{"id":4346,"date":"2017-12-19T20:37:32","date_gmt":"2017-12-19T19:37:32","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/?p=4346"},"modified":"2017-12-19T20:37:49","modified_gmt":"2017-12-19T19:37:49","slug":"une-lettre-pour-les-gouverner-tou%c2%b7te%c2%b7s","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/2017\/12\/une-lettre-pour-les-gouverner-tou%c2%b7te%c2%b7s\/","title":{"rendered":"Une lettre pour les gouverner tou\u00b7te\u00b7s"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/files\/2017\/12\/orwell.jpg\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-4347 aligncenter\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/files\/2017\/12\/orwell.jpg\" alt=\"\" width=\"303\" height=\"202\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/files\/2017\/12\/orwell.jpg 303w, https:\/\/wp.unil.ch\/aessp\/files\/2017\/12\/orwell-150x100.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 303px) 100vw, 303px\" \/><\/a><\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0A une \u00e9poque de supercherie universelle, dire la v\u00e9rit\u00e9 est un acte r\u00e9volutionnaire.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right\">\u2014 George Orwell<\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><strong>Le neutre, \u00e7a n\u2019existe pas<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><em>\u00ab\u00a0Ecrire \u00e9tait facile. Tout ce qu\u2019il avait \u00e0 faire, c\u2019\u00e9tait transcrire l\u2019interminable monologue ininterrompu qui, litt\u00e9ralement depuis des ann\u00e9es, se poursuivait dans son cerveau.\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce que l\u2019\u00e9criture inclusive\u00a0? Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, nous commencerons par regarder ce que ses promoteur\u00b7rice\u00b7s en disent. Cette nouvelle \u00e9criture a pour but, comme son nom l\u2019indique, d\u2019inclure les femmes dans le langage et ainsi de faire progresser l\u2019\u00e9galit\u00e9 femmes \/ hommes. Le Manuel d\u2019\u00e9criture inclusive r\u00e9sume la chose \u00e0 trois conventions. 1. <em>Accorder en genre les noms de fonctions, grades, m\u00e9tiers et titres.<\/em> 2. <em>User du f\u00e9minin et du masculin, que ce soit par l\u2019\u00e9num\u00e9ration par ordre alphab\u00e9tique, l\u2019usage d\u2019un point milieu, ou le recours aux termes \u00e9pic\u00e8nes.<\/em> \u2013 par exemple, on ne doit plus dire des ouvriers, mais des ouvrier\u00b7\u00e8re\u00b7s. Alors oui, ceux\u00b7elles qui ont l\u2019esprit mal plac\u00e9 diront qu\u2019il aurait suffi d\u2019attendre la fermeture des derni\u00e8res usines sur sol europ\u00e9en pour remplacer directement cette appellation par celle de ch\u00f4meur\u00b7euse\u00b7s \u2013 3. <em>Ne plus employer les antonomases du nom commun \u00ab\u00a0Femme\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Homme\u00a0\u00bb. <\/em>\u00ab<em>\u00a0<\/em>Les\u00a0Hommes\u00a0\u00bb n\u2019englobe donc plus les femmes. \u00ab\u00a0Hommes\u00a0\u00bb n\u2019est plus \u00e9gal \u00e0 \u00ab\u00a0femmes\u00a0\u00bb, mais la femme est bien l\u2019\u00e9gale de l\u2019homme. Nous noterons d\u00e9j\u00e0 que si le deuxi\u00e8me point est bien connu, c\u2019est moins le cas des deux autres. \u00c0 ces conventions existent des exceptions, notamment, \u00ab\u00a0<em>les mots dont la forme ne varie pas entre le masculin et le f\u00e9minin.\u00a0\u00bb <\/em>On citera notamment les exemples suivants\u00a0: ploucs, ivrognes, misogynes, r\u00e9actionnaires, fascistes, etc\u2026<\/p>\n<p><!--more-->Mais n\u2019allons pas trop vite en besogne. Il faut peser le pour et le contre. Apr\u00e8s tout, l\u2019article pourrait se d\u00e9rouler ainsi\u00a0: apr\u00e8s avoir r\u00e9sum\u00e9 ce qu\u2019est l\u2019\u00e9criture inclusive et relat\u00e9 les quelques controverses qui l\u2019entourent, en ne disant r\u00e9ellement rien, nous pourrions conclure sobrement d\u2019une petite remontrance contre les m\u00e9fiant\u00b7e\u00b7s, l\u2019emballer d\u2019un beau ruban, et le pr\u00e9senter comme le produit d\u2019un journalisme neutre et raisonnable. Apr\u00e8s tout, il n\u2019y a rien d\u2019avantageux \u00e0 para\u00eetre rigide, incapable d\u2019appr\u00e9cier le changement, d\u00e9fensif\u00b7ive et crisp\u00e9\u00b7e face au Progr\u00e8s. Celui\u00b7elle qui semble nager \u00e0 contre-courant, face \u00e0 une force de la nature, contre ce qui semble aller de soi, parait fou\u00b7olle\u00a0; sans parler du risque bien r\u00e9el de finir noy\u00e9\u00b7e. Pourquoi alors\u00a0ne pas s\u2019en contenter ? Cet article n\u2019aura m\u00eame pas de but \u00e9ducatif\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Ou l\u2019avenir ressemblerait au pr\u00e9sent, et on ne l\u2019\u00e9couterait pas, ou il serait diff\u00e9rent, et son enseignement, dans ce cas, n\u2019aurait aucun sens.