milliers de morts du chemin de fer du Congo et je n\u2019oublie pas que ces voix, alors, ont \u00e9t\u00e9 minoritaires en France comme en Europe.<\/em><a href=\"#_edn4\" name=\"_ednref4\"><em><strong>[iv]<\/strong><\/em><\/a><\/p>\n<p>Emmanuel, il essaye d\u2019\u00e9mouvoir la m\u00e9nag\u00e8re de plus de cinquante. Pourtant, c\u2019est surtout des jeunes qui l\u2019\u00e9coutent. Il d\u00e9plore le fait que les barbaries de la colonisation ne furent d\u00e9nonc\u00e9es que par une minorit\u00e9 d\u2019individus en Europe. Il croit ou semble vouloir nous faire croire qu\u2019en m\u00e9tropole le luxe de tenir le crachoir \u00e9tait accord\u00e9 \u00e0 tous les bourgeois comme \u00e0 tous les manges-merdes, sans distinction\u2026 L\u00e0, Thomas il sera bref :<\/p>\n<p><em>(\u2026) Ceux qui veulent exploiter l\u2019Afrique sont les m\u00eames qui exploitent l\u2019Europe. Nous avons un ennemi commun. (\u2026)<a href=\"#_edn5\" name=\"_ednref5\"><strong>[v]<\/strong><\/a><\/em><\/p>\n<p><em>Le Nouvel Ordre \u00c9conomique international s\u2019inscrit, tout simplement, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de tous les autres droits des peuples, droit \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance, au libre choix des formes et structures de gouvernement, comme le droit au d\u00e9veloppement. Et tout comme les droits des peuples, il s\u2019arrache dans la lutte et par la lutte des peuples. Il ne sera jamais le r\u00e9sultat d\u2019un acte de la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 d\u2019une puissance quelconque.<\/em><a href=\"#_edn6\" name=\"_ednref6\"><em><strong>[vi]<\/strong><\/em><\/a><\/p>\n<p>Il y a des applaudissements dans la salle. Emmanuel, il n\u2019aime pas \u00e7a. Il sent que le bateau prend l\u2019eau. Thomas non plus, car il n\u2019est pas venu pour faire un spectacle\u2026 Emmanuel, il s\u2019accroche. C\u2019est un guerrier de la palabre. Tel un capitaine, il reste \u00e0 son poste quitte \u00e0 couler avec le navire. Il poursuit ainsi :<\/p>\n<p><em>D\u2019autres sont venus pour entendre votre message. Et j\u2019ai tenu \u00e0 ce qu\u2019ils soient pr\u00e9sents \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s. Ce sont les membres du Conseil pr\u00e9sidentiel pour l\u2019Afrique. Pour l\u2019Afrique, car ils seront en lien permanent avec vous comme le sont les organisations que je n\u2019oublie pas, qui \u0153uvrent au quotidien sur le terrain aupr\u00e8s de la population. Et pr\u00e9sidentielle, car votre voix me sera restitu\u00e9e sans filtre, sans interm\u00e9diaire, sans concession. C\u2019est ce qu\u2019ils ont commenc\u00e9 \u00e0 faire il y a quelques jours, lorsque nous avons commenc\u00e9 \u00e0 pr\u00e9parer ensemble ce d\u00e9placement. Ce sont de jeunes hommes et de jeunes femmes qui ont accept\u00e9 de prendre sur leur temps pour venir \u00eatre, en quelque sorte, vos portes voix. Pour venir \u00e0 la rencontre, pour \u00e9couter, pour partager leurs exp\u00e9riences. Non pas pour me dire ce qu\u2019il faudrait me dire, ce qu\u2019on pourrait dire \u00e0 un pr\u00e9sident de la R\u00e9publique depuis bien longtemps. Non pas pour me dire ce qui se ressent, ce qui se veut, ce qui est attendu ou ce qui est n\u00e9cessaire. C\u2019est ce qu\u2019ils continueront de faire en veillant au respect des engagements pris devant vous.<\/em><a href=\"#_edn7\" name=\"_ednref7\"><em><strong>[vii]<\/strong><\/em><\/a><\/p>\n<p>Il aime bien prononcer le mot \u00ab Afrique \u00bb Macron. Il a l\u2019air de croire qu\u2019\u00e0 force de r\u00e9p\u00e9ter ce mot ind\u00e9finiment, il sera Noir le temps de son discours. Lui, il veut convaincre le Burkina que la merde \u00e7a peut s\u2019am\u00e9nager et qu\u2019ainsi tout peut continuer encore longtemps. Thomas r\u00e9pond :<\/p>\n<p><em>(\u2026) Il n\u2019y a plus de duperie possible. Le Nouvel Ordre \u00c9conomique Mondial pour lequel nous luttons et continuerons de lutter, ne peut se r\u00e9aliser que :<\/em><\/p>\n<p><em>Si nous parvenons \u00e0 ruiner l\u2019ancien ordre qui nous ignore,<\/em><\/p>\n<ul>\n<li><em>Si nous imposons la place qui nous revient dans l\u2019organisation politique du monde,<\/em><\/li>\n<li><em>Si, prenant conscience de notre importance dans le monde, nous obtenons un droit de regard et de d\u00e9cision sur les m\u00e9canismes qui r\u00e9gissent le commerce, l\u2019\u00e9conomie et la monnaie \u00e0 l\u2019\u00e9chelle plan\u00e9taire. (\u2026)<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p><em>(\u2026) Nous faisons le serment de lutter pour att\u00e9nuer les tensions, introduire les principes d\u2019une vie civilis\u00e9e dans les relations internationales et les \u00e9tendre \u00e0 toutes les parties du monde. Ce qui revient \u00e0 dire que nous ne pouvons assister passifs, au trafic des concepts. (\u2026)<a href=\"#_edn8\" name=\"_ednref8\"><strong>[viii]<\/strong><\/a><\/em><\/p>\n<p>Il y aurait, comme \u00e7a, un continent, sur la Terre, qui regorge de mati\u00e8res premi\u00e8res et qui depuis des d\u00e9cennies, que dis-je ! depuis des si\u00e8cles, se verrait spoli\u00e9, violent\u00e9, viol\u00e9 aux yeux du monde tant par ses ennemis int\u00e9rieurs, qu\u2019ext\u00e9rieurs, par les grandes firmes internationales ainsi que par les puissances belliqueuses qui r\u00e8gnent en ma\u00eetresses sur la plan\u00e8te. Et du jour au lendemain, dans un monde portant une humanit\u00e9 nullement assagie par le passage du temps, cette situation cesserait. Elle cesserait parce qu\u2019un homme, aujourd\u2019hui, nous le dit. Et bien cela, sans sourire, sans rire, sans douter, il faudrait le croire\u2026 L\u00e0, Macron il comprend qu\u2019il va falloir changer de sujet. Alors maintenant il s\u2019attaque au probl\u00e8me de la d\u00e9mographie.