Les sols de Dorigny

Lors de leur travaux pratiques, les étudiants du Master de Biogéosciences de 2016 ont creusé cinq fosses pédologiques dans la forêt de Dorigny (entre le Géopolis et la Banane). Ces fosses ont été conservées et sécurisées de manière à offrir, à toute personne désireuse d’en apprendre plus en science du sol, un site d’observation directement sur le terrain.

La forêt de Dorigny est un lieu idéal pour un tel projet de par son accessibilité et la diversité des sols qui s’y trouvent.

D’un point de vue géologique et lithologique, la forêt de Dorigny correspond à une ancienne moraine déposée par le glacier du Rhône lors de son retrait à la fin de la dernière période glaciaire du Würm, il y a environ 15’000 ans.

Des dépôts éoliens, appelés loess, sont aussi présents sur cette colline. Les Loess, roches sédimentaires détritiques, sont une sorte de farine minérale meuble de petite taille (limons) qui est issue de l’érosion éolienne. Ces limons peuvent être transportés sur de longue distance.

La colline est contournée par la rivière La Sorge qui devient La Chambronne à la confluence avec La Mèbre. L’écoulement de cette rivière a modelé le paysage du bas de la colline à travers les siècles mais ce n’est pas l’unique facteur ayant un impact sur la colline. En effet, l’homme a, lui aussi, modifié et contrôlé le cours de la rivière ces dernières décennies.

Lors des différentes phases de construction du campus, la colline a subi des modifications d’origines anthropiques, principalement sous forme de remblais mais aussi, comme mentionné précédemment, par le contrôle du cours de la rivière.

La végétation arborescente, qui y est installée, présente une dominance de hêtre et de frêne. On y trouve aussi différentes espèces d’érables, tilleuls et cerisiers sauvages. On retrouve les mêmes espèces pour la strate arbustive et herbacée avec, en sus, des ronces, du lierre mais aussi de la prêle et des laîches en zone de bas de colline proche de la rivière (zone humide).

Présentation des cinq sols

Chacun des cinq sols est présenté sur une page individuelle. Le nom complet est indiqué en sous-titre (selon le Référentiel Pédologique), suivi d’une explication accessible à tous du fonctionnement et des particularités du sol en question, agrémenté d’une photo du profil (Merci à Jean-Michel Gobat pour la mise à disposition des photos de profil).

Cette première partie explicative est suivie d’une vidéo de présentation du site et du sol faite in situ par cinq enseignants spécialisés en pédologie.

Puis, les résultats d’observation terrain classiques effectués en biogéosciences sont accessibles sous forme de liens. Ceux-ci comportent une fiche pédologique qui décrit le profil de sol, une fiche sur la forme d’humus, c’est-à-dire la couche de litière plus ou moins décomposée qui repose à la surface du sol, ainsi qu’un relevé de végétation basé sur un carré permanent (10 x 10 m) établi à proximité de chaque site.

Finalement, un quiz d’environ quatre à six questions par sol est proposé, les questions augmentant en difficulté. Les réponses sont présentées en-dessous du quiz et sont développées afin d’apporter des explications et informations supplémentaires d’une manière plus technique et spécifique pour ceux intéressés à approfondir leurs connaissances en processus pédologique.

Ci-dessous, un exemple de fiche pédologique expliquée :

Une fiche pédologique est une sorte de carte d’identité du sol, basée sur les observations faites directement sur le terrain, elle ne contient pas de résultat d’analyses laboratoires. Celles-ci étant faites par la suite et regroupées dans des fichiers de données séparés (voir la page Le coin du pédologue pour en savoir plus sur les analyses laboratoires).

Les paramètres du milieu contiennent le nom complet, la localisation, l’altitude, les coordonnées GPS (WGS84), la topographie, la végétation, le climat, la situation et la date des observations. La partie centrale est le cœur de la fiche pédologique, le schéma d’observation est présenté en rapport à la photo du profil. On retrouve également une échelle de la profondeur, les différentes limites ainsi que la couleur des horizons. Une légende pour les codes du schéma est présentée en-dessous. La partie finale décrit les horizons individuellement et indique leurs particularités basées sur les observations faite directement sur le terrain. Pour chaque horizon on retrouve :

L’épaisseur en cm,

La couleur (basée sur le code Munsell),

Le pH Hellige qui est un indicateur colorimétrique de terrain

Le degré de réaction à l’HCl (acide chlorhydrique) qui indique par effervescence la présence ou absence de carbonates,

La texture qui se réfère à la taille des particules minérales (argiles, limons, sables), identifiable au toucher,

La structure qui se réfère elle à l’arrangement des particules et des agrégats entre eux, observable à l’œil nu,

La quantité de racines et taille(s) de celles-ci,

La proportion en pourcent de squelette (cailloux, pierres, bloc se démarquant de la terre fine) avec sa nature et sa forme,

Toutes autres informations observées, par exemple la présence des taches d’oxydoréduction.

Certaines de ces observations seront validées par des analyses laboratoires, comme le pH et la texture (granulométrie) (voir Fiche de données).


Liens vers la carte de localisation ainsi que chacun des sols :

Carte de localisation des sites

Site 1 – FLUVIOSOL TYPIQUE multifluvique rédoxique

Site 2 – BRUNISOL DYSTRIQUE oligosaturé superposé à un paléofersialsol

Site 3 – CALCISOL anthropisé rédoxique

Site 4 – BRUNISOL DYSTRIQUE mésosaturé bathyluvique

Site 5 – ANTHROPOSOL ARTIFICIEL compacté rédoxique superposé à un fluviosol