Le Service suisse des ondes courtes

A peine fondée, la Société suisse de radiodiffusion (SSR) poursuit la tradition, entamée par les émetteurs locaux, de diffuser des émissions spéciales à destination de l’étranger. La création du Service suisse des ondes courtes va renforcer cette pratique.

Paul Borsinger, premier directeur du Service suisse des ondes courtes (photo non datée). © swissinfo

Paul Borsinger, premier directeur du Service suisse des ondes courtes (photo non datée). © swissinfo.ch

Le Service suisse des ondes courtes (SOC) trouve son origine dans les premières émissions destinées aux Suisses installés à l’étranger et proposées, dans un premier temps, par les studios régionaux de la Société suisse de radiodiffusion (SSR), puis, dans un second temps, par l’émetteur à ondes courtes de la Société des Nations dès 1934 (Prangins/Vaud).

La construction d’un émetteur national à ondes courtes à Schwarzenbourg (Berne) en 1939 entraîne la création officielle d’un Service ad hoc pour gérer spécifiquement sa programmation, avec à sa tête Paul Borsinger (1895-1982). Ce dernier occupe le poste de directeur du SOC jusqu’en 1960. Son attachement à défendre l’extension des émissions radiophoniques pour la Cinquième Suisse n’est pas surprenant. Fils d’un hôtelier, il a, avant son engagement à la SSR, dès le 17 juillet 1933 comme contrôleur des programmes rattaché à l’Office central, effectué plusieurs séjours à l’étranger: il a été journaliste libre à Londres en 1925, alors que la BBC n’avait que quelques années, puis fondé de pouvoir au Pérou en 1927. Par conséquent, Borsinger connaît les besoins de la diaspora helvétique et il en fut même un des représentants économiques.

Après quelques péripéties dues à un incendie ravageur, l’émetteur national à ondes courtes de Schwarzenbourg fonctionne à plein régime dès l’été 1940. Le nombre d’émissions proposées à destination de l’étranger augmente alors considérablement. Aux 3 langues nationales s’ajoutent l’anglais, l’espagnol et le portugais. Le SOC remplit ainsi une double mission, répondant aux vœux du Conseil fédéral exprimés dans le Message concernant « les moyens de maintenir et de faire connaître le patrimoine spirituel de la Confédération » du 9 décembre 1938: d’une part, resserrer les liens entre la mère-patrie et la diaspora helvétique et, d’autre part, contribuer au rayonnement du pays à l’étranger.

Rebaptisée Radio Suisse Internationale (SRI) en 1978, la chaîne connaît son âge d’or durant la Guerre froide. Avec ses programmes en huit langues, elle touche alors un public estimé entre 5 et 10 millions d’auditeurs.

Le déclin des ondes courtes s’amorce dès la fin des années 1980 en raison principalement des changements politiques (fin de la Guerre froide) et des transformations technologiques (émergence d’Internet). A partir de 1999, SRI s’est progressivement transformée en un site Internet, sous le nom de swissinfo.org, puis swissinfo.ch. En 2004, elle a cessé définitivement ses émissions radiophoniques.

Vidéo

Entretien avec Sacha Zala, directeur des Documents Diplomatiques Suisses

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