Keynote Speakers

Luc Boltanski – Jacques Commaille – Sighard Neckel – Katherine Stovel


Luc Boltanski

Luc.Boltanski

Luc Boltanski est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris. Après un doctorat en sociologie, il devient maître-assistant dans cette école, participe à la fondation des Actes de la recherche en sciences sociales et travaille avec Pierre Bourdieu au Centre de sociologie européenne. Il fonde en 1983 avec Laurent Thévenot le Groupe de Sociologie Politique et Morale et contribue au développement d’une sociologie pragmatique attentive aux compétences critiques des acteurs sociaux.

Recherches

Ses premiers travaux de recherches dans les années soixante portent sur les processus d’éducation de la petite enfance s’attachant à penser le lien entre la classe sociale et la dimension morale. Cette dernière restera au cœur de ses recherches jusqu’à aujourd’hui. Plus d’une décennie plus tard, ses travaux sur les transformations de l’idéologie dominante trouvent un prolongement dans l’élaboration d’une sociologie attentive aux modalités pratiques de la critique et de la justification publique. Son attention porte en particulier sur les compétences critiques des acteurs ainsi que sur les mutations des registres de la critique face aux transformations du capitalisme. Par la suite, ils se sont étendus aux processus de décision relatifs à la vie humaine et à l’engendrement (La condition fœtale 2004). Après un ouvrage consacré à la question du rapport aux institutions et des possibilités de la critique (De la critique 2009), Luc Boltanski s’est intéressé aux modalités de l’enquête exposées dans le roman policier, et à ses différentes formes (Enigmes et complots 2012). Ses recherches actuelles portent sur la transformation des dispositifs de mise en valeur dans le capitalisme contemporain, en lien avec la patrimonialisation et la forme collection.

Publications

Il est l’auteur d’innombrables livres et articles, parmi lesquels Le bonheur suisse (1966, et al.), Prime éducation et morale de classe (1969), Les cadres (1982), L’amour et la justice comme compétence (1990), De la justification (1991, avec L. Thévenot), Le nouvel esprit du capitalisme (1999, avec E. Chiappello), La Condition fœtale (2004), De la critique (2009), Enigmes et complots (2012), Vers l’extrême : extension des domaines de la droite (2014, avec A. Esquerre).

 

Jacques Commaille

Jacques.Commaille

Jacques Commaille est chercheur à l’Institut des sciences sociales du politique (Ecole Normale Supérieure, Cachan), professeur émérite des Universités à l’École Normale Supérieure de Cachan. Il est docteur en sociologie, docteur d’Etat ès lettres et sciences humaines, docteur Honoris Causa de l’Université Libre de Bruxelles ; Lauréat of the Law and Society Association’s Stanton Wheeler Mentorship Award for 2014.

Reherches

Ses travaux se développent depuis plusieurs années dans le cadre d’une sociologie politique du droit et de la fonction de justice articulée avec une sociologie de l’action publique, ceci donc dans une perspective pluridisciplinaire : sociologie-science politique-droit. Ils portent particulièrement sur les processus de production du droit dans le domaine des politiques familiales ou sociales, plus généralement de différentes politiques publiques, sur les politiques de justice et leurs enjeux institutionnels et politiques, sur les rapports entre légalité et régulation politique, sur une théorie de la régulation politique articulée à la régulation juridique.

Publications

Il est l’auteur de nombreuses publications (ouvrages, contributions à des ouvrages, articles), dont Familles sans justice ? : le droit et la justice face aux transformations de la famille (1982), Les stratégies des femmes : travail, famille et politique (1993), L’esprit sociologique des lois : essai de sociologie politique du droit (1994), Misères de la famille, question d’Etat (1996), Les nouveaux enjeux de la question sociale (1997), La question familiale en Europe (1998, avec F. de Singly), Les métamorphoses de la régulation politique (1999, avec B. Jobert), La politique de la famille (2002, et al.), La fonction politique de la justice (2007, et al.). Plusieurs de ces publications ont fait l’objet de traductions, en anglais, japonais, chinois, portugais et espagnol. Il prépare actuellement un ouvrage à paraître chez Gallimard : Les sens politiques du droit (titre provisoire).

