Mémoire 27 : Influence des formations superficielles sur l’évolution des sols du Jura suisse

Résumé

Le massif du Jura est essentiellement constitué de roches calcaires. Cependant, celles-ci sont généralement recouvertes de sédiments remaniés au fil de l’histoire géomorphologique de la région, en particulier pendant les glaciations du Quaternaire. Les dépôts ainsi formés, ou formations superficielles, sont constitués de mélanges entre des matériaux d’origine jurassienne (les roches calcaires) et alpine (les loess, dépôts constitués de particules éoliennes, et la moraine silicatée acide).

La superposition de ces dépôts le long des deux versants étudiés (situés de part et d’autre de la première crête du Jura suisse, dans la combe des Amburnex et sur la côte de Ballens) a permis de reconstituer la chronologie de leur mise en place depuis le dernier maximum glaciaire, il y a environ 20’000 ans.

Ensuite, l’influence des formations superficielles sur le développement des sols a été étudiée grâce à l’analyse de la fraction minérale fine (particules <2 mm). Différentes dynamiques de pédogenèse ont été identifiées en fonction des influences respectives du calcium, du fer et de l’aluminium. Ces dynamiques agissent plus particulièrement sur les processus d’altération et de transformation de la calcite, des oxy-hydroxydes de fer et des argiles minéralogiques.

En conséquence, en fonction de l’origine et de l’épaisseur de la couverture sédimentaire, le lien génétique entre les sols et la roche sous-jacente est perturbé à des degrés divers. Les dépôts d’origine alpine provoquent l’apport de minéraux et d’éléments géochimiques variés dans les sols jurassiens, orientant la pédogenèse vers des voies d’évolution différentes de celles observées sur roche calcaire.