\u00a0\u00bb<\/em> Mais les mots, les pens\u00e9es, ont parfois un besoin irr\u00e9pressible de s\u2019exprimer, \u00e0 n\u2019importe quel prix. L\u2019article va donc prendre une autre tournure.<\/p>\n<p><strong>Ma double pens\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Son esprit s\u2019\u00e9chappa vers le labyrinthe de la double-pens\u00e9e. Conna\u00eetre et ne pas conna\u00eetre. En pleine conscience et avec une absolue bonne foi, \u00e9mettre des mensonges soigneusement agenc\u00e9s. Retenir simultan\u00e9ment deux opinions qui s\u2019annulent alors qu\u2019on les sait contradictoires et croire \u00e0 toutes deux.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Je ne d\u00e9fendrai pas cette r\u00e9forme par soif complotiste, en inventant une conspiration patriarcale men\u00e9e par l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Je n\u2019aborderai pas non plus les diverses controverses et critiques tol\u00e9r\u00e9es faites \u00e0 l\u2019\u00e9criture inclusive. Je ne parlerai pas du Premier ministre fran\u00e7ais qui a <em>d\u00e9cid\u00e9 de bannir l\u2019\u00e9criture inclusive des textes officiels<\/em>. Ni de l\u2019article des d\u00e9codeur\u00b7euse\u00b7s qui nagent dans le bon sens et r\u00e9prouvent la circulaire d\u2019Edouard Philippe. Lui qui ne fait pourtant que vanter la clart\u00e9, la norme et une forme de lisibilit\u00e9, puisqu\u2019il doit les lire, lui, ces textes officiels. Lui qui voulait surtout que la combine ne soit pas trop voyante, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 trop pour nos ami\u00b7e\u00b7s du Monde.<\/p>\n<p>Je n\u2019\u00e9voquerai pas non plus la posture de Christine Angot, (auteur)\u00b7e parachut\u00e9e chez Ruquier pour avoir taill\u00e9 un costard au croque-mort\u00b7e\u00b7s Fillon. Elle qui d\u00e9fend l\u2019\u00e9criture de papa car l\u2019inclusif ce serait<em> \u00ab\u00a0agir sur les mots sans que les mots agissent sur nous<\/em>.\u00a0\u00bb En somme, pr\u00e9tendre que les gens ont tellement de st\u00e9r\u00e9otypes que le langage est impuissant.<\/p>\n<p>Je n\u2019utiliserai pas la logique de l\u2019adversaire pour combattre la logique de l\u2019adversaire. Je ne dirai pas que cette \u00e9criture inclusive exclut tou\u00b7te\u00b7s ceux\u00b7elles qui ne se reconnaissent ni d\u2019un genre ni de l\u2019autre. Probl\u00e8me que le neutre, absent du fran\u00e7ais, est seul \u00e0 pouvoir r\u00e9gler.<\/p>\n<p>Que faire \u00e9galement avec des mots tels que cameraman, challenger, leader, looser, one-man show, sniper\u00a0? En tout cas, je ne crierai pas\u00a0: \u00ab\u00a0non \u00e0 la f\u00e9minisation de nos anglicismes\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est d\u00e9cid\u00e9, je ne nagerai pas sans me mouiller. J\u2019irai jusqu\u2019au bout, et Dieu sait ce qui s\u2019y trouve.<\/p>\n<p><strong>Guerre langagi\u00e8re<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab <em>Il \u00e9tait entendu que lorsque le novlangue serait une fois pour toutes adopt\u00e9e et que l\u2019ancilangue serait oubli\u00e9e, une id\u00e9e h\u00e9r\u00e9tique \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire une id\u00e9e s\u2019\u00e9cartant des principes de l\u2019angsoc \u2013 serait litt\u00e9ralement impensable, du moins dans la mesure ou la pens\u00e9e d\u00e9pend des mots.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>Il est temps d\u2019enclencher la deuxi\u00e8me. On ne peut critiquer l\u2019\u00e9criture inclusive qu\u2019arm\u00e9\u00b7e de la v\u00e9rit\u00e9, lorsque l\u2019on sait que deux et deux font quatre. Dans toute guerre, il y a deux camps. Vous \u00eates pour ou vous \u00eates contre. Pas de demi-mesure. Dans toute guerre, ceux\u00b7elles sur le champ de bataille sont perdant\u00b7e\u00b7s. Mais il faut en passer par l\u00e0, pour ne pas avoir l\u2019air de se d\u00e9rober.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9criture inclusive n\u2019est pas une question esth\u00e9tique. \u00c0 ceux\u00b7elles des deux camps qui me diraient l\u2019inverse, je les renverrai \u00e0 ces promoteur\u00b7euse\u00b7s qui le reconnaissent eux\u00b7elles-m\u00eames. Il suffit de lire le pr\u00e9ambule du Manuel\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Le discours n\u2019est pas simplement ce qui traduit les luttes ou les syst\u00e8mes de domination, mais ce pour quoi, ce par quoi on lutte, le pouvoir dont on cherche \u00e0 s\u2019emparer. <\/em>\u00bb Les choses sont claires, c\u2019est une lutte, pas une question accessoire.<\/p>\n<p>L\u2019esth\u00e9tique cache l\u2019id\u00e9ologie, nous ne pouvons donc pas nous r\u00e9clamer de la premi\u00e8re pour taper sur la seconde. La page sept du Manuel nous dit\u00a0: <em>Les noms des fonctions, grades, m\u00e9tiers et titres existent massivement au f\u00e9minin et ce depuis le Moyen \u00c2ge. Mots-Cl\u00e9s consid\u00e8re qu\u2019il n\u2019y a donc pas de raison d\u2019effacer discursivement cette pr\u00e9sence sociale des femmes.