Les Éditions Rencontre

Les Éditions Rencontre

Comme La Guilde du Livre, les Editions Rencontre sont un club de livres éditant et diffusant en masse, sur abonnement, des ouvrages de qualité offerts à très bon prix. Comme La Guilde également, elles se font d’abord connaître par leurs productions littéraires, à travers la réédition de classiques notamment, avant d’élargir leur catalogue à des collections photographiques. Cette ouverture s’opère toutefois plus tardivement, au début des années 1960, et prend des formes différentes. Trois collections en particulier incarnent ce renouvellement : J’aime, consacrée aux arts du spectacle et aux nouveaux médias audiovisuels, L’Atlas des Voyages, version modernisée du beau-livre de voyage popularisé par la Guilde du Livre, et La Science illustrée, encyclopédie visuelle des sciences et des techniques. Au principe de l’album privilégié par la Guilde, avec sa succession de planches isolées, se substitue un modèle plus proche des magazines, combinant sur la double page des images en plus grand nombre. Autant que les photographes, qui voient leur rétribution augmenter, les graphistes conquièrent dans ce modèle une place déterminante. Les mises en page ne sont plus effectuées à l’interne, mais confiées à des spécialistes extérieurs à l’imprimerie : le Zurichois Jacques Plancherel pour J’aime – un des plus beaux exemples de la percée de la neue graphik alémanique en Suisse romande –, Beni Schalcher pour l’Atlas, Erik Nitsche pour la Science illustrée. Tous sont désormais crédités comme de véritables signatures et peuvent même jouer le rôle de maîtres d’œuvre, comme dans le cas de Nitsche. La richesse visuelle de ces ouvrages nécessite par ailleurs le soutien d’un nouveau protagoniste : l’iconographe. Les Editions Rencontre créent alors, sous l'impulsion de Charles-Henri Favrod, un département spécialisé et engagent entre autres Nicolas Bouvier pour les recherches iconographiques de certains des volumes de la Science illustrée. La qualité de ces collections est d’autant plus remarquable qu’avec un principe de livraisons mensuelles, on travaille désormais à un rythme digne d'une revue.