Archives de catégorie : Presse

Le Monde fait le point sur l’évolution de la surveillance de masse

Siège de la NSA (Wikipedia)

Siège de la NSA (Wikipedia)

Affaires Snowden, écoutes de la NSA, attentats de Paris : la question de la surveillance de masse a occupé une place de choix des agendas politiques (et médiatiques) des démocraties occidentales ces deux dernières années. Qu’est-ce qui a changé? Réformes aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, renforcement de l’arsenal de surveillance en France ou encore enquête parlementaire en Allemagne : le Monde revient sur les grands dossiers de la politique de renseignement: http://www.lemonde.fr/pixels/article/2015/06/05/deux-ans-apres-snowden-ce-qui-a-change-pour-la-surveillance-de-masse_4648014_4408996.html.

Nouvelle loi sur le renseignement adoptée par le National. Même clivage qu’en 1990 et affaire des fiches en toile de fond.

Vote sur la nouvelle LRens (RTS)

Vote sur la nouvelle LRens (RTS)

La nouvelle loi sur le renseignement a été adoptée par le Conseil national le 17 mars par 119 voix contre 65. Comme en 1990 lors du vote sur l’abolition de la police politique, la gauche a été minorisée par le vote des partis bourgeois.
La loi prévoit un renforcement de l’arsenal de surveillance à disposition du Service de renseignement de la Confédération (SRC) : observation des faits dans des lieux privés, si nécessaire au moyen de micros, perquisitions secrètes de systèmes informatiques, écoutes téléphoniques, utilisation de drones. Ces « recherches spéciales » ne pourront être mises en oeuvre qu’avec une autorisation limitée dans le temps et délivrée par le TAF et le DDPS. Si un renforcement des moyens de surveillance fait l’unanimité, la gauche aurait souhaité renforcer les mécanismes de contrôle.
Les éditorialistes se demandent comment ces nouveaux moyens seront mis en oeuvre par un service qui jusqu’à présent a surtout brillé par son amateurisme. On se souvient ainsi de l’informaticien qui en 2014 avait réussi, avec une facilité déconcertante, à voler quantités de données secrètes.

Allusions à l’affaire des fiches

Le SRC (RTS)

Le SRC (RTS)

En toile de fond de ces débats, l’affaire des fiches est systématiquement rappelée. Mais la référence au scandale sert surtout à montrer que le climat a bien changé. « Le traumatisme lié à l’affaire des fiches, il y a 25 ans, où l’on découvrit que 700 000 personnes avaient été fichées, semble bien loin. Les récentes actualités – attentats de Paris et de Copenhague, révélation de l’affaire des trois Irakiens emprisonnés à Berne soupçonnés de faire partie d’une cellule de l’Etat islamique, départs de résidents suisses pour le djihad – ont fini par convaincre la plupart des sceptiques », peut-on lire dans le Temps du 17 mars. Ces allusions journalistiques montrent en tout cas que l’affaire des fiches reste un événement repère dans la culture politique suisse et continue de susciter des débats sur sa signification.

Menace de référendum
Le Conseil des Etats se prononcera en juin. Si des modifications ne sont pas apportées au projet de loi, la gauche menace de lancer un référendum. « Une chose est claire: si le Conseil des Etats ne parvient pas à corriger massivement la LRens, un référendum sera inévitable », pouvait-on entendre dans les rangs des Verts. Du côté de la droite, pas de panique. Yannick Buttet (PDC/VS): « Un référendum… je me réjouis de cette discussion. Cela montrera qui soutiendra nos concitoyens et qui non. » Un tel discours n’est pas sans rappeler l’époque de guerre froide lorsque la police politique fichait les « mauvais Suisses »…

A l’occasion des 25 ans de la publication du rapport de la CEP DFJP, Swissinfo discute de l’évolution de la perception de la surveillance policière

Fin 2014, le site d’information swissinfo revenait sur l’affaire des fiches avec cette accroche: « la Suisse se souvient ». « L’Etat fouineur » est certes resté un référentiel commun de la vie politique suisse, à l’image du Watergate aux Etats-Unis, il n’en demeure pas moins que « l’époque a changé ». Généralisation de l’usage des réseaux sociaux et nouvelles menaces terroristes auraient adouci les craintes liées à la surveillance de masse. Le projet de nouvelle loi sur le renseignement, actuellement en phase parlementaire, donne d’ailleurs de nouveaux pouvoirs d’investigation aux services de protection de l’Etat.