\u00a0<\/em>\u00bb C\u2019est donc en se r\u00e9f\u00e9rant au pass\u00e9 que Rapha\u00ebl Haddad, fondateur de la brochure finalement tr\u00e8s phallo-centr\u00e9e \u2013 toujours se m\u00e9fier des hommes pleins de bons sentiments qui parlent au nom des femmes \u2013 entend justifier ce progr\u00e8s \u00e9galitariste. Je ne me risquerai pas \u00e0 mettre c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te le fran\u00e7ais \u00e9crit du Moyen \u00c2ge et celui d\u2019aujourd\u2019hui. Certes, nombre fol jouvencel virginaulx iroient mesdire qu&rsquo;il n&rsquo;est nul homme fors assez \u00e0 cela faire. Mais la d\u00e9culott\u00e9e serait trop grande pour ce Haddad d\u00e9fenseur d\u2019une sorte de conservatisme progressiste intenable contre un ennemi fantasm\u00e9\u00a0: la domination patriarcale. Il faut donc imposer la langue par le haut. Non pas attendre le \u00ab\u00a0changement des mentalit\u00e9s\u00a0\u00bb, mais le provoquer, l\u2019imposer. Je ne peux pas les bl\u00e2mer \u2013 si on croit au bon sens du peuple, on ne peut pas penser qu\u2019une telle id\u00e9e puisse jamais venir d\u2019en bas \u2013 mais je le prends comme un aveu de la nature n\u00e9faste du projet. D\u2019ailleurs, ce point m\u00e9dian, bien souvent visible dans nos cours universitaires, n\u2019illustre-t-il pas au contraire la s\u00e9paration\u00a0? Serait-ce l\u2019inclusion sur le champ de bataille\u00a0? En disant que le masculin l\u2019emporte sur le f\u00e9minin, n\u2019illustrent-il\u00b7elle\u00b7s pas leur vision conflictuelle du rapport homme \/ femme\u00a0et leur volont\u00e9 de les opposer\u00a0? On me dira qu\u2019il y a des choses plus importantes \u00e0 remettre en cause, que les femmes ne font que r\u00e9clamer l\u2019\u00e9galit\u00e9, qu\u2019elles veulent simplement les m\u00eames droits et \u00eatre trait\u00e9es de la m\u00eame fa\u00e7on que les hommes. \u00c0 premi\u00e8re vue, je n\u2019y suis pas oppos\u00e9. Il peut y avoir de la l\u00e9gitimit\u00e9 dans cette volont\u00e9 d\u2019\u00e9mancipation. Mais nous r\u00e9clamer de l\u2019\u00e9galit\u00e9 pour combattre l\u2019\u00e9galit\u00e9 nous ferait replonger dans la double pens\u00e9e. \u00c0 moins bien s\u00fbr que ce terme \u00ab\u00a0d\u2019\u00e9galit\u00e9\u00a0\u00bb soit devenu du novlangue, comme le terme \u00ab\u00a0antiraciste\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s tout, comme le disait Jean Baudrillard\u00a0: <em>\u00ab\u00a0SOS-Racisme. SOS baleines. Ambiguit\u00e9\u00a0: dans un cas, c\u2019est pour d\u00e9noncer le racisme, dans l\u2019autre, c\u2019est pour sauver les baleines. Et si dans le premier cas, c\u2019\u00e9tait aussi un appel subliminal \u00e0 sauver le racisme.\u00a0\u00bb<\/em> Il pourrait en \u00eatre de m\u00eame pour ces d\u00e9fenseur\u00b7euse\u00b7s de l\u2019\u00e9galit\u00e9. Mais est-ce vraiment si simple\u00a0? Que cache ce terme \u00ab\u00a0d\u2019\u00e9galit\u00e9\u00a0\u00bb et qu&rsquo;implique-t-il\u00a0?<\/p>\n<p><strong>Belles \u00e2mes pour mauvais combat <\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Quelle certitude avait-il qu\u2019une seule des cr\u00e9atures humaines actuellement vivantes pensait comme lui\u00a0? Et comment savoir si la souverainet\u00e9 du Parti ne durerait pas \u00e9ternellement\u00a0? Comme une r\u00e9ponse, les trois slogans inscrits sur la fa\u00e7ade blanche du minist\u00e8re de la V\u00e9rit\u00e9 lui revinrent \u00e0 l\u2019esprit.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>LA GUERRE C\u2019EST ENTRE LES SEXES<\/p>\n<p>LE MENAGE C\u2019EST L\u2019ESCLAVAGE<\/p>\n<p>LA LIBERTE C\u2019EST LE DROIT DE VOTE<\/p>\n<p>S\u2019attaquer \u00e0 Big Brother\u00b7Sister lui\u00b7elle-m\u00eame est une entreprise p\u00e9rilleuse. Revenir sur l\u2019id\u00e9ologie accept\u00e9e de tou\u00b7te\u00b7s ou du moins dont on est oblig\u00e9\u00b7e\u00b7s de feindre le soutien, et la d\u00e9construire, demande de la place. La pens\u00e9e ne peut se limiter \u00e0 des slogans, sinon la pens\u00e9e meurt. Twitter en est un excellent exemple. Les \u00ab\u00a0tweets\u00a0\u00bb vont bient\u00f4t passer de 140 \u00e0 280 caract\u00e8res et les journalistes sont parvenu\u00b7e\u00b7s \u00e0 faire passer cela pour une victoire. Que peut-on dire en 280 caract\u00e8res\u00a0? Quand s\u2019ajoute \u00e0 cela l\u2019appauvrissement de la grammaire, la disparition de la n\u00e9gation, des accents, la limitation du vocabulaire, quand on sait que <em>seuls 600 mots diff\u00e9rents sont utilis\u00e9s en moyenne dans une \u00e9mission de t\u00e9l\u00e9-r\u00e9alit\u00e9<\/em>, quand on voit la chute du niveau de l\u2019\u00e9cole, il y a de quoi perdre espoir, mais alors, on peut comprendre que 280 caract\u00e8res soit d\u00e9j\u00e0 un nombre vertigineux. Il est bon de rappeler que la destruction de l\u2019intelligence est utile \u00e0 plus d\u2019un titre \u00e0 ceux\u00b7elles qui nous gouvernent, elle permet d\u2019\u00e9viter la r\u00e9volte des masses. Comment, en effet, se r\u00e9volter si on ne peut m\u00eame plus formuler l\u2019objet de sa r\u00e9volte. Les mots sont devenus l\u2019ennemi. Il ne reste plus que deux et deux font quatre, si tant est qu\u2019on sache compter. L\u2019\u00e9criture inclusive n\u2019est que le bout du bout. Au moins, elle permettra de faire grimper le nombre de caract\u00e8res. Heureusement, nous ne sommes pas sur Twitter.