La notion de Taḥrīf dans la culture digitale

rédigé par Sara Schulthess

Le chercheur qui s’intéresse à la critique textuelle du Nouveau Testament sur Internet sera peut-être surpris de tomber rapidement sur des sites musulmans portant un intérêt particulier aux manuscrits du Nouveau Testament et à leurs variantes. Ce phénomène est à mettre en lien avec un lieu de polémique classique en Islam: at-taḥrīf (تحريف).Le chemin qui mène de l’un à l’autre n’est pas évident, et nous allons essayer de comprendre cette évolution.

1. Définition

Pour cela, il faut commencer par nous intéresser à la notion polémique du taḥrīf. Selon l’Encyclopédie de l’Islam, il s’agit de :

Transformation, modification, falsification, utilisé dans le domaine des mots et concerne plus spécifiquement ce que les Juifs et les Chrétiens sont supposés avoir fait subir à leurs Écritures, à savoir la dénaturation de la langue en donnant aux mots un sens différent de celui qu’ils avaient à l’origine, en changeant leur forme ou en substituant des mots ou des lettres à d’autres.(1)

Dans l’article de R. Caspar et J.-M. Gaudeul, nous trouvons l’affirmation suivante :

Le Taḥrīf (altération ou falsification) de leurs Ecritures par les Juifs ou les Chrétiens est un des ‘lieux’ majeurs de la polémique islamo-chrétienne depuis les origines.(2)

Depuis les origines ? La question de la présence du taḥrīf dans le Coran déjà a intéressé les savants musulmans anciens ainsi que les chercheurs modernes. Quatre sourates contiennent la racine arabe ḥ-r-f :

  • Al-Baqara (2) 75 : Eh bien, espérez-vous, que des pareils gens vous partageront la foi? alors qu’un groupe d’entre eux, après avoir entendu et compris la parole d’Allah, la falsifièrent (yuḥarrifūnahu) sciemment.
  • •An-Nisâ’ (4) 46 : Il en est parmi les Juifs qui détournent les mots de leur sens (yuḥarrifūnahu), et disent : « Nous avions entendu, mais nous avons désobéi ».
    (Traduction française de http://www.coran-en-ligne.com)
  • Aussi: Al-Mâ’ida (5) 13 et 41.

S’agit-il ici déjà du sens de taḥrīf comme falsification ou corruption des Ecritures ? Dans son article « Corruption and/or Misinterpretation of the Bible, the Story of the Islâmic Usage of Tahrîf », Martin Accad fait la distinction entre taḥrīf al-ma’na, correspondant à une falsification du sens du texte, et taḥrīf al-lafẓ, correspondant à une falsification du texte, une corruption textuelle.(3) Cette distinction existe déjà chez certains penseurs musulmans, comme par exemple chez Fakhr ad-Din ar-Razi (12e s.), qui écrit dans son Grand Commentaire :

Le taḥrîf porte soit sur la lettre du texte soit sur son sens. Mais le mot de taḥrîf s’applique mieux à l’altération de la lettre qu’à celle du sens. En effet, si la Parole de Dieu demeure telle quelle et qu’ils ont (seulement) altéré son interprétation, ils ont seulement altéré son sens et non la Parole de Dieu qu’on entend. Donc si cette acceptation (altération du texte) est possible […], c’est elle qu’il faut préférer. Si elle n’est pas possible, il faut appliquer le mot à l’altération de l’interprétation, le texte révélé restant échangé.(4)

Selon Accad, au début de l’Islam, et notamment dans le Coran, le taḥrīf a donc d’abord la notion de falsification du sens du texte, c’est-à-dire de mécompréhension, de mauvaise interprétation.

2. Historique

Or comment est-on passé de la falsification du sens du texte à l’idée de corruption textuelle ? Une vision par ailleurs majoritaire aujourd’hui. Martin Accad, engagé dans le dialogue islamochrétien, ne le sait que trop bien :

If the accusation of taḥrîf has often become the starting point of Muslim-Christian encounter today, it is certainly worth knowing, both for Christians and Muslims, that it has not always been the case, and that it is therefore possible to think otherwise.(5)

  • Ibn Ḥazm au 11e s. comme premier turning point ?

