Mai 68: une grève à la radio-télé française

Libérons l’O.R.T.F, Affiche éditée par l’Atelier Populaire (Beaux-Arts) • Crédits : ©Collection Michael Lellouche/Leemage – AFP

 

A l’heure des commémorations de Mai 68, l’émission La Fabrique de l’histoire y dédiait la semaine du 23 au 27 avril.

Les auditeurs de France culture ont notamment pu découvrir à cette occasion un documentaire intitulé « Radio 68 : ORTF : la grève à contretemps » qui évoque la grève de l’audiovisuel public français en 1968.

 

 

Présentation:

« C’est par la radio que le général de Gaulle va mobiliser ses troupes le 30 mai après son escapade à Baden-Baden. Ce jour-là les transistors relaient la grande manifestation gaulliste sur les Champs-Élysées. Les « accords de Grenelle » ont donné satisfaction à de nombreux salariés et la grève va progressivement s’arrêter dans la plupart des entreprises. Pas à l’ORTF où la revendication principale n’est pas salariale mais concerne l’indépendance et l’objectivité journalistique. Radios et télé publiques vont donc durcir leur grève à partir du 3 juin et, à contretemps, la poursuivre jusqu’à la mi-juillet pour les journalistes de la télévision. Plusieurs dizaines d’entre eux vont en subir les conséquences en étant licenciés ou mis à pied en plein été, avant une reprise en main sévère par le gouvernement des journaux d’information. »

Pour aller plus loin:

 

Des salariés de l’ORTF défilent sous une banderole lors de la manifestation appelée par les syndicats CGT et CFDT à Paris le 24 mai 1968 pendant la grève générale de mai 1968. • Crédits : JACQUES MARIE – AFP

 

Histoire audiovisuelle du journalisme suisse

L’association Journalistory.ch a été fondée en février 2017 dans le but de réaliser une archive audiovisuelle du journalisme en Suisse. A son origine, on trouve des historien.ne.s férus d’histoire orale et des médias. Or, depuis quelques mois, il est possible de consulter les premiers fruits de leur travail sur une plateforme internet qui recèle notamment les vidéos de cinquante témoignages de figures des médias suisses. Ils et elles y livrent leurs expériences du métier depuis les années 1960.

Le journaliste d’investigation Frank Garbely interviewé par Journalistory

Présentation du projet:

Le journalisme suisse d’après-guerre jouit d’une réputation de qualité dans le monde entier. Il crée un lien essentiel entre le peuple et l’Etat comme entre le contexte global et national. Il contribue ainsi au bon fonctionnement de l’Etat de droit démocratique. Suite aux importants bouleversements économiques, techniques et politiques du début du vingt-et-unième siècle, le journalisme suisse et international va au devant d’énormes défis. La critique des sources, la formation de l’opinion publique et la transmission des faits sont soumises à de nouvelles conditions et on constate que le journalisme est déjà entré dans une nouvelle phase. Journalistory.ch met en lumière ces évolutions d’un point de vue historique et questionne les protagonistes de l’époque glorieuse du journalisme de qualité. La collection rassemblera 50 interviews et constituera une mémoire audiovisuelle du journalisme. Elle reflètera l’évolution du métier des années 1960 à nos jours et constituera une source pour la recherche et toute personne intéressée.

La Quinzaine des réalisateurs a 50 ans

Dans la foulée des évènements de mai 68 qui marquera l’arrêt du Festival de Cannes en 1968, naît, dès l’année suivante, la Quinzaine des réalisateurs. Sous le nom de « Cinéma en liberté », cette section parallèle, créée sous l’impulsion de la Société des Réalisateurs de Films (SRF), cherche, en marge du Festival de Cannes, à créer un lieu de découverte, d’échanges et de fraternité entre les nouveaux cinéastes du monde. La Cinémathèque française rend hommage à la Quinzaine des Réalisateurs en consacrant une rétrospective à sa première édition en 1969. La 50ème édition de la Quinzaine des Réalisateurs se déroulera à Cannes du 9 au 19 mai 2018.

Caméra à la main, le cinéaste Jean-Luc Godard filme une manifestation en mai 1968 à Paris• Crédits : AFP – AFP

Visiter le site officiel de la Quinzaine des réalisateurs

Voir la rétrospective « L’édition 1969 de la Quinzaine des réalisateurs » à la Cinémathèque française du 28 mars au 3 mai 2018

Ecouter « La quinzaine des réalisateurs: naissance d’une utopie », France Culture, 6 avril 2018

« Sociologie d’une institution cinématographique. La S.R.F. et la Quinzaine des réalisateurs », Olivier Thenevin, Mondes contemporains, 2008.

