Argumentaire et contre-argumentaire

Quelques contre-arguments au Bureau de la FAE et à la sortie de l’Union

Que perdrait les étudiant-e-s de l’UNIL si une sortie de l’UNES est décidée ?

  • L’expérience a montré que les relations avec les associations non-membres de l’UNES cessent quasiment totalement (un cas similaire s’étant présenté à l’UNIGE ou à l’EPFL – la faitière genevoise ayant cependant pris il y a quelques semaines la décision de revenir au sein de l’UNES). Seules les thématiques concernant directement les hautes écoles en question et sur lesquelles l’UNES intervient de toute façon font encore l’objet de discussion. Par exemple, la discussion autour des fonds-tiers dans les universités (qui peut indirectement analyser la situation de l’EPFL) sans que l’AGEPoly (faitière de l’EPFL) n’y participe.
  • L’UNES ne dépense pas d’énergie au soutien et à la prise de contact avec des associations qui ne montrent pas de volonté d’adhérer à l’Union. Les étudiant-e-s lausannois-es n’auront donc plus la possibilité d’être clairement et facilement informé-e-s des décisions nationales, d’obtenir l’aide de l’UNES sur certains dossiers clefs ou d’influencer les positions officielles de représentation des étudiant-e-s au niveau national et international.

Le coût de l’UNES est-il justifié ?

L’argent versé à l’UNES sert à couvrir les coûts de fonctionnement. Le poste principal de l’UNES est le poste salaire. l a été décidé de rémunérer les membres du bureau, à de faibles pourcentages (30% et 50%) afin de s’assurer que tou-te-s les étudiant-e-s puissent se présenter à cette fonction et que donc, les étudiant-e-s obligé-e-s de travailler en parallèles de leurs études puissent se présenter à ces fonctions de l’UNES. Il y a également des coûts de salariat pour le secrétariat administratif et financier. D’autres frais de fonctionnement couvrent le local de l’UNES. En effet, comme elle n’est liée à aucune université et afin d’assurer son autonomie, aucune institution ne peut lui lui mettre de locaux à disposition.

D’autre part, la FAE n’a actuellement aucun problème financier. L’exercice 2015-16 bouclait sur un bénéfice de près de 40’000.- et ces dernières années se sont toutes terminées sur des comptes positifs. Les réserves financières sont très élevées et le bénéfice de l’exercice 2015-16 a été entièrement redistribué. Il est donc clair que la FAE a actuellement, et sans arrêter de cotiser à l’UNES, toute la latitude financière pour réaliser ses projets, à soutenir les autres associations et les étudiant-e-s.

Finalement, l’UNES a déjà préparé un budget en prévision de la sortie de la FAE. Selon cette budgétisation, le départ de la FAE n’empêcherait aucunement le fonctionnement normal.

L’UNES est-elle un monstre bureaucratique, sans transparence ?

Au vu de la taille importante de l’association et par souci d’équité entre ses membres et sections, l’UNES se doit de se doter de procédures qui soient claires et uniformes. De telles procédures peuvent parfois présenter une certaine lourdeur, mais qui se justifie par souci d’efficacité et d’intégration ; par exemple, la nécessité de remplir un formulaire type pour déposer des amendements, la nécessité d’en établir une version française et une allemande, des délais à respecter, etc. Ces procédures, parfois perçues comme formelles, sont également garantes du respect des droits des participant-e-s. Les délégué-e-s francophones sont généralement satisfait-e-s de l’existence de traductions leur permettant de suivre les débats et d’y intervenir, tout comme à l’inverse. D’autant plus que les questions relatives aux délais sont principalement compréhensibles dans une optique d’organisation et de préparation, y compris pour les sections. Si une section veut pouvoir consulter ses membres avant une AD, il faut que les documents qu’on lui fournisse ne soient pas modifiés tous les trois jours ; il importe en effet de laisser la possibilité au processus démocratique de se dérouler au mieux.

Sur un autre plan, cette attaque est paradoxale venant de la FAE à certains égards, dans la mesure où la transparence reprochée à l’UNES n’est pas non plus réalisée ou réalisable pour la FAE. La critique envers l’UNES semble donc bien sévère lorsqu’on constate que même une association d’ampleur plus modeste n’arrive pas toujours à être irréprochable sur ce point que ce soit lorsqu’il s’agit de publier ses lieux de séances, ses rapports d’activités, etc. N’oublions pas que dans un cas comme dans l’autre, ce sont des collègues étudiant-e-s qui bien souvent font de leur mieux afin de faire tourner les associations tout en respectant le plus possible leurs devoirs d’information.