C’est le savant Ibn Ḥazm qui semble marquer un tournant dans la manière de considérer les Ecritures juives et chrétiennes :

[…] until the time of Ibn Ḥazm in the eleventh century, the accusation of taḥrîf in the sens of ‘intentional corruption of the Holy Scriptures’ was virtually non-existent. […]
In the traditional, pre-Ibn Ḥazm period, the Bible was used ‘positively’ to build pro-Islâmic arguments against Christian doctrines.(6)

Ainsi, des savants musulmans comme ar-Râssi, at-Tabarî, Ibn Qutayba ou al-Ya‘qûbî recourent parfois à la Bible pour argumenter contre les Chrétiens ou les Juifs.
Ce ne sera plus le cas d’Ibn Ḥazm et de ses héritiers :

In the new approach of Ibn Ḥazm and his inheritors, the Bible is used ‘negatively’ to demonstrate its textual corruption.(7)

Les accusations de corruption textuelle de la Bible (ici chrétienne) de Ibn Ḥazm se basent principalement sur les incohérences entre les évangiles. Dans l’exemple suivant, Ibn Ḥazm reproche aux quatre évangélistes de ne pas rapporter le récit de l’appel des premiers disciples (Mt 4,12-22; Mc 1,14-20; Lc 5,1-11; Jn 1,35-52) :

Matthieu et Marc s’accordent pour affirmer que les premiers compagnons du Christ furent Simon-Pierre et son frère André, les deux fils de Jonas. Ceci se passa après l’arrestation de Jean-Baptiste. Jésus les trouva en train de jeter leurs filets à la mer pour pêcher. Or Luc dit qu’ils commencèrent à être ses compagnons lorsqu’il les rencontra débarqués de leur bateau pour laver leurs filets après avoir passé la nuit à pêcher sans rien prendre. Et Jean raconte que le début de ce compagnonnage se situe quand André, frère de Simon-Pierre, était disciple de Jean-Baptiste […] Voici donc quatre mensonges sur un seul récit. […] Or de telles choses ne peuvent absolument pas venir de Dieu – qu’il soit magnifié et exalté! – ni d’un prophète, ni d’un transmetteur véridique. Cela ne peut venir que d’un menteur infâme […].(8)

Un autre exemple mis en avant par Ibn Ḥazm est celui des généalogies en Matthieu 1,1-17 et Luc 3,23-38, qui se sont pas identiques et comportent des différences avec l’Ancien Testament. Les paroles de Ibn Ḥazm envers les évangélistes sont dures : ce sont eux les menteurs qui ont détournés la Parole de Dieu. Les successeurs de Ibn Ḥazm vont reprendre ses idées et ses arguments, en étant toutefois souvent moins virulents envers les évangélistes (par ex. Al Qarâfi 13e s.).
Mais Ibn Ḥazm marque un tournant, ses idées devenant des thèmes classiques de la littérature musulmane polémique :

Quoi qu’il en soit, la compréhension la plus courante du mot taḥrīf chez les auteurs musulmans, en particulier du Ve/Xe siècle jusqu’à nos jours, est celle qui accuse les Juifs et les Chrétiens d’avoir délibérément falsifié le texte de leurs Écritures respectives.(9)

C’est ainsi que se développe la distinction entre « Evangile de Jésus » et « les évangiles écrits par les évangélistes » (R. Caspar et J.-M. Gaudeul).

  • La critique biblique moderne comme deuxième turning point ?

Dans un article de 1997, Schirrmacher soutient la thèse intéressante que la critique moderne européenne, comme amorcée au 18e puis au 19e s., a influencé les apologètes musulmans, et particulièrement leur compréhension du taḥrīf :

In the 19th century a new wave of criticism emerged in Europe and quickly found its way into the Muslim world. In European universities all miracles reported in the Old and New Testament were called into question, historical events were doubted, the formulation of Christology, trinity, and the deity of Jesus Christ, his crucifixion and resurrection were discussed from their very foundation. All these doubts and critical remarks of European theology found their way into the Muslim world and were enthusiastically taken as proofs of the traditional Muslim view of a corrupted Christian Bible. This way of arguing against the reliability of the Old and New Testament has marked the form of controversy especially since al-Kairânawî.(10)

Al-Kairânawî (1818-1891) est un penseur musulman chiite qui évolue dans l’Inde du 19e s. en dialogue avec les mouvements missionnaires allemands, notamment avec Karl Gottlieb Pfander. Pour Schirrmacher, al-Kairânawî est le premier à intégrer concrètement les recherches de la critique biblique moderne:

Al-Kairânawî was – ostensibly – the very first apologist in the Muslim world who refered to these books and Bible commentaries in order to fight Christianity with its own weapons.(11)

C’est surtout dans son ouvrage « Démonstration de la vérité » (iẓhār al-ḥaqq) de 1864 que al-Kairânawî démontre sa connaissance de ses contemporains européens. Il cite les chercheurs de la début de la critique moderne: Adam Clarke, Thomas Hartwell Horne, Thomas Scott, Matthew Henry, Nathaniel Lardner, etc., parmi eux également les auteurs de premières éditions critiques du Nouveau Testament: Scholz, Griesbach, etc.

