Une encyclopédie des guerres… drôle de pari

Jeudi 25 novembre, Paris, à la rencontre d’un encyclopédiste des guerres.
A peine arrivé, je retrouve les sensations de la capitale française, une gare-de-Lyon comme une ville avec ses places et ses entrées nord-sud-est-ouest et ses panneaux indiquant mille et un numéros comme autant de directions, de possibilités, de musées et de théâtres! Halte là, cette fois la tactique est claire, il n’est pas question que je me débatte encore avec le plan du métro parisien, perdu sous un bombardement boulimique d’offres culturelles.
A l’extérieur, j’essuie le feu de l’hiver quelques instants avant de mettre plein cap sur le centre Beaubourg!

Là, une petite foule hétéroclite se retrouve calmement au sous-sol pour assister à la vingtième de l’encyclopédie des guerres de Jean-Yves Jouannais. Une casquette militaire, des écharpes théâtrales, pacifistes de passage, curieux révolutionnaires et aficionados sont là, les portes s’ouvrent, de la place pour tous, on s’installe, il fait bon chaud.

Sur scène un écran et de côté une table éclairée par une petite lampe de bureau. Passé le générique de jeux vidéos, Jean-Yves Jouannais nous accueille et, peu sûr, nous donne son objectif du jour: « exécution »! De « épreuves » à « exécution ». C’est peut-être là toute l’utopie de son projet…

Après un préambule sur l’intrusion naturelle de la subjectivité jusque dans une œuvre d’encyclopédie, Jean-Yves Jouannais se lance à corps perdu dans les mots, ajoutant des entrées oubliées, en complétant d’autres, se laissant guider par des citations littéraires, des images. Et si l’on tirait pour que le bruit calme notre peur et s’il l’on criait pour ne plus entendre les justes reproches de nos adversaires, et s’il l’on faisait la guerre pour inventer un mot? La guerre est surpassée par l’art, bien que tragique et inacceptable elle en devient petite, par trop humaine et tristement naturelle. Il n’en reste qu’une image, un livre, une expression, un mot, voire plus qu’une syllabe.

Étonnant ou détonnant. On reste ensuite, on parle, traqué par un micro géant, des conversations s’installent, on s’étonne, on parle des mots, de la langue, de cette langue qui est notre arme pour dire et traduire la guerre. On se raconte des anecdotes, si terribles qu’on finit par en rire devant le buffet. Puis on quitte la chaleur de ce hall de musée et l’hiver se rappelle à nous.

(élément de bibliographie apporté par J-Y Jouannais: W.G. Sebald – De la destruction comme élément de l’histoire naturelle, Actes Sud – Lettres allemandes 2004)
– Plus d’informations sur le site du centre Pompidou

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