Les scénaristes en Suisse: la quête d’une reconnaissance

Le Temps a consacré, le 7 janvier 2018, une série d’articles sur le métier de scénariste. Si la profession a longtemps souffert de la prédominance du réalisateur dans la production audiovisuelle, le boom de la fiction audiovisuelle appelle à un défi narratif qui tend à faire du scénariste le nouveau pivot du processus de création.

Dans le cinéma suisse, les compétences des scénaristes restent peu exploitées. Victimes de l’héritage de la Nouvelle Vague, les scénaristes souffrent d’un manque de reconnaissance et s’effacent derrière la figure du réalisateur, considéré comme seul auteur des films. Cette invisibilité de la profession se manifeste par des filières de formation théorique et pratique encore trop peu développées.

Les télévisions européennes, à l’instar de la télévision publique danoise, Danmarks Radio, mais aussi la RTS, expérimentent des pratiques de production de séries télévisées et accordent une place plus importante aux auteurs. Si le besoin des scénaristes se fait davantage sentir à la télévision publique, la reconnaissance de la profession n’est néanmoins pas encore au rendez-vous en Suisse. Celle-ci semble rater la dernière marche sur le chemin de la professionnalisation des scénaristes et vers la reconnaissance de leurs productions:

«Le jour où le scénariste gardera ses droits sur les textes et donnera une option de production au producteur, ce qui se fait au Danemark ou en Belgique flamande, les séries suisses prendront vraiment leur envol.»

Le réalisateur français François Truffaut discutant le scénario du film «La sirène du Mississippi» avec Catherine Deneuve.

Voir la série d’articles publiés dans Le Temps le 7 janvier 2018:

« Les scénaristes, nouveaux maîtres de l’imaginaire »

« Dans les séries TV romandes, la lente quête d’une politique des auteurs »

« Un master pour apprendre l’écriture d’un scénario »

« Baran bo Odar, le scénariste suisse qui envoûte Netflix »

Lire aussi:

« Le scénariste, ce solitaire invisible », Le Temps 2 février 2018

« Dans le creuset des séries danoises », Le Temps, 22 juillet 2013

« Scénariste, le maillon faible du cinéma suisse », Swissinfo.ch, 20 mars 2014

« Ces scénaristes dans l’ombre des cinéastes », RTS Culture, mars 2018

« Scénariste, un métier peu valorisé », RTS Info, 23 mars 2018

 

Visions du réel, 13-21 avril 2018

Le festival international du film documentaire de Nyon, Visions du réel, qui a presque doublé son audience ces six dernières années, présentera, du 13 au 21 avril 2018, 174 oeuvres venues de 53 pays. Pour sa 49e édition, le festival fait peau neuve avec une nouvelle direction artistique et identité visuelle.

Emile Bujès, directrice artistique fraîchement nommée, a remodelé les sections du festival en ouvrant sa programmation à des propositions plus originales et aventureuses. L’importance donnée à la marque personnelle de leurs auteurs souligne la perméabilité du genre documentaire, notamment dans ses liens avec la fiction:

« Du côté des filmeurs il n’y a pas tellement de revendication d’appartenance à une catégorie spécifique. Je crois que nous sommes au-delà de la question de s’affirmer – ou non – du côté du documentaire. J’ai travaillé à un projet de remontage de Chronique d’un été, de Jean Rouch (ndlr: père du cinéma-vérité), et, dans les rushs qui n’avaient pas été pris au montage initial, on l’entendait demander à des jeunes femmes de refaire la scène… Cela pose évidemment toutes sortes de questions – les castings, le fait de payer des protagonistes – mais il ne faut pas oublier que la fiction peut aussi permettre de protéger certains personnages… »

 

 

 

Consulter le programme du festival

« Le succès ne se dément pas pour Visions du Réel », Le Matin Online, 14 mars 2018

« Visions du Réel ouvre de nouveaux territoires à Nyon », Le Temps, 14 mars 2018

« La tête chercheuse des Visions du Réel », Tribune de Genève, 15 mars 2018

 

 

 

 

Flash historique sur le cinéma suisse

 

L’émission CinéKino, diffusée sur RTS2, était consacrée le 23 mars dernier au cinéma suisse. Durant une petite demi-heure, quelques portraits de grands noms du cinéma helvétique sont tirés. Il est notamment question de Jean-Luc Godard, Bruno Ganz et de l’héroïne Heidi mais aussi de cinéma de contestation avec « La Dernière chance » de Lindtberg (Palme d’or à Cannes en 1946) ou encore L’Expérience Blocher de Jean-Stéphane Bron.