<\/p>\n<p>Nous allons donc la d\u00e9construire, cette id\u00e9ologie, et remettre les mots \u00e0 leur place. N\u2019y allons pas par quatre chemins, ne jouons pas les faux\u00b7ausses na\u00eff\u00b7ve\u00b7s, cette notion d\u2019\u00e9galit\u00e9, telle qu\u2019elle nous est pr\u00e9sent\u00e9e, est une escroquerie. Pour certain\u00b7e\u00b7s, attention je n\u2019inclus pas Rapha\u00ebl Haddad, toutes les d\u00e9rives actuelles sont en germe depuis la R\u00e9volution Fran\u00e7aise. Ce qui est s\u00fbr, c\u2019est que les mouvements pr\u00f4nant l\u2019\u00e9mancipation de la femme portaient mal leur nom\u00a0: les f\u00e9ministes ont \u00e9t\u00e9 dup\u00e9es. Elles ont milit\u00e9 pour leur propre soumission, pour la soumission des femmes. Pourtant, elles ne cessaient de le r\u00e9p\u00e9ter, il fallait sortir les femmes de la cuisine, les int\u00e9grer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Pendant que les hommes vivaient des aventures incroyables au travail, les femmes \u00e9taient bloqu\u00e9es \u00e0 la maison. Injustice\u00a0! Il \u00e9tait inadmissible qu\u2019elles n\u2019aient pas les m\u00eames droits que les hommes. Le droit d\u2019\u00eatre autonomes, de travailler, de divorcer, de fumer, de coucher, de choisir leur avenir, de faire de la politique. Les hommes \u00e9taient contre leur \u00e9mancipation, ils ne voulaient pas partager le pouvoir. C\u2019est ce qu\u2019on leur fit avaler. Tou\u00b7te\u00b7s furent dup\u00e9\u00b7e\u00b7s. Seuls quelques machistes se perdirent en affirmant en ces termes l\u2019exact oppos\u00e9. Mais l\u2019arnaque \u00e9tait l\u00e0, dans la formulation, dans les mots. Le mot \u00ab\u00a0femme\u00a0\u00bb, le mot, \u00ab\u00a0droit\u00a0\u00bb, le mot \u00ab\u00a0\u00e9galit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0, \u00ab\u00a0femme\u00a0\u00bb ne veut rien dire, comme \u00ab\u00a0Hommes\u00a0\u00bb ne d\u00e9signe d\u00e9sormais plus les femmes, le vrai danger \u00e9tait de d\u00e9signer toutes les femmes sous une m\u00eame appellation et de leur faire mener un m\u00eame combat. On ne peut nier ainsi les classes sociales. En le faisant, l\u2019\u00e9mancipation des femmes s\u2019est faite sur le dos d\u2019autres femmes. La bourgeoise pouvait ainsi s\u2019\u00e9panouir dans un travail du tertiaire qui n\u2019en est pas vraiment un, tandis que la femme de milieu populaire devenait ouvri\u00e8re ou caissi\u00e8re. Pendant que la bourgeoise faisait \u00e9lever ses enfants par d\u2019autres femmes de classes inf\u00e9rieures, l\u2019ouvri\u00e8re connaissait la double journ\u00e9e\u00a0: ses enfants s\u2019\u00e9levaient seuls dans la rue, et son mari \u2013 s\u2019il ne l\u2019avait pas d\u00e9j\u00e0 quitt\u00e9e, \u00f4 joie du divorce \u2013 ne faisait pas la vaisselle pour tout \u00e7a. La v\u00e9ritable libert\u00e9 est de ne pas avoir \u00e0 travailler, d\u00e9sormais, cela n\u2019est plus possible, un salaire ne suffit plus. Mais il fallait sortir des couches, comme si l\u2019\u00e9ducation des enfants pouvait se r\u00e9sumer \u00e0 cela. On me dira que l\u2019homme n\u2019a qu\u2019\u00e0 faire sa part de travail. Mais \u00e0 moins de mettre des t\u00e9l\u00e9crans dans chaque appartement, cela semble difficile. Nous y reviendrons.<\/p>\n<p>Le terme \u00ab\u00a0droit\u00a0\u00bb est \u00e9galement un leurre. Le droit de vote en porte \u00e9tendard est symptomatique. La d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative est, comme dirait Etienne Chouard, un <em>oxymore intenable<\/em>. En d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative, le vote est l\u00e0 pour l\u00e9gitimer celui\u00b7elle que le syst\u00e8me d\u00e9signe, rien de plus. C\u2019est le syst\u00e8me dictatorial dans ce qu\u2019il a de plus parfait, il n\u2019y a plus de soldat\u00b7e\u00b7s, plus de camps, seulement des isoloirs. Une ploutocratie qui pr\u00e9tend donner le pouvoir au peuple, un faux droit qui nous enferme et nous soumet, hommes comme femmes. Mais madame s\u2019ennuyait \u00e0 faire le repassage, elle voulait faire comme les hommes, discuter politique au caf\u00e9 du commerce ivre morte, s\u2019\u00e9crier qu\u2019un\u00b7e tel\u00b7le candidat\u00b7e vous a trahi\u00b7e et qu\u2019on ne l\u2019y reprendrait plus.