Un exemple de l’argumentation de al-Kairânawî dans « Démonstration de la vérité »:

31e preuve : On lit dans la 1ère Epître de Jean (V. 7, 8) : « Il y a trois qui rendent témoignage dans le ciel, le père, le Verbe, et le Saint-Esprit, et ces trois-là sont un. Il y a aussi trois qui rendent témoignage sur la terre, savoir, l’esprit, l’eau, et le sang, et ces trois-là se rapportent à un ». Le verset 7, d’après les exégètes, n’était pas dans l’original, et a été ajouté par les partisans de la Trinité. Griesbach et Scholz sont d’accord pour l’affirmer, Horne, malgré sa partialité, est obligé de la reconnaître aussi, le commentaire d’Henry et Scott et Adam Clarke sont du même avis […]
1) Que ce verset ne se trouve dans aucune copie grecque faite avant le 16e siècle.
2) Qu’il ne se trouve pas dans les premières et meilleurs éditions.
3) Qu’il ne se trouve dans aucune version ancienne sauf la Vulgate latine.
4) Qu’il est omis dans les anciennes copies de la version latine elle-même.
5) Qu’il n’est cité par aucun père de l’Eglise grecque, et aucun ancien auteur ecclésiastique.
6) Qu’il n’est cité, non plus, par aucun des pères latins.(12)

On voit ici le renvoi aux auteurs de références ainsi que l’appropriation de la méthodologie qui se met en place en critique textuelle de la Bible. Comme Schirrmacher le dit:

[Muslim apologists] feel confirmed in the traditional Muslim view that the Bible is corrupted just as the Qur’an states. Muslim apologists have known this for centuries already, but now European theologians have confirmed it themselves through scientific studies in history, geology or archeology.(13)

  • Le taḥrīf aujourd’hui: la critique textuelle du NT comme troisième turning point ?

Schirrmacher mentionne les avancées de l’histoire, l’archéologie, etc. mais fait intéressant: le taḥrīf semble aujourd’hui se cristalliser autour de la question de la critique textuelle de la Bible, plus particulièrement du Nouveau Testament. C’est pas exemple la définition de l’article taḥrīf sur Wikipedia:

Taḥrīf (Arabic: « distortion, alteration ») is an Arabic term used by Muslims for the alterations which Islamic tradition claims Jews and Christians have made to Biblical manuscripts, specifically those that make up the Tawrat (or Torah), Zabur (or Psalms) and Injil (or Gospel).

Pourquoi s’intéresse-t-on particulièrement aux manuscrits bibliques?

Il est évident que l’ère digitale a révolutionné la discipline de la critique textuelle du Nouveau Testament. C’est ce qu’explique Claire Clivaz:

Textual criticism has been usually regarded as a subsidiary task in the study and the exegesis of the New Testament, reserved for researchers patient enough to devote themselves to the study of thousands of manuscripts. […] Today, we are witnessing the rebirth of the phoenix from its ashes, as various factors demonstrate. First, seminal works have been published in the two last decades, notably by Bart Ehrman, Eldon Epp and David Parker: they highlight the importance of the variants as an invitation to carry out “narrative textual criticism”, instead of focusing exclusively on the search for the original text, so producing what Werner Kelber calls a “Copernician revolution”. […] Last but not least, anyone who has an internet connection is now able to view and to work on a considerable number of digitalized NT manuscripts – such as Codex Sinaiticus, available free online […]. David Parker has already drawn attention to the significance of computers and the new tools they provide for the present “dramatic change” in textual criticism and the editing of the New Testament […].(14)

L’accès facilité aux images des manuscrits a changé le visage de la critique textuelle du Nouveau Testament.

Cet accès aux manuscrits permet le développement d’un travail collaboratif, sans frontières géographiques ou institutionnelles, entre chercheurs amateurs. Nous pouvons donner comme exemple le forum Yahoo Textual Criticism, sur lequel la discussion est à la fois très active et de haut niveau.

4. Le taḥrīf à l’âge digital

Tout cela n’est pas sans influence sur la polémique du taḥrīf. Si l’on prend l’exemple du site Islamic-Awareness.org, dont l’objectif est de « educate Muslims about the questions and issues frequently raised by the Christian Missionaries and Orientalists« , on y trouve toute une série d’informations sur les manuscrits du Nouveau Testament:

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ainsi que de nombreux articles scientifiques sur les débats au sein de la discipline:

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On notera aussi l’utilisation d’images de manuscrits du Nouveau Testament sur le forum Sheek-3arb.net afin de mettre en évidence certaines variantes problématiques. Sur cette page, un utilisateur du forum remet en question la divinité du Christ et cherche à démontrer que les mentions des attributs divins sont des ajouts tardifs ou des substitutions, en passant en revue des éditions et plusieurs papyri et codices.

Ici, il donne l’exemple de Jean 6,69: le « Christ, Fils du Dieu vivant » ne se trouve pas dans le Codex de Washington.