<\/p>\n<p><em>Dire tout va bien, Madame la Marquise, c\u2019est formidable on va continuer ensemble comme on a toujours fait et qu\u2019on va s\u2019apercevoir qu\u2019il y a une d\u00e9mographie extr\u00eamement dynamique mais dont bon nombre de pays qui n\u2019ont pas la croissance pour entretenir une g\u00e9n\u00e9ration, une d\u00e9mographie qui fait encore basculer de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9. C\u2019est, ne pas partager une pr\u00e9occupation que nous devons avoir en commun. 70% de jeunes, c\u2019est \u00e7a l\u2019Afrique ! Alors oui c\u2019est une chance ! je vous l\u2019ai dit, j\u2019y crois. Si je n\u2019y croyais pas je ne serais pas l\u00e0. Mais c\u2019est surtout une immense responsabilit\u00e9. Alors, la d\u00e9mographie, cela ne se d\u00e9cr\u00e8te pas. Et l\u00e0 aussi, cela ne se dicte pas. Aucun pr\u00e9sident ne va dire ma d\u00e9mographie doit \u00eatre celle-ci o\u00f9 celle-l\u00e0. Et \u00e0 fortiori, pas un pr\u00e9sident fran\u00e7ais pour l\u2019Afrique. Mais elle renvoie \u00e0 des choix personnels, intimes, dans lesquels personne ne doit s\u2019immiscer. Et c\u2019est l\u00e0 le c\u0153ur du sujet. Elle doit \u00eatre un choix, en particulier pour les jeunes filles et pour les femmes. Et posez-vous bien la question. Partout, vous avez sept, huit, neuf enfants par femme. Est-ce qu\u2019\u00e0 chaque fois, dans chaque famille, vous \u00eates bien s\u00fbr que c\u2019est le choix de cette jeune femme ? Il y a dans mon pays des familles qui ont fait ce choix. Il y a en France des familles o\u00f9 il y a sept, huit, neuf enfants par femme. C\u2019est leur choix, c\u2019est tr\u00e8s bien je n\u2019ai pas \u00e0 en juger. Je n\u2019en parle d\u2019ailleurs jamais. Et je n\u2019ai pas \u00e0 en juger pour une famille et une femme africaine. Mais je veux \u00eatre s\u00fbr que partout en Afrique, que ce soit bien le choix de cette jeune fille ou de cette femme. Je veux le choix pour une jeune fille, si elle le souhaite, de pouvoir continuer ses \u00e9tudes, de continuer \u00e0 se former, de trouver un emploi, de cr\u00e9er une entreprise, de pouvoir faire ce choix, elle et personne d\u2019autre. Je veux que partout en Afrique une jeune fille puisse avoir le choix de ne pas \u00eatre mari\u00e9e \u00e0 13 ans ou \u00e0 14 ans pour commencer \u00e0 faire des enfants. Non pas parce qu\u2019un pr\u00e9sident de la R\u00e9publique l\u2019aura voulu. Parce que vous l\u2019aurez voulu. Parce que vous l\u2019aurez voulu. Mais nous devons avoir ce d\u00e9bat responsable qui force celui de la libert\u00e9 du choix. Celui qui va avec la d\u00e9mocratie. Celui qui va avec la route que vous avez choisie. C\u2019est une conviction profonde qui m\u2019a pouss\u00e9 \u00e0 faire de l\u2019\u00e9galit\u00e9 femme-homme la grande cause de mon mandat. En France, d\u2019abord, o\u00f9 nous avons encore d\u2019\u00e9normes progr\u00e8s \u00e0 accomplir pour assurer une \u00e9galit\u00e9 r\u00e9elle dans notre soci\u00e9t\u00e9. Et c\u2019est une cause que je porte aussi dans mon action internationale et que je partage avec vous ici. La d\u00e9mographie peut \u00eatre une chance mais donc \u00e0 condition que chaque jeune fille, chaque femme ait la possibilit\u00e9 de choisir son destin dans notre soci\u00e9t\u00e9, quelle qu\u2019elle soit.<\/em><a href=\"#_edn9\" name=\"_ednref9\"><em><strong>[ix]<\/strong><\/em><\/a><\/p>\n<p>Emmanuel, il se reconvertit dans la police des m\u0153urs. Alors oui, il vient vous expliquer comment il faut engrosser, et \u00e0 quelle fr\u00e9quence, les demoiselles. Il veut \u00eatre s\u00fbr qu\u2019une femme qui a beaucoup d\u2019enfants, en a par choix. Il veut des \u00ab certitudes \u00bb monsieur Macron. En quoi les Africains sont-ils tenus de r\u00e9pondre \u00e0 ce type de d\u00e9sid\u00e9ratas ? Si en Afrique, il y a grand nombre d\u2019enfants par femme, les raisons qui provoquent un tel ph\u00e9nom\u00e8ne ne regardent en rien un pr\u00e9sident de la r\u00e9publique fran\u00e7aise, aussi m\u00e9prisable ou respectable soit-il. En somme, l\u2019Afrique va mal. Elle est pill\u00e9e chaque jour et cela emp\u00eache ce continent de prosp\u00e9rer. Apr\u00e8s vous avoir appauvris, messieurs-dames, nous vous demanderons \u00e9galement de baisser votre propension \u00e0 vous reproduire. Ayez le