 

Sighard Neckel

Sighard.Neckel

Sighard Neckel a étudié la sociologie, la philosophie et le droit à l’Université de Bielefeld et à l’Université libre de Berlin. Après son doctorat (1990), il a soutenu une habilitation en sociologie (1996). A la suite de plusieurs expériences d’enseignement à l’Université libre de Berlin, il a été professeur de sociologie aux universités de Siegen, Wuppertal, Gießen et Vienne. Actuellement professeur à l’Université Goethe de Francfort, il est également membre du Conseil de l’Institut für Sozialforschung.

Recherches

Ses thèmes de recherche vont de la sociologie de l’économie et des inégalités sociales, à la sociologie de la culture et la sociologie des émotions. Après avoir consacré ses premiers travaux au lien entre la honte et le statut, sa recherche porta sur le rapport entre la performance et le succès dans la société marchande et sur le rôle des émotions dans l’économie. Ses recherches les plus récentes sur le monde des banques et des marchés financiers se concentrent sur les questions de l’éthique et de la responsabilité dans le secteur financier. En lien étroit avec ces dernières, ses recherches actuelles portent sur le phénomène de la « reféodalisation » de la société moderne. Ancrées dans la recherche empirique, ses recherches, qui ont souvent une dimension ethnographique, apportent une contribution à la théorie sociale et au diagnostic sociologique de la société contemporaine.

Publications

Il est l’auteur de nombreuses livres et articles, parmi lesquels Status und Scham. Zur symbolischen Reproduktion sozialer Ungleichheit (1991), Waldleben. Eine ostdeutsche Stadt im Wandel seit 1989 (1999), Die Macht der Unterscheidung. Essays zur Kultursoziologie der modernen Gesellschaft (2000), Flucht nach vorn. Die Erfolgskultur der Marktgesellschaft (2008), Kapitalistischer Realismus. Von der Kunstaktion zur Gesellschaftskritik (2010), Sternstunden der Soziologie (2010), Strukturierte Verantwortungslosigkeit. Berichte aus der Bankenwelt (2010), Leistung und Erschöpfung. Burnout in der Wettbewerbsgesellschaft (2013).

 

Katherine Stovel

Kate.Stovel

Katherine Stovel est directrice du Center for Statistics and the Social Sciences et professeure associée au Département de sociologie de l’Université de Washington. En janvier 2013, elle est devenue rédactrice en chef (pour l’Amérique du Nord) de la British Journal of Sociology. Elle est titulaire d’un BA en sciences politiques de l’Université de Stanford et d’un doctorat en sociologie de l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill. Elle a été chercheuse au Center for Advanced Study in the Behavioral Sciences à l’Université Stanford en 2008-2009. Dans sa vie extra-professionnelle, elle aime s’engager dans une multitude d’activités en plein air, cuisiner, et s’instruire sur l’art expressionniste du début du 20e siècle.

Recherche

Située dans le champ de la sociologie générale, la recherche de Katherine Stovel porte sur des questions clés des dynamiques séquentielles des relations et de l’organisation sociales. S’inscrivant dans le sillage de la tradition d’analyse des réseaux sociaux, son travail est motivé par le désir de comprendre comment des processus sociaux généraux s’expriment dans des contextes historiques particuliers, et pourquoi ces processus peuvent entraîner de nouveaux arrangements institutionnels ou de nouvelles identités individuelles. Un trait distinctif du travail de Stovel est la diversité des méthodes qu’elle emploie, soulignant la nature dynamique, séquentielle, interactive et à multi-niveaux des phénomènes sociaux.

Ces méthodes lui permettent d’aborder des questions posées habituellement – de manière moins systématique – par la sociologie historique et par les autres approches portant sur les interactions dynamiques des individus et de leur contexte local. Sa recherche porte sur une variété de thèmes, comme la micro-dynamique du courtage, l’impact des réseaux sur la discrimination à l’emploi, l’émergence des systèmes modernes de carrière, le processus de conversion au nazisme, ou encore la structuration temporelle du lynchage dans le sud des États-Unis. Elle manifeste également depuis longtemps un intérêt à la manière dont le contexte social affecte la santé des adolescent.es.

Publications

Les recherches de Katherine Stovel ont été publiées dans des revues de sociologie et des disciplines connexes, elles ont été financées par la National Science Foundation, le National Institutes of Health et des fondations privées. Son article de 2004 intitulé « Chains of Affection » (http://www.soc.duke.edu/~jmoody77/chains.pdf), une étude de la structure des réseaux sexuels des adolescent.e.s, a reçu le Prix Roger Gould de l’American Journal of Sociology.