Regarder l’épisode, encore disponible une dizaine de jours.

 

Les Rencontres du 7e art, nouveau festival de cinéma à Lausanne

La première édition des Rencontres du 7e art (r7al) se déroulera à Lausanne du 24 au 28 mars 2018. L’acteur et réalisateur suisse Vincent Pérez a choisi la capitale vaudoise pour lancer un nouveau festival du film qui racontera « le parcours de l’image depuis ses débuts jusqu’à demain ». Des démonstrations, projections et conférences, dispensées par des cinéastes et pionniers des nouvelles technologies, allieront la redécouverte des classiques du grand écran et l’exploration des techniques de réalité virtuelle appliquées au cinéma.

A l’issue de la projection Les dents de la mer à la Cinémathèque suisse, Alain Boillat, professeur ordinaire à la section d’histoire et esthétique du cinéma à l’Université de Lausanne, interviendra le dimanche 25 mars à 16H15 sur le thème « Les films du Nouvel Hollywood: de nouvelles formes de récit? ».

Lire le dossier de presse du festival

« Mon rêve est de créer un mini forum de l’image », RTS.ch, 7 février 2018

« A New Film Festival in Switzerland », Variety, 28 février 2018

« L’esprit du Nouvel Hollywood collectif », Le Temps, 23 mars 2018

 

Le cinéma européen à l’honneur sur Arte

La série documentaire Cinekino, réalisée à l’occasion des 60 ans du traité de Rome et coproduite par la SSR, raconte l’histoire du cinéma de dix pays européens. Dix épisodes évoquent, à travers des extraits de films cultes, des archives et des entretiens avec des grandes personnalités, les temps forts cinématographiques d’un pays: la France, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, la Grande-Bretagne, l’Espagne, la Pologne, l’Autriche, la République Tchèque, la Slovaquie mais aussi… la Suisse !

Extrait de la présentation:

« Ce cycle de dix documentaires, qui, en raison de leur durée – 26 minutes par épisode – et de leur rythme très vivant – ne cherchent pas à retracer de manière académique et convenue dix parcours cinématographiques nationaux. La série s’emploie plutôt à restituer une photographie du cinéma de chaque pays et à mettre en avant ce que le génie de chaque culture a retenu de ses propres chefs-d’œuvre, comme une évidence. »

 

 

Revoir l’épisode consacré au cinéma suisse sur Arte.fr

Lire la présentation intégrale de la série documentaire

No Billag terrorise le cinéma suisse

A l’orée de la votation No Billag, le journaliste et critique de cinéma Pascal Gavillet expose les conséquences désastreuses qu’engendrerait un « oui » à la suppression de la redevance pour le monde du cinéma hélvétique. Extrait de son article publié dans le 24 Heures du 18 janvier 2018:

Un long-métrage comme «Ma vie de courgette» ou une série telle que «Quartier des banques» ne pourraient plus voir le jour en cas de oui à l’initiative, affirment ses opposants.

Du côté de Cinéforom, l’ex-producteur Gérard Ruey, actuellement secrétaire général de la fondation, ne raisonne pas autrement. «Un tiers du subventionnement des films provient de la télévision. Et c’est un coût par essence difficilement rattrapable. En cas de oui à «No Billag», c’est ce tiers qui passerait à la trappe. Qui pourrait compenser cette perte? Je ne vois pas. Personne, je pense. Donc si l’initiative passait, ce serait une catastrophe totale. Car si un volume de production s’effondre, c’est toute la production qui s’effondre en même temps, par un effet domino qui conduit vite à la précarité.»

 

Sur la question de la relation entre No Billag et le cinéma suisse, voir aussi:

Télévision et cinéma: je t’aime, moi non plus

Le 6 février 2018, le 24 Heures a ouvert sa rubrique « Carte blanche » à Frédéric Maire, directeur de la Cinémathèque suisse depuis 2009 et président de la Fédération internationale des archives du film (FIAF) depuis 2017. Le journaliste cinématographique et réalisateur suisse a retracé l’histoire des rapports entre télévision et cinéma en Suisse.

« Au début des années 60, feu la Télévision suisse romande (TSR) a véritablement accompagné les premiers pas du célèbre cinéma romand des Tanner, Soutter ou Goretta. D’une part en leur permettant de travailler pour la télévision, réalisant reportages, téléfilms ou dramatiques, d’autre part en cofinançant les premiers pas du Groupe 5, en 1968, et les films que ces cinéastes réaliseront ensuite. »

Si la relation entre les deux médias a été, dès les années 1960, active et prolifique en Suisse romande, le monde du cinéma alémanique n’a, quant à lui, pas toujours été très amical avec sa télévision. Un rejet ancien qui pourrait, dans le cadre de la votation sur No Billag, « entraîner la fin de ce partenaire essentiel de notre culture audiovisuelle ».