d\u00e9sir d\u2019avoir moins d\u2019enfants par femme chers Africains, qu\u2019il leur dit l\u00e0 Macron, car je le veux. Si vous pouviez dispara\u00eetre et laisser place nette \u00e0 Total ou Areva, ce serait alors le paroxysme du bonheur, mais comment faire pour vous en convaincre ? Il parle de choix des femmes comme si leur vie partout ailleurs n\u2019\u00e9tait faite que de choix. Sait-il seulement que tr\u00e8s peu nombreux sont les pays africains o\u00f9 l\u2019on peut b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une s\u00e9curit\u00e9 sociale ? Que le fait d\u2019avoir un grand nombre d\u2019enfant constitue justement une forme d\u2019assurance sociale ? Que c\u2019est une b\u00e9n\u00e9diction en Afrique que d\u2019avoir grand nombre d\u2019enfant ? Ce n\u2019est pas depuis l\u2019Elys\u00e9e qu\u2019il pouvait le savoir cela, Macron.\u2026 Et toutes ces femmes du prol\u00e9tariat fran\u00e7ais, qui vivent dans la pr\u00e9carit\u00e9, qui vivent de petits boulots souvent peu \u00e9panouissants sur le plan intellectuel, forc\u00e9es qu\u2019elles sont de travailler car la paye du mari ne suffit plus \u00e0 subvenir au besoin du m\u00e9nage. S\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une m\u00e8re monoparentale o\u00f9 le p\u00e8re s\u2019est tir\u00e9 depuis bien longtemps. Il s\u2019est tir\u00e9 parce que c\u2019est son choix, sa libert\u00e9 tout comme les femmes ont les leurs puisque nous sommes \u00e0 l\u2019air de l\u2019\u00e9galitarisme. Concept \u00e9rig\u00e9 en ma\u00eetre et comme une fin en soi par les tenants de l\u2019id\u00e9ologie dominante occidentale. Il serait d\u2019ailleurs amusant d\u2019entendre une fois un pr\u00e9sident africain venir tenir un discours sur la f\u00e9condit\u00e9 dans un pays occidental, comme par exemple en Allemagne qui, elle, a un important d\u00e9ficit \u00e0 ce niveau-l\u00e0. Pourquoi ne faite-vous pas davantage d\u2019enfants Mesdames ? Est-ce v\u00e9ritablement un choix ? Je souhaiterais en \u00eatre s\u00fbr. N\u2019est-ce pas d\u00fb \u00e0 l\u2019incertitude \u00e9conomique que traverse votre pays ? N\u2019est-ce pas d\u00fb \u00e0 l\u2019apparition du divorce o\u00f9 les femmes ont peur de devenir m\u00e8re c\u00e9libataire, et devoir assumer seules trois ou quatre rejetons ? N\u2019est-ce pas d\u00fb \u00e0 la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence des m\u0153urs et de la morale via le consum\u00e9risme \u00e0 outrance qui vous prive d\u2019un terrain sain et f\u00e9cond pour l\u2019\u00e9ducation d\u2019un enfant ? Ces m\u00e8res c\u00e9libataires qui triment \u00e0 l\u2019usine ? Ces jeunes femmes qui posent \u00e0 moiti\u00e9 nues sur des affiches pour faire vendre des Audi ou des BMW, est-ce vraiment leur choix ? Je voudrais en \u00eatre s\u00fbr Madame la Chanceli\u00e8re\u2026Si un jour cela arrivait, que dirait-on ? Que diraient les Allemands ? que diraient les Allemandes ? S\u2019offusqueraient-ils. Peut-\u00eatre que oui\u2026peut-\u00eatre que non. Dans tous les cas, un chef d\u2019Etat africain n\u2019aurait aucunement la l\u00e9gitimit\u00e9 pour poser ce genre de question au peuple allemand. Sankara r\u00e9pond :<\/p>\n<p><em>Le poids des traditions s\u00e9culaires de notre soci\u00e9t\u00e9 voue la femme au rang de b\u00eate de somme. Tous les fl\u00e9aux de la soci\u00e9t\u00e9 n\u00e9ocoloniale, la femme les subit doublement : premi\u00e8rement, elle conna\u00eet les m\u00eames souffrances que l\u2019homme ; deuxi\u00e8mement, elle subit de la part de l\u2019homme d\u2019autres souffrances. Notre r\u00e9volution int\u00e9resse tous les opprim\u00e9s, tous ceux qui sont exploit\u00e9s dans la soci\u00e9t\u00e9 actuelle.<\/em><\/p>\n<p><em>Elle int\u00e9resse, par cons\u00e9quent, les femmes, car le fondement de sa domination par l\u2019homme se trouve dans le syst\u00e8me d\u2019organisation de la vie politique et \u00e9conomique de la soci\u00e9t\u00e9. La r\u00e9volution, en changeant l\u2019ordre social qui opprime la femme, cr\u00e9e les conditions pour son \u00e9mancipation v\u00e9ritable.<\/em><\/p>\n<p><em>Les femmes et les hommes de notre soci\u00e9t\u00e9 sont tous victimes de l\u2019oppression et de la domination imp\u00e9rialistes. C\u2019est pourquoi ils m\u00e8nent le m\u00eame combat. La r\u00e9volution et la lib\u00e9ration de la femme vont de pair. Et ce n\u2019est pas un acte de charit\u00e9 ou un \u00e9lan d\u2019humanisme que de parler de l\u2019\u00e9mancipation de la femme. C\u2019est une n\u00e9cessit\u00e9 fondamentale pour le triomphe de la r\u00e9volution. Les femmes portent sur elles l\u2019autre moiti\u00e9 du ciel.<\/em><\/p>\n<p><em>Cr\u00e9er une nouvelle mentalit\u00e9 chez la femme volta\u00efque qui lui permette d\u2019assumer le destin du pays au c\u00f4t\u00e9 de l\u2019homme est une t\u00e2che primordiale de la r\u00e9volution. Il est de m\u00eame de la transformation \u00e0 apporter dans les attitudes vis-\u00e0-vis de la femme. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, la femme a \u00e9t\u00e9 exclue des sph\u00e8res de d\u00e9cisions. La r\u00e9volution, en responsabilisant la femme, cr\u00e9e les conditions pour lib\u00e9rer l\u2019initiative combattante des femmes. Le CNR, dans sa politique r\u00e9volutionnaire, travaillera \u00e0 la mobilisation, \u00e0 l\u2019organisation et \u00e0 l\u2019union de toutes ses forces vives de la nation et la femme ne sera pas en reste. Elle sera associ\u00e9e \u00e0 tous les combats que nous aurons \u00e0 entreprendre contre les diverses entraves de la soci\u00e9t\u00e9 n\u00e9ocoloniale et pour l\u2019\u00e9dification d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 nouvelle. Elle sera associ\u00e9e \u00e0 tous les niveaux de conceptions, de d\u00e9cision et d\u2019ex\u00e9cution, \u00e0 l\u2019organisation de la vie de la nation enti\u00e8re. Le but final de toute cette entreprise grandiose, c\u2019est de construire une soci\u00e9t\u00e9 libre et prosp\u00e8re o\u00f9 la femme sera l\u2019\u00e9gale de l\u2019homme dans tous les domaines.<\/em><\/p>\n<p><em>Cependant, il convient d\u2019avoir une juste compr\u00e9hension de la question de l\u2019\u00e9mancipation de la femme. Elle n\u2019est pas une \u00e9galit\u00e9 m\u00e9canique entre l\u2019homme et la femme. Acqu\u00e9rir les habitudes reconnues \u00e0 l\u2019homme (boire, fumer, porter des pantalons) ce n\u2019est pas l\u2019\u00e9mancipation de la femme.<\/em><\/p>\n<p><em>Ce n\u2019est pas non plus l\u2019acquisition de dipl\u00f4mes qui rendra la femme \u00e9gale \u00e0 l\u2019homme ou plus \u00e9mancip\u00e9e. Le dipl\u00f4me n\u2019est pas un laisser-passer pour l\u2019\u00e9mancipation.<\/em><\/p>\n<p><em>La vraie \u00e9mancipation de la femme c\u2019est celle qui responsabilise la femme, qui l\u2019associe aux activit\u00e9s productives, aux diff\u00e9rents combats auxquels est confront\u00e9 le peuple. La vraie \u00e9mancipation de la femme, c\u2019est celle qui force le respect et la consid\u00e9ration de l\u2019homme.<\/em><\/p>\n<p><em>L\u2019\u00e9mancipation, tout comme la libert\u00e9, ne s\u2019octroie pas, elle se conquiert. Et il incombe aux femmes elles-m\u00eames d\u2019avancer leurs revendications et de se mobiliser pour les faire aboutir. En cela, la R\u00e9volution d\u00e9mocratique et populaire cr\u00e9era les conditions n\u00e9cessaires pour permettre \u00e0 la femme volta\u00efque de se r\u00e9aliser pleinement et enti\u00e8rement. Car, serait-il possible de liquider le syst\u00e8me d\u2019exploitation en maintenant exploit\u00e9es ces femmes qui constituent plus de la moiti\u00e9 de notre soci\u00e9t\u00e9 ?<a href=\"#_edn10\" name=\"_ednref10\"><strong>[x]<\/strong><\/a><\/em><\/p>\n<p>Pendant que l\u2019Afrique se fait piller, mettez-vous sur la gueule messieurs-dames. Ouais, Emmanuel il voulait remettre en sc\u00e8ne la guerre des sexes. C\u2019est plus confortable que de parler des probl\u00e8mes de relations Nord-Sud. C\u2019est vieux comme le monde \u00e7a ! Quand on ne peut plus r\u00e9pondre sur l\u2019\u00e9conomico-sociale, on fait du soci\u00e9tal. Et puis quand le soci\u00e9tal \u00e7a ne marche toujours pas, on saute aux arbres. Faut bien trouver une \u00e9chappatoire, somme toute. Alors on passe comme d\u2019un terrain \u00e0 l\u2019autre. Emmanuel il reprend alors, en parlant de la pluie et du beau temps :<\/p>\n<p><em>Enfin, la menace qui peut amplifier toutes les autres et les rendre hors de port\u00e9e, c\u2019est le changement climatique. Le changement climatique n\u2019est pas une lubie pour pays d\u00e9velopp\u00e9s. Ce n\u2019est pas une pr\u00e9occupation sur laquelle certains, simplement, devraient s\u2019attacher \u00e0 passer leur quotidien. Non ! Le changement climatique c\u2019est vital. C\u2019est ce qui peut transformer, bousculer des r\u00e9gions enti\u00e8res dans le Pacifique ou en Afrique. L\u2019Afrique, des rives du lac Tchad au bassin du Congo est toute enti\u00e8re en premi\u00e8re ligne des effets du changement climatique. Elle peut aussi, mes amis, \u00eatre \u00e0 l\u2019avant-garde de la solution. Elle peut aussi r\u00e9ussir l\u00e0 o\u00f9 l\u2019Europe n\u2019a pas toujours su apporter les bonnes r\u00e9ponses. La secr\u00e9taire d\u2019Etat m\u2019accompagne ici et elle m\u00e8ne, aux c\u00f4t\u00e9s du ministre d\u2019Etat, le combat. C\u2019est pour cela que j\u2019ai souhait\u00e9 que l\u2019Afrique soit \u00e0 nos c\u00f4t\u00e9 lors du sommet du 12 d\u00e9cembre prochain \u00e0 Paris. Nous aurons des projets concrets, et en particulier des projets africains face auxquels nous mettrons des financements concrets, publics et priv\u00e9s, pour permettre d\u2019avoir des r\u00e9sultats rapides. Je souhaite que la France, par ses entreprises et ses op\u00e9rateurs, soit le partenaire privil\u00e9gi\u00e9 de l\u2019Afrique dans le domaine de l\u2019adaptation au changement climatique. Je pense, en particulier, aux \u00e9nergies renouvelables. C\u2019est le sens que je donnerai, en inaugurant demain, avec le pr\u00e9sident Kabor\u00e9, la centrale solaire de Zagtouli. Avec ce projet, j\u2019ai la fiert\u00e9 de penser