<\/p>\n<p>Les femmes ont \u00e9t\u00e9 manipul\u00e9es par notre ennemi commun. Cet adversaire, <em>il n\u2019a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne pr\u00e9sentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas \u00e9lu, et pourtant, il gouverne, cet adversaire, c\u2019est le monde de la finance.<\/em> Si la r\u00e9f\u00e9rence peut faire sourire, la r\u00e9alit\u00e9 beaucoup moins. Nous touchons ici \u00e0 l\u2019intouchable, m\u00e9fions-nous. Pourquoi me demanderez-vous, le march\u00e9 avait-il besoin de la lib\u00e9ration des femmes\u00a0? Les faire travailler signifiait taxer deux fois plus de gens. Forcer les femmes \u00e0 mettre leurs enfants \u00e0 l\u2019\u00e9cole permettait, en plus, le formatage d\u00e8s le plus jeune \u00e2ge. La nouvelle femme, fumeuse, allumeuse, arm\u00e9e d\u2019une carte de cr\u00e9dit \u00e0 son nom, allait \u00eatre une bien meilleure consommatrice. La femme ne d\u00e9pendrait plus de son mari, mais de son\u00b7sa patron\u00b7ne beaucoup moins compr\u00e9hensif\u00b7ive. Plus que cela, la femme serait d\u00e9sormais soumise au march\u00e9 qui, lui, r\u00e8gne sans partage. L\u2019ancienne femme \u00e9tait un frein, un obstacle, tout comme la famille et la nation. En l\u2019opposant dans une lutte horizontale \u00e0 l\u2019homme d\u00e9sign\u00e9 comme ennemi, l\u2019on rendit impossible tout combat vertical. Evidemment, pr\u00e9sent\u00e9 ainsi, personne n\u2019aurait soutenu cette cause, personne n\u2019aurait manifest\u00e9 dans les rues, personne n\u2019aurait suivi le mouvement.<\/p>\n<p><strong>Peur du lendemain<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Vous n\u2019appr\u00e9ciez pas r\u00e9ellement le novlangue, [\u2026] M\u00eame quand vous \u00e9crivez, vous pensez en acilangue. J\u2019ai lu quelques-uns des articles que vous \u00e9crivez parfois dans le Times. Ils sont assez bons, mais ce sont des traductions. Au fond, vous auriez pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 rester fid\u00e8le \u00e0 l\u2019ancien langage, \u00e0 son impr\u00e9cision et ses nuances inutiles. Vous n\u2019appr\u00e9ciez pas la beaut\u00e9 qu\u2019il y a dans la destruction des mots.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>C\u2019est vrai, avant de poursuivre ma d\u00e9monstration, je dois avouer\u00a0: je pr\u00e9f\u00e9rerais ne pas utiliser l\u2019\u00e9criture inclusive dans cet article. Mais plut\u00f4t que de profiter du peu de libert\u00e9 qu\u2019il me reste, je pr\u00e9f\u00e8re m\u2019y habituer d\u00e8s maintenant. Un jour, son utilisation sera obligatoire, je ne me fais pas d\u2019illusions. Le futur ne sera pas victorieux. Mieux vaut boire du gin et peser ses mots. Je suis r\u00e9sign\u00e9 et mon seul tort est d\u2019avoir compris la supercherie. Trop intelligent pour \u00eatre heureux, trop stupide pour me hisser au sommet. Ceux\u00b7elles qui c\u00e9l\u00e9braient la victoire de Macron, au fond je les envie. Il\u00b7elle\u00b7s ne savent pas. Moi je noyais mes larmes dans le gin, je ne dansais pas sur du Jean-Jacques Goldman. J\u2019en viens \u00e0 croire en cette force de la nature inarr\u00eatable. J\u2019admire sa grandeur, son ing\u00e9niosit\u00e9. J\u2019arrive \u00e0 reconnaitre la beaut\u00e9 dans l\u2019\u00e9chec, dans la m\u00e9lancolie, dans l\u2019impuissance. Peut-\u00eatre faudrait-il accompagner le mouvement pour causer sa perte ou pour le rendre imprescriptible, une fois pour toute.<\/p>\n<p>Je pourrais, par exemple, proposer d\u2019utiliser l\u2019inclusif \u00e0 l\u2019oral. Cela se fait d\u00e9j\u00e0, en partie. Apr\u00e8s tout, les m\u00eames arguments peuvent s\u2019appliquer. Cela rallonge les phrases\u00a0? Non, les femmes \u00ab\u00a0n\u2019encombrent\u00a0\u00bb pas la parole. De plus, on s\u2019habitue tr\u00e8s vite \u00e0 son usage. Le langage n\u2019est pas une question accessoire, pas de raison d\u2019utiliser cela uniquement \u00e0 l\u2019\u00e9crit. La parole ne doit pas \u00eatre un stigmate de la domination patriarcale, etc\u2026 Alors oui, je sais, cela sera difficile \u00e0 imposer. Il faudra mettre la police de la pens\u00e9e derri\u00e8re chaque pilier de bar. Comment faire\u00a0? L\u00e0 encore, nous y reviendrons.<\/p>\n<p>Pour l\u2019instant, je sugg\u00e8re une \u00e9criture inclusive am\u00e9lior\u00e9e que je me propose d\u2019employer d\u00e8s la section suivante de mon article. Cette am\u00e9lioration repose sur un constat : il est inadmissible que demeure des distinctions de genre pour chaque mot. Comment justifier que l\u2019on dise une m\u00e9g\u00e8re, une train\u00e9e, une garce, une sainte-ni-touche, une serpill\u00e8re, une machine \u00e0 laver, etc. Je me permets donc d\u2019introduire cette nouveaut\u00e9 qui mettra fin \u00e0 cette diff\u00e9renciation ind\u00e9fendable. Vous verrez, l\u2019\u0153il s\u2019y habitue tr\u00e8s vite.