S’émanciper par les savoirs: Une émancipation par quels savoirs ?

Samedi 27 octobre
13h15 – 15h
Anthropôle, salle 2055

Modération:
Farinaz Fassa Recrosio, Université de Lausanne

L’élémentation des savoirs, leur saveur et leur transmission au plus grand nombre : comment des utopies se referment et comment s’efforcer de les relancer.
Charles Heimberg, Université de Genève

La question des savoirs dans une école émancipatrice : portée et limite de l’école des premières années de la révolution russe.
Samy Johsua, profeseure émérite, Université Aix-Marseille

Enseigner les inégalités socio-spatiales : pour une géographie scolaire critique.
Sarah Mekdjian, Université Grenoble 2

Présentation de l’atelier
La transmission scolaire des savoirs met en jeu une très grande diversité de fonctions et d’objectifs. Elle est partie prenante des horizons d’attente des différentes catégories sociales, dans la mesure où elle peut les transformer, mais aussi en dépendre par la manière dont les acteurs l’investissent ou la négligent.

L’institution scolaire se trouve au croisement de deux catégories de finalités qui se trouvent parfois en tension. La première concerne la préparation à l’insertion économique et sociale des publics scolaires. Elle pose la question de la reproduction et de la manière dont l’école agit en faveur ou à l’encontre des inégalités sociales. La seconde porte sur la construction d’une pensée critique, d’une capacité à se situer dans le monde en pleine autonomie et en pleine capacité de mise à distance.

En termes d’émancipation par l’accès à des savoirs critiques, la seconde de ces finalités peut rendre l’apprentissage plus complexe et plus inaccessible aux catégories sociales les plus défavorisées. De même, sur le plan didactique, une centration sur les savoirs critiques risque de se révéler élitaire si elle ne se soucie pas en même temps des manières possibles de s’adresser à tous les élèves ; à l’inverse, une centration sur une ouverture des modalités de transmission qui négligerait la question de la nature des savoirs qui sont réellement transmis tomberait dans un utilitarisme peu propice à la pensée critique.

Au cœur de ces tensions, la pensée libérale dominante donne à voir une grande capacité de récupération des réflexions pédagogiques. Elle parvient à orienter subtilement des concepts polysémiques dans le sens d’un conformisme peu enclin à la moindre réflexion critique et en faveur d’une forme de prescription managériale. Cette tendance s’observe notamment dans le champ scolaire autour de notions ambigües comme les compétences, l’autoévaluation, l’efficience, la citoyenneté, etc. Elle est encore renforcée par les processus internationaux d’évaluation des systèmes de formation qui ne portent jamais sur la dimension critique.

L’apprentissage scolaire reste pourtant porteur d’un potentiel d’émancipation qu’il s’agit d’interroger : à quelles conditions et autour de quels savoirs cette émancipation se dégage-t-elle réellement ?

Ce contenu a été publié dans S'émanciper par les savoirs, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.