que la France, avec d\u2019autres pays europ\u00e9ens, pourra ainsi contribuer, aux c\u00f4t\u00e9s du gouvernement burkinab\u00e8, \u00e0 changer un peu la vie. A changer le quotidien des coupures d\u2019\u00e9lectricit\u00e9s. A rendre l\u2019\u00e9nergie plus accessible\u2026mais aussi plus propre. La lutte contre le r\u00e9chauffement climatique doit \u00eatre le terrain de l\u2019innovation, de l\u2019entreprenariat, d\u2019un d\u00e9fi commun o\u00f9 nous devons r\u00e9ussir ensemble. O\u00f9 les formations doivent se multiplier. O\u00f9 les investissements nouveaux doivent se multiplier. (\u2026)<\/em><a href=\"#_edn11\" name=\"_ednref11\"><em><strong>[xi]<\/strong><\/em><\/a><\/p>\n<p>Il suffirait de laisser l\u2019Afrique se d\u00e9velopper gr\u00e2ce \u00e0 ses ressources et le courant irait tr\u00e8s bien, la vie aussi\u2026Oh, mais il a compris Emmanuel, qu\u2019il parle \u00e0 la jeunesse. Elle est si volatile, qu\u2019il suffit d\u2019avoir de la po\u00e9sie et des mots pour lui faire croire qu\u2019on soignera ses maux. La jeunesse, elle est si volatile, si press\u00e9e d\u2019aller toujours faire autre chose, de r\u00eaver d\u2019un autre monde, qu\u2019il suffit d\u2019un discours pour lui faire croire, que ce dernier, on va l\u2019inventer. La jeunesse, on lui fait l\u2019amour en face avec des mots, puis on la baise dans le r\u00e9el, par derri\u00e8re, une fois celle-ci endormie. Elle, si na\u00efve, si path\u00e9tique, elle n\u2019en conna\u00eet pas assez pour se m\u00e9fier. La jeunesse, c\u2019est une maladie dont certains ne sortent jamais ! Mais une fois mort, vous \u00eates comme un vieux\u2026 Et Thomas \u00e7a fait d\u00e9j\u00e0 trente ans qu\u2019on la fait crever. Alors il r\u00e9pond :<\/p>\n<p><em>(\u2026) Je ne suis que l\u2019humble porte-parole d\u2019un peuple qui refuse de se regarder mourir pour avoir regard\u00e9 passivement mourir son environnement naturel. Depuis le 4 ao\u00fbt 1983, l\u2019eau, l\u2019arbre et la vie pour pas dire la survie sont des donn\u00e9es fondamentales et sacr\u00e9es de toute action du Conseil national de la r\u00e9volution qui dirige le Burkina Faso. (\u2026)<\/em><\/p>\n<p><em>Pour le nouvel an 1986, toutes les \u00e9coli\u00e8res, tous les \u00e9coliers et les \u00e9l\u00e8ves de notre capitale, Ouagadougou, ont confectionn\u00e9, de leurs propres mains, plus de 3500 foyers am\u00e9lior\u00e9s offerts \u00e0 leurs m\u00e8res, et venant s\u2019ajouter aux 80&rsquo;000 foyers confectionn\u00e9s par les femmes elles-m\u00eames, en deux ans. C\u2019\u00e9tait leur contribution \u00e0 l\u2019effort national pour r\u00e9duire la consommation du bois de chauffe et sauvegarder l\u2019arbre et la vie.<\/em><\/p>\n<p><em>L\u2019acc\u00e8s \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 ou \u00e0 la simple location de centaines de logements sociaux construits depuis le 4 ao\u00fbt 1983 est strictement conditionn\u00e9 par l\u2019engagement du b\u00e9n\u00e9ficiaire \u00e0 planter un nombre minimum d\u2019arbres et \u00e0 les entretenir comme la prunelle de ses yeux. Des b\u00e9n\u00e9ficiaires irrespectueux de leur engagement ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 la vigilance de nos Comit\u00e9s de d\u00e9fense de la r\u00e9volution (CDR) que les langues fallacieuses se plaisent \u00e0 d\u00e9nigrer syst\u00e9matiquement et sans aucune nuance.<\/em><\/p>\n<p><em>Apr\u00e8s avoir vaccin\u00e9, sur tout le territoire national, en une quinzaine de jour, deux millions cinq cent mille enfants, \u00e2g\u00e9 de 9 mois \u00e0 14 ans, du Burkina Faso et des pays voisins, contre la rougeole, la m\u00e9ningite et la fi\u00e8vre jaune ; apr\u00e8s avoir r\u00e9alis\u00e9 plus de 150 forages, garantissant l\u2019approvisionnement en eau potable \u00e0 la vingtaine de secteurs de notre capitale jusqu\u2019ici priv\u00e9e de ce besoin essentiel ; apr\u00e8s avoir port\u00e9, en deux ans, le taux d\u2019alphab\u00e9tisation de 12 pour cent \u00e0 22 pour cent ; le peuple burkinab\u00e9 continue victorieusement sa lutte pour un Burkina vert.<\/em><\/p>\n<p><em>Dix millions d\u2019arbres ont \u00e9t\u00e9 plant\u00e9s dans le cadre d\u2019un Programme populaire de d\u00e9veloppement (PPD) de 15 mois qui fut notre premier parti en attendant le Plan quinquennal. Dans les villages, les vall\u00e9es am\u00e9nag\u00e9es de nos fleuves, les familles doivent planter chacune 100 arbres par an.<\/em><\/p>\n<p><em>La coupe et la commercialisation du bois de chauffe ont \u00e9t\u00e9 totalement r\u00e9organis\u00e9es et vigoureusement disciplin\u00e9es. Ces activit\u00e9s vont de l\u2019obligation de d\u00e9tenir une carte de commer\u00e7ant de bois, de respecter les zones affect\u00e9es \u00e0 la coupe du bois, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019obligation d\u2019assurer le reboisement des espaces d\u00e9bois\u00e9s. Chaque ville et chaque village burkinab\u00e9 poss\u00e8de aujourd\u2019hui un bosquet, r\u00e9habilitant ainsi une tradition ancestrale. (\u2026)<\/em><\/p>\n<p><em>Mon intention n\u2019est pas d\u2019encenser sans retenue et sans mesure la modeste exp\u00e9rience r\u00e9volutionnaire de mon peuple en mati\u00e8re de d\u00e9fense de l\u2019arbre et la for\u00eat. Mon intention est de vous parler de la fa\u00e7on la plus explicite qui soit, des profonds changements en cours au Burkina Faso, dans les relations entre l\u2019homme burkinab\u00e9 et l\u2019arbre. Mon intention est de t\u00e9moigner de la fa\u00e7on la plus fid\u00e8le qui soit, de la naissance et du d\u00e9veloppement d\u2019un amour sinc\u00e8re et profond entre burkinab\u00e9 et l\u2019arbre, dans ma patrie.