<\/p>\n<p><strong>La\u00b7le diff\u00e9renciation c\u2019est la\u00b7le hi\u00e9rarchisation<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0On lui avait m\u00eame parfois confi\u00e9 la rectification d\u2019articles de fond du journal Times, qui \u00e9taient \u00e9crits enti\u00e8rement en novlangue. Il d\u00e9roula le message qu\u2019il avait mis de c\u00f4t\u00e9 plus t\u00f4t. Ce message \u00e9tait ainsi libell\u00e9\u00a0:\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Nous en sommes \u00e0 l\u2019ultime barri\u00e8re. Malgr\u00e9 mon\u00b7ma ralliement, je vais poursuivre ma\u00b7mon d\u00e9monstration. Tout cela est tellement complexe et pervers\u00b7e, vous ne pourriez autrement pas comprendre ma\u00b7mon d\u00e9marche.<\/p>\n<p>Le c\u0153ur du probl\u00e8me est symbolis\u00e9\u00b7e par ce\u00b7tte terme \u00ab\u00a0d\u2019\u00e9galit\u00e9\u00a0\u00bb. Nous avons vu en quoi la\u00b7le lib\u00e9ration de la\u00b7le femme avait servi\u00b7e le\u00b7la march\u00e9 sous pr\u00e9texte d\u2019\u00e9galit\u00e9 qui signifiait alors acqu\u00e9rir les m\u00eames droits que les hommes, droits qui n\u2019en sont pas vraiment. Mais le\u00b7la terme \u00ab\u00a0\u00e9galit\u00e9\u00a0\u00bb a pris un\u00b7e nouveau\u00b7elle sens, celui\u00b7elle d\u2019indiff\u00e9renciation. En effet, il\u00b7elle ne s\u2019agit plus d\u00e9sormais de gommer les diff\u00e9rences de traitement \u2013 du moins de le\u00b7la pr\u00e9tendre \u2013 mais les diff\u00e9rences tout court. D\u2019o\u00f9 la\u00b7le n\u00e9cessaire th\u00e9orie du genre, celui\u00b7elle qui n\u2019existe pas et n\u2019a jamais exist\u00e9, mais qui pullule pourtant dans nos syllabus universitaires. Ce\u00b7tte th\u00e9orie assure que les diff\u00e9rences sexuel\u00b7le\u00b7s sont du\u00b7e\u00b7s \u00e0 la socialisation uniquement et nie tout\u00b7e forme de biologie et de nature. \u00c0 ce\u00b7tte th\u00e9orie est appondu\u00b7e l\u2019id\u00e9e que tout\u00b7e diff\u00e9renciation m\u00e8ne \u00e0 un\u00b7e forme de hi\u00e9rarchisation. Cela ne laisse donc pas d\u2019autre choix aux bon\u00b7ne\u00b7s \u00e2mes que d\u2019appeler \u00e0 gommer ces diff\u00e9renciations pour atteindre la\u00b7le v\u00e9ritable \u00e9galit\u00e9.<\/p>\n<p>Mais avant d\u2019expliquer les raisons v\u00e9ritables qui poussent \u00e0 propager ce\u00b7tte mouvement d\u2019indiff\u00e9renciation, regardons en quoi ce\u00b7tte th\u00e9orie du genre ne tient pas. Premi\u00e8rement, ce\u00b7tte th\u00e9orie pr\u00e9tend que les socialisations diff\u00e9renci\u00e9\u00b7e\u00b7s provoquent les diff\u00e9rences, alors que l\u2019explication pourrait tr\u00e8s bien \u00eatre\u00a0: les diff\u00e9rences naturel\u00b7le\u00b7s provoquent des socialisations diff\u00e9renci\u00e9\u00b7e\u00b7s. L\u2019erreur serait de contrer ce\u00b7tte th\u00e9orie en pr\u00e9tendant qu\u2019un\u00b7e poule n\u2019a jamais men\u00e9 la\u00b7le bassecour. L\u2019homme et la\u00b7le femme sont un\u00b7e animal politique et nos soci\u00e9t\u00e9s fruits du mat\u00e9rialisme historique. Nous ne basons pas nos soci\u00e9t\u00e9s sur la\u00b7le nature, c\u2019est \u00e0 nous de s\u00e9lectionner ce que nous jugeons bon et si besoin, de nous en extraire. Alors, admettons que tout soit socialisation, que les femmes ne tombent pas enceint\u00b7e, ou que le\u00b7la progr\u00e8s, dans la\u00b7le <em>Meilleur des mondes<\/em>, leur permette d\u2019y \u00e9chapper, que les diff\u00e9rences de force et de performances physique en soient la\u00b7le cons\u00e9quence, qu\u2019il\u00b7elle ne reste rien d\u2019inn\u00e9. Convaincre de cela est indispensable pour faire accepter l\u2019id\u00e9e d\u2019un\u00b7e n\u00e9cessaire indiff\u00e9renciation, sinon ce\u00b7tte th\u00e9orie ferait apparaitre ce\u00b7tte hi\u00e9rarchisation \u2013 comprendre\u00a0: l\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 des femmes \u2013 comme un\u00b7e loi de la\u00b7le nature. Ce qui reviendrait \u00e0 dire le\u00b7la contraire de ce qu\u2019elle\u00b7il pr\u00e9tend. Mais le\u00b7la \u00ab\u00a0constat froid\u00a0\u00bb qui consiste \u00e0 dire que diff\u00e9renciation m\u00e8ne \u00e0 hi\u00e9rarchisation est le\u00b7la plus vicieux\u00b7se des pi\u00e8ges. Le\u00b7la probl\u00e8me pour eux\u00b7elles, serait que les femmes n\u2019ont pas autant de pouvoir que les hommes. Il\u00b7elle\u00b7s ont des emplois moins r\u00e9mun\u00e9r\u00e9\u00b7e\u00b7s, il\u00b7elle\u00b7s sont suppos\u00e9\u00b7e\u00b7s \u00eatre tout en retenue quand les hommes peuvent \u00eatre exub\u00e9rant\u00b7e\u00b7s, il\u00b7elle\u00b7s ne peuvent pas coucher avec le\u00b7la premier\u00b7\u00e8re venu\u00b7e contrairement aux hommes. Mais en disant cela, il\u00b7elle\u00b7s nient le\u00b7la v\u00e9ritable pouvoir des femmes. Le\u00b7la pouvoir de la\u00b7le femme est compl\u00e9mentaire de celui\u00b7elle de l\u2019homme, il\u00b7elle doit l\u2019\u00eatre. Elle\u00b7il a le\u00b7la