Dans le noir de la nature humaine

Message de Jean-Michel que j’imagine sous une montagne de livres et de transcriptions.

Raphaël,
Souvent, tu m’as demandé : « Si aujourd’hui tu démarrais ton spectacle, quelle serait la première phrase ? » Alors, à ce jour, je ne peux pas encore te dire qu’elle sera la première phrase de mon spectacle, en revanche, je peux te faire connaître les deux premières phrases – en exergue – de mon manuscrit. Tu me reconnaîtras bien là. Ces phrases sont d’ailleurs si importantes qu’elles deviendront peut-être… les deux premières phrases du spectacle… :

« Au lieu de dire et de vouloir prouver que la guerre est horrible à voir, inhumaine et ainsi du reste, ce qui est trop évident et ne sert à rien, j’essaierai de dire exactement ce que c’est, comment cela se prépare, survient et dure, de façon que chacun saisisse en quoi il a voulu la guerre. Idée douloureuse, que chacun repousse au premier mot. Si cela te semble trop dur, jette le livre.» Mars ou la guerre jugée, Alain

« Notre principal effort dans cet ouvrage a été de laisser de côté la méthode dont des milliers d’exemples ont démontré l’inutilité et le caractère illusoire : à savoir l’exercice de stérile rhétorique consistant à justifier les guerres ou à les condamner, à en faire l’apologie ou la diatribe. Dans cet ouvrage nous évitons les jugements moraux et, plus encore, les lamentations sur la cruauté de la guerre. Nous avons, répétons-le, à rechercher avec le plus d’objectivité possible, surtout quels sont ses effets et ses fonctions.» Traité de polémologie, sociologie des guerres, Gaston Bouthoul.

Et peut-être aussi, un titre pour le spectacle ! Inspiré d’une phrase de Nietzsche, titre évidemment provisoire :

Dans le noir,
mais dans le noir de la nature humaine

Bien à toi.
Jean-Michel

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