L’UNES minorise les francophones qui ne sont pas écouté-e-s :

L’UNES est effectivement composée de représentant-e-s germanophones et romand-e-s. Bien que, pour des raisons numériques, les sections francophones se trouvent parfois en minorité, les points suivants mettent en évidence l’importance qu’accorde l’UNES à ce que tous et toutes puissent se comprendre :

  • Lors des Assemblées des déléguées (organe le plus important), des traductions simultanées, avec des traductreurs-ices professionnelles sont mises en œuvre
  • Les documents envoyés pour préparer les séances sont toujours bilingues
  • Lors du week-end de réflexion (la « retraite ») du Bureau de l’UNES, une demi-journée est consacrée à la question du plurilinguisme et, en particulier, de la place de la langue française
  • Lors des séances, tous les propos sont traduits si une personne en fait la demande

Il est donc tout à fait possible pour une personne francophone de prendre part aux travaux de l’UNES – tout comme cela est possible aux germanophones – et de nombreux/ses membres de la FAE ont d’ailleurs par le passé pris une part active et joué un rôle clé dans les différents comités et groupes de travail de l’UNES, sans être germanophones. C’est pour cela que cet argument relève d’avantage d’un prétexte ou d’inimitiés entres les membres actuel-le-s du bureau de la FAE et les membres de l’UNES, ce qui ne devrait en aucun cas impacter sur le travail des un-e-s et des autres.

L’UNES est une structure trop lourde à intégrer dans les cahiers des charges des représentant-e-s des sections:

Pour les représentant-e-s des sections, les séances les plus importantes sont celles des législatifs (prise de décisions), qui représentent un week-end de travail ainsi que 4 séances par semestre. Les autres séances sont liées soit à des commissions qui mènent des réflexions sur des thématiques particulières ou alors aux finances de l’Union. Si la présence à ces séances est souhaitable, elle n’est en aucun cas obligatoire et peut être modulée en fonction de l’agenda de la FAE afin que leur voix soit tout de même prise en compte. Des échanges téléphoniques ou par mails sont d’ailleurs souvent intervenus lorsque la personne de la FAE membre d’un groupe ou un comité ne pouvait être présent-e. D’ailleurs et pour rappel, un ou une délégué-e externe au bureau de la FAE peut aussi être nommé-e pour ces commissions.

L’investissement en temps et en argent de la FAE au sein de l’UNES est souhaitable :

L’UNES remplit, à l’échelle nationale, les buts primordiaux de la FAE, qui sont la défense des intérêts des étudiant-e-s, leur représentation face aux autorités et la promotion d’un accès pour toutes et tous aux études. Il est ainsi clair que tout argent et énergie investis au sein de cette union permet de faire avancer la cause des étudiant-e-s et relève donc de la mission de la FAE.

L’UNES entend les critiques de ses membres et s’adapte :

L’UNES, suite à l’initiative sur les bourses d’études, a décidé d’entreprendre un audit sur son fonctionnement. Pour cela, l’union a demandé aux différentes associations et partenaires de bien vouloir évaluer son fonctionnement, et, dans un deuxième temps, a organisé un week-end et des séances avec les sections membres en vue d’entreprendre une modification de son fonctionnement dans sa globalité. Suite à ces réflexions (auxquelles la FAE a préféré ne pas participer), il a été décidé de favoriser une participation de la base via les commissions thématiques qui regroupent des membres de chaque université et hautes écoles. Ces commissions sont composées de personnes qui sont issues des sections membres et ont comme rôle de proposer des initiatives et de décider le cap de l’UNES.

Suite à la demande des sections, la structure de l’Union a également été modifiée pour réduire les coûts et augmenter l’efficacité. Il a été décidé lors de l’assemblée des délégué-e-s de l’UNES du mois d’avril 2016 de réduire le personnel pour des raisons d’efficacité et d’économie, passant de 11 membres du bureau à 7. Lors de cette même assemblée, il fut aussi décidé de favoriser les formations pour les différentes sections et associations facultaires, afin de favoriser les échanges entre les différents acteurs de la vie estudiantine. Ces formations sont sensées être proposées aux associations facultaires par les sections de l’UNES, dans notre cas par la FAE avec l’aide de l’UNES.