pouvoir de susciter le\u00b7la d\u00e9sir masculin\u00b7e et le\u00b7la pouvoir de dire non, d\u2019o\u00f9 la\u00b7le vantardise de l\u2019homme qui enchaine les conqu\u00eates. La\u00b7le lib\u00e9ration sexuel\u00b7le a d\u00e9stabilis\u00e9 cet\u00b7te \u00e9quilibre, car l\u2019homme n\u2019a pas obtenu m\u00e9caniquement en retour les privil\u00e8ges f\u00e9minin\u00b7e\u00b7s et n\u2019aura bient\u00f4t plus ceux\u00b7elle du masculin\u00b7e, alors que la\u00b7le femme cumule les deux. Enfin, tant que la\u00b7le femme est jeune et attrayant\u00b7e, ensuite, elle\u00b7il est d\u00e9laiss\u00e9\u00b7e, \u00f4 joies du divorce et du libre-\u00e9change sexuel\u00b7le. Mais la\u00b7le frustration est un\u00b7e moteur \u00e9conomique et un\u00b7e cr\u00e9ateur\u00b7e de march\u00e9, pornographie, objets compensatoires, prostitution, et ce m\u00eame si ce\u00b7tte situation devait n\u2019\u00eatre en d\u00e9finitif\u00b7ve que transitoire.<\/p>\n<p>Pour ce qui est des diff\u00e9rences salarial\u00b7e\u00b7s, il\u00b7elle faut le\u00b7la dire, le\u00b7la march\u00e9 est sexiste. Un\u00b7e beaux\u00b7elle femme fait vendre des voitures, mais vaut globalement moins qu\u2019un\u00b7e homme sur le\u00b7la march\u00e9. Mais au lieu de se r\u00e9volter contre ce\u00b7tte dictature, nous nous y soumettons en nous plaignant du manque de garderies, en invoquant le\u00b7la cong\u00e9 paternit\u00e9 et le\u00b7la Saint\u00b7e partage des t\u00e2ches m\u00e9nager\u00b7\u00e8re\u00b7s que l\u2019on souhaite atteindre par un\u00b7e socialisation totalisant\u00b7e. Ce\u00b7tte hi\u00e9rarchisation existe uniquement du point de vue du march\u00e9. Ce sont ceux\u00b7elles qui d\u00e9fendent ce\u00b7tte hypoth\u00e8se qui place les valeurs masculin\u00b7e\u00b7s au-dessus des valeurs f\u00e9minin\u00b7e\u00b7s. Sur un\u00b7e ring de boxe, dans l\u2019ar\u00e8ne du march\u00e9 mondialis\u00e9\u00b7e, la\u00b7le force et la\u00b7le brutalit\u00e9 sont seul\u00b7e\u00b7s qualit\u00e9s. Ce sont eux\u00b7elles les misogynes.<\/p>\n<p>Maintenant, il\u00b7elle nous faut comprendre un\u00b7e chose. Tout cela n\u2019est pas fait pour atteindre l\u2019\u00e9galit\u00e9, m\u00eame si l\u2019on a compris qu\u2019il\u00b7elle s\u2019agissait de l\u2019\u00e9galit\u00e9 sur le\u00b7la march\u00e9. Ceux\u00b7elles qui tiennent le\u00b7la march\u00e9 s\u2019en moquent. Ce qui compte pour eux\u00b7elles c\u2019est l\u2019indiff\u00e9renciation, car l\u2019individu sans rep\u00e8res, sans racines, sans sexe, est beaucoup plus mall\u00e9able, meilleur\u00b7e consommateur\u00b7ice et soumis\u00b7e \u00e0 ses maitres. Si le\u00b7la langage, les diff\u00e9rences salarial\u00b7e\u00b7s et la\u00b7le diff\u00e9renciation des t\u00e2ches, tou\u00b7te\u00b7s sexu\u00e9\u00b7e\u00b7s, sont per\u00e7u\u00b7e\u00b7s comme des stigmates de ce\u00b7tte diff\u00e9renciation, leur effacement \u2013 qui permet cela dit de neutraliser certain\u00b7e\u00b7s secteurs tout en favorisant indirectement l\u2019indiff\u00e9renciation \u2013 n\u2019est pas l\u2019objectif principal\u00b7e, leur effacement d\u00e9coulera seulement de l\u2019indiff\u00e9renciation. Ces stigmates sont des pr\u00e9textes pour justifier la\u00b7le cr\u00e9ation d\u2019individus isol\u00e9\u00b7e\u00b7s, perdu\u00b7e\u00b7s et sans identit\u00e9s. Les individus transgenres en sont la\u00b7le d\u00e9monstration parfaite. Confort\u00e9\u00b7e\u00b7s dans leur d\u00e9marche par ce\u00b7tte th\u00e9orie du genre qui n\u2019existe pas, il\u00b7elle\u00b7s ont \u00e0 la fois permit l\u2019ouverture de nouveaux\u00b7elles march\u00e9s \u2013 notamment dans la\u00b7le chirurgie esth\u00e9tique \u2013 et renforc\u00e9 l\u2019indiff\u00e9renciation. Il\u00b7elle\u00b7s incarnent ces individus sans rep\u00e8res et 40% d\u2019entre eux\u00b7elles ont d\u00e9j\u00e0 tent\u00e9 de se suicider.\u00a0Mais cela, le\u00b7la syst\u00e8me s\u2019en moque. Encore un\u00b7e fois, le\u00b7la march\u00e9 se fiche de ses esclaves et de ce qui peut bien en advenir. Il\u00b7elle les jette lorsqu\u2019il\u00b7elle n\u2019en a plus l\u2019usage, voil\u00e0 ce qui nous attend tou\u00b7te\u00b7s.<\/p>\n<p><strong>Soumission<\/strong><\/p>\n<p>Me voil\u00e0 arriv\u00e9\u00b7e au bout. Que peut faire la\u00b7le femme et l\u2019Homme face \u00e0 un\u00b7e tel\u00b7le syst\u00e8me ? Rien. T\u00e9moigner. D\u00e9tourner le\u00b7la regard. Plus personne ne l\u2019emportera, ni le\u00b7la masculin, ni le\u00b7la f\u00e9minin. Tou\u00b7te\u00b7s seront perdant\u00b7e\u00b7s, tou\u00b7te\u00b7s seront soumis\u00b7e.s. Cet\u00b7te article ne traite que d\u2019un\u00b7e sujet pr\u00e9cis\u00b7e. D\u00e9monter l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du syst\u00e8me demanderait la\u00b7le r\u00e9daction d\u2019un\u00b7e v\u00e9ritable Bible. Cela n\u2019en vaut pas la\u00b7le peine. On s\u2019y habituera, comme pour l\u2019\u00e9criture inclusif\u00b7ve. <em>\u00ab\u00a0O cruel\u00b7le, inutile incompr\u00e9hension\u00a0! Obstin\u00e9\u00b7e\u00a0! volontairement exil\u00e9\u00b7e de la\u00b7le poitrine aimant\u00b7e\u00a0! Deux larmes empest\u00e9\u00b7e\u00b7s de gin lui coul\u00e8rent de chaque c\u00f4t\u00e9 du nez. Mais il\u00b7elle allait bien, tout allait bien. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>LA LUTTE \u00c9TAIT TERMINEE<\/p>\n<p>IL AVAIT REMPORTE LA VICTOIRE SUR LUI-MEME<\/p>\n<p>IL AIMAIT L\u2019ECRITURE INCLUSIVE<strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9dacteur : Dorian Briggen<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/acdemocracy.org\/could-you-prevent-big-borther-watching\/\">https:\/\/acdemocracy.org\/could-you-prevent-big-borther-watching\/<\/a><u>\u00a0<\/u><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/dicocitations.lemonde.fr\/citation_auteur_ajout\/75481.php\">https:\/\/dicocitations.lemonde.fr\/citation_auteur_ajout\/75481.php<\/a><u>\u00a0<\/u><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/williamsinstitute.law.ucla.edu\/wp-content\/uploads\/AFSP-Williams-Suicide-Report-Final.pdf\">https:\/\/williamsinstitute.law.ucla.edu\/wp-content\/uploads\/AFSP-Williams-Suicide-Report-Final.pdf<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.clicanoo.re\/Societe\/Article\/2017\/03\/17\/Quand-la-tele-realite-abrutit-les-jeunes_457154\">https:\/\/www.clicanoo.re\/Societe\/Article\/2017\/03\/17\/Quand-la-tele-realite-abrutit-les-jeunes_457154<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/politique\/article\/2017\/11\/21\/le-premier-ministre-edouard-philippe-decide-de-bannir-l-ecriture-inclusive-des-textes-officiels_5218122_823448.html\">https:\/\/www.lemonde.fr\/politique\/article\/2017\/11\/21\/le-premier-ministre-edouard-philippe-decide-de-bannir-l-ecriture-inclusive-des-textes-officiels_5218122_823448.html<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.letemps.ch\/opinions\/2017\/11\/14\/cheres-lecteurrices-lecriture-inclusive-dechaine-passions\">https:\/\/www.letemps.ch\/opinions\/2017\/11\/14\/cheres-lecteurrices-lecriture-inclusive-dechaine-passions<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.rtl.fr\/actu\/futur\/twitter-comment-ecrire-des-tweets-en-280-caracteres-des-maintenant-7790249972\">https:\/\/www.rtl.fr\/actu\/futur\/twitter-comment-ecrire-des-tweets-en-280-caracteres-des-maintenant-7790249972<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.rts.ch\/play\/tv\/climage\/video\/de-la-cuisine-au-parlement?id=6472893&amp;station=a9e7621504c6959e35c3ecbe7f6bed0446cdf8da\">https:\/\/www.rts.ch\/play\/tv\/climage\/video\/de-la-cuisine-au-parlement?id=6472893&amp;station=a9e7621504c6959e35c3ecbe7f6bed0446cdf8da<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.univ-tlse3.fr\/medias\/fichier\/manuel-decriture_1482308453426-pdf?ID_FICHE=253577&amp;INLINE=FALSE\">https:\/\/www.univ-tlse3.fr\/medias\/fichier\/manuel-decriture_1482308453426-pdf?ID_FICHE=253577&amp;INLINE=FALSE<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.vanityfair.fr\/monde-de-vf\/articles\/marine-le-pen-oublie-sa-defaite-grace-a-jean-jacques-goldman\/52747\">https:\/\/www.vanityfair.fr\/monde-de-vf\/articles\/marine-le-pen-oublie-sa-defaite-grace-a-jean-jacques-goldman\/52747<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=lh2JVxt6Ga8\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=lh2JVxt6Ga8<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/youtu.be\/rnEoDbYpnuU?t=5m52s\">https:\/\/youtu.be\/rnEoDbYpnuU?t=5m52s<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/youtu.be\/ne6DS_h9nwI?t=16m25s\">https:\/\/youtu.be\/ne6DS_h9nwI?t=16m25s<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/youtu.be\/zCpjmvaIgNA?t=46s\">https:\/\/youtu.be\/zCpjmvaIgNA?t=46s<\/a><\/p>\n<p>Citations d\u2019ouvrage:<\/p>\n<p>ORWELL George, 1950. <em>NINETEEN EIGHTY-FOUR<\/em>. Editions Gallimard, p.19.<\/p>\n<p>ORWELL George, 1950. <em>NINETEEN EIGHTY-FOUR<\/em>. Editions Gallimard, p.18.<\/p>\n<p>ORWELL George, 1950. <em>NINETEEN EIGHTY-FOUR<\/em>. Editions Gallimard, p.51.<\/p>\n<p>ORWELL George, 1950. <em>NINETEEN EIGHTY-FOUR<\/em>. Editions Gallimard, p.396.<\/p>\n<p>ORWELL George, 1950. <em>NINETEEN EIGHTY-FOUR<\/em>. Editions Gallimard, p.41.<\/p>\n<p>ORWELL George, 1950<em>. NINETEEN EIGHTY-FOUR<\/em>. Editions Gallimard, p.74.<\/p>\n<p>ORWELL George, 1950. <em>NINETEEN EIGHTY-FOUR<\/em>. Editions Gallimard, p.63.<\/p>\n<p>ORWELL George, 1950. <em>NINETEEN EIGHTY-FOUR<\/em>. Editions Gallimard, p.391.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0A une \u00e9poque de supercherie universelle, dire la v\u00e9rit\u00e9 est un acte r\u00e9volutionnaire.\u00a0\u00bb \u2014 George Orwell \u00a0Le neutre, \u00e7a n\u2019existe pas \u00a0\u00ab\u00a0Ecrire \u00e9tait facile. 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