 

Les scénaristes en Suisse: la quête d’une reconnaissance

Le Temps a consacré, le 7 janvier 2018, une série d’articles sur le métier de scénariste. Si la profession a longtemps souffert de la prédominance du réalisateur dans la production audiovisuelle, le boom de la fiction audiovisuelle appelle à un défi narratif qui tend à faire du scénariste le nouveau pivot du processus de création.

Dans le cinéma suisse, les compétences des scénaristes restent peu exploitées. Victimes de l’héritage de la Nouvelle Vague, les scénaristes souffrent d’un manque de reconnaissance et s’effacent derrière la figure du réalisateur, considéré comme seul auteur des films. Cette invisibilité de la profession se manifeste par des filières de formation théorique et pratique encore trop peu développées.

Les télévisions européennes, à l’instar de la télévision publique danoise, Danmarks Radio, mais aussi la RTS, expérimentent des pratiques de production de séries télévisées et accordent une place plus importante aux auteurs. Si le besoin des scénaristes se fait davantage sentir à la télévision publique, la reconnaissance de la profession n’est néanmoins pas encore au rendez-vous en Suisse. Celle-ci semble rater la dernière marche sur le chemin de la professionnalisation des scénaristes et vers la reconnaissance de leurs productions:

«Le jour où le scénariste gardera ses droits sur les textes et donnera une option de production au producteur, ce qui se fait au Danemark ou en Belgique flamande, les séries suisses prendront vraiment leur envol.»

Le réalisateur français François Truffaut discutant le scénario du film «La sirène du Mississippi» avec Catherine Deneuve.

Voir la série d’articles publiés dans Le Temps le 7 janvier 2018:

« Les scénaristes, nouveaux maîtres de l’imaginaire »

« Dans les séries TV romandes, la lente quête d’une politique des auteurs »

« Un master pour apprendre l’écriture d’un scénario »

« Baran bo Odar, le scénariste suisse qui envoûte Netflix »

Lire aussi:

« Le scénariste, ce solitaire invisible », Le Temps 2 février 2018

« Dans le creuset des séries danoises », Le Temps, 22 juillet 2013

« Scénariste, le maillon faible du cinéma suisse », Swissinfo.ch, 20 mars 2014

« Ces scénaristes dans l’ombre des cinéastes », RTS Culture, mars 2018

« Scénariste, un métier peu valorisé », RTS Info, 23 mars 2018

 

Quelques réflexions sur la télévision, Jean-Jacques Lagrange

« Quelques réflexions sur la télévision, Jean-Jacques Lagrange »

Par Roxane Gray, mars 2018.

 

A l’issue de la votation contre No Billag, le réalisateur Jean-Jacques Lagrange livre quelques réflexions sur les évolutions de la Télévision Suisse Romande. Ce pionnier de la télévision met en parallèle les premières années d’existence du média et le tournant que ses professionnels vivent aujourd’hui: après la création de la télévision en 1954, il s’agit maintenant de la réinventer.

Lire l’article sur ce site.

Séminaire: Les professionnelles de la télévision

Le mardi 22 mars 2018 s’est ouvert au Centre Censier à Paris le séminaire « Les professionnelles de la télévision, approches historiques et socio-culturelles ». En s’intéressant aux professions audiovisuelles sous l’angle particulier du genre, ce séminaire, organisé en collaboration avec l’Ina, met en lumière des trajectoires et pratiques de travail moins visibles dans l’histoire de la télévision.

Extrait de la présentation:

« Quels sont les réseaux professionnels des femmes dans une télévision qui s’invente ? Quelle est la place des réseaux informels de la résistance dans les premiers moments de cette télévision ? Quels sont les métiers qu’elles investissent (productrice, animatrice, speakerine, journaliste, réalisatrice) ?

S’appuyant sur des témoignages de ces professionnelles couvrant différentes périodes de la télévision en France articulés à des interventions de chercheurs spécialistes de ces sujets, ce séminaire a également pour objectif de contribuer activement à la recherche sur les professions de la télévision sous l’angle du genre par un travail sur la presse, sur des fonds d’archives écrites, des programmes de télévision et de radio, des entretiens patrimoniaux ou des enquêtes orales. »

Consulter le programme du séminaire

Quelques références bibliographiques sur les femmes cinéastes:

Brigitte Rollet, « Femmes cinéastes en France: l’après mai 68 », Clio, 1999

Brigitte Rollet, Carrie Taar, Cinema and Second Sex. Women’s Filmmaking in France in the 1980s and 1990s, Bloomsbury, 2001

 

« Profession journaliste », Les médiatiques

Les médiatiques reviennent, pour leur 7ème édition, à Orléans du 20 au 24 février 2018. Créé en 2011 à l’initiative de plusieurs professeurs du lycée Voltaire à Orléans, ce festival d’histoire et d’analyse des médias est organisé par François Robinet, spécialiste en histoire des médias et maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Cette année, journalistes, enseignants-chercheurs, artistes et militants discuteront à l’occasion d’une vingtaine d’événements autour de la thématique : « Profession journaliste: Défis et perspectives à l’heure du numérique ».