<\/em><\/p>\n<p><em>Ce faisant, nous croyons traduire, sur le terrain, notre conception th\u00e9orique en rapport avec les voies et moyens sp\u00e9cifiques de nos r\u00e9alit\u00e9s sah\u00e9liennes, de la recherche de solutions aux dangers pr\u00e9sents et futur qui agressent l\u2019arbre et la plan\u00e8te \u00e0 l\u2019\u00e9chelle plan\u00e9taire. (\u2026)<\/em><\/p>\n<p><em>(\u2026) Ni les arguments fallacieux du malthusianisme, et j\u2019affirme que l\u2019Afrique reste un continent sous-peupl\u00e9, ni les colonies de vacances pompeusement et d\u00e9magogiquement baptis\u00e9es \u00ab Op\u00e9ration de reboisement \u00bb, ne constituent des r\u00e9ponses. Nous et notre mis\u00e8re, nous sommes refoul\u00e9s comme des pel\u00e9s et des galeux dont les j\u00e9r\u00e9miades et les clameurs perturbent la qui\u00e9tude feutr\u00e9e des fabricants et des marchands de mis\u00e8re.<\/em><\/p>\n<p><em>C\u2019est pourquoi le Burkina a propos\u00e9 et propose toujours, qu\u2019au moins un pour cent des sommes colossales sacrifi\u00e9es dans la recherche de la cohabitation avec les autres astres servent \u00e0 financer, de fa\u00e7on compensatoire, des projets de lutte pour sauver l\u2019arbre et la vie. Nous ne d\u00e9sesp\u00e9rons pas qu\u2019un dialogue avec les martiens puisse d\u00e9boucher sur la reconqu\u00eate de l\u2019Eden. Mais en attendant, les terriens que nous sommes avons aussi le droit de refuser un choix qui se limite \u00e0 la simple alternative entre l\u2019enfer et le purgatoire.<\/em><\/p>\n<p><em>Ainsi formul\u00e9e, notre lutte pour l\u2019arbre et la for\u00eat est d\u2019abord une lutte populaire et d\u00e9mocratique. Car l\u2019excitation st\u00e9rile et dispendieuse de quelque ing\u00e9nieurs et experts en sylviculture n\u2019y fera jamais rien ! De m\u00eame, les consciences \u00e9mues, m\u00eame sinc\u00e8res et louables, de multiplier forums et institutions ne pourront reverdir le Sahel, lorsqu\u2019on manque d\u2019argent pour forer des puits d\u2019eau potable \u00e0 100 m\u00e8tres et que l\u2019on en regorge pour forer des puits de p\u00e9trole \u00e0 3000 m\u00e8tres ! Karl Marx le disait, on ne pense ni aux m\u00eames choses, ni de la m\u00eame fa\u00e7on selon que l\u2019on vit dans une chaumi\u00e8re ou dans un palais. Cette lutte pour l\u2019arbre et la for\u00eat est surtout une lutte anti-imp\u00e9rialiste. Car l\u2019imp\u00e9rialisme est le pyromane de nos for\u00eats et de nos savanes.<\/em><\/p>\n<p><em>(\u2026) Ce combat, nous pouvons le gagner si nous choisissons d\u2019\u00eatre des architectes et non pas simplement des abeilles. Ce sera la victoire de la conscience sur l\u2019instinct. L\u2019abeille et l\u2019architecte, oui ! L\u2019auteur me permettra de prolonger cette comparaison dualiste en un triptyque, c\u2019est-\u00e0-dire : l\u2019abeille, l\u2019architecte et l\u2019architecte r\u00e9volutionnaire.<a href=\"#_edn12\" name=\"_ednref12\"><strong>[xii]<\/strong><\/a><\/em><\/p>\n<p>Emmanuel, qui croyait que l\u2019Afrique l\u2019avait attendu. Alors que sur cette question, cela fait bien longtemps qu\u2019elle est en marche. Il fait alors sa r\u00e9v\u00e9rence<\/p>\n<p><em>Voil\u00e0, mesdames et messieurs, au moment de se retirer, je crois qu\u2019il est de coutume au Burkina Faso de demander la route. C\u2019est ce que je vais faire en vous demandant non seulement la route mais aussi la destination que nous devons prendre ensemble. Au bout de cette route, nous avons le choix entre l\u2019envie de nous retrouver ou la trag\u00e9die de nous ignorer. Je vous propose non seulement de vous retrouver mais de ne plus nous s\u00e9parer. <\/em><a href=\"https:\/\/l.facebook.com\/l.php?u=http%3A%2F%2Fwww.alobalo.net%2F2016%2F04%2Ffelwine-sarr-lafrique-na-personne-a-rattraper%2F&amp;h=ATPq4tENLJayrjwE5FgYotL0sW-ZeXw6wswRe5zLdByX-kmWR1OhadcxXlvhYPWJq_SyF52ZcgWtTPuTzmU8udpFcn24dBfzs5HFimDMAxfT-ip92txf\"><em>Felwine Sarr <\/em><\/a><em>\u00e9crit cette belle formule \u00ab L\u2019Afrique n\u2019a personne a rattrap\u00e9. Elle ne doit plus courir sur les sentiers qu\u2019on lui indique mais marcher prestement sur le chemin qu\u2019elle se sera choisi. \u00bb Alors marchons ensemble sur ce chemin si vous en \u00eates d\u2019accords. Et apprenons \u00e0 nous aimer fort de notre histoire partag\u00e9e et de notre devenir commun. C\u2019est la proposition que je suis venu faire aujourd\u2019hui avec beaucoup d\u2019humilit\u00e9. C\u2019est la m\u00eame proposition que je ferai demain avec mes homologues africains et europ\u00e9ens. (\u2026) Je vous remercie.