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En plus de sa focalisation sur la critique textuelle du Nouveau Testament, le taḥrīf en culture digitale possède quelques caractéristiques :

  • Usage de l’image

Comme mentionné ci-dessous, les images de manuscrits grecs du Nouveau Testament sont très régulièrement utilisées afin de mettre en évidence les variantes. Il est aussi intéressant de remarquer un intérêt pour les manuscrits arabes du Nouveau Testament :

figure2

  • Usage de la vidéo

Il y a parfois recours à la vidéo. On trouve sur youtoube des films de débats entre apologètes musulmans et apologètes chrétiens :

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  • « Dialogue »

De manière plus générale, il est intéressant de voir le jeu de va-et-vient et de dialogue entre des sites apologétiques musulmans et chrétiens: chacun y expose ses arguments pour pouvoir répondre à l’autre. Exemples: http://www.answering-christianity.com et http://www.answering-islam.org

  • Discours académique hybride

Est-ce que ces développements peuvent-ils avoir d’une manière ou d’autre une influence sur la recherche en critique textuelle du Nouveau Testament. Nous pouvons dénoter une volonté d’être « académique » de la part des sites musulmans mentionnés, qui n’est pas sans rappeler l’ouvrage de al-Kairânawî. Ainsi, Islamic-awareness.org défend sa rigueur académique:

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Il est également intéressant de constater qu’il y a d’ailleurs des points de contact entre le discours développé autour du taḥrīf et la recherche. Sur le site du CSNTM, nous trouvons par exemple un index du Codex Vaticanus qui a été développé par le site Sheek-3arb.net !

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Certains sont déstabilisés. Sur le forum Evangelical Textual Criticism, un user annonce la sortie du livre Hunting for the Word of God. La discussion qui s’ensuit est instructive. On s’interroge: “Will you consider the work of a Muslim apologist who openly denounces Christianity , when he writes on the manuscript history of Bible ? » Prenant alors la défense de l’ouvrage, des users donnent l’exemple de chercheurs chrétiens publiant sur la critique coranique…

L’apparition d’une hybridation des discours nous semble être un des points les plus fascinants liés à l’évolution de la notion de taḥrīfun concept aux facettes multiples, qui semble s’amorcer avec l’idée d’une distorsion de sens et qui aujourd’hui se cristallise autour de la critique textuelle du Nouveau Testament.

***
(1) Lazarus-Yafeh, Hava, « Taḥrīf », Encyclopédie de l’Islam, Brill Online, 2014. 10 mars 2014. http://referenceworks.brillonline.com/entries/encyclopedie-de-l-islam/tahrif-SIM_7317 (retour)
(2) Caspar, R., Gaudeul, J.-M., « Textes de la tradition musulmane concernant le taḥrīf (falsification) », Islamochristiana, VI (1980), p. 61-104. Ici p. 61. (retour)
(3) Accad, Martin, « Corruption and/or Misinterpretation of the Bible, the Story of the Islâmic Usage of Tahrîf », NEST Theological Review 24/2 (2003). (retour)
(4) dans Grand commentaire (al-tafsîr al-kabîr), cité par Caspar, Gaudeul, « Textes de la tradition musulmane concernant le taḥrīf ». (retour)
(5) Accad, « Corruption and/or Misinterpretation of the Bible », p. 96. (retour)
(6) Accad, « Corruption and/or Misinterpretation of the Bible », p. 95. (retour)
(7) Accad, « Corruption and/or Misinterpretation of the Bible », p. 95. (retour)
(8) Dans al-Fasl fi al-milal wa-al-ahwa’ wa-al-nihal, cité par Caspar, Gaudeul, « Textes de la tradition musulmane concernant le taḥrīf ». (retour)
(9) Lazarus-Yafeh, Hava, « Taḥrīf ». (retour)
(10) Schirrmacher, C., “The influence of German Biblical criticism on Muslim apologetics in the 19th century”, 1997. http://www.contra-mundum.org/schirrmacher/rationalism.html. (retour)
(11) Schirrmacher, “The influence of German Biblical criticism ». (retour)
(12) al-Kairânawî, Izhar al-Haqq.
http://www.umm-ul-qura.org/info/uploads/userpics/dba/Manifestation.pdf (retour)
(13) Schirrmacher, “The influence of German Biblical criticism ». (retour)
(14) Clivaz, Claire, « The New Testament at the Time of the Egyptian Papyri. Reflections Based on P12, P75 and P126 (P. Amh. 3b, P. Bod. XIV-XV and PSI 1497) », in: Clivaz, C. – Zumstein, J., in collaboration with Read-Heimerdinger, J. – Paik. J. (eds.) Reading New Testament Papyri in Context – Lire les papyrus du Nouveau Testament dans leur contexte. Actes du colloque des 22-24 octobre 2009 à l’université de Lausanne. BETL 242, Louvain: Peeters, pp. 17-55, 2011.Ici p. 16-17. (retour)

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