Changements climatiques: état des connaissances à l’ère de la COP 21

Mardi 19 janvier 2016 à 18h30

Changements climatiques:

état des connaissances à l’ère de la COP 21

 

Conférence du Prof. Martin BENISTON, Université de Genève

Auditoire XIX, Palais de Rumine (5ème niveau), Lausanne.

Conférence publique – Entrée libre


Résumé de la conférence

La COP-21 s’est achevée le 12 décembre dernier sur un succès, politique du moins, avec un projet d’accord ambitieux et juridiquement contraignant. Dans cet exposé, on reviendra sur les questions scientifiques-clé qui ont fini par convaincre les décideurs de l’urgence d’agir, et notamment la quasi-certitude que l’humain est en partie responsable de l’évolution rapide du climat depuis quelques décennies. On verra pourquoi le Protocole de Kyoto, signé en 1997 et en vigueur depuis 2005 n’est plus un instrument adéquat pour résoudre la question climatique, et pourquoi il est essentiel de maintenir la hausse future des températures planétaires à bien moins de deux degrés de plus par rapport aux valeurs préindustrielles comme le prévoit l’accord de Paris. Au-delà des aspects scientifiques, un message clair qui est ressorti de la COP-21 est que de tenter de résoudre le problème du réchauffement planétaire n’est pas synonyme d’une régression sociale et économique, mais est au contraire porteur d’espoir, car de nouvelles technologies vont devoir émerger pour progressivement se retirer d’une économie à base de carbone, avec à la clé des nouveaux investissements, de nouveaux emplois et de nouveaux marchés. La mise en place de mesures destinées à lutter contre le réchauffement climatique devra impliquer non seulement les gouvernements, mais aussi les autorités locales ou régionales, les entreprises et la société civile. Même si les résultats de la COP-21 de Paris, comme premier accord universel sur le climat, peut réellement être qualifié d’historique, la mise en œuvre de l’accord ne sera pas aisée, car de nombreux obstacles politiques et économiques se profilent. Parmi eux, les prix des carburants fossiles, à la baisse depuis plusieurs mois, qui n’incitent pas à investir dans des technologies énergétiques autres que le charbon, le pétrole, ou le gaz. Il va donc falloir concilier un conservatisme économique avec une politique pro-environnement et pro-climat particulièrement agressive si l’on veut atteindre les objectifs fixés…


Le conférencier

Prof Martin BENISTON

Martin Beniston a fait ses études universitaires en Angleterre et sa thèse de doctorat à Paris et enfin son Habilitation à l’École Polytechnique Fédérale de Zurich. Il a travaillé dans la recherche climatique en Australie, en France, au Canada, en Allemagne et en Suisse. De 1993 à1996, il a partagé son temps entre la recherche sur le climat à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich (ETH-Zurich) et la vice-présidence du groupe « Impacts » de l’IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change, en français le GIEC, co-récipiendaire du Prix Nobel de la Paix 2007) avant d’être nommé professeur à l’Université de Fribourg, où il a dirigé l’Institut de Géographie. En 2006, il déménage à l’Université de Genève comme professeur et directeur de l’Institut des Sciences de l’Environnement. Parmi les nombreux projets qu’il a conduits, le grand projet européen ACQWA (www.acqwa.ch) sur les ressources en eau dans un climat qui change. Il a à son actif près de 170 publications scientifiques et siège dans de nombreuses commissions internationales. En 2000, il est élu membre de l’Académie Européenne des Sciences.