Accueil

pluralite3Les témoins d’une même une action émettent souvent des interprétations divergentes. Ce fond pluriel semble universel et s’étend aux institutions, aux récits et aux oeuvres d’art. Même lorsque les codes sont étroitement tissés et partagés, l’interprétation produit du pluriel ; a fortiori lorsque l’objet symbolique à interpréter appartient à un autre temps ou une autre culture.

Le présent site accueille les chercheurs et les contributions qui font de la pluralité interprétative un objet de recherche. L’ouverture de l’interprétation ne signifie pas que l’on peut dire n’importe quoi d’une action, d’un texte ou d’une image. C’est précisément la largeur de l’éventail, ses raisons et ses limites qui nous intéressent, que ces raisons soient trouvées dans les sous-cultures d’appartenance ou de référence, dans l’hétérogénéité foncière de toute catégorisation sociale, dans la pluralité irréductible des valeurs, dans la multiplicité des catégorisations possibles du singulier, dans l’invention de nouveaux sens, etc. S’intéresser à la pluralité interprétative, c’est essayer d’identifier ses sources, ses procédures de production, ses déterminations et indéterminations.

Chaque recherche qui s’intéresse au sens de l’action bute infailliblement sur la pluralité interprétative. Habituellement, nos catégorisations réduisent la pluralité des interprétations, procédure simplificatrice indispensable à l’établissement de relations. Si la pluralité devient l’objet même des investigations, on peut supposer que le chercheur se souciera d’en respecter davantage les différenciations plutôt que de se mettre immédiatement dans des postures de réduction de la complexité. Dans ce domaine, les propositions théoriques excèdent de loin les présomptions empiriques et une certaine rééquilibration serait la bienvenue.

L’ambition est de créer une tradition de recherche, d’ouvrir un dialogue, de confronter les approches et les résultats, bref de dépasser l’aspect fragmenté et ponctuel des recherches actuelles. En un mot, il s’agit de créer une communauté plurielle autour de la pluralité interprétative, avec le sentiment que cette démarche comporte probablement des conséquences pour les sciences humaines et sociales et leurs procédures de production des connaissances.

André Petitat, Université de Lausanne