<\/em><a href=\"#_edn13\" name=\"_ednref13\"><em><strong>[xiii]<\/strong><\/em><\/a><\/p>\n<p>Ce n\u2019est plus un discours, mais une d\u00e9claration qu\u2019il nous fait l\u00e0 Monsieur le Pr\u00e9sident Emmanuel Macron, une d\u00e9claration d\u2019amour. <em>\u00ab Ne me quitte pas. Il faut oublier Tout peut s&rsquo;oublier Qui s&rsquo;enfuit d\u00e9j\u00e0, Oublier le temps Des malentendus Et le temps perdu<\/em> <em>\u00bb<\/em><a href=\"#_edn14\" name=\"_ednref14\"><em><strong>[xiv]<\/strong><\/em><\/a> L\u2019Afrique et l\u2019Europe ont-elles seulement \u00e9t\u00e9, ne serait-ce que le temps d\u2019un jour, s\u00e9par\u00e9es depuis la d\u00e9colonisation ? Nous avons pu voir, depuis la seconde moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle, une \u00e9lite africaine embrasser corps et \u00e2me une \u00e9lite europ\u00e9enne, et deux peuples assister ensemble \u00e0 ce mariage qui rel\u00e8ve davantage de la pornographie que du romantisme, par le trou de la serrure, comme des enfants un peu trop curieux\u2026 Vient maintenant au tour du Capitaine Thomas Sankara de conclure :<\/p>\n<p><em>Nous savons que, dans les officines imp\u00e9rialistes, on essaiera de d\u00e9cortiquer les propos tenus ici et surtout l\u2019on essaiera de savoir jusqu\u2019o\u00f9 le peuple burkinab\u00e8 r\u00e9ussira \u00e0 repousser l\u2019ennemi. Et moi, je vous dis que nous repousserons l\u2019ennemi jusqu\u2019\u00e0 ce nous l\u2019ayons noy\u00e9 dans les oc\u00e9ans.<\/em><a href=\"#_edn15\" name=\"_ednref15\"><em><strong>[xv]<\/strong><\/em><\/a><\/p>\n<p>Le temps d\u2019un instant, Sankara se transforme en guide du routard histoire de donner une information concernant la route, o\u00f9 plut\u00f4t la destination, \u00e0 Emmanuel, puisque celui-ci est d\u00e9sireux de se la faire indiquer. Ne sait-on jamais, peut-\u00eatre voudra-il lui aussi la prendre :<\/p>\n<p><em>La patrie ou la mort, nous vaincrons ! Je vous remercie.<\/em><a href=\"#_edn16\" name=\"_ednref16\"><em><strong>[xvi]<\/strong><\/em><\/a><\/p>\n<p><strong>R\u00e9dacteur\u00a0: Yoann Lusikila<\/strong><\/p>\n<p>Image :<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/information.tv5monde.com\/sites\/info.tv5monde.com\/files\/styles\/large\/public\/assets\/images\/Macron_sankara_Kabore.jpg?itok=WvAKgFJ0\">https:\/\/information.tv5monde.com\/sites\/info.tv5monde.com\/files\/styles\/large\/public\/assets\/images\/Macron_sankara_Kabore.jpg?itok=WvAKgFJ0<\/a><\/p>\n<p>Les pr\u00e9sidents fran\u00e7ais et burkinab\u00e9, Emmanuel Macron et Roch Marc Christian Kabor\u00e9 devant le portrait de Thomas Sankara \u00e0 Ouagadougou le 28 novembre 2017.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\">[i]<\/a> Extrait du discours du 28 novembre de Emmanuel Macron \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Ouaga I, visionnable int\u00e9gralement sur le lien suivant : <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=vo9QxXqWjGg&amp;t=1183s\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=vo9QxXqWjGg&amp;t=1183s<\/a> Tous les prochains extraits de discours de Macron proviennent \u00e9galement de ce m\u00eame lien.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\">[ii]<\/a> Extrait du discours du 28 novembre de Emmanuel Macron \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Ouaga I, visionnable int\u00e9gralement sur le lien suivant : <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=vo9QxXqWjGg&amp;t=1183s\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=vo9QxXqWjGg&amp;t=1183s<\/a> Tous les prochains extraits de discours de Macron proviennent \u00e9galement de ce m\u00eame lien.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\">[iii]<\/a> Extrait du discours de Thomas Sankara Les ennemis du peuple du 26 mars 1983.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref4\" name=\"_edn4\">[iv]<\/a> Extrait du discours du 28 novembre de Emmanuel Macron \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Ouaga I, visionnable int\u00e9gralement sur le lien suivant : <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=vo9QxXqWjGg&amp;t=1183s\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=vo9QxXqWjGg&amp;t=1183s<\/a> Tous les prochains extraits de discours de Macron proviennent \u00e9galement de ce m\u00eame lien.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref5\" name=\"_edn5\">[v]<\/a> Extrait du discours de Thomas Sankara Discours sur la dette du 29 juillet 1987.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref6\" name=\"_edn6\">[vi]<\/a> Extrait du discours de Thomas Sankara devant l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des nations-unies du 4 octobre 1984.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref7\" name=\"_edn7\">[vii]<\/a> Extrait du discours du 28 novembre de Emmanuel Macron \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Ouaga I, visionnable int\u00e9gralement sur le lien suivant : <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=vo9QxXqWjGg&amp;t=1183s\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=vo9QxXqWjGg&amp;t=1183s<\/a> Tous les prochains extraits de discours de Macron proviennent \u00e9galement de ce m\u00eame lien.