Les machines de la Renaissance

Héron d’Alexandrie, Gli artifitiosi et curiosi moti spiritali di Herrone
Tradotti da M. Gio. Battista Aleotti d’Argenta
Aggiontovi dal medesimo Quattro theoremi non men belli & curiosi de’ gli altri et il modo con che si fa artificiosamente salir un canale d’acqua viva, o morta, in cima d’ogn’alta torre
In Ferrara : per Vittorio Baldini, 1589
AB 2609

Héron d’Alexandrie imagina toutes sortes de machines hydrauliques et s’intéressa à la vapeur et à l’air comprimé. Principalement connu pour les machineries décrites dans son Traité des pneumatiques ( Πνευματικά), on lui doit par exemple un projet de machine utilisant la contraction ou la raréfaction de l’air pour ouvrir automatiquement les portes d’un temple ou faire fonctionner une horloge. Sa redécouverte au XVIe siècle est à mettre en relation avec la fascination des savants de la Renaissance pour l’ingénierie, qui trouvera sa pleine expression, par exemple, dans les ouvrages de Jacques Besson – le célèbre ingénieur français, concepteur entre autres du mécanisme de la fontaine de la Palud à Lausanne.

Cette édition imprimée à Ferrare est illustrée de dizaines de gravures sur bois (non signées) représentant autant d’inventions mécaniques.

Un fou littéraire italien du XVIe siècle

Anton Francesco Doni, La zucca del Doni [I cicalamenti della zucca del Doni, Le baie della zucca del Doni, Le chiachiere della zucca del Doni]
In Vinegia : per Francesco Marcolini, 1551
AZ 8663

Ouvrage composé de trois parties, chacune dotée d’une page de titre et d’une pagination propres. L’illustration consiste en un frontispice et de nombreuses vignettes et encadrements gravés sur bois, non signés.

Anton Francesco Doni (1513-1574) a été longtemps décrié par la critique, victime de l’étiquette de « cervellaccio bizzaro e fantastico » que lui attribua Apostolo Zeno (1669-1750). Geneviève Duval-Wirth a démontré, dans un article publié dans la revue Chroniques italiennes (n° 13-14, 1988, « Un moraliste méconnu »), combien ce personnage mérite que l’on redécouvre son œuvre à la lumière de notre sensibilité contemporaine, dont il est finalement assez proche, abordant sans tabou de nombreux domaines du savoir humain susceptibles d’améliorer la vie: médecine psychosomatique, technique du placebo, diététique, télépathie, hypnose, chiromancie, criminologie, etc.

Discours sur les moyens de bien gouverner

Innocent Gentillet, Discours d’estat sur les moyens de bien gouverner & maintenir en bonne paix un royaume ou autre principauté
Dernière édition corrigée et augmentée de plus de la moitié
A Lausanne : par Jehan Chiquelle, 1585
AZ 8547

Edition probablement imprimée à Genève, et non à Lausanne: Chiquelle obtient du Conseil de Genève le 15 juin 1585 l’autorisation d’imprimer ce livre ; il ne s’établira à Lausanne que l’année suivante.

Huguenot modéré, avocat à Grenoble et à Vienne, puis parlementaire, Innocent Gentillet (1535-1588) fuit à Genève après le massacre de la Saint-Barthélemy, puis rentre en France après l’édit de Beaulieu de 1576. Ses opinions protestantes le font à nouveau exiler à Genève en 1585. Son Discours d’estat sur les moyens de bien gouverner, dans lesquels il condamne les idées de Nicolas Machiavel, soupçonné de vouloir introduire l’impiété et l’immoralité dans le gouvernement, a paru en 1576. Il y accuse les Italiens de l’entourage de Catherine de Médicis de s’en faire les propagateurs. L’ouvrage, qui paraît d’abord en latin, puis en français et en anglais, connaît une diffusion considérable à travers toute l’Europe jusqu’au milieu du XVIIe siècle. Gentillet affirme que la source de la richesse d’un État vient de sa forte population. Il estime que les luttes intestines et les mauvaises lois sont contraires au développement de la population et condamne le luxe comme nuisible au bien-être national. (Informations tirées de Wikipédia)