Albums photographiques

La Collection iconographique vaudoise comprend quelque 300 albums photographiques. Leur acquisition s’avère relativement tardive, puisqu’elle ne se généralise qu’à partir de 1966, conjointement à la transformation du Cabinet iconographique en Département des estampes et à l’arrivée d’Elisabeth Breguet en son sein. Leur intégration traduit une définition élargie du document historique, désormais étendue à des objets n’ayant que rarement été créés avec l’intention explicite de servir l’histoire ou le patrimoine. C’est à des fins majoritairement privées que les albums photographiques sont en effet confectionnés, soit dans le but de garder pour soi ou pour ses proches le souvenir d’une vie, d’une famille ou de voyages. Dans certains cas, la mémoire individuelle peut néanmoins prendre une dimension plus collective et croiser l’histoire des grands de ce monde ou de la guerre. Surtout, la pratique de l’album ne se restreint pas au seul cadre familial : dans les mains des photographes professionnels ou de l’administration publique, le support du souvenir peut devenir tout autant outil de promotion, de documentation, de gestion ou de contrôle. Entre ces fonctions multiples, l’album photographique ne cesse d’osciller entre la compilation et le récit, entre l’archive et le livre – un singulier livre unique, engageant un fort travail de mise en page, de coordination du texte et de l’image, libre cependant de toute publication.

L’étude des albums de la Collection iconographique est le fruit d’une collaboration entre le Musée de l’Elysée et l’Université de Lausanne : au printemps 2015, un séminaire de master de la Faculté des Lettres, dirigé par le professeur Olivier Lugon, a examiné une sélection d’une vingtaine d’albums. Quatorze étudiants des sections d’Histoire de l’art, d’Histoire et esthétique du cinéma ainsi que du Centre des Sciences historiques de la culture ont mené les recherches et rédigé les notices.