 

 

Lire la présentation du festival

Consulter le programme du festival

« Un festival sur le rôle des images dans les médias » à propos de la 2ème édition des Médiatiques, France Culture

« Révolution numérique: les journalistes face au nouveau tempo de l’info », Ina Global

 

 

La télévision et les artistes dans l’histoire

La Boîte Télévisuelle, le poste de télévision et les artistes. C’est sous ce titre que l’historienne de l’art Caroline Tron-Carroz publie un ouvrage qui interroge la manière dont de nombreux artistes, dès les années 1960, ont utilisé le médium télévisuel au service de leur art. Le livre retrace, jusqu’aux années 1990, l’histoire de productions artistiques qui ont révélé, voir popularisé, les potentialités pastiques et polytechniques de la télévision. Il participe ainsi à renouveler l’histoire du petit écran.

Présentation:

Charlotte Moorman & Nam June Paik. Concerto for TV Cello and Videotapes. 1971.

Dès les années 1960, l’art contemporain inventorie un nouveau médium : le poste de télévision à partir duquel des artistes tels que Nam June Paik, Wolf Vostell, Edward Kienholz et bien d’autres, entreprennent des expérimentations ou opèrent des détournements. Pendant quatre décennies, de nombreux artistes vont être sensibles à la forme du poste, à son design cubique ou en boîte, et attirés par les potentialités électroniques du tube cathodique. Cet ouvrage entend montrer un poste de télévision, un « objet boîte » qui a marqué les esprits, donnant naissance à des créations à plusieurs échelles, se situant du côté de la sculpture, de l’assemblage, des arts de l’action, de la création vidéo et des arts électroniques. L’étude du contexte médiatique et de la puissance que représente la télévision, notamment à partir des années 1970, sert de toile de fond pour comprendre les relations que certains artistes ont pu tisser avec le monde de la télévision, exprimant aussi des positionnements très critiques à son encontre.

 

Emotions des journalistes. Sel et sens du métier

A l’heure où les reproches fusent contre un journalisme confondant réflexion et émotion, Florence Le Cam et Denis Ruellan y consacrent leur dernier ouvrage et co-signent Emotions des journalistes. Sel et sens du métier, sorti en décembre 2017. A partir d’entretiens et d’autobiographies de reporters de guerre et de présentateurs de journaux télévisés, les deux auteur(e)s explorent la place et le rôle joué par l’émotion dans ces deux spécialités journalistiques ; omniprésente dans les valeurs communes tout comme dans les méthodes de travail de la profession.

 

Résumé de l’ouvrage:

« Après analyse d’une cinquantaine d’autobiographies et de longs entretiens, les auteurs racontent un attachement au métier pour les émotions qu’il suscite, par les ressentis forts entraînés dans le travail de l’actualité. Vibrer, éprouver, partager l’intensité des émotions est une raison évidente, même si elle n’est pas si facile à admettre.

Les auteurs poursuivent en montrant que le ressenti d’émotions n’est pas qu’un motif de satisfaction, il est aussi – et surtout – un moyen de travail : parce qu’il fait confiance à sa part émotionnelle, le journaliste parvient à analyser, discriminer, épurer, clarifier, choisir l’information pertinente ; il construit et se reconnaît dans les valeurs qui l’attachent au journalisme. »

 

Le printemps du journalisme, Frédéric Gonseth

Le documentaire Le printemps du journalisme réalisé, filmé et produit par Frédéric Gonseth en coproduction avec la RTS, sera projeté en avant-première au Capitole à Lausanne le 10 janvier 2018 à 20h. La projection sera suivie d’un débat avec le réalisateur et les protagonistes du film.

Synopsis du film:

« En janvier 2017, un magazine meurt. Suscitant un grand émoi en Suisse romande, la disparition de L’Hebdo ne touche guère les jeunes. Ils sont nés à l’ère de l’information digitale, légère et gratuite. Un test effectué auprès de plusieurs classes vaudoises révèle cependant que les élèves, pour leur majorité, n’identifient pas facilement les «fake news» qui sont légion sur la Toile. De leur côté, les enseignants romands qui sensibilisent leurs élèves aux médias sont encore trop peu nombreux, et quant aux autorités politiques et aux parents, ils découvrent à peine l’ampleur du phénomène et ses potentielles conséquences. Mais les signes d’un printemps s’annoncent, des journalistes naufragés de L’Hebdo, associés à de nombreux jeunes collègues, relèvent le défi et lancent un nouveau magazine numérique: Bon pour la tête. »

 

 

 

 

Visionner un extrait du film

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Lire l’édition spéciale de la revue Culture Enjeu « Les créateurs, l’argent, le public »