 

« Télé, je t’aime, moi non plus », 24heures

« Frédéric Maire, le cinéma sur tous les fronts », 24heures (article réservé aux abonnés)

Portrait de Frédéric Maire, RTS

Les chroniques de Frédéric Maire

Présentation du coffret DVD consacré au Groupe 5

Plus de 700 vidéos patrimoniales désormais sur Gallica!

Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF, s’est enrichie le 16 janvier dernier de plus de 700 vidéos. Cette nouvelle offre gratuite est constituée de programmes patrimoniaux du Réseau Canopé, produits par le service de la radio-télévision scolaire entre 1954 et 2004. Les centaines de films sont classés par thématiques, dont l’une est notamment dédiée à la technique de radiovision, « un dispositif lancé en 1955, qui associe une émission de radio scolaire à la projection de diapositives (accompagnées d’un livret). » On notera également la sélection consacrée au cinéma et à l’audiovisuel.

Extrait du billet de blog de Gallica:

« Parmi les émissions emblématiques de la radio-télévision scolaire des années 1950 aux années 1990, figurent ainsi de nombreuses perles, comme cet entretien avec Jean Vilar, une introduction détaillée à la sociologie par Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, une préface à Chrétien de Troyes par Eric Rohmer… Vous pourrez y parcourir l’histoire de la société française pendant un demi-siècle (urbanisation, consommation, technologies de l’information, chômage…), en même temps que celle de l’école et des méthodes pédagogiques. »

 

 

La Bolex à l’honneur aux Journées de Soleure

Les 53èmes Journées de Soleure, qui se déroulent du 25 janvier au 2 février, consacrent leur programme « Histoire du cinéma suisse » à la trajectoire de la caméra Bolex, qui a connu le succès dans le monde entier.

« Sous le titre «Bolex: une caméra suisse à l’échelle du monde», des œuvres réalisées avec les légendaires caméras 16mm entre les années 1928 et 2016 seront présentées. ​L’histoire de l’invention suisse sera par ailleurs au centre d’une table ronde ainsi que d’une exposition au Künstlerhaus S11, » relaie une annonce sur le site de Memoriav, partenaire de l’événement.

Découvrir le programme complet de cette édition d’ « Histoire du cinéma suisse ».

 

Filmkulturerbe der Schweiz auf SRF

Das Schweizer Fernsehen SRF zeigt anlässlich des Europäischen Jahres des Kulturerbes vom 13. Januar bis zum 03. März jeden Samstagnachmittag Filmklassiker der Schweiz. Die Filme wurden restauriert und strahlen in neuem Gewandt. Die Filme bleiben während 15 Tagen online auf der Website von SRF zur Einsicht zur Verfügung. Der erste Film wurde am 13. Januar ausgestrahlt.

« Ein wichtiger Bestandteil des noch relativ jungen audiovisuellen Erbes sind zweifellos die Klassiker des Schweizer Films. Schweizer Radio und Fernsehen hat in den vergangenen zwanzig Jahren mit grossem Engagement und in enger Zusammenarbeit mit der Cinémathèque suisse und dem Verein Memoriav zahlreiche wichtige Zeugen aus der grossen Zeit des alten Schweizer Films digitalisiert und restauriert und sie damit vor dem Zerfall und dem Vergessen gerettet. »

Lesen Sie hier die Mitteilung von SRF.

 

Die ersten digitalisierten Filmklassiker auf SRF 1 im Überblick

«Polizischt Wäckerli» (1955) Samstag, 13. Januar 2018, 14.05 Uhr, SRF 1
«Bäckerei Zürrer» (1957) Samstag, 20. Januar 2018, 14.05 Uhr, SRF 1
«Die letzte Chance» (1945) Samstag, 27. Januar 2018, 14.05 Uhr, SRF 1
«Gilberte de Courgenay» (1941) Samstag, 3. Februar 2018, 14.05 Uhr, SRF 1
«Die Hazy Osterwald Story» (1961) Samstag, 10. Februar 2018, 14.05 Uhr, SRF 1
«Dällebach Kari» (1970) Samstag, 17.Februar 2018, 14.05 Uhr, SRF 1
«Wachtmeister Studer» (1939) Samstag, 24. Februar 2018, 14.05 Uhr, SRF 1
«Marie-Louise» (1943) Samstag, 3. März 2018, 14.05 Uhr, SRF 1

Falls Sie die Filme online sehen möchten, klicken Sie hier.