Début janvier 2011, une équipe de recherche de l’Institut religions, culture et modernité IRCM composée de la prof. Silvia Mancini, de Francis Mobio (chargé de cours en Anthropologie visuelle) et d’Amélie Stuby (étudiante de Master), s’est rendue à Cuba pour travailler, sur le thème « Symbolisme et culture civils versus symbolisme et culture religieux dans la Cuba contemporaine ».

Cette recherche, rendue possible grâce aux contacts établis avec la Facultad de Filosofia y Historia de la ULH, la Casa de las Américas, l’Instituto cubano de investigación cultural Juan Marinello, visait deux objectifs principaux. D’abord, cartographier la situation politico-religieuse de la Cuba d’aujourd’hui. Ensuite, interroger les formes et le statut pratico-politique de la « religion civique ». A savoir, les symboles, les commémorations collectives, les récits fondateurs, les liturgies publiques et privées célébrant les valeurs et l’éthique issus du processus révolutionnaire.

De ce programme-cadre, un des volets a consisté en une observation directe du mode de fonctionnement d’une institution rattachée au Ministère de la Culture, le Centro Pablo de la Torriente Brau.

Les ethnologues et les anthropologues ont longtemps eu pour habitude d’effacer ce qui, dans leurs explications scientifiques du monde, relève du sensible et de la subjectivité. Des photographies en noir et blanc de la ville de la Havane et de ses habitants pourraient être perçues comme des images n’ayant que peu de rapport avec notre programme de recherche. Toutefois, mener une recherche ethnographique de terrain, ce n’est pas seulement se focaliser sur des objets précis, ou tenter de les isoler des univers dans lesquels ils sont immergés et dans lesquels, pour un temps, les chercheurs le sont également.

Les ambiances, les lumières, les sons, les odeurs, affectent la sensibilité des chercheurs et la manière dont ils construisent leur savoir.

Ces quelques images ont avant tout pour but de rappeler la pertinence de la prise en compte du sensible dans les recherches en sciences sociales.

Textes et photographies © Francis Mobio

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