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref8\" name=\"_edn8\">[viii]<\/a> Extrait du discours de Thomas Sankara devant l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des nations-unies du 4 octobre 1984.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref9\" name=\"_edn9\">[ix]<\/a> Extrait du discours du 28 novembre de Emmanuel Macron \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Ouaga I, visionnable int\u00e9gralement sur le lien suivant : <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=vo9QxXqWjGg&amp;t=1183s\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=vo9QxXqWjGg&amp;t=1183s<\/a> Tous les prochains extraits de discours de Macron proviennent \u00e9galement de ce m\u00eame lien.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref10\" name=\"_edn10\">[x]<\/a> Extrait discours de Thomas Sankara de Discours d\u2019orientation politique du 2 octobre 1983.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref11\" name=\"_edn11\">[xi]<\/a> Extrait du discours du 28 novembre de Emmanuel Macron \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Ouaga I, visionnable int\u00e9gralement sur le lien suivant : <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=vo9QxXqWjGg&amp;t=1183s\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=vo9QxXqWjGg&amp;t=1183s<\/a> Tous les prochains extraits de discours de Macron proviennent \u00e9galement de ce m\u00eame lien.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref12\" name=\"_edn12\">[xii]<\/a> Extrait discours de Thomas Sankara de Discours sur la pr\u00e9servation de l\u2019arbre, de l\u2019environnement et de la vie du 5 f\u00e9vrier 1986.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref13\" name=\"_edn13\">[xiii]<\/a> Extrait du discours du 28 novembre de Emmanuel Macron \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Ouaga I, visionnable int\u00e9gralement sur le lien suivant : <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=vo9QxXqWjGg&amp;t=1183s\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=vo9QxXqWjGg&amp;t=1183s<\/a> Tous les prochains extraits de discours de Macron proviennent \u00e9galement de ce m\u00eame lien.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref14\" name=\"_edn14\">[xiv]<\/a> Jacques Brel<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref15\" name=\"_edn15\">[xv]<\/a> Extrait du discours de Thomas Sankara menace sur la r\u00e9volution burkinab\u00e8 du 11 septembre 1985.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref16\" name=\"_edn16\">[xvi]<\/a> Extrait du discours de Thomas Sankara menace sur la r\u00e9volution burkinab\u00e8 du 11 septembre 1985.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le comptable et le soldat \u00a0 \u00a0 \u00ab Ainsi l\u2019imp\u00e9rialisme, tel le chasseur de la pr\u00e9histoire, tue d\u2019abord spirituellement et culturellement l\u2019\u00eatre, avant de chercher \u00e0 l\u2019\u00e9liminer physiquement. La n\u00e9gation de l\u2019histoire et des r\u00e9alisations intellectuelles des peuples africains noirs est le meurtre culturel, mental, qui a d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 et pr\u00e9par\u00e9 le g\u00e9nocide ici et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1001661,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_uag_custom_page_level_css":"","footnotes":""},"categories":[18501],"tags":[],"class_list":{"0":"post-4456","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","6":"category-journalisme"},"uagb_featured_image_src":{"full":false,"thumbnail":false,"medium":false,"medium_large":false,"large":false,"1536x1536":false,"2048x2048":false,"mailpoet_newsletter_max":false},"uagb_author_info":{"display_name":"","author_link":"https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/author\/"},"uagb_comment_info":0,"uagb_excerpt":"Le comptable et le soldat \u00a0 \u00a0 \u00ab Ainsi l\u2019imp\u00e9rialisme, tel le chasseur de la pr\u00e9histoire, tue d\u2019abord spirituellement et culturellement l\u2019\u00eatre, avant de chercher \u00e0 l\u2019\u00e9liminer physiquement. La n\u00e9gation de l\u2019histoire et des r\u00e9alisations intellectuelles des peuples africains noirs est le meurtre culturel, mental, qui a d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 et pr\u00e9par\u00e9 le g\u00e9nocide ici et&hellip;","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4456","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001661"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4456"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4456\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4456"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4456"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4456"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}